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& • so let's do it knives out. | Psychel

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MessageSujet: & • so let's do it knives out. | Psychel Dim 7 Fév - 2:47



    31 janvier 2094, 23h40.

    L'air glacial qui s'engouffra dans la petite maison lorsqu'elle ouvrit la porte n'avait rien de comparable à la froideur des deux êtres qui s'affrontaient du regard. Son esprit vif n'avait eu besoin que d'une micro seconde pour comprendre qu'il n'était plus le bienvenu. Dans le vide de ses prunelles claires, dans le léger tremblement de ses lèvres charnues, dans leur commissure où pointait une fureur latente, il lisait en elle tous les signes d'une haine qu'elle avait sagement couvée en attendant ce moment. Au moment même où il avait frappé à la porte, elle avait su qu'il était enfin revenu. Quatre ans, quatre longues années où elle n'avait fait que supporter le temps pour lui. Elle soutint son regard, serrant la soie de sa légère chemise de nuit au niveau de son cœur. La douleur s'était intensifiée, brûlant et déchirant sa poitrine, mais elle resta droite et fière. Comme toujours.

    « Wolstenholme... »

    Ses lèvres se pincèrent. Traître. Ce simple mot, son nom, la poignarda, à l'endroit même où sa main s'était crispée convulsivement. Son intonation était lourde de sens, lui imposant le souvenir de leur deuxième rencontre. Mais elle ravala la boule qui venait de se former dans sa gorge, et son expression se fit dure.

    « Ce sera Mrs. Wingates pour vous, McHurley. »

    Il y eu une seconde de silence, un silence mortel où elle desserra enfin sa main de sa chemise, retenant son souffle. Il avait dû penser que c'était une blague, une espèce de farce que seule une personne avec son humour lamentable pourrait faire. Il attendait peut être le moment où elle éclaterait de rire et tomberait dans ses bras, toujours aussi dévouée à lui ? Mais tout se passa très vite. La main de Sayanel se referma sur son cou, et il la projeta contre le mur, claquant la porte derrière lui. Heureusement, Gabriel n'était pas rentré ce soir. Il ne pourrait pas lui faire du mal. Gabriel ne lui ferait pas de mal non plus, et c'était tout ce qui comptait. Elle voulait Sayanel pour elle, elle voulait lui faire payer le prix de ces années qu'il lui avait volées de sa main.

    « Gabriel, Gabriel Wingates ? »
    « Lui-même. »

    Elle fut parcourue d'un violent tremblement, tandis que le regard de Sayanel se faisait irrémédiablement inhumain. Mais la peur était toujours absente de ses émotions. Au contraire, une inconcevable sérénité résultait de cet aimable échange. Il ne la tuerait pas, il n'en était pas capable. Elle allait d'abord le blesser, autant qu'elle le pouvait, avec les armes dont elle disposait, mais il lui semblerait toujours que ce n'étaient que des griffures d'ongles comparées à des coups de poignard.
    Ses prunelles dorées s'étaient ancrées aux siennes, l'accusant silencieusement. Elle pouvait presque l'entendre hurler qu'elle l'avait trahi, trompé, qu'il était revenu pour elle et qu'elle n'était déjà plus là... Mais il souriait. Peut-être était-ce le même sourire qu'elle retenait de toutes ses forces, un sourire sans aucune once de joie, au goût acide et amer, en réponse à l'humour noir du destin qui les unissait malgré eux. Peut-être pensait-il qu'elle était celle qui l'avait trahi, qu'elle avait cruellement brisé leur promesse, presque sacrée... Il n'avait aucune idée de la violence avec laquelle il venait de la ravager à nouveau, faisant couler du poison sur ses blessures déjà ouvertes. Il était hors de question qu'elle laisse quoi que ce soit paraître, néanmoins.
    Elle releva fièrement le menton, et il serra un peu plus fort, maintenant la pression jusqu'à ce que son cœur s'affole enfin, faisant pulser son sang avec énergie. Il écarta les boucles de ses cheveux, laissant paraître l'éclat blanc de la peau de son cou. Et, sans aucune douceur, ses crocs pénétrèrent sa chair, qui se hérissa. Elle serra les dents, son corps se raidit, poussa un gémissement, mais elle redevint vite silencieuse. La douleur, elle pouvait la gérer. Elle récitait mentalement les longues formules pour lever le complexe entremêlement de sortilèges et d'incantations qui drainaient son sang, et sentait progressivement son corps réagir. Le flot de sang s'intensifiait, compensant celui qui coulait dans la gorge de son seul et premier amour.

    PS : SALOPIAUDE! J'AVAIS DIT UN PARAGRAPHE, ET HEUREUSEMENT QUE J'AI COUPE LA FIN ! T'AS VU L'HEURE A LAQUELLE JE ME COUCHE PAR TA FAUTE ? T'AS INTÉRÊT A RÉPONDRE VITE !!



Dernière édition par Psyché Eleanor Wingates le Lun 5 Avr - 7:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: & • so let's do it knives out. | Psychel Dim 7 Fév - 15:14

    Sur le pas de la porte, il avait hésité. Pour la première fois depuis bien des années, il était pétrifié par la peur. Pourtant rien de ce qui pouvait se cacher derrière la porte ne pouvait être pire que les scénarios qu’il s’était imaginés pendant les quatre dernières années. Psyché était vivante, c’était tout ce qui comptait … Du moins, c’était ce dont il essayait de se persuader, sans grand succès. Il allait la retrouver dans une fraction de seconde, il brûlait d’une impatience sans bornes, mais également d’une angoisse qui lui rongeait l’estomac. Quelques centaines d’années plus tôt, il avait effectué les mêmes gestes, devant la grande demeure victorienne d’Eleanor. Et la déception qui l’avait attendu avait été la pire de son existence. A ce souvenir, il serra les dents et secoua la tête. Deux cents ans plus tôt, c’était le fiancé d’Eleanor qui lui avait ouvert …

    Des pas retentirent dans le couloir, juste après qu’il ait frappé, et il retint son souffle. Il était tard, sans doute bien trop tard pour une visite de courtoisie humaine, mais il n’avait pas pu attendre un jour de plus. Au moins, elle ne dormait pas … La porte s’ouvrit finalement et il se retrouva devant Psyché. Elle était encore plus belle que dans ses souvenirs, c’était indéniable. Son visage s’était affiné, avait perdu toute trace d’adolescence, sans rien lui enlever en beauté. Comme hypnotisé, il détailla son visage en une fraction de seconde qui sembla lui durer une éternité, remontant de la courbe sensuelle de ses lèvres jusqu’à son nez fin et droit, puis ses yeux … Ses yeux. Il eut un choc en posant son regard dans le sien. Elle le fusillait littéralement du regard, arborant le même air de haine pure qu’elle lui avait réservé pendant leurs premières rencontres, à Poudlard. Alors seulement il prit une inspiration, respirant l’air qu’elle avait charrié avec elle, analysant toutes les informations qu’il lui apportait … Ses yeux s’écarquillèrent légèrement et il serra la mâchoire. En plus de l’enivrant parfum de la jeune femme en face de lui, déjà suffisant pour lui faire perdre en temps normal tous ses moyens, il flottait autour d’elle deux autres odeurs, dont celle parfaitement reconnaissable d’un homme adulte.

    « Wolstenholme. » Lâcha-t-il d’un ton froid.
    Son visage s’était changé en un masque de pierre, ses yeux étaient devenus deux puits de glace, pourtant la douleur qui venait de le terrasser était pire que tout. Il entendait presque la voix d’Akkarin lui murmurer d’un ton sentencieux qu’il l’avait prévenu … Et pour une fois, il regrettait de ne pas l’avoir écouté. Psyché l’avait trahi, elle avait bafoué la promesse qu’elle lui avait faite quatre ans plus tôt.
    « Ce sera Mrs. Wingates pour vous, McHurley. »
    Pendant un court instant, il lui sembla que son esprit avait gelé. La phrase qu’elle venait de lui asséner ne parvenait pas à l’atteindre, comme si elle était trop inconcevable pour qu’il puisse l’intégrer clairement. Mais lentement, il comprit l’ampleur de ce qu’elle lui avait révélé. Mariée. En quatre ans où il n’avait pas passé un seul jour sans penser à elle, sans qu’elle ne lui manque horriblement, elle avait eu le temps de se marier. Pire, elle avait eu le temps de se marier et de faire une croix sur lui. Quatre ans, c’était donc un laps de temps si gigantesque pour les humains ? Ne lui avait-elle donc donné aucun crédit quand il lui avait promis qu’il reviendrait ?
    Figé par la stupeur, Sayanel sentit peu à peu la colère le submerger comme une vague mortelle et irrépressible, effaçant toute trace de douleur en lui, ne laissant qu’une immense impression de trahison. D’un bond, il s’engouffra à travers la porte, et plaqua violemment Psyché contre le mur. Ses doigts se refermèrent autour de sa gorge et il approcha son visage du sien, jusqu’à ce que leurs fronts se frôlent.
    « Gabriel, Gabriel Wingates ? »
    « Lui-même. »
    Il n’y avait absolument plus d’émotion dans sa voix, et c’est presque sans y penser qu’il avait posé la question. Il connaissait déjà la réponse, après tout … Et il se contrefichait de savoir qui était celui qu’elle avait choisi. Devant ses yeux défilait la dernière nuit qu’ils avaient passé ensemble, dans la Salle sur Demande, et ce souvenir le brûlait comme de l’acide. Il entendait sa voix lui répéter de rester avec elle, puis promettre de l’attendre. Il n’avait jamais eu l’intention de faillir à la parole qu’il lui avait donnée. Mais elle … A quel moment avait-elle finalement décidé que c’était trop ?
    Ses doigts serrèrent plus fort son cou gracile, et il sentit avec plus de netteté son sang battre sous sa peau. Il rejeta légèrement la tête en arrière et inspira profondément son parfum, avant de grincer des dents. Même son odeur était gâchée par celle de l’autre, qui entachait chaque parcelle de sa peau. Sayanel pouvait l’imaginer avec une clarté effroyable : il avait posé ses mains sur elle, il avait embrassé ses lèvres, sa gorge, il l’avait fait sienne …

    A nouveau, une colère sans nom le submergea. Sans réfléchir, il poussa un grondement sauvage et planta ses crocs dans la peau fine de la gorge de la jeune femme. Immédiatement, un flot de sang inonda sa bouche et un gémissement d’extase franchit ses lèvres. Il n’entendit même pas le cri de douleur de Psyché, pas même qu’il se rendit compte que peu à peu, le flot de sang devenait plus important dans sa gorge. Il planta ses crocs plus profondément sans se soucier de lui infliger une quelconque douleur, totalement obnubilé par le liquide dont il se repaissait. En quatre ans, il avait abandonné les Blood Tablets pour revenir à son régime normal, mais il s’était à nouveau sevré de sang humain pour pouvoir revenir vers Psyché. Une marque de respect … Une complète erreur. Il manquait affreusement de sang, et celui de la jeune femme était le meilleur auquel il ait jamais goûté. Ajouté au fait qu’il désirait plus que tout la tuer pour la trahison qu’elle venait de lui faire … Mais tandis que le liquide chaud coulait dans sa gorge, il devait sans cesse repousser les douloureux souvenirs qui revenaient le hanter. Il avait déjà goûté à ce sang, dans des conditions tellement différentes …

    Soudain, le sang dans sa bouche prit un goût métallique étrange, et son estomac se retourna violemment. Ses crocs, profondément plantés dans la chair de Psyché, semblèrent se rétracter et sa bouche glissa contre la peau blessée de la jeune femme. Il recula légèrement, tandis qu’une sensation de malaise désagréable le submergeait. La lumière semblait avoir brusquement diminué dans la pièce, et les sons qui l’entouraient s’étouffèrent d’un coup. Il fit un nouveau pas en arrière et porta sa main à sa bouche, les yeux écarquillés. Le sang qu’il venait d’ingérer lui pesait douloureusement sur l’estomac, lui donnant envie de vomir. Mais le plus surprenant, c’était ses crocs … Ils avaient disparus.
    « Non … » Murmura-t-il.
    Il serra le poing et donna un violent coup contre le mur, avant d’écarquiller une nouvelle fois les yeux sous le coup du choc, et de la douleur qui remonta le long de son bras. Le mur était intact, mais sa main le faisait soudainement souffrir … Il la regarda plus en détail, et constata avec stupéfaction que ses phalanges saignaient. Il releva brusquement la tête vers Psyché et franchit le pas qui les séparait.
    « Qu’est-ce que tu m’as fait ? » Cria-t-il d’un ton furieux.
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MessageSujet: Re: & • so let's do it knives out. | Psychel Lun 8 Fév - 21:26



    L'émail glacé de ses dents, plus tranchantes que des lames soigneusement affutées, glissa le long de son cou avant de s'y enfouir. La douleur était indescriptible, mais dépassa largement son seuil de tolérance lorsqu'il s'appliqua à enfoncer ses crocs encore plus loin, à un point où elle était sûre qu'il allait complètement sectionner son artère et la tuer sur l'instant. Elle poussa un gémissement qui se mua très rapidement en un cri de profonde souffrance, un cri vibrant qui n'aurait pas pu le laisser insensible s'il n'était pas aussi furieux contre elle. C'était pire que tout ce qu'elle avait pu jamais ressentir : l'air qui s'était vidé de ses poumons dans le lac, les coups de Gabriel lorsqu'il était aveuglé par la rage, le sang qui l'oppressait lorsqu'elle était fatiguée... parce que c'était lui qui le lui infligeait, en toute indifférence. Dans ses pires moments, Sayanel ne lui avait jamais infligé de telles blessures.
    Elle trembla, sa respiration s'emballa, battit des pieds en tentant de se dégager, mais c'était bien entendu inutile. Elle rassembla ses esprits, se focalisant sur la pensée qu'elle n'avait pas le droit de pleurer. Ça lui ferait trop plaisir. Néanmoins, sa respiration chaotique résonnait comme l'écho des sanglots qu'elle retenait de toutes ses forces. Elle souffrait, mais il lui était impossible de savoir si c'était les crocs plantés à vif dans sa chair qui la torturaient ou la pensée qu'il ait eu si peu d'égards pour elle, malgré tout ce qu'elle venait de lui faire comprendre. Une preuve de plus qu'en réalité, elle n'avait jamais été qu'une illusion, un fantasme, qu'il n'y avait rien qui l'avait liée à lui hormis les regrets et l'espoir d'une nouvelle chance.

    « Monstre... », murmura-t-elle d'une voix tremblante, crispant ses mains dans son dos tandis qu'il raffermissait sa prise, la collant un peu plus fort contre le mur.

    Elle avait toujours autant de mal à respirer, sa poitrine se soulevant et s'affaissant à un rythme soutenu, touchant la sienne aussi désespérément froide et figée. Son sang affluait avec plus de vitesse, et comme lui, un flot de souvenirs la submergea, sans qu'elle ne puisse l'endiguer. Il l'avait serrée contre cette poitrine de marbre, le soir de son départ, quatre ans plus tôt. Longuement d'ailleurs, car elle avait refusé de relaxer son étreinte dans le vieil escalier de pierre...

    FLASHBACK ON

    Ses doigts frais se perdaient dans ses boucles chocolatées tandis qu'elle caressait les courbes de son visage, le suppliant dans un murmure sans grande conviction de rester avec elle. Elle avait le cœur sur le point de se fendre, elle sentait la peine sur le point de l'envahir, et le serrait encore plus fort pour la retenir. Ses mains glacées quittèrent ses cheveux pour tenir son visage, et sans plus réfléchir elle l'embrassa brusquement. Dans l'urgence, il n'y avait plus aucune retenue dans leurs échanges. Son cœur cognait douloureusement dans sa poitrine, s'affolant déjà. Ses lèvres se pressaient contre les siennes avec une tendresse fiévreuse, et elle ne voulait pas fermer les yeux sur la vision de son visage parfait, sur ses prunelles d'or liquide..

    « Attends... », murmura-t-il, se reculant d'un pas.

    Elle se figea, le souffle court. Une seconde sans qu'elle ne le touche et il lui semblait qu'il était déjà parti. Il prit sa main brûlante dans la sienne, et elle accueillit avec plaisir sa fraîcheur tant il lui semblait prendre littéralement feu. Il invoqua la Salle sur Demande, et pour une fois elle n'eut aucun mal à déchiffrer ses pensées. Il eut à peine le temps de franchir le pas de la porte qu'à nouveau elle emprisonnait ses lèvres, caressant ses cheveux soyeux. Il posa ses mains sur ses épaules, et son rythme cardiaque s'emballa de plus belle. Ce n'était pas parce qu'elle craignait le froid qu'elle avait espéré trouver un feu dans la cheminée, mais parce qu'elle était amoureuse de la façon dont ses cheveux reflétaient celui-ci. Elle se hissa doucement sur la plante de ses pieds pour sentir sa joue contre la sienne, mais il se crispa soudainement. Sa prise sur ses épaules se fit plus forte, envoyant une sensation de douleur étrangère dans son corps anesthésié par le bonheur éphémère qu'elle ressentait.

    « Tu... Tu as soif. », demanda-t-elle d'une voix mal assurée.

    Il posa doucement sa tête sur son épaule en guise de réponse, et elle s'autorisa à expirer lentement. Un nœud s'était noué dans son ventre à l'idée que cette terrible sensation l'assaille, moins parce qu'elle craignait pour sa sécurité que parce qu'elle savait celle-ci douloureuse pour lui. Les battements de son cœur s'espacèrent lentement, pour lui prouver qu'elle n'avait pas peur, mais elle ne put s'empêcher de rougir, et elle guida d'un geste lent sa main jusqu'aux boutons de sa robe, le long de son flanc. Il leva ses yeux assombris vers les siens, inquiet.Je sais ce que je fais.. Elle posa avec douceur ses lèvres au coin des siennes, tandis qu'elle défaisait le premier entre leurs doigts emmêlés. Fais moi confiance, et surtout fais-toi confiance.
    Les lèvres de Sayanel se firent plus fermes sur les siennes, tandis qu'il s'appliquait à ne pas arracher purement et simplement ses boutons, contrairement à ce qu'elle avait fait avec sa chemise la première fois. Il les défaisait avec douceur, patience, malgré l'état instable dans lequel ils se trouvaient tous les deux. Il lui semblait que les pulsations de son cœur détraqué faisaient écho dans le silence de la chambre, néanmoins légèrement dérangé par leurs respirations saccadées. Sa robe finit par glisser sur sa peau diaphane, révélant la dentelle blanche de ses sous-vêtements. Elle se recula doucement, et il l'allongea sur le lit, son corps glacé contre le sien.

    « Tu es sûre ? », semblait dire la petite ride entre ses sourcils froncés.
    « Tais-toi, je t'aime. », lui répondit le pouce de la jeune femme, l'effaçant de son front.

    Alors il fit courir ses lèvres de son visage jusqu'au creux de son cou, inspira son odeur, mais elle l'arrêta brusquement.

    « Non, attends...Pas mon cou. », murmura-t-elle. « C'est trop voyant, tu auras des problèmes. »

    Elle rougit légèrement, tandis qu'un imperceptible mouvement de sa jambe lui indiqua où elle préférait être mordue.

    FLASHBACK OFF

    Soudain, les deux lames qui s'étaient enfoncées si péniblement dans sa chair se glissèrent hors d'elle, lui arrachant un autre cri de douleur. Le sang coula abondamment, tâchant la soie bleue de sa chemise. Elle appuya par réflexe sur son cou, récitant à toute vitesse les formules, mais ne parvint pas à réfréner le flot d'hémoglobine. Sayanel s'était étrangement reculé, son visage retourné par une expression de stupéfaction et de dégoût. Elle l'observa en tremblant : ses canines pointues avaient disparu, laissant place à des dents de taille tout à fait normale.

    « Non … » Murmura-t-il.

    Elle resta immobile, s'interdisant de respirer, tandis qu'il frappait violemment le mur à quelques centimètres de son visage. Pour la première fois de sa vie, elle vit ses traits exprimer la douleur, la douleur physique, tandis qu'elle observait avec stupeur le liquide vermeil couler de ses phalanges abîmées. Ce fut à ce moment précis que tout s'engrena dans son esprit. Elle effaça de son visage toute trace d'étonnement, et un fin sourire se traça sur celui-ci.
    Il fit un mouvement brusque, se rapprochant dangereusement d'elle.

    « Qu’est-ce que tu m’as fait ? », cria-t-il d’un ton furieux.
    « Qui sème le vent récolte la tempête, Sayanel. », répliqua-t-elle calmement. « Te voilà humain à nouveau. »

    Elle poignarda ses prunelles d'un bleu troublant, un bleu qui aurait pu être le reflet du sien dans un miroir. Elle n'avait aucune idée de ce qui venait de se passer, mais son air assuré témoignait du contraire. Elle doutait de son implication dans le phénomène. Son sang n'avait aucun effet comparable sur les vampires, et ses connaissances en la magie ne s'étendaient pas jusque là... Mais ça, Sayanel n'en savait rien.
    Sa main libre fendit l'air, giflant violemment sa joue avant même qu'il ne puisse réagir. Sa peau était tendre, chaude, et sa main laissa une trace rouge sur celle-ci. Psyché faillit en rire, mais la haine qu'elle ressentait balaya toute trace d'humour de la scène improbable.

    « Pour Eleanor. », murmura-t-elle.

    Il attrapa son poignet et le tordit, la poussant à nouveau contre le mur, mais cette fois sa prise n'était pas aussi absolue. Elle dégagea son bras, et joua sur l'effet de surprise. Sayanel ne s'était sûrement pas attendu à ce que la frêle jeune femme, dont une caresse incontrôlée de sa part l'aurait tuée sur le champ, soit soudainement capable de lui résister physiquement. Il y eu une seconde, une seconde de silence mortel, où leurs yeux s'accrochèrent douloureusement. Et elle planta ses dents dans la peau de son cou, avec toute la force dont elle était capable. Elle les enfonça avec un peu plus de force, collant son corps au sien, tandis que le sang de sa propre blessure se remit à couler avec violence. Ses mains s'étaient accrochées à lui, glissant sous ses bras pour remonter dans son dos, sur ses épaules. Sayanel n'avait pas bougé, et elle ne put retenir ses larmes plus longtemps. Le temps s'était suspendu, et l'image de cette situation impossible se figea dans son esprit. Elle lui faisait mal, elle le savait, et la douleur symbolique qu'elle lui infligeait semblait d'un autre ordre.

    PS : Je me suis pas relue, j'ai bâclé la fin, désoléée =s

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MessageSujet: Re: & • so let's do it knives out. | Psychel Sam 13 Fév - 23:14

    Le sourire supérieur qui s’étala sur les lèvres de Psyché le glaça, tout comme la phrase qu’elle prononça alors.
    « Qui sème le vent récolte la tempête, Sayanel. Te voilà humain à nouveau. »
    Une possibilité tellement aberrante qu’il l’avait rejetée avant même qu’il n’y pense. Mais il n’y avait aucune autre explication. Ses canines avaient pris une taille tout à fait humaine, et la douleur dans ses mains, le sang qui en coulait … Les vampires ne saignaient pas, les vampires ne ressentaient pas la douleur physique, sauf en de rares cas très spécifiques et sûrement pas en frappant un simple mur en briques. Mais Psyché pouvait-elle avoir fait une chose pareille ? Il tenta de se souvenir s’il avait déjà entendu parler de pareil cas, mais rien ne lui venait. Un seul mot tournait dans sa tête : impossible … C’était totalement impossible. Une sorcière avait-elle ce pouvoir ? Son sang avait-il ce pouvoir ? Il y avait déjà goûté et rien de tel ne lui était arrivé. Elle lui aurait jeté un sort ? Il était certain que c’était impossible, mais plus il tentait de faire remonter ses connaissances en magie, et moins ses souvenirs lui paraissaient clairs. Il lui semblait que son esprit était devenu soudain trop lent, comme engourdi par la stupeur.

    Et avant qu’il n’ait pu dire quoi que ce soit à la jeune femme, alors que des dizaines de questions affluaient à ses lèvres, elle leva la main et lui asséna une gifle magistrale. Ce n’était pas la première fois qu’elle levait la main sur lui, par le passé il avait même trouvé risibles et un peu pathétiques ses tentatives pour le frapper … Ca ne faisait plus le même effet, à présent que c’était lui qui ressentait la douleur !
    « Pour Eleanor. » Murmura-t-elle.
    « Qu’est-ce qu’Eleanor vient faire ici ? »
    Sous le coup de la surprise, il ne lui vint même pas à l’esprit que c’était la première fois qu’elle évoquait son nom. Il ne voyait tout simplement pas pourquoi elle surgissait soudainement entre eux, alors qu’il avait totalement réussi à la faire disparaître de sa vie. Mais à nouveau, elle le prit de court, comptant sans doute sur ses reflexes humains diminués et sur l’effet de surprise : elle se jeta sur lui, comme il l’avait fait des dizaines de fois quand ils étaient à Poudlard, quand la colère et la soif l’avaient étreint au point qu’il avait été tout proche de la mordre … Ses yeux se plantèrent dans les siens et pendant une seconde, brûlants d’une haine farouche, et il eut la désagréable impression que les rôles avaient été échangés. Il était loin de se douter à quel point il avait raison … Elle inclina la tête sur le côté et dans un mouvement vif, elle planta ses dents dans la chair de son cou. Il sentit avec une effroyable netteté sa peau qui se déchirait sous la pression, puis la souffrance aiguë qui se répandit dans tout son corps. Il entendit presque avec étonnement un petit cri de douleur s’échapper de sa gorge et fronça les sourcils. Psyché était collée à lui, ses mains pressées contre son dos pour affirmer sa prise et planter ses dents plus profondément dans son cou. Et il restait sans réagir, comme si elle lui avait à nouveau jeté un sort …

    « Ca suffit ! » cria-t-il brusquement.
    Sayanel passa ses mains autour de la gorge de Psyché et la repoussa sans aucune douceur. Il grimaça en sentant ses dents arracher à nouveau sa peau, et la poussa violemment contre le mur. La colère venait enfin de prendre le pas sur la stupeur qui l’anesthésiait, et il réussissait à nouveau à penser correctement. Mais à mesure qu’il contemplait, vibrant de rage, le visage de Psyché et le sang – son propre sang ! – qui coulait à la commissure de ses lèvres, un horrible pressentiment le gagna. Jusqu’à quel point était-elle en train d’échanger les rôles ? Elle avait réussi à le faire redevenir humain alors qu’il buvait son sang, puis elle l’avait mordu au même endroit pour goûter au sien …
    Les yeux écarquillés, il tira sa baguette de sa poche et l’enfonça dans le cou de la jeune femme, guettant le moindre signe indiquant sa transformation. Les choses ne se passaient pas comme ça en temps normal, mais plus rien ne semblait être normal, cette nuit. Et il préférait être paré à toute éventualité … Même à la plus invraisemblable. Mais elle ne deviendrait pas vampire. Il préférait encore la tuer plutôt que de voir ça.
    Mais ses yeux restaient du même bleu limpide, ses joues étaient toujours d’un rouge soutenu … Elle ne se transformait pas. Il ne se sentit pourtant pas soulagé par cette conclusion. Il avait toujours l’impression extrêmement désagréable que son estomac était serré, et la douleur physique s’estompait peu à peu au profit de celle, non moins désagréable, de la douleur morale. Il était si près de Psyché qu’il sentait les battements de son cœur contre sa poitrine, comme il entendait son propre cœur – sensation tellement étrange ! – envoyer le sang battre à ses tempes, mais il ne ressentait qu’une horrible sensation de sécheresse là où l’amour avait fait sa place, quelques années plus tôt. Elle le regardait avec toute la haine dont elle était capable, et il lui rendait son regard sans hésiter un seul instant sur ce qu’il ressentait. Il la haïssait à présent, il la haïssait de tant l’aimer, et de ne pas comprendre comment les choses avaient dérapées en si peu de temps …

    « Pourquoi ? » murmura-t-il finalement, en reculant de quelques pas, sa baguette toujours pointée vers elle.
    Une seule question, qui englobait toutes celles qu’il n’osait pas formuler de vive voix. Il n’espérait même pas qu’elle y réponde. Au point où il en était … Au moins, il était redevenu mortel. Cette fois, il n’aurait pas à supporter des centaines d’années de torture. Elle lui avait rendu ce service, même s’il ne savait pas ses raisons. Elle lui avait permis de ne pas supporter cette douleur plus longtemps, et plus il y réfléchissait, plus il lui en était reconnaissant. Il aimait sa condition de vampire, tout comme il aimait le sang, la puissance et l’immortalité. Mais ce soir, il préférait encore la mort.
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MessageSujet: Re: & • so let's do it knives out. | Psychel Mer 17 Fév - 19:08



    « Qu'est ce qu'Eleanor vient faire ici ? »

    Sa main fourmillait et la brûlait encore, mais sa rage ne s'était pas même allégée. Il lui fallait plus encore, il fallait que son cœur se brûle et se consume, puis se glace dans sa poitrine comme le sien, qu'il se sente déchiré de part en part, qu'il se noie dans la douleur, s'asphyxie par la peine et les regrets, qu'il ressente ce qu'elle avait ressenti durant quatre ans pour qu'elle puisse respirer, enfin.
    Elle n'arrivait pas à lui répondre, sa fureur étreignant sa gorge. Il fallait lui faire comprendre, lui donner un aperçu du mal qu'il leur avait fait à toutes les deux.
    Ses dents enfoncées le plus profondément possible dans sa chair parlaient pour elle. Elle sentit son sang lentement couler dans sa bouche, en un mince filet bordeaux, chaud, humain. Il poussa un petit cri de douleur, et sans qu'il ne puisse le prévoir, il fit écho en elle. Et malgré le fait qu'elle pensait impossible qu'elle puisse le haïr plus que maintenant, elle sentit sa haine se décupler précisément en cet instant. Il n'avait ressenti qu'un centième de la douleur qu'il lui infligée. Il n'avait pas réagit lorsqu'elle avait crié, tremblé, frappé, pourtant il savait qu'elle était particulièrement douée à masquer sa douleur.
    Il l'avait ignorée, s'était enfoncé plus loin encore, prêt à la tuer (HJ : J'ai écrit deux fois ''tirer'' au lieu de tuer, et en relisant j'ai eu un fou rire XD). Mais elle, elle en pleurait, ne supportant toujours pas qu'on lui fasse du mal. Elle se sentait tellement faible et stupide que les larmes coulèrent sur ses joues, des larmes acides et honteuses. Durant quatre ans, elle avait patiemment attendu qu'il revienne vers elle, et s'était opposée à tous ceux qui lui avaient voulu du mal. A commencer par ceux qui voulaient la protéger, la venger : Gabriel, Louca, et tant d'autres de ses proches qui s'inquiétaient pour ce qui restait de leur Psyché. Puis les hunters, autant qu'elle le pouvait. Elle s'était persuadée que c'était pour jouir pleinement de sa vengeance, pour sourire à l'idée qu'elle était la seule cause de sa souffrance... Et voilà qu'un aperçu de ce qu'elle avait prévu de lui rendre lui semblait être la pire des tortures, et que la douleur dans son cou redoublait d'intensité, comme victime d'une ironique empathie. Elle ne parvenait pas à comprendre comment il avait réussi à faire d'elle ce genre de femmes frêles, pathétiques. Elle n'arrivait pas à croire qu'en réalité, elle n'avait fait que le protéger pendant quatre ans, du mieux qu'elle le pouvait de surcroît, tout en étant persuadée de ne chercher qu'à lui faire du tord. Dégoutée. Elle était dégoutée de se savoir si faible face à lui, après tout ce qu'il lui avait fait, et c'était précisément pourquoi sa haine décuplait : c'était sa faute.

    « Ça suffit ! », cria-t-il brusquement.

    Oui, ça suffisait. Elle avait assez pleuré par sa faute, et c'en était assez.. Elle essuya vivement ses larmes, ses lèvres tremblantes d'un sanglot muet qu'elle enterrait pour la dernière fois. Il enroula ses mains autour de sa gorge, pressant sa blessure qui se remit immédiatement à saigner, et la plaqua contre le mur. Elle grimaça, mais le laissa faire. Ses mains étaient chaudes, et cette sensation insolite la perturba. Elle était habituée à son contact dur et glacial, cette chaleur lui était totalement étrangère parce qu'elle était purement humaine. Il desserra sa prise, et elle contempla un instant son sang vermeil tacher ses mains tremblantes de rage, avant de reporter son regard sur son visage. Il la dévisageait avec fureur, et comme lorsqu'il était fou de colère, son corps entier le manifestait par des vibrations inquiétantes.
    Elle restait calme, même avec sa baguette appuyée contre sa gorge. Il attendait que quelque chose se passe, et lorsqu'elle vit avec quelle intensité il scrutait ses prunelles, elle finit par comprendre. Un léger sourire passa fantômatiquement sur ses lèvres, et elle repoussa sa baguette avec sa main. Elle ne deviendrait pas vampire, si c'était ce qu'il craignait. Elle préférait encore mourir que d'en devenir une. Une éternité de souffrance ? Très peu pour moi, merci. J'ai déjà assez donné pendant quatre ans. Le goût de rouille, salé, du sang de Sayanel finit par la gêner, et elle l'essuya lentement avec la manche de sa chemise en soie, à présent plus violette que bleue par tout le sang qui y avait coulé.

    « Pourquoi ? »

    Son murmure d'incompréhension la poignarda, car elle savait à quel point elle venait de le blesser. Cette morsure, qui avait laissé une profonde empreinte ensanglantée dans sa peau, était le seul moyen pour qu'elle parvienne à lui faire comprendre, mais s'il lui fallait des mots, alors elle les lui donnerait.

    « Tu ne vaux même pas le sang qui coule dans tes veines, traître. »

    Ses jambes, déjà flageolantes depuis quelques minutes, finirent par céder, et elle glissa le long du mur, laissant une traînée rouge écarlate sur la peinture blanche. Elle aurait dû s'y attendre, après tout n'importe quel autre humain serait mort si Sayanel lui avait fait subir ce qu'elle venait d'endurer. Elle inclina doucement la tête, une atroce migraine s'approchant à grands pas, la fatigue reprenant le dessus sur elle. Rahel ne lui laissait aucun repos ces jours-ci, et son manque de sommeil se répercutait bien évidemment sur son propre sommeil. Gabriel avait beau s'en occuper lorsqu'il voyait qu'elle était trop épuisée, il n'était pas là la journée, et elle ne pouvait pratiquement pas souffler. Elle inclina doucement la tête, et ses paupières s'abaissèrent, en essayant de reprendre ses esprits. Sa voix ne fut qu'un murmure, mais résonnait comme les cris qu'elle aurait voulu pousser si elle avait pu le faire.

    « Tu crois que je suis celle qui t'a trahi, n'est-ce pas? Tu crois que je ne t'ai pas attendu parce que quatre ans, c'est long pour une humaine ? Tu me connais si mal... Tu ne me connais pas en réalité. Après tout, peut-être qu'Eleanor était ce genre de femme. Elle a bien refait sa vie, malgré que tu ai massacré son fiancé, et c'est ce que tu penses de moi... J'aurais attendu, Sayanel, j'aurais attendu le temps qu'il aurait fallu pour que tu me reviennes. Mais ce n'était pas pour moi que tu serais revenu, j'ai bien fini par le comprendre. »

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MessageSujet: Re: & • so let's do it knives out. | Psychel Mar 2 Mar - 20:33

    Il lui fallait une réponse. Une réponse avant que tout ne soit terminé, une bonne fois pour toute. Pourtant, il doutait de pouvoir obtenir quoi que ce soit d’elle. Lui répondre, cela aurait signifié se dévoiler pendant un court instant, mettre des mots sur ses sentiments, baisser sa garde devant lui … Elle vibrait d’une telle colère qu’il était quasiment certain qu’elle n’accéderait pas à sa requête. Mais il ne comprenait pas, il ne voyait pas pourquoi c’était elle qui souffrait.

    « Tu ne vaux même pas le sang qui coule dans tes veines, traître. »

    Traître ? L’insulte le poignarda douloureusement, et il resta ébahi, sans réagir. Il n’était pas du genre à croire à l’honneur, ni à s’offusquer des insultes qu’on lui lançait. Toute sa vie, toute sa mort, il avait agi non pas à l’honneur mais à l’instinct, se fichant des règles de conduite que la société élevait autour de lui. Mais pour la première fois de sa vie, il avait tenu une promesse sans songer à la briser, à aucun moment, alors que tous ses proches s’étaient ligués pour la lui faire oublier, pour lui faire comprendre que leur relation était vouée à l’échec. Il y avait pourtant cru, se raccrochant à leur promesse comme à une bouée de sauvetage quand le reste de son monde s’était écroulé. Traître ? Non, pas cette fois. C’était mesquin, c’était bas, c’était facile. Elle l’accusait de trahison en pensant chacun de ses mots, alors qu’elle s’était mariée, si rapidement ? Il était estomaqué par une telle hypocrisie de sa part. Et pourtant, quand elle glissa le long du mur, plus pâle qu’une morte, un vieux reflexe se réveilla en lui et il esquissa un geste vers elle pour la retenir. Il s’arrêta néanmoins avant de la toucher et recula d’un pas, son visage soudainement durci par la colère. Au fond de lui, il aurait voulu la serrer dans ses bras, pouvoir l’aider, pouvoir l’aimer. Au lieu de ça, il fixa sans ciller la tache de sang qui s’étalait derrière elle, les poings serrés. Il n’était pas le traître.

    « Tu crois que je suis celle qui t'a trahi, n'est-ce pas? Tu crois que je ne t'ai pas attendu parce que quatre ans, c'est long pour une humaine ? Tu me connais si mal... Tu ne me connais pas en réalité. Après tout, peut-être qu'Eleanor était ce genre de femme. Elle a bien refait sa vie, malgré que tu ai massacré son fiancé, et c'est ce que tu penses de moi... J'aurais attendu, Sayanel, j'aurais attendu le temps qu'il aurait fallu pour que tu me reviennes. Mais ce n'était pas pour moi que tu serais revenu, j'ai bien fini par le comprendre. »

    Eleanor. Le nom avait une nouvelle fois surgi, et une nouvelle fois elle l’avait lancé comme un argument de poids dans leur différent. Mais cette fois il comprit enfin pourquoi elle brandissait son ancêtre avec tant de colère. Il avait toujours cru qu’elle avait fini par comprendre, à Poudlard, pourquoi il l’avait appelée Eleanor quand ils s’étaient rencontrés, puis les fois suivantes quand la colère lui faisait perdre tous ses moyens. Mais à ce moment, il était tombé amoureux d’elle et elle était tombée amoureuse de lui. Eleanor avait été effacée entre eux et il pensait qu’elle était devenue de l’histoire ancienne, juste une anecdote qu’ils raconteraient en riant, plus tard, quand ils évoqueraient leur rencontre. Il reconnaissait avoir sous-estimé la ténacité de Psyché, elle avait sans doute du se renseigner un peu plus, une fois rentrée dans le manoir familial. C’était une erreur de sa part, soit. Mais c’était tout de même de l’histoire ancienne, un souvenir du passé qu’elle ne pouvait pas sérieusement prendre en compte !

    « Je vois. » Lâcha-t-il d’un ton tranchant. « Tu as effectivement choisi la seule chose contre laquelle je ne puisse absolument rien faire. Qu’est-ce que tu veux que je te dise ? Que je suis désolé pour Eleanor ? Je ne suis pas désolé, je ne l’ai jamais été, et tu ne me feras pas regretter mes actes après tant d’années. Tu le sais d’ailleurs très bien, non ? Depuis le premier jour, tu as vu ce que j’étais réellement, mais tu es revenue vers moi, encore et encore. Même si tu peux maintenant mettre des mots sur ce que j’ai fait, ça ne change absolument rien. »

    Il recula à nouveau d’un pas, et se passa une main tremblante dans les cheveux. Il revoyait avec netteté ses derniers souvenirs qu’il avait d’Eleanor, il entendait son rire cristallin qui lui avait tant plu, quand il avait seize ans. Mais il n’y avait plus trace de nostalgie dans ce souvenir, juste une douleur qui lui broyait le ventre. Eleanor se moquait une nouvelle fois de lui, alors qu’il l’avait effacée de son esprit dès que ses sentiments pour Psyché avaient dépassé le stade de la simple attirance physique. Elle avait brisé son cœur de mortel et avait entaché chacune de ses journées d’immortel, et à présent elle revenait, plus impitoyable que jamais, pour lui enlever la seule qui avait pu le délivrer de cette malédiction et lui faire toucher du doigt un improbable bonheur.

    « Elle est morte, Psyché ! » Hurla-t-il, comme pour s’en convaincre lui-même. « Son corps a pourri et s’est desséché bien avant que tu ne viennes au monde ! Et elle est morte pour moi aussi, depuis que tu as pris sa place. » Sa voix se changea en un murmure presque suppliant, et il passa sa main contre sa blessure au cou, là où ses dents s’étaient enfoncées. « Eleanor n’existe plus, ce n’est pas à elle que j’ai promis de revenir. Tu n’es pas comme elle, tu n’as jamais été elle, et quoi que tu sembles penser, je m’en suis rendu compte depuis longtemps. »

    Il rompit une nouvelle fois la distance qui les séparait, et se baissa vers Psyché avant de la soulever pour la remettre debout. Il s’était attendu à ce qu’elle soit bien plus lourde, à présent qu’il n’avait plus qu’une faible force d’humain, mais comme avant, elle semblait ne rien peser entre ses bras. Elle était pâle, et son sang ne cessait de couler de sa blessure. Elle ne tenait pas debout, et il dut la supporter pour qu’elle ne s’effondre pas, pauvre petite poupée de chiffon à peine vivante. Il la prit entre ses bras et la souleva de terre, et s’avança dans le couloir, jusqu’à la première porte qu’il trouva. Un petit salon vide s’ouvrit devant lui et il porta Psyché jusqu’au canapé où il la déposa, les dents serrées. Il se pencha alors vers elle, jusqu’à ce que ses lèvres effleurent son oreille.

    « C’est vers toi que je suis revenu. Je t’aimais, Psyché. »

    Il n’était même pas certain qu’elle l’ait entendu, elle semblait à moitié plongée dans l’inconscience, et vu la quantité de sang qu’elle avait perdu, il était quasiment certain que même elle ne survivrait pas bien longtemps. Mais ça n’avait plus d’importance.
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MessageSujet: Re: & • so let's do it knives out. | Psychel Mer 17 Mar - 18:02



    « Je vois. » Lâcha-t-il d’un ton tranchant. « Tu as effectivement choisi la seule chose contre laquelle je ne puisse absolument rien faire. Qu’est-ce que tu veux que je te dise ? Que je suis désolé pour Eleanor ? Je ne suis pas désolé, je ne l’ai jamais été, et tu ne me feras pas regretter mes actes après tant d’années. Tu le sais d’ailleurs très bien, non ? Depuis le premier jour, tu as vu ce que j’étais réellement, mais tu es revenue vers moi, encore et encore. Même si tu peux maintenant mettre des mots sur ce que j’ai fait, ça ne change absolument rien. »

    Non, elle n'avait rien vu. Elle avait fermé les yeux, refusant de voir avec autre chose que son cœur, et ce qu'elle avait vu, ce n'était pas un monstre mais un homme qui avait mal. Il l'avait blessée, torturée, même brisée, mais elle n'avait jamais pu déverser sa haine trop longtemps : il lui avait toujours semblé que des deux, celui qui avait le plus souffert était lui. Et elle avait bien fini par revenir vers lui malgré tout, toujours et encore comme il le soulignait si bien .Elle n'avait pas voulu comprendre, pas voulu savoir. Qu'il l'appelle Eleanor, qu'il ait ses initiales sur un bouquin vieux de deux cent quarante ans... Mais ça changeait tout, qu'elle ait enfin ouvert les yeux, qu'elle sache de quoi l'homme qu'elle avait en face d'elle était capable, qu'elle l'admette. Ça changeait tout, de se savoir que tout en savant quelles horreurs il était capable de commettre par simple vengeance, elle n'avait jamais cessé de l'aimer. C'était elle, la pire des deux. Il l'avait enchaînée à lui, et l'aversion que ses actes lui inspiraient n'était pas assez puissante pour briser ces chaînes. Elle n'avait pas pu se révolter contre cet amour, l'anéantir comme elle aurait dû, et la question se posa, inévitable : lorsqu'on aime un monstre, n'en est-on pas un nous-même ? Il lui brisait le cœur à nouveau, la peine s'infiltrait comme un poison dans ses veines. Si seulement elle avait un peu plus compté à ses yeux, si elle n'avait pas refusé de voir qui était celui uqi lui faisait face...

    « Elle est morte, Psyché ! » Hurla-t-il brusquement. « Son corps a pourri et s’est desséché bien avant que tu ne viennes au monde ! Et elle est morte pour moi aussi, depuis que tu as pris sa place. » Sa voix se changea en un murmure presque suppliant, et il passa sa main contre sa blessure au cou, là où ses dents s’étaient enfoncées. Sa propre douleur, qu'elle tentait d'ignorer tant bien que mal, se réveilla brusquement. Comme si elle était sa réflexion dans un miroir, sa main se leva et compressa doucement sa plaie, d'où son sang fuyait toujours en abondance. « Eleanor n’existe plus, ce n’est pas à elle que j’ai promis de revenir. Tu n’es pas comme elle, tu n’as jamais été elle, et quoi que tu sembles penser, je m’en suis rendu compte depuis longtemps. »

    Elle faillit sursauter face à ses cris, surprise, mais ne put se retenir de tressaillir en l'entendant prononcer ces mots. Une boule se forma dans sa gorge, et elle tenta d'abord de détourner son regard de lui avant de le regarder droit dans ses prunelles cristallines. Elle avait tellement envie de le croire, persuadée que c'était ce qui la ramènerait à la vie, elle le fantôme à la pâleur plus vampirique de jour en jour. Elle avait tellement besoin de le croire.

    « Sayanel... »

    Sa voix affaiblie se tût. Que pouvait-elle lui répondre ? Ses mots se perdirent au fond de sa gorge, avalés par l'angoisse qu'elle ressentait. Une part d'elle voulait se relever, lui hurler qu'il pouvait garder ses mensonges pour une autre Eleanor dans trois cent prochaines années, une autre voulait le serrer dans ses bras, éclater en sanglots et demander son pardon. Mais il n'y avait plus de pardon possible, ni pour lui, ni pour elle. Elle le savait, mais son cœur la brûlait. Et sa fierté l'immobilisait. Impossible de parler, car quoi qu'elle fasse, quoi qu'elle dise, elle se contredirait. Elle savait qu'elle avait eu raison de tenter de le sortir de sa vie, de se torturer pour enfin ne plus sentir ce chatouillis douloureux mais non moins agréable dans son ventre lorsqu'elle pensait à lui, au prix de sa vie : elle avait laissé sa haine et sa rage la consumer. Il l'avait fait souffrir comme personne ne l'avait jamais fait, et malgré tout, il venait d'ébranler sa montagne de certitudes, ses années d'efforts, en quelques mots, en un regard.
    Il se baissa vers elle, et la souleva. Rougissante, elle tenta de se tenir debout, mais ne réussit à se tenir droite qu'une demi seconde avant de retomber dans ses bras. Elle n'avait plus aucune sensation dans les jambes, mais ce n'était pas ce qui l'inquiétait. Ce qui l'inquiétait, c'était son cœur, qui cognait douloureusement contre sa poitrine. Il la tenait serrée contre lui, son bras fermement enroulé autour de sa taille, et elle avait croisé ses bras autour de son cou. Cette étreinte nécessaire réveilla ses réflexes, sa tendresse enterrée depuis quatre ans, et avant même de s'en être rendue compte, elle avait doucement appuyé sa joue contre la sienne, inspirant doucement son odeur. Elle se reprit brusquement, et poussa sur ses mains, à plat contre son torse pour qu'il la relâche.
    Au lieu de cela, il la souleva de terre, et la porta à bout de bras jusqu'au salon. Elle était trop à bout de forces pour tenter de s'y opposer à nouveau, et dans ses bras, elle regagna en sérénité. Elle allait peut-être mourir ce soir, mais elle l'emporterai avec elle, et tout finirai enfin. Elle n'aurait plus à faire souffrir personne avec elle, et surtout plus Gabriel. Elle le sentit l'allonger sur le canapé, puis se mettre à genoux pour murmurer à son oreille.


    « C’est vers toi que je suis revenu. Je t’aimais, Psyché. »

    Elle posa une main contre le cuir du canapé, et se redressa non sans trembler. Le flot de sang redoubla d'intensité sous l'effort, mais elle serra les dents, retenant un gémissement de douleur. Elle continua jusqu'à lui faire face, malgré l'impression que la gravité tirait chaque parcelle de sa peau vers le sol. Assise sur le canapé, ses prunelles d'un azur glacé le transperçant avec détermination.

    « Alors toi aussi, sens cette déchirure, ces milliards de lames enfoncées dans ta chair, qui pénètreront un peu plus fort à chaque fois que tu penseras à moi. », murmura-t-elle d'une voix brisée. « Achève moi ce soir, parce que je ne mourrai pas ainsi. »

    Non, elle ne mourrait pas. Elle avait déjà été attaquée par des vampires, plusieurs fois, et sa tare lui avait permis de survivre malgré tout. Elle avait reçu rapidement des soins, frôlé la mort, mais jamais elle ne s'était perdue dans les bras glacials de la mort. Et si elle ne voulait pas mourir ce soir, elle ne mourrai pas. Ses pensées se contredisaient, mais elle n'y pouvait rien. Tout était à la fois confus et clair dans son esprit. Ils s'aimaient toujours, c'était clair. Ils se haïssaient tout autant, c'était clair. Ils allaient mourir ce soir, c'était clair. Ce qui était confus, c'était le pourquoi. Pourquoi l'aimait-elle, sachant de quoi il était capable ? Pourquoi le haïssait-elle, puisqu'il l'aimait et que c'était tout ce qu'elle avait jamais désiré ? Pourquoi ne pouvaient-ils pas se pardonner, plutôt que de mourir tragiquement comme deux martyrs?
    Elle se laissa glisser du canapé pour retomber à genoux sur le sol, afin de regarder Sayanel dans les yeux, d'égal à égal. Puisque maintenant, il ressentait l'exacte souffrance qu'elle avait endurée ces quatre années passées, ils étaient égaux.
    Mais maintenant qu'elle avait prononcé ces mots, son cœur flanchait. Elle sentit ses pulsations s'accélérer, sa peine s'intensifier, et elle paniqua. Comme d'habitude, elle venait brusquement de changer d'avis, d'état d'esprit. Elle ne voulait pas qu'il ressente tout ça, à présent qu'elle le regardait au fond des yeux, lisant la vérité de ses paroles. Elle ne voulait plus qu'il souffrent, et si la mort était ce qui les libérerait, alors ce soir serait leur dernier.

    « Je crois qu'il est temps de se dire adieu, Sayanel. », dit-elle avec un faible sourire.

    Elle s'approcha lentement de lui, ses mains plus froides que jamais encadrant son visage. Les battements de son cœur s'affolèrent toujours plus tandis que tout s'effaçait autour d'elle, en elle. La douleur s'estompait en un engourdissement, leur haine et leur rage en un souvenir... Son pouce glissa délicatement sur sa lèvre inférieure, puis elle posa doucement ses lèvres sur les siennes. Ses mains quittèrent son visage, l'une pour caresser ses cheveux, l'autre raffermissant son baiser en s'appuyant légèrement sur sa nuque. Il ne la repoussait pas, mais restait figé. Elle allait se reculer lorsqu'elle le sentit enfin réagir, l'empêchant de briser sa fragile étreinte. Leur baiser se fit passionné, ses joues, les parcelles de peau qu'il touchait, tout lui semblait prendre brusquement feu. Les lèvres de Sayanel s'entrouvrirent, mais ce fut pour reprendre son souffle. Il la regarda avec surprise, comme si le temps lui avait fait oublier qu'humain, il fallait respirer pour ne pas suffoquer. Elle émit un son étrange, entre le rire et le sanglot, et posa sa main sur sa joue brûlante.

    Puis, un cri. Rahel venait de se réveiller, et pleurait un étage plus haut, brisant en mille morceaux le silence tendre et morbide qui régnait dans le salon. Elle retira sa main comme s'il l'avait brûlée, tandis qu'ils se glaçaient simultanément. Il y eut un tressaillement, et elle sentit une vague de violence naître entre eux. Un brusque pic d'adrénaline la saisit, son instinct maternel reprenant le dessus sur tout, et elle le plaqua avec toute la force dont elle était capable, le maintenant au sol par ses épaules, assise sur son ventre. Son regard était redevenu de glace, et son cœur mis à mal se figea dans sa poitrine.

    « Ne pense même pas à lui faire du mal, Sayanel. Tu ne toucheras pas à mon fils, ou je te jure que je te ferai souffrir mille maux avant de te tuer. », dit-elle les dents serrées. Elle se pencha un peu plus, et expliqua. « Mon sang est mortel aux humains, il agit comme un poison qui détraquera ton corps. Vu la quantité que tu as ingéré, tu n'en as plus pour longtemps. Dans quelques heures tu sentiras d'atroces douleurs, puis tu deviendras fou avant de t'éteindre. C'est de l'ancienne magie censée nous protéger des vampires qui s'est retournée contre nous, et il n'y a que moi qui puisse te guérir. Je pensais tenir d'ici là, te soigner si je survivais, mais je ne prendrai pas cette peine si tu tentes quoi que ce soit. »

    Elle gémit, trembla, crispant douloureusement ses doigts sur ses épaules. Son souffle était court, mais elle se mordit la lèvre pour se reprendre.

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MessageSujet: Re: & • so let's do it knives out. | Psychel Mer 24 Mar - 20:22

    Qu’il était doux, cet adieu … Leurs lèvres s’étaient jointes en un baiser d’abord hésitant, presque hébété. Sayanel n’avait pas réagi à ce geste qui contrastait étonnement avec les coups qu’ils s’étaient portés jusque là, comme s’il ne croyait pas que cela fut possible. Il avait abandonné son amour pour Psyché en lui avouant ses sentiments, il avait fait le vœu de se détourner définitivement d’elle en la déposant au milieu de ce salon où elle vivait avec un autre. C’était la seule décision qu’il puisse prendre sans devenir fou, même s’il savait qu’après ça, il ne lui resterait plus longtemps à vivre. Mais alors qu’il avait pris les devants pour tenter de briser les liens qui le retenaient à elle, elle avait changé du tout au tout. La haine et la violence dans ses yeux s’étaient éteintes et dans un geste d’une infinie tendresse, elle l’avait embrassé. Et dans l’explosion de souvenirs tant de fois chéris, il avait une nouvelle fois abandonné ses fragiles résolutions et lui avait rendu son étreinte avec toute la passion dont il était capable. Elle avait échangé les rôles, elle avait fait de lui une proie et elle était devenue une prédatrice sans pitié. C’était un jeu dangereux auquel il jouait, il le savait pertinemment. Mais il voulait y croire encore un instant, penser qu’elle l’aimait, qu’elle l’avait aimé un jour. Il n’était plus un vampire, il avait perdu ses certitudes et tout ce sur lequel il s’était toujours appuyé. Si elle voulait le détruire, elle s’y prenait à merveille, et il se laissait entraîner sans aucune résistance. Mais la saveur de ses lèvres sur les siennes, la chaleur de son souffle contre sa peau, la douceur de sa main sur sa joue … C’était irrésistible. Et peut-être que cela ne signait pas leur fin à tous les deux, peut-être …

    Et soudain, les pleurs. Un étage au-dessus d’eux retentit un gémissement que Sayanel mit une fraction de seconde avant de reconnaître, ne l’ayant pas entendu depuis plusieurs années. Un bébé venait de se mettre à pleurer. Une chape de plomb s’abattit soudain entre Psyché et lui tandis qu’elle retirait vivement sa main de sa joue, comme si on venait de les surprendre pendant un acte interdit. L’ancien vampire se figea, complètement glacé, les yeux écarquillés, une expression de stupeur sur le visage. Psyché avait un enfant. Elle s’était mariée, et elle avait eu un bébé avec son mari. Sayanel n’était plus familier des mœurs des humains, mais il était encore certain d’une chose : les humaines faisaient rarement les choses aussi rapidement, ni aussi jeunes. Ce n’est qu’en sentant ses poumons en feu qu’il se souvint une nouvelle fois qu’il avait besoin de respirer, et il prit une brusque inspiration haletante. Sa vision s’était couverte d’un voile rouge, et ses poings se serrèrent brusquement. Il n’avait même pas eu le temps de ressentir la douleur de cette autre trahison que déjà la colère prenait le pas sur tout le reste, annihilant les sentiments qui étaient nés dans sa poitrine le temps de leur baiser, effaçant la souffrance qui aurait du l’anéantir. Mais avant qu’il ne puisse faire quoi que ce soit, Psyché s’était jetée sur lui, l’avait plaqué au sol et s’était presque assise sur sa poitrine pour l’empêcher de bouger.

    « Ne pense même pas à lui faire du mal, Sayanel. Tu ne toucheras pas à mon fils, ou je te jure que je te ferai souffrir mille maux avant de te tuer. Mon sang est mortel aux humains, il agit comme un poison qui détraquera ton corps. Vu la quantité que tu as ingéré, tu n'en as plus pour longtemps. Dans quelques heures tu sentiras d'atroces douleurs, puis tu deviendras fou avant de t'éteindre. C'est de l'ancienne magie censée nous protéger des vampires qui s'est retournée contre nous, et il n'y a que moi qui puisse te guérir. Je pensais tenir d'ici là, te soigner si je survivais, mais je ne prendrai pas cette peine si tu tentes quoi que ce soit. »

    Sayanel prenait chaque information comme si aucune ne le concernait vraiment, ses yeux fixés sur ceux de Psyché comme s’il avait pu percer un trou dans son crâne avec ce seul regard. A vrai dire, il ne la voyait déjà plus, son esprit s’était échappé dans son imagination au fil des mots de la jeune femme. Son fils. La violence avait ressurgit avec plus de force que jamais, poussé par quelque chose qu’il n’avait jamais vu ailleurs qu’à travers Lysandre. Il revoyait sa mère adoptive, si douce et si calme, se transformer en une machine à tuer aveuglée par la rage et la douleur, massacrant autour d’elle les responsables de sa peine, puis s’effondrer avec des hurlements de désespoir qui auraient fait frémir la plus endurcie des créatures. L’instinct maternel, cette force que les mères conservaient en leur sein pour protéger leur descendance quel qu’en soit le prix à payer. Une force qui n’existait pourtant pas en chaque femme. Sayanel se souvenait également de sa mère biologique, des centaines d’années plus tôt, qui s’était détournée de lui sans un regard, après un nouveau caprice, et qu’il n’avait plus jamais revue.
    Et Psyché était définitivement dans la première catégorie, dans celle des mères prêtes à tout par amour pour leur enfant. Sayanel imaginait avec une netteté effroyable les gestes de tendresse qu’elle pouvait avoir pour son fils, la douceur avec laquelle elle le tenait, les mots qu’elle lui murmurait pour l’apaiser. De son union avec Gabriel, était né un enfant qu’elle chérissait plus que tout. Alors que quelques secondes plus tôt il avait cru à son baiser, il savait à présent quel mensonge elle venait à nouveau de lui faire avaler.

    Il se redressa d’un geste brusque, attrapa les poignets de Psyché et la repoussa violemment avec une facilité déconcertante. Elle heurta le sol et il la lâcha comme si le moindre contact avec elle la dégoûtait. Il se leva lentement et la toisa de toute sa hauteur. En haut, le bébé continuait à gémir, et devant lui Psyché le regardait, son regard lui jetant de dangereuses mises en garde. Mais que pouvait-elle faire contre lui ? Elle n’avait pas sa baguette, il avait toujours la sienne dans sa poche. Elle avait perdu une quantité considérable de sang et ne pouvait plus faire un seul geste sans devenir pâle comme une morte, alors que lui ne ressentirait d’effets négatifs que dans quelques heures. S’il voulait s’attaquer à l’enfant, elle ne pourrait absolument rien contre lui. Il ricana sèchement.

    « Je suis déjà mort dans d’atroces souffrances, je pense que je pourrais supporter à une seconde fois, surtout si j’ai enfin la possibilité de mourir pour de bon. Du cuissot de nourrisson, ça faisait longtemps que je n’y ai pas goûté … Et puis, tu me dois bien ça, non ? » Demanda-t-il d’un ton badin.

    Il resta silencieux quelques brèves secondes où un silence épais s’installa entre eux, seulement brisé de temps à autres par un sanglot du nouveau-né, à l’étage. Finalement, Sayanel lâcha un reniflement méprisant.

    « Je suis vexé, Wolstenholme, je ne pensais pas que tu me voyais si mal que ça. Depuis que tu sais pour Eleanor, tu penses vraiment que je suis capable du pire, hein ? Rassures-toi, je ne ferais rien à ton précieux petit Wingates. Je préfère m’en prendre à des êtres responsables de leurs actes, qui comprennent le sens de leur mort. »

    Son ton était redevenu glacial, ses yeux deux puits sans fin. Il se baissa une dernière fois vers Psyché, gravant son visage dans sa mémoire. Il détourna pourtant rapidement les yeux et tourna les talons avant que l’amour qu’il avait pour elle ne réussisse à percer à nouveau sous la haine bienfaitrice qui le protégeait comme un bouclier. Il savait que ce n’était que temporaire, et il ne tenait pas à jouer avec le feu plus longtemps. Bientôt il se retrouverait à nu, et il ne tenait pas à être encore devant elle quand cela se produirait. Quand il s’effondrerait, ivre de douleur et de chagrin, il serait loin d’elle, à jamais.

    « Je préfère encore mourir plutôt que de demander de l’aide à une putain. Même à une putain mariée. »

    Sur ces derniers mots, il s’avança dans le couloir, vers la porte d’entrée, sans jeter un seul regard de plus à Psyché.


Putaiiin, j'ai baclé la fin à cause de ton sms, tu fais chieeeeeer, c'est mélodramatique à fond maintenant xD
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MessageSujet: Re: & • so let's do it knives out. | Psychel Sam 27 Mar - 18:14



    La vague se soulevait, l'enveloppait toute entière pour mieux la projeter au sol. Cette vague de violence, irrémédiablement puissante, comme née de leurs pires peurs venues les frapper de plein fouet... C'était un début et une fin en soi. Il avait peur d'une nouvelle trahison, qu'elle lui porte un ultime coup de poignard, tandis qu'elle était mortifiée à la simple pensée qu'il arrive quelque chose à son fils, mais aussi et surtout que Sayanel soit définitivement le monstre qu'elle s'était forcée à peindre dans son esprit durant quatre ans. Elle l'avait diabolisé pour rendre sa souffrance un peu plus supportable, et s'était dès lors contrainte à le voir comme tel. Un monstre inhumain, un démon sorti des entrailles d'Hadès pour la punir de ses fautes et de ses péchés. Mais si elle pouvait tromper les autres, il lui était impossible de se mentir totalement : elle n'avait jamais cessé de se rappeler pourquoi il était l'homme qu'elle aimait, et avait vu de ses propres yeux de quoi un véritable monstre était capable. Elle avait découvert de quoi elle-même était capable, alors pourquoi se donnait-elle ce droit de le juger ? La réponse était évidente : pour survivre. Oui, elle savait que Sayanel n'était pas ce qu'elle se forçait à voir, mais malgré tout la peur était là. Et il y avait aussi Eleanor. S'il était capable de tuer son fiancé et d'innocents domestiques, qu'aurait-il fait au fruit de leur union s'il en avait eu la possibilité ? La question l'avait hantée, elle qui avait déjà si peur de perdre Gabriel... Rahel, leur chair et leur sang mêlés, portait le visage de la trahison aux yeux de Sayanel. Aux siens, c'était celui de son monstrueux égoïsme, mais si elle ne pouvait regarder son fils sans se sentir coupable, ce n'était pas envers Sayanel, mais envers son mari. C'était lui qu'elle avait réellement trahi, et qu'elle continuait de trahir. Sayanel la regardait avec ce poison mortel dans les prunelles, liquide glacé annonçant la fin de tout, mais ce n'était pas son droit. Il n'avait pas le droit de la dévisager ainsi. Gabriel, oui. Elle avait donné un fils à un homme qui l'aimait, tout en gardant toujours aussi vifs ses sentiments pour celui qui méprisait à présent sa simple vue... Elle réalisa l'ampleur de ses erreurs. Elle lui avait donné un fils, sans jamais cesser de se battre, parce qu'il n'avait jamais été question d'amour : elle en avait oublié tous les sacrifices qu'il avait dû faire pour assurer son bonheur durant ces quatre années. Oui, il y avait matière à dégoût, mais ce n'était pas dans les yeux de celui qui n'avait jamais cessé d'être son amant qu'elle devait le lire.
    Sa tête avait violemment percuté le sol, l'étourdissant au point de troubler sa vue quelques instants, mais elle se releva, s'appuyant sur ses bras tremblants pour se redresser. Rahel continuait de pleurer, seul signe de vie dans ce salon où ils s'affrontaient comme deux lions blessés. Elle respirait à peine, mais la rage qu'elle éprouvait était nourrissante. Elle en oubliait la douleur, la fragilité de sa condition, son désespoir, sa peine, jusqu'à ses minces chances de survie. Tout cela, elle le devait bien à Gabriel.

    « Je suis déjà mort dans d’atroces souffrances, je pense que je pourrais supporter à une seconde fois, surtout si j’ai enfin la possibilité de mourir pour de bon. Du cuissot de nourrisson, ça faisait longtemps que je n’y ai pas goûté … Et puis, tu me dois bien ça, non ? » Demanda-t-il d’un ton badin.

    Elle ne répondit pas. Elle savait qu'il mentait, bluffant pour mieux la torturer, néanmoins elle ne pouvait s'empêcher de sentir la brûlure de la fureur dans sa poitrine, asséchant sa gorge. Sans le vouloir, elle se mit à imaginer ce qui arriverait s'il touchait à Rahel, ce même scénario qu'elle s'était interdit d'imaginer dès le moment où elle s'était sue enceinte. La simple éventualité de la chose la déchirait, mais sa colère redoubla d'intensité.

    « Je suis vexé, Wolstenholme, je ne pensais pas que tu me voyais si mal que ça. Depuis que tu sais pour Eleanor, tu penses vraiment que je suis capable du pire, hein ? Rassures-toi, je ne ferais rien à ton précieux petit Wingates. Je préfère m’en prendre à des êtres responsables de leurs actes, qui comprennent le sens de leur mort. »

    Le feu qu'elle avait toujours été se ravivait ainsi, nourri par sa haine, qui l'envahissait avec autant de force qu'une de ces vagues qui venait de tout raser entre eux. Son visage plus pâle qu'un rayon lunaire se ferma, tandis qu'une expression glaciale s'y figeait.

    « Pour qui te prends-tu, McHurley ? », dit-elle les dents serrées, se relevant doucement du sol qui la retenait prisonnière. «  Des êtres responsables de leurs actes, qui comprennent le sens de leur mort ? Serais-tu le nouveau visage de la justice ? Quel sens penses-tu donner à ma mort ? Tu n'as pas ce pouvoir sur moi, McHurley. Personne ne l'a. »

    Elle se redressa complètement, et même si ses muscles tressaillaient, elle se sentait de nouveau forte, invincible. De nouveau Psyché. Il s'était baissé, et elle ne l'avais pas supporté. Le jour où pour se mettre à son niveau il faudrait s'abaisser... Que ce soit physiquement ou autrement, c'était intolérable.
    Son corps frémissait sous d'incontrôlables tremblements, et une pensée étrange envahit son esprit. Il lui semblait bien que c'était le propre de Sayanel de vibrer de colère lorsque la rage l'aveuglait, elle en avait un parfait souvenir. Combien de fois lorsque, inconsciente, elle le poussait dans ses derniers retranchements, lorsqu'il luttait pour ne pas arracher sa vie hors de son corps... combien de fois ne devenait-il pas comparable à une terre en plein séisme ? Pourtant, c'était elle qui frémissait. Jusqu'à quel point avaient-ils échangé les rôles ? Pourtant il y avait une différence évidente : plus elle se laissait envahir par la colère, plus elle luttait pour rester en vie. C'était là le paradoxe : elle sentait une force nouvelle prendre le dessus, mais sa vie fuyait par tous les pores de sa peau... Et elle allait l'emporter avec elle.

    « Je préfère encore mourir plutôt que de demander de l’aide à une putain. Même à une putain mariée. »

    Elle eut comme un choc. Sa vision se brouilla, sa respiration devint chaotique, et sans même comprendre comment elle eut la force, elle s'élança derrière lui et se plaqua contre la porte d'entrée pour l'empêcher de passer. Jamais, de toute sa vie, elle n'avait été qualifiée d'un tel nom. Tout son être se soulevait, se révoltait. Elle le haïssait de ne pas comprendre, le haïssait de la rabaisser sans cesse. Elle n'était pas une putain. C'était une des rares choses dont elle était absolument sûre, et l'insulte lui rappela le « pathétique » qu'il lui avait lancé lors de leurs premières rencontres et qui lui avait valu une gifle de sa part. Ce simple mot dans sa bouche l'avait rendue folle de rage.
    Elle le regarda quelques secondes, ses yeux étincelants d'une fureur jusque là inégalée. Pourtant, c'est d'un ton glacial et maîtrisé qu'elle lui répondit.

    « Une putain, Sayanel ? Une putain parce que je t'ai survécu ? Tu aurais préféré me savoir morte de douleur, ou encore attendant patiemment ton retour, prête à tout te pardonner ? M'as-tu crue si faible, si pathétique ? Regarde-moi dans les yeux, McHurley. Si tu avais retrouvé une de ces femmes à la place de celle que tu nommes putain ce soir, tu aurais eu le droit de m'insulter ainsi, de me haïr et même de me tuer avec justice. Parce que ces femmes, ce ne sont pas moi. Si tu m'as jamais aimée, tu comprendrais. »

    Elle attrapa d'un geste vif le bout de sa baguette qui dépassait de la poche de son manteau d'ébène, mais au lieu de l'attaquer, elle la plaça entre ses mains.

    « Sois un homme, et ne me fuis pas. Soigne moi, ou tue nous maintenant. »

    Il n'y avait pas de malentendu possible. Le « nous », c'était eux, leur futur. Elle savait que ce nous existait toujours : il était poignardé, écorché, mais il respirait encore et malgré les coups, les insultes, elle voulait qu'il vive. Mais elle lui laissait le choix de leur avenir. Elle ne voulait plus se battre pour vivre, si Sayanel n'avait pas le courage de l'écouter, si ni l'un ni l'autre ne pouvaient se pardonner. L'idée de pardon refaisait surface, à nouveau, tellement tentante, tellement simple. Leur était-il impossible d'étouffer leur rage le temps d'un instant, pour qu'enfin ils tentent de se comprendre ? Parviendraient-ils à écraser leur égo blessé mais surtout surdimensionné ?

    (Et moi j'ai pas besoin d'un sms pour que ça soit mélodramatique Rolling Eyes Et désolée, c'est court mais la flemme. )

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MessageSujet: Re: & • so let's do it knives out. | Psychel Dim 18 Avr - 14:06

    La main sur la porte. La ferme intention de quitter cette bâtisse et de ne plus jamais y remettre les pieds, de s’en aller sans un regard en arrière. Et aller mourir dans d’atroces souffrances comme Psyché le lui avait prédit ... La torture du sortilège attaché à son sang ne serait de toute façon jamais aussi terrible que celle qu’elle venait de lui infliger en quelques minutes. Il était mort une fois, et même si le poison de sa créatrice l’avait fait hurler de douleur, son esprit n’avait été empli que du souvenir d’Eleanor, brûlant plus efficacement que le venin vampirique. Sa vie n’était décidemment qu’un éternel recommencement … L’ancêtre et sa descendante avaient eu la même emprise meurtrière sur lui, et toutes les deux faisaient passer la mort pour une douce échappatoire. Encore fallait-il que cette fois, la mort soit bien réelle … Il ne comptait pas refaire le chemin une troisième fois. Il ne voyait plus ce qui pouvait l’attendre après ça, s’il en réchappait à nouveau. Aisling avait disparu depuis la mort de Nikolaï, et il avait abandonné l’espoir de la revoir même si elle lui manquait terriblement, Lysandre et Akkarin n’étaient plus que de pâles reflets de ce qu’ils avaient été jadis … Et cette fois, pas de créature manipulatrice et enjôleuse pour l’aveugler l’espace de quelques années.
    La main sur la porte, mais il ne pouvait pas aller plus loin. Psyché s’était interposée, lui bloquant la sortie. Sa poitrine se soulevait à une vitesse soutenue, sous sa respiration hachée par l’indignation, et ses yeux lançaient des éclairs furieux. S’il ne s’était pas senti aussi vide, cette image lui aurait sans doute tiré un sourire narquois : elle ressemblait précisément à la jeune fille qu’il avait rencontrée dans le parc de Poudlard et qu’il avait insultée. Aurait-il droit à une nouvelle gifle ? Il ne comprenait pas pourquoi elle réagissait aussi excessivement à de simples mots … Mais cette fois, elle s’était peut-être sentie un peu plus visée. Elle était une putain, après tout. Peut-être pas la pathétique jeune fille de Poudlard, mais la putain, sans aucun doute. Si cette insulte pouvait enfin lui faire réaliser la désillusion qu’elle lui avait infligée, c’était tout ce qui comptait. Cela ne changerait absolument rien, mais cela le rassérénerait un peu. Il voulait simplement qu’elle saisisse l’ampleur de sa déception. Et qu’ensuite, elle le laisse franchir cette fichue porte … Pourtant, elle ne semblait pas prête à le laisser partir.

    « Une putain, Sayanel ? Une putain parce que je t'ai survécu ? Tu aurais préféré me savoir morte de douleur, ou encore attendant patiemment ton retour, prête à tout te pardonner ? M'as-tu crue si faible, si pathétique ? Regarde-moi dans les yeux, McHurley. Si tu avais retrouvé une de ces femmes à la place de celle que tu nommes putain ce soir, tu aurais eu le droit de m'insulter ainsi, de me haïr et même de me tuer avec justice. Parce que ces femmes, ce ne sont pas moi. Si tu m'as jamais aimée, tu comprendras. »

    Sayanel ferma les yeux un instant. Le vide qui l’avait emplit quand il avait cru être sorti de cette affaire venait de s’enfuir avec les paroles acides de Psyché, et à nouveau il ressentait cette brûlure insoutenable dans la poitrine, cette colère sourde mêlée à un agacement prodigieux. Elle ne comprenait pas, elle ne comprendrait jamais. Et il n’arrivait pas non plus à comprendre, décidemment … Quand il rouvrit les yeux, il les planta dans ceux de Psyché, comme elle le lui avait si aimablement demandé.

    « Je ne comprends pas, non. Et ce n’est pas faute de t’avoir aimée. Mais je t’ai peut-être trop aimée, au contraire, pour m’imaginer que tu attendrais, malgré la guerre. Que tu m’attendrais ! Je ne voulais ni que tu meures de douleur, ni que tu t’enfermes dans une tour de solitude pour moi. Je croyais juste à ta promesse, sans rien attendre de plus. Quel âge à ton fils, Psyché ? »

    Il tourna les yeux vers un cadre de photo, posé sur un petit meuble dans l’entrée. Il s’approcha lentement et le leva devant ses yeux : une jolie petite photo de famille, avec Psyché, le bébé et le patriarche. Un rictus étira lentement ses lèvres et il montra la photo à Psyché en hochant lentement la tête. Quand il prit la parole, ce fut sur un ton totalement maîtrisé, comme s’il faisait un énoncé scientifique devant une salle de classe.

    « Je n’y connais absolument rien en bébés. Mais il ne me semble pas qu’il soit né hier, ni même la semaine dernière. Il a quoi, un an ? C’est le maximum que je lui donnerais. Un an, et neuf mois avant. Nous ne sommes plus au moyen-âge, et je ne t’ai jamais considéré comme une femme irréfléchie, donc tu n’as pas eu ton fils le lendemain de ton … Mariage. » Malgré lui, il avait buté sur ce mot, qui lui avait tiré une nouvelle grimace. Il se reprit pourtant et continua sur sa lancée : « je suis parti il y a quatre ans. Tu as eu ton fils il y a au moins un an et demi. Quand t’es-tu mariée, au juste ? Tout de suite après mon départ ? C’est ça que tu appelles me survivre ? Je sais que j’ai pris beaucoup trop de temps avant de revenir, et je savais que Psyché Wolstenholme ne me pardonnerait jamais de l’avoir fait attendre aussi longtemps. Mais tu ne m’as même pas attendu, Wingates. Pas un seul instant tu n’as cru que je reviendrais. »

    Les mots s’étaient précipités à sa bouche avant qu’il ne puisse les retenir, mais au fur et à mesure qu’ils sortaient, il se sentait soulagé d’un poids. Il avait exprimé à haute voix tout ce qu’il lui reprochait, et cela semblait avoir exorcisé sa colère. Malheureusement, cela ne marchait que sur la colère … Il ne pouvait pas effacer le reste, la peine et la souffrance qui lui pesaient encore dès qu’il regardait Psyché. Mais que pouvait-il faire, à présent ? Ils étaient séparés par des obstacles qu’ils ne pouvaient plus supprimer. C’était en partie sa faute, il en était conscient. S’il était revenu plus tôt, elle n’aurait pas eu d’enfant. Aurait-il pu revenir assez tôt pour empêcher ça ? Un an plus tôt, il était en train d’essayer de sauver son clan, en Sibérie. Et il y avait lamentablement échoué, puisqu’il n’avait pas pu empêcher la mort de Nikolaï et d’Andra. Malgré son amour pour Psyché, il ne pouvait pas abandonner sa famille au beau milieu de la guerre, et il ne regrettait pas de ne pas l’avoir fait. Maintenant, il n’avait plus ni famille, ni Psyché … S’il ne mourrait pas ce soir, il ne savait absolument pas sur quoi il pourrait s’appuyer demain. Il avait toujours été un solitaire, mais même seul, il avait toujours eu Aisling, Lysandre ou Andra sur qui s’appuyer quand il en avait ressenti le besoin. Et il avait cru que Psyché briserait à jamais cette solitude …
    Il fronça un instant les sourcils quand la jeune femme attrapa sa baguette magique, mais avant qu’il n’ait pu esquisser le moindre geste pour la retenir – ce corps humain était décidemment d’une lenteur désespérante – elle la lui avait remise d’office entre les doigts.

    « Sois un homme, et ne me fuis pas. Soigne-moi, ou tue nous maintenant. »

    Sois un homme. Il n’avait jamais été un homme. Il était devenu un vampire avant de devenir un homme, et il s’était ensuite conduit comme une bête pendant de nombreuses années, tuant sans aucune pitié des proies choisies au hasard des chemins. Et pendant longtemps, sans se remettre en question … Il pouvait refuser la proposition de Psyché et continuer à être un monstre, alors qu’elle lui avait donné la possibilité de redevenir humain, dans tous les sens du terme. Et il y avait ce « nous », qui n’était pas réapparu entre eux depuis bien longtemps, qu’elle lui faisait à nouveau miroiter comme s’il y avait une possibilité qu’ils puissent être à nouveau une réalité. Il n’y croyait plus, et il n’était même pas sûr qu’elle y croie elle aussi. Mais si elle n’y croyait pas, elle ne l’aurait pas arrêté, et elle l’aurait laissé partir. Sois un homme Sayanel, et essaye de croire une nouvelle fois à ses mensonges. Jamais deux sans trois … Quelle était la prochaine surprise qu’elle lui réservait ? Bébé Wingates avait peut-être eu une petite sœur, depuis le temps. Un mince sourire s’étala sur les lèvres de Sayanel à cette pensée : cela faisait longtemps qu’il ne s’était pas senti d’humeur aussi cynique. Il leva les yeux au ciel et tendit sa baguette vers le cou de Psyché. Il mit quelques secondes avant de se souvenir de la formule, et prononça le sortilège d’une voix éteinte, en se maudissant de sa faiblesse. Sous ses yeux, la blessure de Psyché cessa de saigner et se referma lentement, effaçant les traces de ses canines. Il lui tendit ensuite la baguette, le visage fermé.

    « Enlève ta malédiction, maintenant. Et considère que nous sommes quittes. »

    Il ne parvenait pas à croire au « nous », mais il essaierait peut-être de s’y habituer dans les prochaines années d’humanité qu’il lui restait à vivre. Si Psyché y croyait, tout n’était peut-être pas perdu. Mais ce soir, il ne pouvait plus lui faire confiance. Il avait besoin de laisser passer du temps, il avait besoin de s’habituer à l’idée qu’elle ne serait plus jamais à lui, et seulement à lui. Malgré tout ce qu’elle pouvait potentiellement encore ressentir pour lui, les temps avaient changés depuis Poudlard. Ils étaient tout les deux responsables des obstacles qui s’étaient dressés entre eux, et s’ils voulaient trouver une solution pour les éliminer, cela ne se ferait pas ce soir.

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MessageSujet: Re: & • so let's do it knives out. | Psychel

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