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(PV Charlotte) La vérité dans un Whisky

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MessageSujet: (PV Charlotte) La vérité dans un Whisky Sam 27 Mar - 21:24

Mes sens sont engourdis par l’alcool. Je regarde mes mains, presque tremblantes. Je vois mon reflet au fond de mon verre. C’est ça le successeur de Merlin ? Mes cheveux blonds sont décoiffés, mes yeux sont ornés de cernes dignes d’un jeune drogué à la magicoke. Mes yeux bleus glacés qui en intimident tant me renvoient un regard ironique tandis que, dans le secret de mon esprit, je me lance des traits d’ironie, dans l’espoir de me réveiller, de dissiper cette brume qui a envahi mon horizon. Mais rien à faire. Mes ambitions sont oubliées, mes rêves, mes projets. Pourtant je suis en bonne voie, indubitablement. Tous les sorciers qui comptent à Londres connaissent mon visage et il ne fait nul doute que sous peu j’atteindrais mon premier objectif. Qu’enfin j’unirais les sorciers contre le spirit en attendant d’en faire meilleur usage… Non. Soupir. Rire jaune dicté à mes cordes vocales par mes nerfs détraqués. Comment pourrais je conquérir quoique ce soit quand on sait que cela fait une heure que j’ai annexé la table de cet endroit miteux.

Sacrément miteux oui. C’est la première fois que je passe la porte de cet endroit. S’est offert à mon regard le spectacle d’une salle d’une propreté douteuse qui ne semblait même pas avoir connu de meilleurs jours. Une faune hétéroclite composait la clientèle. Un certain nombre de sorciers levèrent les yeux vers moi mais, grâce en soit rendue à Merlin, aucun ne vint vers moi. Je pense que d’aucuns pensaient que non ça ne pouvait pas être Adam Shave, pas ici, que d’autres levaient les yeux simplement pour imiter leurs compères, et enfin je doute que le sorcier lambda ose m’importuner. Ne suis je pas devenu un de ceux qui président à leur sort, dans leur imaginaire ? J’ai un sourire ironique. Présentement je ne préside guère que le mouvement de mon whisky pur feu, de la table à mes lèvres.

Je serre mon verre au point qu’une micro fêlure apparaît. C’est la colère contre ma propre faiblesse. Cette nuit j’ai encore été hanté par ces cauchemars ignobles mettant en scène Helena et le Spirit, le Spirit et moi. Il ne cesse de m’apparaître et souvent il est accompagné d’une cohorte de moldus grimaçants et amusés, rouant de coup de pieds le cadavre. Son cadavre, que je n’ai jamais vu. Cela seul ne m’aurait peut être pas entraîné au fond d’un verre d’alcool mais la veille j’avais perdu un des camarades qui avait fait partie du long voyage – de la longue fuite – vers l’Angleterre. Richard Saint-Yves. Un fidèle qui m’avait déjà sorti de situations compromises, un homme de bien. Un homme brave.

Immunisé à la possession, le Spirit avait décidé de le tuer. A dix neuf contre un, les envoûtés avaient emportés la position défendue par Richard. Celui ci avait été capturé et abominablement torturé. Finalement on l’avait pendu par les entrailles, bien en vue, à Kensington, presque devant la zone fortifiée que j’occupe. Presque au pas de ma porte. Je résiste à la tentation de m’affaler totalement sur ma table tandis que m’envahissent les images de ce corps, profané, mutilé. Cet infâme magma rougeoyant…

J’ai fini mon verre. Un geste pour en commander un autre. Mes facultés intellectuelles tant vantées me servent à cet instant pour un exercice insolite. Je convertis mentalement ma fortune en verre d’alcool et je conclu que je pourrais rester ici à boire pendant dix huit millions d’années. Sympathique. Je pourrais faire fuir le Spirit avec l’odeur que je dégagerais à force de boire.

L’odeur, la crasse, la saleté. Dernier reliquat de répugnance et de lucidité ou héroïque sursaut, je me dégrise d’un geste de baguette et fais disparaître les éléments qui me signalaient comme alcoolisé. Ce qui ne m’empêche pas de commander un autre verre. Quel avantage les sorciers ont sur les moldus ! Boire la coupe jusqu’à la lie et même au delà.

Mon ironie sinistre dont je suis la propre cible m’amuse. Que n’ai je pu trouver le moyen de vaincre le Spirit avec ma langue ? Soupir retenu. Je regarde autour de moi sans en avoir l’air ce qui m’évite de toucher tout de suite à mon verre. Je me rends compte qu’à quel point la perception des choses est différente selon sa place. Tous ces gens qui se réfugient dans l’oubli et l’obscurité, je les méprisais auparavant mais maintenant il me semble les comprendre.

Soudain je m’aperçois qu’on me regarde. Plusieurs personnes. Plusieurs tablées. Qui murmurent. Suis je si distrait que je ne les ai point remarqué auparavant ? Je leur jette, à tous, un regard si froid et si dur qu’ils retournent à leurs consommations. A cet instant je sais ce que je devrais faire. Un sortilège d’amnésie collective et ils oublieraient, tous, ma présence en ces lieux. Je l’aurais fait auparavant. Stupide ! Auparavant je n’aurais jamais posé un pied céans. Et c’est la même lassitude immense qui m’a amené dans cette gargote qui me retient.

Je bois une autre gorgée. Je me sens soudain extrêmement petit. Le monde entier semble conspirer dans le but de précipiter ma déchéance. J’ai l’impression que derrière les fenêtres crasseuses de cet endroit il y a un fleuve de lave. Mes yeux bleus fixent la table, regardant à travers elle. Un moldu très crédule a écrit un jour « quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort je ne crains aucun mal car tu es avec moi ». Pour ma part, je crains le mal parce que, précisément, il est avec moi et en moi.

Je prends un plaisir pervers à m’apitoyer ainsi sur moi même. Je sais que plus on se fustige plus on s’enfonce et curieusement cela ne me déplaît pas tout à fait et alors je prends conscience que je cherche à m’enfoncer. Je me rends compte aussi que j’envie le drogué du coin au fond à droite, aussi absurde que cela puisse paraître. Il vit dans un rêve psychédélique nourri par les stupéfiants magiques et peut ne pas se préoccuper du monde autour de lui. C’est un pouvoir immense que de n’avoir point de responsabilité, que de n’avoir nulle ambition. Auparavant j’aurais cru que ce pouvoir rendait la plèbe dangereuse. Je ne le pense plus.

Autour de ma main droite, du gel apparaît sur la table. Magie sans baguette spontanée. Je retire ma main d’un geste vif. Puis j’admire, fasciné, ce petit cercle de givre. Et je suis brusquement dégrisé. Veux-je finir comme cette glace ? Incrusté dans une table de bistrot ? Sûrement pas. J’ai des choses à faire. Une tranquille certitude de mon propre destin m’envahit à nouveau et je m’apprête à partir quand soudain je vois une ombre sur ma table. Je lève les yeux lentement, main sur la baguette, et je vois…
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MessageSujet: Re: (PV Charlotte) La vérité dans un Whisky Lun 29 Mar - 23:38

~† Sans demander la permission, Charlotte venait de s'asseoir à la table du sorcier vers lequel beaucoup d'yeux se tournaient régulièrement. Cette fois, c'était un regard bleu perçant, bien que légèrement embué, qui lui faisait face et le toisait avec un mélange de curiosité et de réflexion. Son cerveau d'humaine quelque peu entamé par l'alcool lui jouait des tours et mettait plus de temps à se mettre en marche. Comme elle détestait être humaine... Mais le bon côté était qu'elle pouvait boire de l'alcool, et que le poison avait un effet en elle. Vampire, elle pouvait ingurgiter des litres sans qu'elle n'ait même une pensée de travers. Maintenant qu'elle était humaine, il en était autrement et c'était tant mieux, puisque cela pouvait l'aider à oublier un peu ses travers... La jolie brune était pourtant encore loin d'être ivre morte. C'était son premier verre dans ce bar, auquel venaient s'ajouter trois précédents qu'elle avait ingurgité dans la petite maison qu'elle avait fait son chez elle. Ou plutôt, leur chez "eux". Mais Lokhyan n'était pas là aujourd'hui pour l'aider à se distraire, alors elle se réfugiait dans l'alcool. Lâche, mais elle en profitait tant qu'elle était toujours humaine... †~

    « Tu es le sorcier qui s'est présenté à la réunion en se vantant de connaître Lokhyan et Alexey. Le sorcier prétentieux qui croit pouvoir tout résoudre. »

~† On avait connu plus fin comme entrée en matière mais Charlotte n'était pas connu pour sa délicatesse ni ses habitudes à prendre des pincettes. Elle avait beau n'avoir que dix-huit ans physiquement, elle avait bien passé les quatre siècles en réalité. Alors oui, elle se permettait de tutoyer un homme qui semblait plus vieux qu'elle, et ne s'inquiétait pas de savoir si ses paroles allaient le froisser, lui manquer de respect, ou non. De toute manière elle ne vouvoyait jamais personne puisque, techniquement, elle était toujours plus vieille qu'eux de centaines d'années... Et même sans cela, elle avait dans son adolescence était à Serpentard, ce qui suffisait sûrement amplement pour démontrer sa vilaine manie à toujours n'en faire qu'à sa tête. Personne n'avait jamais réussi à la dompter, pas même Lokhyan qui était pourtant son créateur. Quelques uns s'y étaient risqués mais aucun n'était parvenu à ses fins. C'était elle qui dictait les règles du jeu, du moins le pensait-elle jusqu'à peu...

Mais la question n'était pas là. Elle se trouvait à présent à fixer les traits fatigués du sorcier, au moins aussi peu sobre qu'elle ne l'était. Ce qu'elle faisait ici ? Elle essayait d'oublier. Depuis qu'elle était redevenue humaine elle n'y avait pas pensé, elle avait à se préoccuper de choses plus importantes - comme ne pas mourir par exemple - mais la veille, à la vue du spectacle, tout lui était revenu en mémoire. De l'intérieur de sa petite maison bien protégée, elle avait vu par la fenêtre un attroupement d'hommes un peu plus loin. Curieuse, elle avait écarté un rideau du doigt pour découvrir le tableau. Elle n'avait certes plus sa vision vampirique mais cela ne l'empêchait pas d'avoir tout de même de bons yeux, suffisamment pour voir les détails... Un homme, dont le corps se balançait dans le vide, suspendu par ses entrailles sorties à l'air libre. Alors, tout lui était revenu en mémoire, la manière dont elle avait dérapé. Et depuis la veille, elle avait régulièrement des flashs, des espèces d'hallucinations mais qu'elle savait être des souvenirs de son... œuvre.

Elle qui avait cherché à redevenir celle qu'elle avait été avant qu'elle n'apprenne la prétendue mort de Lokhyan, à redevenir la vampire sanguinaire qu'elle n'avait été avant de devenir ce fantôme ambulant, elle avait réussi. Cela faisait longtemps que son sadisme n'avait pas atteint de tels paroxysmes... Elle voyait encore le coeur, cet organe fragile et vital, émettre son dernier battement après s'être écrasé sur le sol. Elle voyait encore la bouche de la pauvre humaine entourée de sang, un petit bout du muscle coincé dans les dents. Elle voyait encore le visage horrifié de Psyché. Depuis la réouverture de Poudlard, elle était agacée par cette sorcière qui n'avait peur de rien, et c'était devenu leur petit jeu. Petit jeu qui avait mal tourné, peu de temps avant qu'elle ne redevienne humaine. Elle avait dérapé... Elle avait réussi à faire peur à Psyché et à retrouver son sadisme dans toute sa splendeur. Seulement aujourd'hui elle était humaine et elle avait envie de vomir chaque fois que les souvenirs de l'incident lui revenaient en mémoire...

Alors elle avait décidé de les chasser avec l'aide de l'alcool. Lokhyan n'était pas là et elle ne savait même pas si elle aurait été capable d'en parler avec lui. Charlotte n'avait jamais été une gentille, elle n'avait jamais éprouvé de regrets, de remords. Comment l'aurait-elle pu alors qu'elle avait cru être incapable de tout sentiment durant plus de quatre siècles ? Mais depuis hier, depuis qu'elle avait vu et deviné de loin les intestins du pauvre homme qui retenaient son corps, le souvenir de ce qu'elle avait fait la hantait à fréquences régulières. Elle avait bien tenté de se distraire l'esprit, en lisant, en sortant, en jouant, mais rien à faire. Chaque fois, l'image de ce coeur lui revenait en mémoire et elle n'avait pas trouvé de meilleur moyen que l'alcool pour la faire disparaître. Et lui, le sorcier dont elle venait d'envahir le territoire sans demander la permission, que venait-il oublier ? Qu'avait-il à chasser de ses pensées ? Ou buvait-il simplement pour le plaisir ? Pas avec de telles cernes sous les yeux. Elle ne savait même pas pourquoi elle était venu le voir lui, parmi toutes les personnes présentes dans le bar. Il était déjà là quand elle était arrivée. Elle s'était dirigée directement vers le bar, le tavernier lui avait servi un Whisky Pur Feu, comme chaque fois qu'elle venait dans ce bar qui abritait les vampires. Elle avait ensuite regardé rapidement dans la salle et avait reconnu le sorcier. Plusieurs têtes lui étaient familières dans ce lieu. Alors pourquoi lui et pas un autre ? Aucune idée, les mystères de l'alcool... Elle détourna son regard du visage du sorcier pour le poser un peu plus bas, sur le bras qu'il avait instinctivement amené à sa poche quand elle s'était approchée.
†~

    « Adam... quelque-chose. C'est toi n'est-ce pas ?
    Tu peux lâcher ta baguette, Adam quelque-chose. »




    ~† I had hoped you'd see my face. And that you'd be reminded. That for me it isn't over. Don't forget me. I beg. †~
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MessageSujet: Re: (PV Charlotte) La vérité dans un Whisky Mar 30 Mar - 0:25

J’avais accueilli avec autant de surprise que tout le monde le Changement, cette altération qui avait frappé les vampires sans prévenir. Pas très navré pour eux, j’étais surtout choqué de l’impudence des sorciers responsables qui ne tarderaient pas à être appréhendés et châtiés. D’ailleurs je n’avais pas été sans me réjouir de l’attitude de ma communauté à ce moment là. Un certain nombre de sorciers d’importance s’étaient reposés sur moi pour infliger le châtiment en question. J’y avais vu comme l’accoutumance des sorciers à ma personne, comme un augure de ma destinée future. Quelle chute ! Il y a encore quelques heures j’établissais des plans, je dressais des cartes, je m’occupais de trouver un moyen de m’assurer une vie sans fin, et désormais je suis à un table de bistrot.

Et voilà que la réalité de ce que je suis, de mes projets et de mon environnement se rappelle à moi sous la forme la plus inattendue. Je la regarde, impassible, ne révélant rien de ma surprise. Sa beauté me fait presque mal. Lokhyan a un goût certain quoique les femmes qu’il honore de sa compagnie finissent souvent mal, comme il m’a permis de le voir il y a peu, quand j’explorais ses souvenirs. Cette réflexion que je me fais m’amuse. Et toi, Charlotte Leonhart, comment vas tu finir ? Ton sang s’en ira t il de ton corps jusqu’à la dernière goutte ? Ou une épée tenue par un envoûté te fera t elle un sort ? Il est vrai que tandis qu’elle me regarde avec une expression de fierté insolence, je ne vois aucune vulnérabilité. Mais qui sait ? En des temps sombres, la mort ne se soucie pas de la morgue affichée par ses victimes, lui préférant celle où elle les envoie.

Impressionnant néanmoins, cet aplomb que tu manifestes. Tu n’es plus qu’une humaine à la magie rouillée, à la merci de ce que tu dédaignais il y a si peu de temps. Et pourtant tu continues à toiser le monde et à te tenir au devant d’une création qui te lance mille regards brillants. Car quand tu es entré, beaucoup se sont tournés vers toi et je les comprends. Je les comprends tout en les jugeant pathétique, si salivants, si idiots, qui ne font que renforcer ton orgueil qui me semble monumental. Quoiqu’un peu, juste un peu, risible. Je suis amusé par cette manière quelque peu puérile que tu as de rabaisser, de dire qui tu es. Tu fais semblant d’ignorer et mon nom et je ne sais pas si c’est vrai, auquel cas tu choisis d’ignorer les rumeurs et les rapports, persuadés que rien ne peut t’atteindre, ou si tu veux juste nuire à mon égo.

En tout cas je ne fais rien qui pourrait augmenter le tien. Quand tu t’assoies à ma table, je ne réagis pas, sinon en te gratifiant d’un sourire indéchiffrable. Je plonge mes yeux dans les tiens et je me demande ce qu’en réalité tu penses du monde. Accueillant ? Vain ? Lokhyan y est il ton seul point d’encrage ? Si tu crois que je ne t’ai pas vu, pendant cette réunion dans cet entrepôt miteux, cherchant son regard. Ca me ferait presque rire. Si j’avais tué Lokhyan quand j’en ai eu par deux fois l’occasion, lors de nos retrouvailles à Kensington, nul doute que tu aurais tenté de le venger, de déchirer mes entrailles, que tu aurais déployé un trésor de sadisme pour me faire regretter d’être né. Lokhyan, selon moi, est ton point faible actuel.

Ou peut être que je me trompe. Je n’arrive pas à te déchiffrer, Charlotte Leonhart, et cela m’agace, moi qui me targue de perplexité. En fait c’est aussi pour cela que je t’ai laissé m’approcher alors que j’aurais rudoyé quiconque se serait imposé comme tu l’as fait. J’avoue que les êtres à part m’intéressent. En plus tu es la personne la plus proche d’un partenaire pour le moins inconstant, peu fiable, qui ne m’inspire guère que méfiance. Il n’est que justice que je tente de m’informer, même si je sais que m’informer sur Lokhyan par ton biais sera difficile.

Je ne te répond pas immédiatement. D’abord je détaille ton visage parfait, cet air de mystère qui cache quelque chose de bien plus sombre que quiconque pourrait s’en douter de prime abord. Ton reflet dans mon verre a des cheveux plus ambrés que noirs. Est ce que c’est cela qu’il faut pour mieux te cerner ? Un miroir, un dispositif, que je ne possède pas ?

Voilà quelles étaient mes pensées quand elle vint s’imposer sans aucune gêne. La curiosité était mon sentiment le plus fort. Si elle avait disposé de ses pouvoirs de vampires je me serais méfié et j’aurais fait une gymnastique mental, me préparant à user de magie sans baguette, sachant bien que si une vampire comme elle décidait de ma mort, je n’aurais pas le temps de sortir l’instrument du sorcier lambda. Mais là j’étais tout à fait à mon aise.

Et puis je vois comme un signe cette intrusion soudaine dans ma beuverie solitaire, comme un ordre que le monde me donnerait de me rappeler dans quel monde j’évolue. Je laisse s’épaissir le silence pendant quelques instants, finissant mon verre. Je me demande si cela va l’agacer et la faire partir. A coup sûr cette femme ne doit guère être habitué à ce qu’on l’ignore. Pourtant nulle intention de la vexer, un simple détachement qui tempère ma curiosité.

Toutefois je finis par lui porter toute mon attention et mes yeux scintillent tandis que je lui fais une réponse au moins aussi agréable que le fut la sienne. Ma voix ne trahit absolument rien. Ni surprise, ni agrément, ni désagrément, seulement une neutralité parfaite qui ne l’encourage ni à rester ni à partir.


- Ah. Et toi tu es la maîtresse de Lokhyan si je ne m’abuse. Une activité dangereuse.

Sourire ironique. Je me demande ce qu’il lui a raconté sur sa vie, sur ses amours du passé. Il est froid et lisse en temps ordinaire mais peut être s’est il laissé allé aux confidences avec elle. Ou peut être qu’en fait j’en sais plus sur le passé de son cher et tendre qu’elle même. Il est sûr en tout cas qu’elle n’a pas pénétré dans ses pensées comme je l’ai fait.

Je vois nos reflets sur les côtés de mon verre. Je suis irrité par mon aspect qui rend l’épuisement et pas la perfection que d’aucuns prêtent à mon visage, tandis qu’elle même semble d’une fraîcheur parfaite alors que pourtant elle a dû subir plus d’un rebondissement dans sa vie ces dernières semaines, ces derniers jour. Une pointe de sarcasme dans ma voix.


- Et que me vaut l’extrême honneur de ta présence ? Ou plutôt, pourquoi recherches tu la compagnie d’un odieux sorcier à l’égo surdimensionné ?
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MessageSujet: Re: (PV Charlotte) La vérité dans un Whisky Mer 31 Mar - 1:32

~† Elle l'observait toujours avec ce même regard à la fois attentif, arrogant et amusé. Elle l'observait mais lui ne disait rien. Oh pour sûr il avait remarqué sa présence puisqu'il la regardait bien en face et, même, elle avait eu le droit à un petit sourire plat. Elle ne s'était pas attendue à plus, mieux ou pire, pas après le "Adam quelque-chose" dont elle l'avait qualifié par deux fois. Pourtant ce n'était même pas pour le rabaisser ou qu'importe quel autre petit jeu. Non, elle ne se souvenait réellement plus de son nom, et l'alcool qui courait dans son sang ne l'aidait pas à se rappeler. Tant pis, il resterait "Adam quelque-chose" jusqu'à ce que cela lui revienne, ou qu'agacé, il lui rappelle de lui-même son nom. Ce n'était pas exactement comme si cela l'embêtait de se méprendre sur un nom... Surtout pas si cela pouvait enquiquiner quelqu'un. Elle avait toujours été une emmerdeuse de première, bien que souvent déguisée sous le masque de la subtilité et de l'ironie. Elle doutait changer un jour sur ce point-là, mais qui sait ?

Silencieuse et curieuse, Charlotte attendait donc une réaction du sorcier, autre que ce sourire sans teint. Mais son cerveau devait lui aussi être ralenti par l'alcool car il mit un certain temps avant de lui répondre. Elle avait profité de ce temps pour le dévisager un peu plus en détails, sans paraître non plus insistante. Elle avait pensé qu'il devait avoir passé la trentaine ; qu'il avait vraiment l'air fatigué, plus encore qu'elle ne l'avait imaginé en s'approchant ; qu'elle ne savait pas s'il était en quelque sorte le chef des sorciers - après tout elle ne l'avait croisé qu'une fois avant ce soir, à la réunion des vampires -, mais elle pouvait aisément imaginer que les sorciers trouvent sage de se ranger derrière lui. Malgré sa lassitude et sa fatigue apparente, cet Adam avait un certain charisme, une certaine carrure procurés par les traits lisses et distants de son visage. Ainsi que par ses yeux probablement aussi perçants que les siens. Mais il avait les yeux plus clairs et translucides. Elle avait le regard plus profond et mystérieux. Elle stoppa son analyse mentale au moment où il ouvrit la bouche.

La maîtresse de Lokhyan ? Elle ne put empêcher ses lèvres de se retrousser en un léger rictus, répondant à son sourire ironique. Non, il ne la battrait pas sur ce terrain-là... Amante oui mais pas que. Même beaucoup plus que. Mais cela, il ne pourrait certainement jamais le comprendre. Fut une époque, elle voulait être une simple amante, juste l'avoir dans son lit. Ce n'était plus le cas aujourd'hui. Pour l'un comme pour l'autre, ils étaient une drogue dont ils ne pouvaient plus se passer. Avec les bons côtés, le bien-être et l'élévation, l'amour. Mais aussi les mauvais, la dépendance, le fait de pouvoir détruire l'autre à tout moment, d'influer sur ses réactions, mais aussi le risque de déchaîner la violence et la folie meurtrière de l'un s'il arrivait quelque chose à l'autre. Un amour destructeur assurément, elle n'était pas sûre que le monde y survivrait... Et c'était la sous-estimer que la qualifier de banale maîtresse. Depuis le retour d'Apolheen, le monde vampirique avait pu constater la souffrance de Lokhyan et le fait qu'il s'appuyait sur sa progéniture. Le vampire millénaire tirait sa puissance de Charlotte et tous étaient au courant de la relation qui les unissait sans pour autant en imaginer la profondeur. Elle ne se voyait pas comme telle, mais eux si. Plusieurs fois elle avait surpris des regards inquiets ou méfiants sur elle. Elle faisait simplement avec, soutenant sans crainte ces regards.
†~

    « L'activité n'est dangereuse que s'il y a une peur. Je n'ai pas peur. »

~† Son rictus s'effaça pour laisser la place à un sérieux mêlé à la résolution. Elle avait eu assez de mal à avoir Lokhyan, elle ne le laisserait pas lui glisser entre les doigts, qu'importe les risques. Car non, elle n'avait pas peur. Elle savait qu'il avait tué les deux précédentes femmes qu'il avait aimées, d'abord en étant lui-même envoûté, puis parce que l'une d'elle avait été envoûtée. Il le lui avait dit. Mais elle ne craignait pas Lokhyan, elle ne l'avait jamais craint, elle le respectait. Elle avait confiance en lui, plus que lui en lui-même. Elle savait au fond d'elle qu'il ne lui ferait pas de mal, malgré les crises de violence passagères qui pouvaient s'emparer de lui. Elle ne savait pas comment ni pourquoi, mais elle savait, elle sentait qu'il n'irait jamais jusqu'à commettre l'irréparable. Du moins lorsqu'ils étaient vampires... Car pour l'instant, ils profitaient de leur humanité commune et du fait qu'il ne pouvait pas la blesser d'un geste un peu trop brusque.

Un geste trop brusque. Cette pensée en amena une autre. Ce coeur encore. Toujours le même... Elle détourna aussitôt son regard pour le diriger vers le bar. Un petit geste de la main et quelques instants plus tard, on lui apportait un nouveau verre. Elle le porta sans précipitation à ses lèvres, pour n'en boire pour l'instant qu'une gorgée. Après quoi elle reposa finalement ses yeux clairs sur le sorcier face à elle. Se souvenir de quoi il parlait. Ah, oui. La raison de sa présence. En voilà une bonne question. Elle-même n'avait aucune idée de ce qui l'avait poussée à venir s'asseoir à cette table... Que répondre alors ? Pas la vérité, ce serait montré une quelconque faiblesse. Et vu comme la discussion était partie, à se tirer dans les pattes, autant continuer sur cette voie. Cela avait au moins l'avantage de la distraire de ses pensées morbides. Il fallait dire aussi que cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas trouvé d'adversaire aussi intéressant niveau verve. Autant en profiter...
†~

    « Sache, Adam quelque-chose, que ce n'est pas parce que je m'assieds à la table de quelqu'un que je recherche sa compagnie.
    Peut-être suis-je simplement venue observer de plus près ta... déchéance ? »




    ~† I had hoped you'd see my face. And that you'd be reminded. That for me it isn't over. Don't forget me. I beg. †~
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MessageSujet: Re: (PV Charlotte) La vérité dans un Whisky Mer 31 Mar - 2:18

Je ris pour la première fois depuis un certain temps. Cela ce n’est pas rire de joie, plutôt un mélange amère entre la dérision, l’ironie et l’amusement. Car cela c’est indéniable, cette femme m’amuse sans le vouloir, du haut de sa forteresse d’arrogance. On me dit parfois que je suis trop confiant, méprisant, mais il faudrait que mes détracteurs rencontrent Charlotte Leonhart. A supposer qu’ils sortent vivants d’une telle rencontre, ils reverraient à la baisse leurs prétentions. Quoiqu’il me semble qu’elle n’est pas fondamentalement arrogante. J’ai désormais l’impression que cette femme cherche davantage à n’avoir aucune faiblesse, ou à les masquer par une morgue affectée. Une attitude qui en dit plus long qu’on ne pourrait le penser. Qu’a t elle subi dans le passé pour forger une telle cuirasse autour de sa personne ? Qu’a t elle vu ? Je me le demande.

Je songe qu’elle n’est pas si différente de moi, sinon que ma cuirasse est d’un autre nature. Pour dissuader les importuns je me fais distant, évasif, je m’entoure de flou et je me nappe dans la brume de l’inaccessibilité. Ou plus simplement, je me contente de les regarder dans les yeux. Le nombre de gens qui ne peuvent pas soutenir ce regard glacé ne cesse de m’impressionner et d’accroître le sentiment de répugnance que j’ai pour mes congénères. Pour la plupart de mes congénères. Quoiqu’il en soit, elle, elle n’a aucun problème pour me regarder en face. J’apprécie. Pendant un bref instant j’envie Lokhyan qui a subi une perte de la même nature que la mienne et qui a su, en apparence au moins, tourner la page et redécouvrir des sentiments humains.

Je retiens un sourire. Quelle ironie. Le vampire amoureux aux sentiments humains, contre le sorcier bel et bien humain mais détaché des considérations du cœur. Et quel cœur. Que n’ai je entendu à mon propos les surnoms les plus ineptes. « Cœur de glace », « Ice-man », etc. J’en été presque venu à les croire jusqu’à hier où j’ai eu la douloureuse confirmation que mon cœur pouvait saigner comme celui de n’importe quel homme subissant la perte d’un camarade.

Et puisqu’il s’agit d’émotions, je constate avec satisfaction qu’elle n’est pas aussi rouée et impossible à cerner qu’elle veut bien le faire croire. Mon trait, quelque peu perfide je l’avoue, sur sa relation avec Lokhyan, a porté. Quel spectacle que ce visage de fine porcelaine qui soudain affiche un rictus peu engageant. Je me doute que je vais avoir droit à une réplique quelconque, elle n’est pas du genre à encaisser les sarcasmes et à tendre l’autre joue. Ce n’est pas sans m’amuser. Soudain j’adore cette atmosphère hors norme, cette situation inexplicable. Moi, dans un bar putride, avec l’instable Charlotte Leonhart, en pleine joute verbale. Cela me revigore.

A réponse, je souris très légèrement, surpris. Surpris que Lokhyan lui ai tout raconté, postulat que j’établis à cause de l’absence de surprise. Donc ça serait sérieux ? Il tiendrait réellement à cette femme ? Je songe que c’est très intéressant. Chacun est le point faible de l’autre, une combinaison qui, si besoin était, pourrait se révéler très facile à exploiter. Déjà je reconsidère les scénarios de cas de conflit contre Lokhyan que j’avais établi et j’y insère l’équation Charlotte.

Je ris franchement à ses dernières phrases. Il ne fait aucun doute qu’elle a embelli cette sombre soirée, avec sa pure mauvaise foi qui m’amuse au plus haut point, et cette perpétuelle attitude hautaine qui n’est pas déplaisante. Il faut dire que c’est un contraste frappant si l’on compare à mes conversations habituelles de ces temps derniers, qui se résument à des pourparlers, des ordres, des décisions, des compromis, et autres mots barbares. Pour la première fois depuis de nombreux mois je parle et j’entends parler sans me demander tout à fait ce que mon interlocuteur en retire.

Ces rires, bien que discrets, font se tourner quelques têtes vers moi. Allons bon. Tous les mouchards de Londres vont se dépêcher de vendre à qui voudra les payer que Adam Shave a conclu des tractations fructueuses avec Lokhyan Dewitt par l’intermédiaire de Charlotte Leonhart. Parce que c’est ainsi que tous percevront ce moment, je n’en doute pas. Dans le Londres du Spirit, une conversation sans but entre et quelqu’un comme moi et quelqu’un comme elle semble impossible à la plupart des gens. C’est pourtant le cas. Mon amusement s’entend dans ma voix lorsque, après avoir vidé mon verre, je répond.


- Je crois que c’est un français qui a dit que « la peur n’empêchait pas le danger ». Mais je n’insiste pas, votre bonheur de parfaits amoureux est très mignon, vraiment. Vous m’inviterez au mariage peut être ?

Le sarcasme s’entend clairement. Je n’ai pas réagi outre mesure quand elle a prétendu venir assister à ma déchéance mais ça m’a touché, comme le montre l’ironie mordante que je viens d’utiliser. Je tâche en général de masquer autant que faire se peut mes émotions, mais présentement je n’en ai cure. C’est Charlotte Leonhart, pas Alexey ou un ponte quelconque de la sorcellerie. Qu’elle pense donc ce qui lui plaît.

- Et donc tu t’es assise pour contempler de près le misérable spectacle de ma déchéance ? Quelles paroles peu charitables, tu me peines. Ou alors tu t’inquiétais ? Je te rassures, les sorciers ont les moyens d’éviter l’ivresse.

Je croise les doigts, mes yeux scintillent et la fatigue reflue petit à petit. Cette discussion me réveille. A coup sûr elle ne pouvait pas se douter que son arrivée ferait cesser ma morosité et qu’elle me redonnerait du tonus. C’est pourtant le cas. Je vrille mon regard dans le sien, une moue ironique sur le visage.

- Et dis moi, tu avais quelque chose de précis en tête après avoir constaté à quel point je déclinais ? Ou c’est une simple étude sur ma santé qui t’amène à ma table ?
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MessageSujet: Re: (PV Charlotte) La vérité dans un Whisky Ven 2 Avr - 21:05

~† Depuis qu'elle avait annoncé sans laisser envisager le moindre doute qu'elle n'avait pas peur de Lokhyan, de leur relation, d'être ce qu'elle était pour lui, tout sourire même ironique avait disparu du visage de la jeune brune. Elle se contentait d'observer Adam d'un regard presque mutin. Même quand elle avait supposé venir voir sa déchéance, pas de sourire. Pas de sourire mais sa voix faisait subtilement passer l'ironie. Pas de manière flagrante, mais on sentait tout de même qu'elle était cachée quelque part sous ces traits presque impassibles. Et si elle restait pratiquement de marbre, lui ne se gênait pas pour rire. Certes pas à gorge déployée mais tout de même. Oh. Au moins sa remarque l'avait-elle amusée... Mais était-ce la remarque en elle-même, cet Adam quelque-chose était-il capable d'auto-dérision ? Ou était-ce plutôt la manière dont elle l'avait prononcée, aussi détachée que si elle avait parlé de la pluie et du beau temps ? Qu'elle qu'en soit la raison, il riait et elle non, attirant même sur eux quelques regards curieux. Charlotte était peut-être un peu vaseuse à cause de l'alcool mais elle était tout de même assez consciente pour remarquer les mouvements des gens présents dans la pièce...

Hum ? Une phrase française. La peur n'empêchait pas le danger. Oh, malgré la déchéance cet Adam quelque-chose était donc cultivé ? Si Charlotte avait compris ce qu'il disait ? Totalement, elle était mi-anglaise mi-française. Son père était français, sa mère était anglaise. Son père, un duc français, avait été envoyé en Angleterre pour traiter d'affaires magiques et s'était à l'époque épris d'une jeune anglaise. Et de leur union était née la petite diablesse Leonhart... Tout cela pour dire que, oui, Charlotte parlait aussi bien le français que l'anglais. Et aucun accent de l'une des deux langues ne déteignait sur l'autre, s'il vous plaît. Bilingue donc. Mais, elle avait beau avoir "entendu" ce que le sorcier lui disait, elle n'en saisissait pas le sens. La peur n'empêchait pas le danger. Peut-être, mais elle venait justement de dire qu'elle n'avait pas peur. Il n'y avait donc pas de danger... Alors, elle se rendit compte que l'alcool ne la faisait pas réfléchir droit et qu'elle se posait d'étranges questions. Bref, une jolie phrase française suivie par des piques pour le moins grossiers. Pour le coup, cela n'avait rien de subtil.

Bonheur de parfaits amoureux... Mignons... Mariage... Il se moquait. Le visage de l'ancienne vampire était toujours aussi détaché et pourtant. La petite pointe d'amusement qui était jusque-là logée au fond de ses yeux clairs fut rapidement remplacée par une lueur malsaine. Ses yeux lui disaient 'méfie-toi Adam quelque-chose, je veux bien rire de moi mais ne parle pas de nous'. Un conseil, une menace silencieuse. S'il jouait un peu trop avec le feu, il risquerait de se brûler. Peut-être pas ce soir mais Charlotte avait une très bonne mémoire, malgré l'alcool. Elle n'avait pas encore assez bu pour ne plus se souvenir de sa soirée. Et la vengeance pourrait très bien être un plat qui se mangerait froid si le sorcier continuait de glisser sur la pente savonneuse sur laquelle il avait décidé de s'engager... Elle avait accepté presque sans broncher qu'il la qualifie de "maîtresse" mais elle ne supporterait pas une fois de plus qu'il les insulte, ni eux ni leur amour. Il ne pourrait jamais comprendre ce qui les unissait mais ce n'était pas une raison pour qu'elle laisse passer. Toujours silencieuse donc, mais son regard était bel et bien celui du Diable.

Le reste de ce qu'il raconta, elle ne l'écouta que de loin. Son esprit était déjà parti loin, à s'imaginer ce qu'elle ferait s'il les offensait encore. Peut-être se jetterait-elle à son cou et alors, elle le serrerait très fort, jusqu'à ce qu'il n'ait plus de respiration. Ou bien peut-être qu'elle amènerait jusqu'à elle une bouteille de whisky, qu'elle lui casserait sur la tête et qu'elle s'amuserait à le défigurer avec les bouts de verre tout en léchant le sang. Ou bien elle attendrait sagement d'avoir retrouvé son statut de vampire et alors, elle défoulerait tout son sadisme sur le pauvre sorcier qui n'aurait pas assez d'une baguette pour l'arrêter... Aussi doué soit-il en magie, il ne ferait jamais le poids face à sa folie meurtrière. Ce serait pire encore que ce qu'elle avait jamais accompli. Pire encore que d'arracher le coeur de la poitrine d'un homme vivant à main nue. Pire encore que de jeter l'organe encore pulsant sur le sol et d'obliger Psyché à... Nouvelle vision d'horreur. Ce même coeur encore. Cette bouche, trop petite, entourée de tellement de sang... Mauvaise idée que de penser à cela maintenant. Sa tête commençait à lui tourner. Son verre, vite. Avec un peu plus de précipitation cette fois, elle amena le verre de Whisky Pur-Feu à ses lèvres et en but une longue gorgée.

Mauvaise idée encore une fois. Décidément, ce poison lui faisait prendre les mauvaises décisions. Elle reposa le verre vide sur la table et jeta un bref regard dans le bar. Les gens... tournaient. Elle cligna des yeux plusieurs fois mais cela n'y changea rien. Elle se sentait mal. Elle avait chaud mais s'était mise à trembler de froid. Son propre coeur pulsait à vive allure dans sa poitrine. Bam bam. Bam bam. Elle le sentait qui battait jusque dans ses tempes. Et encore ce coeur, toujours le même. Sur le sol. Ce coeur qu'elle avait obligé... Merlin, elle allait défaillir... Non, pire que cela même. Elle sentit une remontée acide dans sa gorge, une brûlure. Cette sensation lui remonta des tréfonds de ses souvenirs, alors qu'elle était encore une humaine adolescente, une petite fille même. Un souvenir qui était une mise en garde de son corps. Elle allait vomir. Un regard hagard au sorcier avant qu'elle ne se lève et ne se mette à courir jusqu'aux toilettes, laissant la porte claquer derrière elle. Elle enfonça avec bruit et fracas une nouvelle porte et se retrouva au-dessus d'une cuvette juste à temps. Par les chaussettes de Merlin, elle détestait cette sensation, cet état fébrile et ce qui remontait de force de son estomac vers sa gorge pour sortir. S'agenouillant, retenant avec peine ses mèches de cheveux, elle se maudit d'avoir bu autant et si vite pour oublier...
†~



    ~† I had hoped you'd see my face. And that you'd be reminded. That for me it isn't over. Don't forget me. I beg. †~


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MessageSujet: Re: (PV Charlotte) La vérité dans un Whisky Ven 2 Avr - 22:58

Charlotte Leonhart se prenant une cuite. C’était attristant et amusant à la fois. Je l’ai regardé foncer dans l’annexe de la gargote non sans savourer l’ironie de la situation. Elle, si hautaine, n’était pas terrassée par quelque formidable ennemi, par d’invraisemblables entités maléfiques. Non. Ce qui la faisait renoncer à sa morgue, c’était un verre de whisky pur feu. Enfin, plusieurs verres. Je regardais mon verre. Quel pouvoir dans un si petit volume. Le pouvoir de ridiculiser une femme exceptionnelle. Car elle s’était ridiculisée. Les tablées alentours n’avaient pas manquer de regarder l’agitation de ma table avec une certaine curiosité, puis, quand l’association « alcool » et « départ précipité vers les sanitaires » avait été faite un peu partout, de gros rires gras avaient éclatés. Elle n’avait pas dû s’en rendre compte dans son état mais… Soudain mes mâchoires se serrent. Je ne peux m’empêcher d’être agacé, irrité, envahi par un sentiment que je ne tarde pas à saisir.

Autour de moi c’est une mer de rustres, de veules, la plèbe dans toute sa crasse, dans toute sa vie pathétique. Et pourtant ils osent se moquer d’une femme qui, malgré son incroyable arrogance, est au centre des événements récents, côtoie des gens qui décident de leur sort à tous et qui, en temps normal, peut en faucher deux à la douzaine. Et cela m’énerve. Je me sens quelque peu sali par leur infamie à tous, je me dis que si ils peuvent rire d’elle ainsi, ils peuvent rire de moi et de tous ceux qui sont, par nature, bien au dessus d’eux. Certains continuent à lorgner ma table d’un œil pétillant. Je leur adresse des regards meurtriers. Je n’aurais pas dû venir ici. Cette aventure allait venir aux oreilles du tout Londres en peu de temps. Et Charlotte allait sans doute aussi en pâtir, même si à force de boire elle aurait obtenu le même résultat sans moi.

J’envisage de partir. Quelque chose me retient. Non ça serait agir comme seuls peuvent agir les veules qui m’entourent. Je commande un autre verre, ne craignant pas les mêmes désagréments que la jeune femme. Enfin jeune, je me comprends. Au bout d’un certain temps une caricature de serveur vient m’apporter mon verre. Il s’attarde un instant. Je remarque son nez pointu, son teint jaunâtre, son air faux. Il m’inspire répugnance. Sa voix est comme lui, pâteuse, grasse.


- Eh m’sire, c’est pas bien d’saouler les d’moiselles, j’suis sûr que moi si je la pratiquais j’aurais pas besoin de ça pour la satisfaire si vous voyez ce que je…

Ma main fuse et serre violemment son avant bras, qui refroidit de façon spectaculaire, une couche de givre se formant même. Il a un glapissement de douleur. Mes yeux le vrillent, assassins. Je sens la peur en lui et cela augmente ma colère, il me répugne, il me ferait presque vomir. Pourquoi se battre pour défendre ce genre d’individus ? Pourquoi certains veulent à ce point sauver tout le monde y compris ces gens là, ces créatures là. J’ai envie de l’agonir d’injures mais je me contente de le relâcher sans faire quoi que ce soit pour son bras. Il s’enfuit derrière son comptoir.

La colère m’a pris comme un ouragan. Moins à cause de ce qu’il a dit sur Charlotte qu’à cause de son manque de respect, de sa vulgarité, de sa nature même. Je me masse le front. La magie que j’ai lâché à mon insu m’a fait mal à la tête. J’apaise la sensation douloureuse d’un coup de baguette. Je pianote nerveusement sur la surface de la table. Tout cela m’agace, m’agace, m’agace… Ma sensation d’inconfort est aussi intense que ma détente d’il y a quelques instants.

Je fouille dans la poche de ma veste. J’en sors un objet qui me surprend moi même. Un paquet de Marlboro 100s, des clopes typiquement moldues. Récemment confisquées à un homme à nous, qui fumait en mission, compromettant la discrétion de l’ensemble de ses compagnons. Je considère les cigarettes d’un air circonspect, comme si j’admirais quelque dangereux fauve. Il est vrai que ces choses sont moins fortes, plus insipides que leurs équivalents sorciers, ce qui ne les empêche pas de, d’après ce que j’ai compris, rendre malade les moldus. Mais à la longue ai je entendu.

D’une impulsion, je sors une cigarette, je l’allume. Le goût m’emplit. Ce n’est pas sorcier mais ce n’est pas si mauvais. Je me fais la réflexion qu’on a théoriquement pas le droit de fumer ici, tout gargote que cela soit. Mais visiblement nul n’ose venir me réprimander. Sourire sardonique. Voilà une illustration parfaite de ce que je pensais tantôt. La lâcheté est omniprésente. On applique les règles à ceux qui ne risquent pas de les contester. Lamentable.

Une autre pensée me vient tandis que je regarde l’heure. Cela fait un certain temps que Charlotte est partie… Hum. Je ne suis pas médecin mais il me semble qu’un corps qui n’a pas subi ce genre d’expérience depuis longtemps y est plus sensible. Surtout si le corps en question est celui d’une vampire qui n’a pas ressenti certaines sensations humaines depuis des siècles. Si c’était quelque d’un autre j’aurais déjà résolu d’aller voir mais je ne tiens pas à subir sa dérision. Ou sa colère car je pense qu’elle n’aime pas être vue en position de faiblesse. Néanmoins je ne tiens pas à entrer en conflit avec les vampires parce que j’ai laissé l’une des leurs vulnérables dans un tel endroit. Et puis qu’importe, j’apprécie cette femme qui, grâce à son impertinence, a su animer pour un court instant une soirée qui s’annonçait mal et qui semble finir mal.

J’allume une autre clope pour me donner du courage et aller affronter le dragon. Puis je me lève et je gagne les toilettes. Rires gras derrières moi. Je passe la porte et je rentre dans des sanitaires qui ont connus de meilleurs jours. Je cherche Charlotte du regard. Puis je baisse les yeux. La vision n’est pas sans me provoquer une violente surprise, presque un choc, à cause du contraste. Elle est assise contre un des murs blancs et sales, plus pâle que n’importe quelle vampire. Je me demande ce que je suis sensé faire.

Au diable sa réaction, je lève ma baguette et je prononce une formule. Des légères étincelles rosâtres apparaissent autour du corps de Charlotte. Je tire une bouffée et je m’assois moi même contre une porte, pas tout à fait à côté d’elle, histoire de me mettre hors de portée d’une éventuelle réaction de colère, suffisamment pour marquer ma « solidarité », pour peu que cela lui importe.


- Tu auras toujours un solide mal de tête et de la fatigue mais l’effet de l’alcool doit être parti.

Je soupire. Quelle scène burlesque. Je suis assis dans des wc répugnants et je tente maladroitement d’apaiser Charlotte Leonhart qui vient de subir les effets de l’alcool pour la première fois depuis de nombreuses décennies et qui a un caractère de manticore. Nouvelle bouffée de cigarette.

- C’est chiant d’être humain hein ?

Je ne sais pas pourquoi je dis ça. Je suis humain mais ma condition de sorcier me préserve de ce genre de déconvenues. Je ne pourrais jamais subir ce qu’elle vient de subir sauf si je le désire et pourtant. J’ai dû dire ça dans une sorte de volonté de faire une espèce d’humour un peu sombre.

- Adam Shave sinon. J’ai un sourire d’ironie, amusé. S’il paraît que boire rapproche, dans le cas présent tu auras au moins appris mon nom.
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MessageSujet: Re: (PV Charlotte) La vérité dans un Whisky Dim 4 Avr - 19:35

~† Yeux fermés. Tête posée. Corps presque affalé. Yeux fermés et pourtant le rempart de ses paupières ne suffisait pas à obscurcir la lumière intrusive et trop forte des toilettes. Tête posée et pourtant l'arrière de son crâne, appuyé contre le mur, souffrait et voulait être redressé mais elle n'en avait absolument pas la force. Corps presque affalé et pourtant la position était vraiment loin d'être confortable contre ce carrelage trop blanc et trop froid. Qu'est-ce qu'elle pouvait détester ces sensations... Cela faisait bien longtemps qu'elle ne les avait plus ressenties mais elles ne lui avaient absolument pas manquer. Pas du tout. Pas le moins du monde. Elle se sentait affaiblie, avait froid, tremblait vaguement, et avait cette impression que l'entièreté du monde extérieur s'était ligué pour agresser le moindre de ses sens. Cela allait de sa vue avec cette lumière aveuglante, en passant par son ouïe et ces rires trop forts, sans oublier son toucher, avec notamment ce sol et ce mur vraiment trop inconfortable. Malade, oui. Et elle abhorrait cela.

Les paupières toujours closes, elle entendit bientôt une porte s'ouvrir, puis se refermer. Moins fort, s'il vous plaît... S'ensuivirent des bruits de pas avançant dans sa direction. Elle ne bougea pas d'un millimètre ni n'ouvrit les yeux pour voir qui s'approchait. Elle aurait pu avoir peur, après tout elle était là, assise par terre comme une loque humaine, sans défense et à la merci du premier venu... Pourtant non, rien. Elle savait que sa baguette se trouvait non loin, quelque part dans l'une de ses poches. Mais elle savait aussi qu'elle n'aurait jamais la force de la sortir et d'user de magie. A vrai dire, c'était pour cela qu'elle n'avait pas peur : parce qu'elle n'en avait simplement pas la force. Alors advienne que pourra, elle ne pouvait de toute manière pas grand chose pour son cas... Elle s'était attendue à entendre un rire, des paroles moqueuses ou même perverses. Au lieu de cela, elle reconnut une incantation. On lui lançait un sort... Alors seulement elle se décida à ouvrir les yeux, au moins pour mémoriser le visage de celui qu'elle aurait plus tard à pourchasser.

Droit et fier, Adam... quelque-chose se tenait debout devant elle. Oh par pitié, que lui voulait-il ? Elle n'était pas d'humeur ni en état de recevoir ses paroles ironiques et vengeresses. S'il était venu pour la railler il pouvait repartir comme il était venu avec ses mots empoisonnés. Elle ne voulait pas le voir. Elle ne voulait voir personne. Elle voulait juste rester assise là, toute seule, à ne penser à rien et attendre qu'elle se sente au moins capable de se relever et de marcher pour pouvoir retourner jusqu'à Kensington et aller s'affaler dans son lit en attendant le retour de Lokhyan et de pouvoir se blottir contre lui. Ce n'était pas trop demander, si ? Alors par Merlin, qu'il reparte et la laisse tranquille... Et d'ailleurs qu'était-il en train de lui lancer comme sort au juste ? Il croyait qu'il s'en tirerait vivant ? Une fois redevenue vampire elle le retrouverait, toujours, où qu'il se cache, où qu'il aille et quoiqu'il fasse. Car oui, Charlotte était certaine de redevenir un jour vampire. Il était pour elle inconcevable qu'elle reste jusqu'à la... fin ainsi, une vulgaire humaine. Impossible. Mais loin de lui envoyer un sort offensif, elle se sentit soudainement un peu mieux lorsque les étincelles rosées l'eurent entourée avant de disparaître. Un peu plus loin, le sorcier s'installa lui aussi à même le sol.
†~

    « Tu n'imagines même pas à quel point je déteste être humaine... »

~† Son sort avait annihilé les effets de l'alcool. Alors la jeune brune put enfin se redresser, se tenir un peu plus convenablement. Elle releva ses jambes, les pliant et les entourant de ses bras, afin de venir poser son menton entre ses genoux et ainsi soulager l'arrière de sa tête. Elle resta silencieuse un petit moment, écoutant les tambours qui avaient pris la relève et martelaient maintenant contre son cerveau. Elle se ferait une potion contre les maux de tête lorsqu'elle rentrerait, elle en avait bien besoin... Elle n'avait pas relevé sur sa dernière phrase. Mais le quelque-chose se transformait en Shave. Ah voilà, cela lui revenait maintenant qu'il le disait ! Il avait raison, elle savait au moins maintenant son nom. Et, étrangement, elle ne vit pas de moquerie dans ses mots. Quoi exactement elle ne savait pas, et n'aurait de toute façon pas pu y réfléchir mais elle lui en était reconnaissante. †~

    « Merci. »

~† Un unique mot. Prononcé en français. Merci pour le sort qui l'avait quelque peu soulagée. Merci de ne pas venir et faire le fanfaron devant elle. Merci de ne pas se moquer d'elle même si elle l'aurait bien mérité. Et merci d'être... compréhensif et solidaire dans une certaine mesure. Bien sûr toutes ces raisons elle les tairait. Peut-être en devinerait-il certaines, peut-être pas. Sûrement la plus évidente, qu'elle le remerciait pour le sort. Mais elle ne s'étendrait pas plus sur ses remerciements. Il en retirerait ce qu'il voudrait. Les yeux fatigués tournés dans sa direction, un pauvre sourire s'afficha sur ses lèvres en même temps qu'elle reprenait la parole d'une voix vaguement dérisoire. †~

    « Je ne te demande pas ce que tu es venu faire ici, je suppose que tu es venu à ton tour admirer ma déchéance... »




    ~† I had hoped you'd see my face. And that you'd be reminded. That for me it isn't over. Don't forget me. I beg. †~


Dernière édition par Charlotte Leonhart le Ven 9 Avr - 11:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (PV Charlotte) La vérité dans un Whisky Dim 4 Avr - 23:39

Il fait froid dans ces sanitaires que nul ne visite, qui ce soir reçoit deux invités de marque. Pourtant le froid qui emplit mon cœur, mon corps et mon âme n’est pas une effet de la température. Je me sens soudain usé et très fatigué. Je regarde Charlotte Leonhart qui n’a pas l’air plus vaillante. Ce monde est mauvais. Il l’était déjà avant le Spirit et le sera encore après mais cette vision ne fait que me conforter le dégoût qu’il m’arrive de ressentir, occasionnellement, pour mon environnement. Oui, cette vision pathétique. Ce lieu. Notre position. Je porte la cigarette à mes lèvres et le tabac m’emplit. Mon regard se porte à nouveau sur la « jeune » femme à mes côtés. C’est bien dommage. Si le monde avait été différent elle aurait pu ne pas être cachée dans un trou de souris à la merci des griffes du Spirit et de la bassesse. Elle aurait pu se trouver en pleine lumière.

Mais en quoi est elle différente de tous les autres ? Avant de venir dans ce pub sordide, j’ai parcouru Londres. J’ai vu les gens pleurer leurs mères, leurs filles, leurs frères, leurs femmes. J’ai vu des cadavres, deux fois, alors que le trajet était pourtant court. J’ai vu les mendiants et j’ai vu une misère comme je n’en avais jamais vu. S’en nourrit il ? Je ne comprend pas cette entité. Si elle réussit à posséder tous les êtres vivants, la Terre lui appartiendra, certes, mais il sera absolument Seul en ce monde. A quoi cela sert de régner sans sujet ? A quoi cela peut il bien lui servir d’être Tout, et de n’être, en fait, absolument rien. Je soupire légèrement. Décidément je ne comprends pas.

Pas plus que je ne comprends les moldus qui saccagent la planète de façon suicidaire. J’en ai assez de toutes ces folies. Assez. Elle me dit que je n’imagine pas à quel point elle déteste être humaine ? Peut être mieux qu’elle ne le croit. J’aimerais parfois être autre chose. Pas non plus un vampire. Je me masse le front, en proie à de noires pensées. Helena. Goderic. Allistair. Tant d’autres sur cette courbe de sang, qui amène finalement ce soir à la mort de Richard. Je ne sais que dire, je ne sais que faire. Je me sens couler contre le mur froid. Elle semble bien trop préoccupée par ses propres songes pour remarquer les indices corporels que je sais montrer.

Nouvelle bouffée de cigarette. L’amertume du monde emplit ma coupe jusqu’à la lie. Etait ce mieux du temps de Merlin ? Merlin. Le sorcier dieu. L’être révéré. Celui à qui j’aspirais, non, celui à qui j’aspire à succéder. En son temps il y avait de nobles chevaliers, de puissants rois. En son temps il y avait des vrais dragons. Que ne puis je me transformer en l’un de ces rois du ciel et incendier le chancre qui infecte Londres jusqu’à ce qu’il soit anéanti.

Je m’imagine en dragon. J’aime bien l’idée. Y aurait il eu une erreur lors de mon incarnation ? Il est vrai d’un autre côté que les dragons d’aujourd’hui ne sont guère plus que des animaux sauvages, bestiaux et primitifs. Un autre exemple de ce monde qui tombe en déliquescence. Le Spirit n’est pas la cause, il n’est que le symptôme le plus visible. Si certains disent qu’il est une punition divine, je serais tenté de croire qu’il s’agit d’un virus envoyé par le destin pour voir si les anticorps que nous sommes peuvent encore vivre et se battre.

Je vois Charlotte qui se redresse, non sans grâce malgré son état. Qu’en pense t elle ? Se dit elle que le Spirit est le seul mal ? C’est une vampire certes, mais je sais que ce n’est pas n’importe quelle vampire. Elle me l’a prouvé lors de notre brève discussion. Et à cause des gens qu’elle voit, qu’elle rencontre. Peut être que notre rencontre céans est, précisément, une sorte de signe. Merlin tenterait il de me dire quelque chose ? Je souris. Voilà que je parle comme le dernier des plébéiens, qui pense que Merlin intervient encore dans la vie de tout à chacun.

Et puis soudain ce merci. Inattendu. Un sourire me vient aux lèvres. Pas ironique. Un sourire véritable. Le mot qu’elle a prononcé, je n’espérais guère l’entendre sa bouche, quand bien même j’aurais sauvé l’univers et elle avec, quand bien même j’aurais tiré Lokhyan des sept enfers. Comme quoi son air hautain, cette arrogance, dissimule réellement quelque chose de plus profond. Je sais qu’elle ne m’a pas dit merci uniquement à cause du sort mineur que je lui ai lancé. Cela se sent. Pourquoi alors ? Parce que je suis là ? Parce que je ne la laisse pas seule dans cet endroit répugnant. C’est possible. Quoiqu’il en soit je suis heureux de n’être pas parti. Cela valait le coup de rester pour entendre ce merci.

Elle continue ensuite. Décidément la déchéance lui tient à cœur. Un rire cristallin s’échappe de ma gorge. Même ainsi, dans cette position fâcheuse, dans ce lieu, je trouve que Charlotte Leonhart aurait bien du mal à faire croire qu’elle peut subir une déchéance quelconque. Comme je ne veux pas qu’elle pense à une moquerie, j’explicite.


- Ta déchéance ? Si tu en subis une, tu la dissimule mieux que moi.

Presque un compliment sans en être tout à fait un. Je fais un geste du bras, englobant tout ce qui nous entoure, sachant pertinemment que mes yeux sont de glace à cet instant . Ma voix devient légèrement rauque, cassée, à cause de la fatigue, à cause de la cigarette, à cause de mon humeur sombre.

- Au contraire de tout le reste.

Nouveau sourire. Vaguement nostalgique, vaguement amusé, vaguement triste.

- J’ai envie de changer ce monde pourri.

Pourquoi ai je dit cela ? Je m’affaisse légèrement. Je me surprend moi même. Bah, après tout qu’importe. Cette femme n’est pas commune, je le sais bien. Quoiqu’elle entende… non, elle me jugera bel et bien mais contrairement à d’autres, ce n’est pas parce que son jugement sera négatif qu’elle se hypocrite pour un sous. C’est sans doute pour cela que je prononce ces deux derniers mots, non sans me surprendre moi même à nouveau.

- Pas toi ?
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MessageSujet: Re: (PV Charlotte) La vérité dans un Whisky Ven 9 Avr - 13:19

~† Un sourire. Après son simple "Merci", il avait souri. Pas un sourire ironique, pas un sourire mesquin, pas un sourire dédaigneux. Juste un sourire. Cela n'allait pas. Peut-être se montrait-elle trop.... gentille. Elle n'en était pas non plus à aller aider tous les gens qu'elle croiserait bénévolement mais peut-être bien que, pour elle, juste un "merci" était déjà trop agréable. Et ce n'était pas bien parce qu'il ne devait pas penser qu'elle pouvait être aimable, sympathique et toute la clique de ces adjectifs positivement positifs. Non pas qu'elle se souciait de savoir si cela pourrait abîmer sa réputation. Ce n'était pas un sorcier qui déferait sa renommée... Mais il ne fallait pas qu'il croit qu'elle pouvait être bonne pour un mot. Parce qu'elle ne l'était pas. Foncièrement, elle était mauvaise, et l'avait toujours été.

Du plus loin qu'elle puisse se souvenir, depuis que son petit frère était mort de la peste, elle avait toujours été mauvaise. Et même avant cela. Combien de fois n'avait-elle pas fait de mauvais coups à ses petits camarades de classe ? Les enfants n'aimaient pas venir jouer chez elle, lorsque sa mère organisait de grands goûters dans le manoir. Ils n'aimaient pas venir parce que la petite Charlotte leur faisait peur. Elle avait des idées sombres, un regard diabolique, et cette chose avec les animaux... Qu'avait-elle donc à toujours jouer avec les animaux morts ? La mort la fascinait. Trop choyée par ses parents, elle s'était mise dans la tête que plus tard, quand elle serait grande, elle défierait la mort et ne mourrait jamais. Elle était à l'époque bien loin d'imaginer qu'elle deviendrait un jour une vampire, ni même qu'ils existaient...

Mais après la mort de son frère cela avait encore empiré. A Poudlard non plus, personne ne l'approchait de trop près. Ils étaient tous trop effrayés de retrouver un jour leur familier étendu raide mort et ensanglanté sur leur lit, avec pour seule signature une rose noire et un petit parchemin contenant deux lettres "C. L.", tout le monde avait toujours eu peur autour d'elle. Sauf ses parents, mais peut-être était-ce parce qu'elle leur montrait un visage charmeur et épanoui. Et puis lors de sa dix-huitième année, elle avait croisé la route de Lokhyan. Et elle était devenue ce qu'elle était presque encore aujourd'hui, l'une des vampires les plus sanguinaires que la Terre ait jamais porté, ne reculant devant rien et se fichant de tout. Peut-être Satan lui-même s'était-il penché sur son berceau, allez savoir...

Alors il ne fallait pas que ce Shave pense qu'elle pouvait être sympathique parce qu'elle ne l'était définitivement pas. C'était juste que ce soir, elle avait un moment de faiblesse. Mais dès qu'elle redeviendrait vampire, elle serait à nouveau elle-même et s'il se mettait sur sa route, elle n'aurait aucun remord à lui ôter la vie, qu'il l'ait aidée lorsqu'elle allait mal ou non. Aucun remord, aucun regret, c'était un peu sa devise. Elle n'avait pas de mal à la respecter avant, alors qu'elle pensait être totalement incapable du moindre sentiment. Et à vrai dire, c'était encore un peu le cas... Une chose avait changé, à présent elle savait qu'elle aimait son créateur. Mais mis à part cela, elle se fichait toujours du reste du monde et se riait de sa destinée... Même redevenue humaine, elle n'arrivait pas à les plaindre de leur sort. Qu'ils aillent tous en Enfer, elle se ferait même une joie de les y envoyer un par un.

Alors non, il ne fallait pas qu'elle laisse penser à ce sorcier qu'elle pouvait avoir une quelconque bonté en elle. C'est sur cette pensée qu'Adam reprit la parole, lui assurant qu'elle dissimulait mieux sa déchéance que lui ne l'avait fait. Elle n'était pas si sûre. Être redevenue une humaine était en soi une déchéance, pour elle. Au contraire de tout le reste, ce monde qui subissait une déchéance visible et palpable ? Il voulait changer le monde. Et elle ? Elle songeait qu'il était trop tard et surtout qu'elle n'était pas en état pour philosopher sur ce genre de choses, pas avec les tambours qui battaient dans ses tempes. Mais c'était aussi l'occasion de lui rappeler, de lui montrer, que même recroquevillée sur elle-même dans des toilettes sales, même malade et ressemblant à une petite fille, elle était dangereuse car fondamentalement méchante.
†~

    « Non. »

~† Ce non était sincère, bien qu'implacable. Il ne laissait pas entrevoir le moindre doute ni la moindre hésitation. Elle développa, juste un peu, sans réellement tout dire. †~

    « Je ne changerais absolument rien à ce monde.
    J'aime le voir sombre, obscur, ensanglanté, impitoyable, souffreteux, insensible, féroce et irréfléchi. Parce qu'il est comme moi, à mon image. Et j'y évolue comme un poisson dans l'eau.
    Et je suis sûre que les trois quarts des êtres y vivants s'y sentent bien aussi, mais sûrement pas pour les mêmes raisons que les miennes. Et malgré ses dangers. Parce qu'ils ont peur, et cela les fait avancer, se dépasser.
    Toi, Adam Shave, serais-tu allé aussi loin dans ta quête de la gloire et de la magie si le monde avait été un havre de paix dans lequel aucun danger ne règnerait ? »




    ~† I had hoped you'd see my face. And that you'd be reminded. That for me it isn't over. Don't forget me. I beg. †~


Dernière édition par Charlotte Leonhart le Mar 18 Mai - 0:11, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: (PV Charlotte) La vérité dans un Whisky Jeu 15 Avr - 1:07

Elle vit détachée des normes. Pas seulement des normes humaines mais aussi des normes vampiriques. Mon regard glacé fixe cette femme de sa propre volonté, comme si il voulait la figer dans une gangue pour que je puisse admirer l’éternité durant cette acceptation qui ressemble si fort à une rébellion. Contrairement à d’autres Charlotte ne considère pas la vie comme un jeu pour échapper à l’horreur fondamentale que la vie en question peut inspirer, non. Cette femme se plaît dans un monde envahi par le Spirit. C’est une sorte de révélation pour moi et je me rends compte que décidément je n’avais pas saisi ce qu’était Charlotte Leonhart. Et cependant… c’est un peu facile me dis je. Quelle est une vampire séculaire elle apprécie la vie mais quand elle est une humaine faible et vulnérable elle déteste. En somme elle n’aime la souffrance que quand sa puissance lui permet de ne pas la sentir ?

Et quand bien même, serait ce vraiment si étonnant ? Moi non plus je ne souffre pas. Enfin pas dans ma chair. Le meurtre de mon ami et subordonné mais quelles auraient été les risques que je finisse à sa place sur le macadam ? Aucun, très probablement. Charlotte Leonhart a sa citadelle d’ivoire, son corps parfait et son vampirisme, moi j’ai ma puissance magique et mes hommes. Au final la souffrance ne ferait elle que nous effleurer ? Je sais que c’est faux. Mais je sais aussi que je n’ai pas été blessé physiquement depuis des lustres et je sais que c’est bien la première fois depuis longtemps qu’elle, elle souffre de cette manière.

Une autre différence entre nous deux qui croupissons dans des chiottes insalubres et eux qui sont assis à leurs tables à peine plus salubres. Eux peuvent mourir demain. Qui leur disparition affecterait elle ? Ces êtres sont frustres et grossiers, ils meurent comme les animaux, sans que personne ne les remarque jamais. Et tout comme les animaux leur survie ne dépend que de facteurs très aléatoires. Qui sait ? Peut être que dans quelques mois tous ceux qui sont dans cette gargote seront morts sauf elle et moi. J’ai un sourire ironique qu’elle interprétera sans doute comme une réaction directe à ses paroles. En fait j’ai fait un calcul. Considérant le taux de mortalité ou d’envoûtement à Londres, ce qui pour moi revient au même, il y a une chance sur vingt pour qu’un individu assis à quelques dizaines de mètres de nous meure dans la soirée.

Et moi ? J’imagine le Spirit entrer dans ce bar avec ses envoûtés, défoncer la porte des toilettes et m’assassiner. Et l’assassiner. C’est possible même si ce n’est pas un endroit ordinaire. Merlin que ce serait amusant. Adam Shave mort dans les toilettes, son corps reposant à côté de celui de Charlotte Leonhart. Lokhyan se poserait des questions. Ca serait mon dernier pied de nez au vampire millénaire, de mourir avec celle qu’il aime à sa place.

Vraiment mes songes ne sont pas charitables. Aussi peu que ceux de la Leonhart. Ô ironie du sort qui a voulu que la glace et la lionne – quoiqu’abrutie par l’alcool – se rencontrent précisément ce soir et se tienne ce genre de discussion. Qu’importe. J’ai la voix étrangement rauque quand je lui répond. Serait ce la cigarette moldue que va sur sa fin ? Il est vrai que cette chose est nouvelle pour moi.


- Le monde te convient tel qu’il est mais tu détestes être humaine. Si tu pouvais je suis sûr que tu utiliserais un retourneur de temps pour venir massacrer chacun des sorciers qui ont lancés ce foutu sort. Tu m’ôterais une épine du pied d’ailleurs. Quoiqu’il en soit tu changerais au moins ça. Et je suis sûr qu’en y réfléchissant tu peux trouver autre chose. Par exemple, admettons que tu ne puisses pas tuer les sorciers avant qu’ils ne te fassent devenir humaine, tu voudrais sans doute faire disparaître le Spirit puisque c’est sa présence qui a conduit les sorciers à agir ainsi. Ou même, ton cher bien aimé Lokhyan, il serait beaucoup moins menacé sans le Spirit.

Je suis sarcastique. Mais je n’ai pas répondu à sa question Elle me contredira sans doute néanmoins elle me semble contradictoire. Mais enfin, une femme de quatre siècle peut se permettre d’être contradictoire. Je soupire. Je me sens vaguement oppressé dans cet endroit. Entouré de ces cuvettes de WC. Mon cœur se soulève dans ma poitrine. Que ne suis je déjà parti ? Je me redresse et je me lève, rajustant ma mise d’un coup de baguette.

- Tu peux soit rester ici dans les vapes et risquer de te faire agresser par une bande de sorciers ivrognes désirant te passer dessus chacun leur tour comme je l’ai vu en en regardant certains dans les yeux, ou me suivre à l’extérieur et garder ton intégrité physique. C’est à toi de voir.

Je n’ai guère eu besoin de ma maîtrise de la légilimencie. Ce groupe composé d’une dizaine de personnes – beaucoup pour Charlotte même si elle avait encore été vampire me dis je – a suivi la progression de la femme vers les toilettes avec un intérêt qui n’augurait rien de bon. Je n’y repense que maintenant. Bah, si elle veut jouer les orgueilleuses et subir l’action de ce monde qu’elle aime tant, tant pis pour elle. D’un geste de baguette je créé des volutes noires qui deviennent une cape noire à la broche de serpent argenté. L’autre je la laisse dans cet endroit, elle me rappellerait trop de mauvais souvenirs.

D’un geste impérieux je sors des toilettes sans regarder si elle me suit. Ma figure doit être sacrément creuse et froide parce qu’aucun des soudards, même ceux dont je sens d’ici l’infamie, n’a le courage d’émettre un rire. Au bout de quelques instants je suis à l’extérieur. Je me retourne pour voir si Charlotte est avec moi.
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MessageSujet: Re: (PV Charlotte) La vérité dans un Whisky Ven 16 Avr - 0:47

~† Si elle le pouvait, changerait-elle les choses ? A bien y réfléchir... Probablement pas, non. Oui, elle détestait être humaine mais elle était intimement convaincue que le sort qui l'avait fait redevenir humaine, qui lui avait rendu une âme, n'était que temporaire. C'était impossible que tous les vampires ne soient retenus humains indéfiniment. C'était magiquement impossible, cela demandait bien trop de puissance... Elle n'était même pas sûre que ceux qui avaient fait cela retrouveraient un jour une once de magie en eux. Car c'était tout simplement énorme. Tous les vampires de la Terre avaient retrouvé une âme. Elle ne savait pas exactement, mais cela devait coûter une puissance magique faramineuse. Elle songeait que ceux qui avaient lancé le sort s'étaient dévoués. Sacrifiés. Et tout cela pour quoi ? Permettre que quelques vampires soient facilement capturés ? Les retenir captifs jusqu'à ce qu'ils ne redeviennent éternels, pour leur voler quelques litres de sang ? Pensaient-ils pouvoir en récupérer assez pour pouvoir éliminer le Spirit à tout jamais de cette manière ?

Elle les détestait de lui faire subir de nouveau la condition d'humaine. Mais elle n'aurait pas été dans le passé changer les choses. Cela avait eu quelques avantages, comme l'intimité qu'elle avait pu avoir avec Lokhyan parce qu'ils n'étaient pas dangereux, ni l'un ni l'autre. Cela avait eu quelques désavantages également. De nombreux désavantages. Elle avait failli le perdre à cause de sa faiblesse. Et puis toutes les petites choses du quotidien qui s'accumulaient, parce que son corps n'était plus celui d'une morte vivante... Pourtant elle ne changerait rien. Elle ne changerait pas non plus l'existence du Spirit. Il ne l'incommodait pas personnellement. C'était juste qu'il faisait dérailler le monde et qu'elle ne pouvait plus s'amuser aussi facilement qu'avant. Il ne serait peut-être pas là, et Lokhyan ne serait peut-être pas menacé par lui. Mais en échange de quoi ? A quoi auraient-ils droit si le Spirit n'était pas ?

Pas de remords ni de regrets, Charlotte ne changerait rien. Adam n'avait pas compris. Il pensait l'avoir cernée mais il était loin du compte. Il n'avait pas encore compris qu'elle se fichait de tout sauf d'une personne. Et, pour autant, elle n'irait pas jusqu'à modifier le cours des choses pour le protéger. Elle préférait faire avec ce que la vie lui donnait, la défier. La vie toute entière était son plateau de jeu préféré. Qu'allait-elle vous apporter au prochain tour ? Un instant de bonheur ou dix ans de malheur ? Une joyeuse surprise ou une avalanche de difficultés à surmonter ? Tout n'était qu'un jeu pour elle et pour rien au monde elle ne changerait les règles. Tant qu'elle s'amusait... C'était peut-être étrange pour une vampire, mais elle avait du mal à envisager que les choses pouvaient arriver par hasard. Elle pensait que tout ce qui se passait avait un but, aussi minime soit-il. Quel était le sien, elle n'en savait rien, mais elle aimait à penser que si elle devait mourir demain, elle aurait bien joué.

Il avait tort et pourtant elle ne répondit pas. Ne le contredit pas. Premièrement parce qu'elle se sentait fatiguée. Mais, peut-être aussi que le fait qu'il se trompe sur son compte lui serait utile un jour ou l'autre. Allez savoir. Silencieuse donc, elle l'observa tandis qu'il se relevait après avoir terminé sa cigarette. Il lui proposa de rester là, à ses risques et périls, ou de le suivre. Et qu'est-ce qui lui assurait qu'il n'avait pas dans la tête la même idée que bon nombres des hommes assis dans la pièce à côté ? Qui lui disait qu'il ne lui ferait rien lorsqu'ils seraient dehors ? Hum. S'il avait voulu lui faire du mal, il l'aurait certainement déjà fait, alors qu'elle était dans un état plus pitoyable encore. Elle n'avait pas vraiment peur mais elle n'avait pas non plus envie d'affronter une bande de soulots. Elle choisissait la deuxième option. Avec quelques difficultés tout de même, elle parvint à se relever en s'appuyant sur le rebord des toilettes. Avant de lui emboîter le pas pour sortir de la pièce, elle décida de se passer le visage sous l'eau. Se réveiller un peu. Puis, affronter le monde extérieur...

Lorsqu'elle entra dans la pièce principale du bar, Shave était déjà pratiquement arrivé à l'autre bout. La tête haute mais les traits tirés, elle se dirigea vers la sortie qu'il venait de franchir. Elle était à mi-chemin lorsqu'elle reconnut un son un peu trop familier. "Plop". Un transplanage, juste derrière elle. Elle eut à peine le temps de tourner la tête qu'un son similaire se faisait entendre. Deux de plus et ils étaient quatre à lui barrer la route, dans un sens comme dans l'autre. Les quatre mêmes que quelques semaines plus tôt, alors que Lokhyan avait décidé de lui faire une agréable surprise. Les quatre mêmes qui avaient ruiné sa soirée. C'était leur faute si elle avait failli perdre Lokhyan, leur faute si elle devait tous les jours se battre pour le garder près d'elle. C'était leur faute et elle n'était pas en état de les faire payer... Son premier réflexe défensif, comme lors de la première attaque, fut de hurler aussi fort qu'elle le pouvait. C'était cela qui les avait fait fuir la première fois. Aussi, elle aurait du s'en douter et se protéger, car ils lui lancèrent un sort de mutisme une poignée de secondes après qu'elle ait commencé à donner de la voix.

Muette, et pourtant personne dans le bar ne bougeait. Tous les hommes présents observaient la scène avec des yeux ahuris. L'un d'eux s'enfuit à toute jambe, probablement un ancien vampire qui avait compris et ne voulait pas se faire attraper. Le seul qui réagit fut le propriétaire du bar, définitivement pro-vampire. Du coin de l'œil, elle le vit sortir un fusil à pompe. Il tira sur le chasseur le plus proche et la panique commença à se déverser dans la pièce. Dans la précipitation, l'un des chasseurs l'attrapa par le bras. Par chance, une bouteille de Whisky Pur Feu se trouvait à sa portée, sur une table. Elle s'en saisit et l'explosa sur le crâne du chasseur. Deux de moins. D'un geste vif qui relevait du réflexe, elle attrapa sa baguette dans sa poche et lança un Expelliarmus à celui qui se trouvait entre elle et la porte. Elle se rua ensuite vers la sortie, et tomba nez à nez avec Adam Shave, qui avait probablement dans l'intention de revenir voir ce qui causait tant de boucan. Elle se cogna contre lui, recula de quelques pas et un chasseur, ou plutôt une chasseuse, en profita par l'attraper par les cheveux et la tirer en arrière. Elle essaya de s'accrocher à Shave mais sa main manqua sa cape. Elle se débattit. En vain puisque le chasseur qu'elle avait désarmé, bien que vaguement sonné, se trouvait non loin et les fit transplaner tous les trois dès qu'il toucha sa partenaire. Alors, le calme revint progressivement dans le bar. Sous les yeux de glace d'Adam Shave, Charlotte venait de se faire enlever. Ainsi pour elle, l'Enfer commença...
†~


The End †




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