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« les retrouvailles des frères. » [U.C || Lokhyan]

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MessageSujet: « les retrouvailles des frères. » [U.C || Lokhyan] Dim 27 Déc - 22:10

 je t'aime, je t'admire
je te hais, je te méprise
 



    Je venais de faire une chasse particulièrement éprouvante ; non pas pour moi, mais plutôt pour ma proie. Ce fils de chienne avait tenté de violer une jeune adolescente. Sous mes yeux, dans une ruelle peu fréquentée. Nos regards s'étaient croisés, et il m'avait sourit avec une suffisance que je n'avais de toute façon pas supporté : j'avais décidé de sa mort avant même qu'il n'attrape cette pauvre fille. Elle marchait d'un pas vif, et n'arrêtait pas de surveiller les alentours. Ses longs cheveux blonds étaient sales, et emmêlés d'une telle manière qu'il lui aurait sûrement fallu les couper car une peigne n'aurait servi à rien. Son joli minois était barbouillé par la crasse de Londres, et marqué par la guerre qui avait lieu chaque jour. Pourtant, son regard avait gardé quelque chose d'innocent malgré la dureté ; elle voulait vivre.
    Il l'avait d'abord accostée, sa voix se faisant douce et agréable. Il lui avait fait remarquer que ce n'était pas sûr pour une fille de se promener seule, à deux heures du matin par ces temps si troublés. Elle ne lui avait pas adressé la parole, préférant accélérer son pas déjà rapide. Du haut de mon immeuble, j'avais vu ce salaud froncer les yeux devant la fuite de sa victime. Une odeur de testostérone me monta aux narines lorsqu'il la saisit par le bras et qu'il la jeta brutalement contre le mur, collant son corps au sien. Il devait avoir l'habitude d'abuser des filles perdues, parce qu'il avait rapidement posé sa main sur sa bouche pour l'empêcher de crier. Il n'y avait personne à cette heure-ci dans cette ruelle sombre, et il le savait parfaitement. J'aurais pu passer mon chemin, le laisser faire sa sale besogne et rentrer prendre une douche, mais je ne pouvais pas.

      « Sois gentille, et tout se passera bien. Tu pourrais même y prendre du plaisir... »


    Il détacha sa ceinture d'une main experte, tandis que l'autre l'empêchait d'émettre le moindre son. Des larmes roulaient sur ses joues, traçants des sillons dans la saleté qui s'était accumulée sur sa peau. Il arracha à moitié le chemisier de la jeune fille, les yeux fous, et attrapa l'un de ses seins pour le malaxer violemment.

      « Allez, arrête de pleurer ! Laisse-toi faire ! Ça va te faire du bien ! »


    Je savais, par expérience, que lui n'allait pas apprécier ce que j'allais lui faire subir. Mes iris mordorés perdirent leur éclat au profit d'un noir abyssal. Il souleva la longue jupe qu'elle portait, glissa momentanément ses doigts sales dans sa culotte, et la fit tomber avec facilité. Enfoiré.

      « Chuuut, ma belle, chuuut. »


    Son membre déjà tendu s'avança vers elle. Elle se débattit avec force. Je sentais une aura de peur émettre d'elle, tandis que son agresseur puait le sexe, le désir. En une seconde, je fus derrière lui. Les lèvres retroussées, ma dentition immaculée et tranchantes apparaissant sans difficulté. La lumière blafarde du réverbère me donnait sûrement l'air encore plus effrayant. La fille s'immobilisa soudain, ses yeux terrifiés fixés sur moi. « Aidez-moi », semblaient-ils clamer.

      « Ah, tu vois quand tu veux, c'est pas si difficile de se tenir tranquille, et maintenant... »
      « Crève. » murmurais-je du bout des lèvres.


    Mes dents transpercèrent la fine peau de son cou, laissant le sang s'écouler par pulsation. J'avais visé la carotide, qui battait à une vitesse folle. D'un geste rapide comme l'éclair, je lui brisais la nuque tandis que je m'abreuvais. En moins d'une minute, il n'y avait plus une goutte de sang dans son organisme. Il était devenu mou comme un pantin. Son corps heurta le trottoir avec un bruit mat.

      « Minable. » notais-je avec un humour noir.


    La fille me regardait toujours. Elle avait peur, je le sentais encore plus maintenant que j'étais près d'elle.

      « Tu ne risques rien. Va-t-en, rentre chez toi. » je m'avançais près d'elle « Fais attention, la prochaine fois. »


    Mes mains glacées entourèrent les siennes. Elle tremblait de tout son corps. Deux secondes plus tard, elle tenait une longue dague entre ses doigts fuselés, et je n'étais plus là. Je n'étais certes pas à Moscou, et je ne pouvais pas veiller sur chaque habitant de cette ville ; seulement je n'aurais pas supporté de croiser son cadavre un jour prochain. Pas après lui avoir sauvé la vie. Je courrais, je sautais d'immeubles en immeubles pour rejoindre ma... maison. Ce mot sonnait étrangement dans ma bouche. Quoi qu'il en soit, j'avais pris mes quartiers dans l'une des demeures abandonnées et abîmées de Knightsbridge. Elle n'avait pas trop souffert et son style me rappelait celui du manoir de Russie. De beaux meubles anciens, vernis à souhait... Évidemment ils n'étaient pas tous en parfait état, mais c'était déjà ça.
    Au premier étage, ma chambre. Et juste à côté, une salle de bain digne d'un roi, avec tout le confort possible : marbre, douche avec différents jets, jacuzzi dans un coin... Les personnes qui vivaient ici devaient être richissimes. J'abandonnai mon long manteau et ma chemise noire sur l'immense lit à baldaquins, et commençai à défaire ma ceinture lorsque la porte donnant sur la salle de bain s'ouvrit. Il n'y avait pas eu un seul bruit, néanmoins je l'avais sentie. Sentie plus qu'entendue parce qu'il y avait aussi une odeur que je n'avais jusqu'ici pas perçue. Je n'étais pas assez sur mes gardes.

      « Toi. »


    Il se tenait dans l'embrasure, nu comme un ver et encore dégoulinant d'eau. N'importe quelle fille – ou homosexuel – aurait bavé devant ce corps d'athlète. Il était bardé de cicatrices, ce qui aurait sûrement ajouté à son charisme vampirique si elles n'étaient pas aussi moches. Sa plus terrible se trouvait tout au long de son poignet gauche. Une rumeur courrait selon laquelle il l'avait perdue durant ses innombrables séances de tortures ; c'était peut-être vrai, mais dans ce cas pourquoi en avait-il une ? La fragrance de Charlotte me parvint. Elle avait dû faire un cadeau à son maître, son amant. Une nouvelle main. Curieusement, je ne ressentais pas de la haine, ou de la jalousie face à cela. Je n'éprouvais... rien. Mon regard désormais d'un rouge écarlate demeurait rivé à la silhouette qui se tenait devant moi, sans émotion apparente.

      « Lokhyan... Que fais-tu ici ? »


    Je détournais les yeux, non pas par pudeur mais par désintérêt. Je n'avais cure du fait qu'il soit en tenue d'Adam, je n'étais pas attiré par les hommes. Je cherchais plutôt à savoir s'il y avait quelqu'un d'autre, un autre vampire que je n'aurais pas senti. Une fois rassuré, je passais une main sur mon visage de pierre.

      « Cela fait bien longtemps, vieux frère. »








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MessageSujet: Re: « les retrouvailles des frères. » [U.C || Lokhyan] Lun 28 Déc - 17:33

      Londres. La plus belle ville du monde. Ou du moins la préférée de Lokhyan Dewitt. Il y avait passé tellement de temps, vagabondant dans ses ruelles, marchant au grès du vent en humant la moindre flagrance qui se proposait à lui. Il y a des centaines d’années de cela, Londres était la capitale de la joie et des fêtes, la ville adorée des vampires en quêtes de jeunes filles en fleur, et d’hémoglobine brûlante. Mais ça s’était avant. Tout avait changé en l’espace de quelques années. Il ne reconnaissait plus rien –les bars étaient détruits, les ruelles sinistres, et même les pavés avaient pris la couleur du liquide cramoisi. Tout ce qui se trouvait ici puait la mort et l’horreur. Tout n’était que guerre et atrocité. Normalement, Lokhyan Dewitt aurait du être heureux de cette ambiance glauque à souhait, mais étrangement, il en était dégoûté. Cette guerre n’était pas encore la leur, les vampires étaient les victimes, mis au même piédestal que ces pauvres humains. Ils étaient les bêtes qu’on traquait, tels de vulgaires animaux, sans se soucier, que eux aussi voulaient vivre. Ils étaient comme tout les autres, comme les envoûtés, comme les sorciers, comme les humains- ils souhaitaient survivre à cette ère horrible.
      Lokhyan Dewitt marchait d’un pas lent sur les toits de la ville, ne lâchant pas du regard le feu qui consumait une villa à quelques kilomètres de là. Ils pouvaient même entendre les cris d’une fillette, qui devaient certainement brûlée vive, telle une poupée de chiffon qu’on balançait dans la cheminée. Maintenant, le Spirit n’était pas la seule chose que l’on craignait. Les hommes pouvaient être bien pire. Profiter de la misère du monde, voler, tuer, violer. Les êtres humains ne valaient pas mieux que la créature mystique. Ils se fichaient bien de prendre la vie de leurs congénères, de leur retirer le dernier souffle de vie, le temps que eux survivaient. Les vampires étaient différent,s ils se soutenaient constamment quand il le fallait. Oui il avait des rivalités, oui il y avait des massacres inter espèce, mais lorsque le moment était venu, chaque éternel obéissait à un seul homme, un seul. Et cet homme s’était lui. Fuyant l’horreur qui se propageait devant ses yeux, le bellâtre bondit sur un autre toit, cherchant une odeur, une flagrance qu’il appréciait particulièrement. Il ne lui fallut que quelques minutes pour la sentir, et se diriger vers sa provenance. Un mélange de sang, de terre et de neige fondue. Une odeur enivrante, que le chef vampirique adorait sentir. Cela le réconfortait un peu de savoir que son frère était dans les parages. Il l’avait entrevu à la dernière réunion, mais avait évité tout contact, refusant de parler avec lui pour l’instant. Lokhyan pensait redevenir celui qu’il était seul, aidé par Charlotte, mais en vain. Il n’arrivait plus à se contrôler, et les derniers massacres dans les rues de Londres en étaient la preuve. On demandait aux vampires de calmer leurs ardeur,s d’essayer de se faire discrets pour ne pas éveiller les soupçons des envoûtés ou du Ministère mais lui faisait tout le contraire, sans pouvoir refreiner ses crises de démence. Cela avait début avec Charlotte, ayant failli abuser d’elle sans pourvoir s’arrêter. Mais maintenant s’était pire. Il devenait un danger pour lui-même, mais surtout pour ses proches. Et Lokhyan refusait de faire souffrir celle qu’il aimait, ni ceux qui essayaient de lui rendre sa grandeur. Il refusait cette perspective.
      Sautant de toits en toits, s’agrippant aux tuiles sombres, le vampire se hissa jusqu'à une fenêtre. Elle était entrouverte. Lokhyan esquissa un petit sourire, pensant qu’Alexey devrait faire plus attention. Si lui était capable d’entrer dans sa demeure, d’autres avaient déjà du tenter l’expérience. S’engouffrant dans la pièce sombre, il n’y avait personne, du moins pour le moment. Se dirigeant vers la salle de bain sans allumer une lumière, Lokhyan se regarda rapidement dans la glace, regardant avec effarement à quel point il avait changé physiquement. Lorsqu’on est vampire, la peau, le visage, le corps, plus rien ne change, gardant la grâce et la souplesse de la jeunesse, ou au contraire, l’enracinement de la vieillesse. Mais pourtant le bellâtre voyait son regard, sa peau, se modifier de jours en jours, découvrant de nouvelles cicatrices, enfants des Avada Kedavra mortels des sorciers. Il n’était plus le bel homme d’auparavant le vampire qui pouvait jouer de son charme pour augmenter les battements de cœurs de ses victimes. Un animal. Voila ce qu’il était. Retirant son t-shirt crasseux, et son pantalons, Lokhyan se réfugia dans a douche, laissant le jet brûlant fouetter son dos glacial. Il n’avait pas pris de douche depuis des semaines, se fichant bien de l’allure qu’il avait. Mais là, il devait se présenter au mieux devant son frère, qui lui était toujours impeccablement propre et bien habillé. Comment avait-il pu rester aussi classe dans des temps pareils ? Durant la réunion, aucune once de colère, aucune violence dans sa voix, Alexey était resté calme, un véritable chef. Il était fait pour ça, et Lokhyan le savait très bien.
      La porte de la chambre s’entrouvrit, l’odeur de son bel ami s’engouffrant dans ses narines en un millième de secondes. Trop abstrait, Lokhyan ne l’avait pas sentie avant. Stoppant le jet de douche, il fit deux pas, et appuya sur la poignet pour sortir de la pièce brûlante. Si une femme s’était trouvée là, elle aurait certainement été plus que comblée. Surtout si cette femme s’appelait Charlotte Leonhart. Deux vampires, deux corps, comme sculptés dans le marbre blanc. Deux statues aux allures de dieux grecs se faisaient face. L’un nu, l’autre simplement vêtu d’un pantalon noir. Ils se regardaient ne se lâchant pas des yeux, comme se défiant déjà. Il y eu un semblant d’énervement dans la voix d’Alexey, mais Lokhyan ne fit aucune remarque, amusé du petit ménagère du nouveau chef- pensait-il que son vieil ami avait ramené quelqu’un avait lui ? Certainement. Visiblement, il fut soulagé, et se décrispa quelques secondes après, reprenant le ton que Lokhyan lui connaissait. L’éternel s’approcha de son frère, se moquant bien de sa nudité, et lui adressa un timide sourire. Ne pas baisser les yeux, sinon Alexey remarquerait qu’il y avait un problème. Garder la tête haute et ne pas avoir peur. Ne pas avoir peur de craquer devant celui qui avait toujours été là. Aucun mot de sortit de sa bouche, et il se dirigea vers la penderie du vampire.

      -Cela ne te dérange pas ? Charlotte commence à grogner de me voir toujours habillé avec les mêmes vêtements….

      Fit t-il, telle une pique venimeuse lancée en plein cœur d’Alexey. Il n’y avait sûrement plus rien entre eux, mais qu’importe, Lokhyan voulait marquer son territoire. Attrapant un pantalon de toile noire, il l’enfila rapidement, sans un regard vers le père des Andropov. Le silence reprit sa place dans la chambre coquette. Lokhyan, immobile près de la pile de vêtements, n’osait regarder son ami. La manière de tourner ce qu’il voulait lui expliquer, la manière de lui dire ce qu’il avait sur le cœur.

      -J’ai besoin d ‘aide. J’ai besoin de ton aide Alexey. Ou sinon, ce n’est pas le spirit qui détruira cette ville. Ce sera moi.





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MessageSujet: Re: « les retrouvailles des frères. » [U.C || Lokhyan] Mar 29 Déc - 17:16

    Jamais je n'aurais envisagé de revoir le fameux, l'incroyable Lokhyan Dewitt, l'Eternel le plus Sanguinaire de tous les temps dans ma chambre, aussi nu qu'un nouveau-né. Mon regard écarlate le suivait tranquillement tandis qu'il se dirigeait vers ma penderie. Ses gestes étaient emprunts d'une grâce toute féline ; même dans cette tenue ridicule, je sentais qu'il n'avait guère changé. Ses muscles puissants roulaient sous sa peau pâle, tel un prédateur à l'affût. D'aussi loin que je m'en souvienne, je l'avais toujours vu ainsi. Sur le qui-vive. Il ne se passait guère une seconde sans qu'il ne soit complètement et totalement détendu. J'aurais à cet instant pu dire qu'il me faisait pitié, cet éternel chassé, cet homme dont aucune époque ne semblait vouloir ; mais mes sentiments pour lui n'étaient qu'admiration et répulsion.
    J'admirais sa ténacité, j'admirais sa force, son adresse, son agilité. Son don de motiver n'importe quelle personne – ou presque – à rejoindre sa cause. Il avait d'étonnantes qualités, mais aussi d'étonnants défauts. Lokhyan ne m'avait jamais semblé gouverné par autre chose que sa faim, sa soif de sang. Il tuait, il chassait. Il traquait, même. Il torturait, aussi. Il aimait faire le mal, et il était assisté de nombreux Immortels qui appréciaient se sentir supérieurs. Néanmoins, depuis cette fameuse nuit où il était venu me confier les rênes du monde vampirique, je savais qu'il n'y en avait qu'une qui comptait réellement à ses yeux. Charlotte Leonhart. Une Hécate mortelle, déesse de la Nuit et de la Magie. Si je l'aimais toujours ? Je préfère ne pas y penser, et continuer à agir avec insouciance lorsqu'elle se trouve dans les parages.

    Un bref sourire forcé apparut sur mon visage de marbre lorsqu'il la mentionna. Je n'étais plus amoureux de Charlotte, mais cela ne m'empêchait pas d'être jaloux. D'une jalousie malsaine, certes, mais je ne pouvais réprimer ce sentiment. Ce n'était pas de l'amour, qui m'animait, c'était le désir. Le désir inassouvi de ne l'avoir jamais possédé rien que pour moi. Et peut-être qu'il y avait un peu de regret, aussi... On aurait pu trouver étrange que deux dirigeants comme Lokhyan et moi trouvions le temps de nous lancer des piques aussi mesquines mais nous étions des hommes avant tout. Et comme l'on remarqué bien des personnes, la libido vampirique est encore plus importante que chez l'adolescent... Nous marquions notre territoire, à notre façon. Dans cette phrase qu'il avait prononcée, je comprenais : Elle a moi désormais, ne t'avise pas de la toucher. L'odeur qui l'entourait était celle de Charlotte, ce qui confirmait ses dires.
    J'haussais nonchalamment les épaules, dans un signe évident de lui montrer que je n'en n'avais rien à faire. Il aurait été trop heureux que je le fasse traverser la fenêtre ; cela lui aurait montré que j'accordais toujours une certaine importance à sa progéniture. J'attendais qu'il s'habille, laissant mon regard cramoisi évoluer dans la pièce, s'attardant sur les rayons lunaires qui jouaient sur nos peaux. Je pouvais ressentir qu'une tension montait dans la pièce, mais j'ignorais de quel type. Allait-il se jeter sur moi pour m'arracher la tête afin de reprendre son trône ? Ou bien éclaterait-il de rire en me proposant une chasse qu'il savait par avance que je refuserais ? Lokhyan était l'une des personnes que j'arrivais le moins à déchiffrer. Tantôt aussi fraternel qu'un frère, tantôt aussi détaché qu'un inconnu. Malgré moi, mon corps se raidit, prêt à encaisser n'importe quel choc.

      « J'ai besoin d'aide. J'ai besoin de ton aide, Alexey. Ou sinon, ce n'est pas le Spirit qui détruira cette ville. Ce sera moi. »


    Je me figeai l'espace d'une minute, et clignais des yeux.

      « Tu as toujours ta fâcheuse manie à faire dans le mélodramatique, à ce que je vois. »


    Mais malgré ma réponse, je sentais que tout ceci était bien plus sérieux que ce que j'avais pu imaginer. Je le dévisageais encore quelques secondes, puis je reculais afin de me laisser élégamment choir sur un imposant fauteuil que j'avais installé quelques jours auparavant. Un fauteuil victorien, dans une chambre à coucher... Un peu atypique mais confortable et utile lorsque l'on n'utilisait pas les autres pièces.

      « Je ne comprends pas, Lokhyan. Sois plus explicite... Que t'arrive-t-il, mon vieil ami ? »


    Même si je ne cautionnais pas certains de ses actes, je ne pouvais pas le laisser ainsi. Il était mon ami, mon frère. Et sa folie menaçait de détruire toute une ville.








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MessageSujet: Re: « les retrouvailles des frères. » [U.C || Lokhyan] Jeu 31 Déc - 14:52


      L’éternel restait immobile, refusant de croiser le regard de son ami de longue date, honteux de ce qu’il lui demandait. Malgré leur relation plus qu’amicale, Lokhyan rappelait constamment à Alexey qui était le plus fort des deux, le plus dangereux et le plus admiré, tout simplement parce que s’était son caractère. Il aimait rabaisser les autres, il aimait leur montrer qui était le meilleur. On ne devient pas un chef comme lui sans une once de prétention. Mais maintenant, c’était différent -la mort d’Apolheen, les tortures qu’on lui avaient infligé, Charlotte, il avait perdu cette haute estime de lui-même, ressemblant à présent à un en enfant Un terrible enfant. Alors oui, même si Alexey était son frère, son double, Lokhyan avait honte de lui avouer sa faiblesse, il avait honte de lui demander de l’aide. Stoïque, le millénaire écoutait attentivement les paroles de son ami, esquissant même un sourire au mot « mélodramatique ». Oui il avait toujours été, mais étant donné son histoire, il était presque impossible pour lui d’être autre chose. Lokhyan n’avait jamais connu le bonheur, même lors de sa relation avec la belle Apolheen. Les guerres l’avaient animé durant des siècles et même si le sang et les combats lui donnaient le sourire, il ne savait pas ce que s’était que d’être heureux, et d’oublier tout le reste. Il savait qu’en tant que vampire, il ne pourrait connaître ce sentiment de béatitude , et que seul la violence, et la haine feraient parties de son éternité. Alexey posa une dernière question, et se tût, le regard fixé sur Lokhyan, qui lui ne bougeait toujours pas. Relevant enfin la tête vers son ami, il avança vers le lit, pour s’y asseoir doucement. Par où commencer? Devait-il tout lui raconter, même le moment où il avait failli violer la femme qui avait enflammé leur deux cœurs de pierre? Peut être pas… Devait-il rester muet sur ses deux ans de disparition, ou lui raconter ce qu’il avait enduré, et ce qu’il avait du faire pour survivre? Et enfin, Alexey était-il prêt a entendre ce qu’il s’était passé il y a mile ans, quand Lokhyan avait été envoûté par le Spirit…Tant de choses et si peu de temps…

      « Je…Je n’arrive plus à me contrôler. J’ai toujours été quelqu’un d’extrêmement violent, mais là…Je ne peux plus m’arrêter. C’est comme si.. Ce putain de Spirit m’avait eu, et que je ne contrôlais plus rien.

      Sa voix était calme, et presque inaudible, tel un murmure. Il savait qu’il pouvait avoir confiance en Alexey, qu’il n’irait pas raconter a qui veuille l’entendre que Lokhyan Dewitt était entrain de tomber dans les méandres de la folie, mais tout de même. Pour la première fois de sa longue vie, il se confiant à Alexey, détruisant les barrières qu’il avait construit autours de son âme déchue. Les deux éternels ne se lâchaient pas du regard, l’un écoutant, tel un psychanalyste vampirique, l’autre essayant de bien choisir ses mots, refusant de passer pour une « mauviette ».

      « Tu vas me dire que j’ai toujours aimé détruire des vies, ainsi que des villes entières mais….J’ai failli..J’ai failli la violer Alexey…Elle.

      Lokhyan savait très bien qu’il n’avait pas besoin d’évoquer le prénom de Charlotte pour qu’Alexey comprenne. Cette femme avaient réussi à les charmer tout les deux, à prendre le cœur de l’un pour détruire celui de l’autre. Restant silencieux, le millénaire, baissa la tête, conscient de la connerie qu’il avait failli faire.

      « J’ai l’impression que la mort…D’Apolheen, et que tout ce qui a suivi m’ont… détruit…E je ne sais pas comment redevenir celui que j’étais…





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MessageSujet: Re: « les retrouvailles des frères. » [U.C || Lokhyan] Jeu 21 Jan - 0:35

    Pour moi, Lokhyan Dewitt n'était pas un homme faible. D'ailleurs, je m'étais souvent demandé si l'adjectif « faible » pouvait s'appliquer à un trait quelconque de sa personne, ou s'il connaissait le nom « faiblesse ». Il était certainement fier, violent, puissant, mais il n'était pas faible. Sa volonté meurtrière pouvait enflammer n'importe qui, lui donnant envie de se dévouer à lui corps et âme, et c'est aussi grâce à cette volonté qu'il avait réussi à survivre là où tant d'autres avaient trépassés. Il n'avait pas baissé les bras lorsqu'il avait été torturé, pas plus qu'il n'avait divulgué des informations à ses tortionnaires.
    Alors, oui, j'étais surpris en entendant ses mots. Je ne parvenais pas à cacher cette émotion, ce qui était normal vu l'image que j'avais de mon frère. Je l'admirais autant qu'il me répugnait, néanmoins, je n'avais jamais envisagé qu'il regrette ce qu'il était. Pour moi, Lokhyan et sa folie sanguinaire étaient indissociables ; l'imaginer calme, doux ou prévenant c'était... A la fois effrayant et agréable. Mais cela, je ne pouvais pas le croire. Ce ne serait plus Lokhyan, ce vampire que j'ai toujours connu. Ce serait … quelqu'un d'autre.

    J'aimerais aussi pouvoir dire que je n'avais rien ressenti lorsqu'il m'avait confié, du bout des lèvres, qu'il avait failli la violer. Mais ce n'est pas vrai ; j'ai senti quelque chose bouillonner au fond de moi, comme un animal dangereux qui serait entrain de s'éveiller. J'ignorais si cela se voyait sur mon visage, mais je savais que mes mains tremblaient trop violemment pour que cela passe inaperçu. J'avais beau dire que je n'aimais pas – ou plus ? – Charlotte Leonhart, la révélation que me fit mon homologue venait de me mettre dans un état tel que je ne pouvais pas nier qu'elle était toujours chère à mes yeux. Était-ce parce qu'elle avait été la première qui avait réellement compté pour moi ? Elle avait su me charmer, et charmer Lokhyan par la même occasion, nous mettant ainsi – presque sans le vouloir – en position d'ennemis. Nous qui avions autrefois combattu côte à côte pour défendre notre race, nous nous comportions comme de jeunes coqs à cause d'une femme. Une vampiresse. Une Déesse de la Nuit, aux yeux carmins et à la chevelure aussi sombre que le jais.
    Un grondement sourd avait franchi le seuil de mes lèvres pâles avant que je ne parvienne à me maîtriser. Je fixais de mes iris ensanglantés mes mains, agitées d'un tremblement ridicule, et m'efforçais de ne pas céder à cette haine dévorante qui m'habitait soudainement. Qu'aurais-je pu dire ? Elle n'était pas mienne. Elle ne l'avait jamais été. Il l'avait créée, ce qui faisait d'elle son enfant. Sa fille Immortelle. Et la façon dont son odeur recouvrait le corps de mon vieil ami m'en apprenait plus que je ne le voulais savoir. Elle était son amante. Depuis combien de temps ? Mieux valait l'ignorance dans ce cas-là ; cela ne m'aurait rendu que plus irritable. Mes poings se referment brusquement, et les tremblements finirent par cesser. J'eus un long soupir.

      « Et il t'as fallu tout ce temps pour t'en rendre compte ? » une pause « Je veux dire, il a fallu que tu manques de commettre cet acte... ignoble, pour te rendre compte que quelque chose n'allait pas ? Tu es incapable de le savoir sans atteindre un extrême, Lokhyan ? …  »


    J'écartais mes bras, en signe de lassitude.

      « Tu as toujours été ainsi, Lokhyan. A vouloir te détruire toi, et détruire tout ce qui t'entourait. C'est ce qui fait ta force... Et ce que fait que nous ne serons jamais semblables. Tu... »


    Je m'interrompis, l'air soudainement plus sérieux. En un instant, je fus en face de lui, le regard dur. J'entourais de mes mains glacées son visage mangé par une barbe de plusieurs jours et le regardait sans sourciller.

      « Pardonne mes phrases, mon frère... Mais je ne puis supporter de savoir que tu tends à détruire celle qui t'a toujours suivit. Ta plus fidèle compagne. Elle... Dois-je comprendre que suite à cela, tu recherches la rédemption ? Non... Ce serait si différent de toi... Je ne peux pas t'aider à devenir comme moi, Lokhyan. »


    Je le relâchais, et m'éloignais de quelques pas. Mon regard baissé vers le sol, et la tête tournée afin qu'il ne puisse voir mon visage, je continuais :

      « Je ne suis pas parfait. Et tu n'es pas le seul à avoir changé, ne l'as-tu pas remarqué ? J'ai beaucoup perdu depuis le début de cette guerre. Alors que voudrais-tu que je fasse pour t'aider ? Que je te dise de cesser de vouloir détruire le monde ? Même si j'ai toujours méprisé ce côté de toi, il faut que tu prennes conscience que nous en avons besoin. Nous avons besoin de toi. Qui serait à même de nous motiver à vaincre le Spirit, sinon toi et ta fougue ? Je sais que tu ne veux plus blesser Charlotte... Mais c'est peut-être parce que pour toi, la vie est un champ de bataille que cela arrive. Tu as toujours vécu dans le sang, dans les cris et les pleurs. Et cela t'a marqué plus profondément que tu ne veux bien l'admettre, Lokhyan. »


    Mes pas me menèrent face à une fenêtre, m'offrant la vue de la ville de Londres, baignée dans les ténèbres et la peur. Ma voix se fit plus douce, comme si je m'adressais vraiment à un frère de sang.

      « Apprends à faire la différence. Charlotte n'est pas ton ennemie, ni moi. Ni tous ceux qui te suivent. Nous ne sommes pas tes ennemis, Lokhyan Dewitt. Nous sommes tes alliés. Tu n'as rien à craindre de nous ; tu peux... avoir confiance en nous et te reposer sur nous. Nous ne te trahirons pas. Sois en certain. »


    Me retournant, je croisais les bras sur mon torse dénudé, le visage impassible. Mon dos s'appuya contre le mur, près de la fenêtre.

      « Je ne dis pas ça à la légère. Je n'ai jamais connu cette Apolheen, je ne peux donc pas comprendre à quel point son décès a pu te faire souffrir, vieux frère. Mais je suis certain d'une chose : je te serais à jamais loyal, même si tes actions ne me plaisent pas toujours. C'est en étant tel que tu es que tu as réussi à gagner ma confiance et ma loyauté. Ainsi que celles de millions d'autres vampires. Et si cela peut te rassurer, je tiens à ce que tu le saches : je ne laisserais personne te trahir impunément. Nous sommes frères, et cela signifie plus que tu ne peux le croire pour moi. Je sais que je peux me reposer sur toi, si la force me manque, et j'espère que tu sais que tu peux faire de même. »


    Pour la première fois depuis bien longtemps, un mince sourire se forma sur mes lèvres. Je n'étais pas doué pour trouver les mots justes lorsque l'on me prenait de court. Je ne savais pas comment expliquer à Lokhyan qu'il ne devait plus avoir peur de lui-même, alors je parlais, je parlais en disant tout ce qui me passait par la tête ; simplement parce qu'il avait besoin de moi, et qu'il était mon frère... Mon plus vieil ami. Mon unique ami, à vrai dire.








      « Celui qui se transforme en bête,
      Se délivre de la souffrance d'être un Homme
      »


      [Terry Gilliam]
      Extrait de Las Vegas Parano
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« les retrouvailles des frères. » [U.C || Lokhyan]

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