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Le Papier de trop

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Broken soul Ω Searching for you ∞ Searching for me

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♦ Lettres Envoyées : 466
♦ Crédit : By Angelys
♦ Citation : Moi sans toi n'est rien...

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MessageSujet: Le Papier de trop Mar 29 Déc - 18:42

Il y a des gens qui fouillent dans le passé de personnalités connues pour en extirper de quoi alimenter des ragots sans fin, aujourd'hui encore et malgré les peurs ambiantes. Et il y en a qui remuent sans vergogne la vie ordinaire d'honnêtes citoyens pour faire dans le sensationnel et épater les foules adeptes d'histoires sordides. Valentin n'avait jamais vraiment apprécié aucune de ces deux espèces - mais trop, c'était trop. Il jeta le journal par terre dans un geste rageur et s'éloigna à pas vifs, tâchant de réfréner ce violent accès de colère.

Dire qu'il était furieux ressemblait encore trop à un euphémisme ; aurait-il eu à portée de main l'auteur de cet infâme article qu'il l'aurait sans aucun doute tué à mains nues, sans hésiter. Pour l'heure, ses poings se refermaient convulsivement sur le vide, dans les poches de sa veste - et c'était tant mieux. Il était d'humeur à accomplir des actes qu'il aurait pu regretter par la suite. C'était son genre, ça, regretter ses réactions lorsqu'il était trop tard pour y changer quoi que ce soit. Parfois, il se trouvait des gens pour réparer ses erreurs - et parfois non.

Il marcha de longues heures à travers la ville, à ruminer le contenu de l'article qu'il avait trouvé par hasard dans un quotidien de la capitale. Ce n'était qu'un petit entrefilet tout juste digne d'attention, qui n'avait pas dû attirer le regard de beaucoup de lecteurs, et qui n'aurait sans doute pas même dû attirer le sien, s'il ne s'était pas montré si attentif ces derniers jours à la moindre information se glissant sous ses yeux. Sa propre ignorance face à la forme originelle du Spirit l'avait suffisamment marqué pour qu'il se décide à enfin se mettre à la page - et ce n'avait pas été du luxe. Mais jamais il ne se serait attendu à tomber sur ça.

Il avait toujours cru son passé oublié, enterré sous la poussière vampirique qui avait terni son adolescence. Comment dans ce cas était-il possible que son nom apparaisse dans les cases Faits divers d'un papier destiné à finir froissé et détrempé dans les égouts ? Cela risquait de raviver des souvenirs alors qu'il avait tout fait pour étouffer les doutes et les questions, à l'époque. De nouvelles interrogations pouvaient apparaître ; il n'y avait plus de preuves de rien, aujourd'hui, et lui-même courait après une chimère dont le visage disparaissait de sa mémoire chaque jour un peu plus... Il devait être seul à poursuivre cette quête - et le reste devait continuer à sombrer dans les ténèbres où tout s'était encrassé.

A mesure qu'il réfléchissait, pourtant, Valentin entrevoyait un autre aspect de cette mésaventure, une chose à laquelle il n'avait pas encore pensé, et qui pourtant aurait dû l'interpeller dès sa première lecture. Le journaliste avait trouvé les cadavres du placard, là où personne n'avait jamais cité aucun des noms dont il avait connaissance. En savait-il plus ? Et, dans tous les cas, n'y avait-il pas là une piste à explorer ? Oui, sans doute, un chemin s'ouvrait vers sa sœur perdue, un chemin qu'il n'avait jamais envisagé, mais qui valait bien les ruelles coupe-gorge où il avait jusque-là fourré son nez - et sûrement moins dangereux

Il avisa un peu plus loin une poubelle où s'entassaient une profusion de papier journal ; il s'en empara et les feuilleta frénétiquement, à la recherche de l'article qui l'avait fait sortir de ses gonds quelques heures plus tôt. Lorsqu'il le retrouva enfin, son regard vola aussitôt vers le bas, où la signature de l'auteur s'étalait en lettres d'imprimerie. Shiver Reeves. Ce nom lui disait quelque chose. Il l'avait déjà entendu quelque part - et il lui semblait savoir où.


¤¤¤


Il n'avait que très rarement mis les pieds au Scount Grind Village, quartier général des hunters de tout poil, depuis qu'il avait repris du service, à peine quelques semaines auparavant, mais il y était venu assez pour s'être laissé dire que l'un de ses collègues était intime d'une journaliste freelance - et, comble de la chance, il se souvenait maintenant parfaitement du nom de cette journaliste : Shiver Reeves. Une coïncidence dont il n'aurait jamais rêvé.

Il avait donc rejoint les rangs de ses compatriotes pour une soirée, le temps de repérer la silhouette de Mickael Williams parmi celles de tous les hunters présents. Valentin connaissaient quelques-uns d'entre eux, des anciens qui avaient parfois travaillé avec son père - pourtant réputé grand travailleur solitaire - ou avec qui ils avaient échangé des informations. Mais, pour la plupart, il s'agissait de nouvelles têtes ; des jeunes avides d'aventures qui croyaient que la chasse au vampire était l'avenir de l'Humanité. Pour Valentin, rien d'autre qu'un peu de chair à vampires pour servir la cause des plus expérimentés. Il y en avait qui ne reculaient devant rien, ici.

Si le jeune homme avait hérité du besoin de solitude de son père, il lui était arrivé au cours des dernières semaines de faire quelques exceptions - une, en vérité. Mickael Williams, comme un fait exprès, avait été jusqu'alors son premier et unique partenaire de chasse ; une obscure histoire de frontières, à ce qu'il en avait retenu. En fin de compte, ils avaient passé la soirée à gambader autour du village en discutant de tout et de rien - et c'était là que, par inadvertance, le bonhomme avait lâché le nom de sa compagne. Valentin l'avait presque tout de suite oublié, mais après cet article, il avait eu grand besoin de cette information.

Et c'était précisément ce concours de circonstances - et la filature rondement menée d'un hunter un peu trop insouciant - qui l'avaient amené là, devant la porte de Shiver Reeves, le lendemain, après s'être assuré de la présence de cette dernière et de l'absence du chasseur. La main levée, prêt frapper, il hésitait. Plus le moment de reculer, pourtant. S'il avait un moyen, n'importe lequel, de retrouver Blandine, il s'était juré d'en user - dut-il tuer pour l'obtenir, ce qu'il avait déjà fait... Rassemblant son courage, il toqua fermement à la porte.

-Shiver Reeves ! cria-t-il. Je dois vous parler ! C'est important !

Il toqua à nouveau, impatient, répétant à tout va qu'il fallait absolument qu'il la voie d'urgence. Et toqua encore. Jusqu'à ce qu'enfin on lui réponde.
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MessageSujet: Re: Le Papier de trop Mar 12 Jan - 23:32

    N'avez-vous jamais eu vent du fait qu'il fallait à tout prix éviter de brusquer ou de surprendre une femme en ces temps troubles ? Le danger rôdant à chaque carrefour – ou plutôt à chaque coin de rues – la rouquine avait prit l'habitude de ne jamais sortir sans une bombe au poivre et elle avait chez elle une bonne collection d'armes en tout genre : poêle, club de golfe légèrement tordu, batte de baseball, et bien caché dans un endroit que je ne vous dirais pas, un six coups (révolver) avec une boîte entière de balles. Personne n'avait donc intérêt à prendre de court Shiver. Surtout après la nuit éprouvante qu'elle venait de passer. Harcelée par le même cauchemar, elle sursautait au moindre son trop violent et Michael avait le plus grand mal à la rassurer. Quel était ce rêve ? Elle courrait à en perdre haleine sur une route aux côtés remplis d'immeubles, et une voix lui hurlait de revenir. Puis, elle trébuchait, du sang se mettant à couler de ses mains et de ses genoux. Une étrange créature aux yeux argentés et aux crocs acérés apparaissait alors, et la reporter voyait brûler dans ses yeux la flamme de la folie. Venait l'instant fatidique où elle se réveillait en hurlant, les vêtements collés à la peau et terrorisée.
    Ce n'était qu'un cauchemar tout ce qu'il y avait de plus banal en ces temps de guerre permanente, mais elle détestait se découvrir des faiblesses que l'on pouvait exploiter. Et si cela ne représentait pas une faiblesse évidente...

    Des cernes violacées lui tenant lieu de maquillage, Shiver s'était emmitouflée dans son peignoir le plus doux – le bleu marine – et sirotait tranquillement une grosse tasse de chocolat chaud, assise sur l'unique canapé du salon. Le regard dans le vide, elle revoyait des scènes de son rêve se dérouler devant elle et en frissonnait. Soudain, des coups énergiques retentirent dans l'entrée, et une voix masculine l'appela. Un sursaut violent la fit momentanément quitter le canapé ; le liquide brun se renversa lamentablement sur le bas de son peignoir. Il n'y en avait plus assez pour la brûler, mais le vêtement était désormais destiné à la machine à laver. La jeune femme passa une main sur son visage, en essayant de respirer calmement. Elle se calma peu à peu, tandis que les coups résonnaient toujours avec la même puissance contre sa porte.
    Après un court instant d'hésitation, elle se leva, déposa la tasse dans l'évier en passant par la cuisine et abandonna son peignoir bleu marine dans la buanderie, puis posa une main tremblante sur la poignée. Ne vous imaginez pas qu'elle est toute nue ou en petite nuisette, bande de pervers ! Elle est vêtue d'un bas de jogging gris perle et d'un tee-shirt à manche courte blanc. La rouquine inspira fortement avant d'ouvrir assez vivement la cloison. Un jeune homme d'une vingtaine d'année se tenait sur le perron, l'air déterminé, ses yeux brillants farouchement derrière sa masse de cheveux sombres. Elle connaissait ce regard... Il ressemblait à celui qu'arboraient les personnes qu'elle avait vu en photo quelques jours auparavant... Enfin, c'était une photo qu'elle avait découverte et utilisée pour illustrer son article sur...

      « Valentin Shepard ? » fit-elle d'une voix blanche, en s'appuyant sur l'encadrement de la porte.


    Des mèches de sa chevelure dénouée vinrent lui chatouiller le bout du nez ; elle les repoussa sans ménagement, soudainement plus sérieuse. Que lui voulait-il ? Venait-il se plaindre de son article ? Intérieurement, Shiver prépara son plaidoyer : si elle devait se faire accuser, autant avoir de bons arguments.

      « Je peux savoir ce que vous faites sur le pas de ma porte ? Si vous voulez vous plaindre de mon article, allez plutôt voir le mec qui a bien voulu le glisser dans son journal. » rétorqua-t-elle avec aplomb.


    C'était tout Reeves ça. Elle pouvait passer de la stupeur à la colère en un clin d'œil. Sa pauvre mère serait bien triste de voir à quel point sa fille était devenue méfiante et agressive – parce qu'elle l'est ! Au point même de passer outre les règles de la bienséance, au point de ne pas inviter Valentin à entrer, au point de lui jeter un regard aussi noir que possible en vue de sa fatigue. Elle voulait lui faire comprendre qu'il n'aurait pas des excuses s'il était venu en chercher. Et si ce n'était pas ce qu'il voulait... Il avait intérêt à vite s'expliquer : il faisait bien froid au-dehors.
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MessageSujet: Re: Le Papier de trop Lun 18 Jan - 20:43

La porte finit par s'ouvrir enfin, cédant la place à une jeune femme plus petite que lui aux longs cheveux auburn, vêtue d'une tenue de jogging. Une femme séduisante. Aussitôt, Valentin se tint sur ses gardes. Qui dit séduisante dit dangereuse, c'était une des nombreuses maximes dont son père l'avait abreuvé durant son apprentissage de la chasse, et le jeune homme s'en souvenait comme de bons conseils malgré la personne qui les lui avait donnés ; il n'y pouvait rien, son père les lui avait répétés si souvent qu'ils étaient à présents comme gravés en lui. Foutu connard.

Il resta un court instant immobile, la main levée pour frapper à nouveau sur la porte maintenant ouverte. Il ne la baissa que pour ramener ses cheveux en arrière d'un geste impulsif. Elle l'avait reconnu. Il ne savait pas si c'était un bon ou un mauvais point pour elle ; elle venait de réveiller l'écho de colère latent qui sourdait encore en lui à la pensée de cet article inepte. Qu'elle ait pu remettre si facilement son nom sur son visage, pourtant de dix ans plus âgé... Mais, au moins, cela lui facilitait les choses.

C'était du moins ce qu'il avait cru, mais c'était compter sans l"humeur rébarbative de la donzelle, à la réplique chaudement élaborée. Exaspéré, énervé, Valentin réprima de justesse un éclat de rire du plus mauvais effet ; il n'était pas venu pour se mettre cette emmerdeuse à dos. Ce qu'il faisait sur le pas de la porte, elle allait bientôt l'apprendre - et mieux valait pour elle qu'il ne change pas d'avis sur le but de sa visite, songea-t-il avec mépris. Elle était pire qu'il ne l'avait imaginé.

-C'est bien vous qui l'avez écrit, cet article, non ? lâcha-t-il, railleur. Ce qui fait de vous la première responsable.

Il n'aurait jamais imaginé voir ça : l'auteur d'un article reporter la faute sur l'éditeur. Bien sûr, lui aussi avait sa part de tort, mais qui avait mené l'enquête ? Qui en avait rédigé ce magnifique résumé pour les pages crasseuses d'un quotidien dégorgeant d'encre au plomb ? C'était elle, par Merlin. Elle et pas cet abruti de bonhomme assis derrière son bureau à fumer sa pipe en décortiquant chacun des articles qui lui tombaient dans les pattes.

En tout cas, ce n'était certainement pas ce genre de bougre ignorant qui allait pouvoir l'aider.

-Ecoutez, j'ai pas le temps de jouer à ce genre de petit jeu, reprit Valentin avec un brin de colère dans la voix, plus sérieux. Alors soit vous vous montrez un peu plus coopérative, soit je vous montre à quel point j'ai apprécié votre petite enquête. Le deal vous convient ?

S'il ne lui convenait pas, en tout cas, c'était le seul qu'il lui proposait ; elle devrait composer avec. Et il ne se gênerait pas pour la traîner au tribunal, même si cela signifiait exposer à la vue de tous ce passé haï qu'il tentait de garder caché. Non, sa colère l'aveuglait. Il ferait juste en sorte que rien d'autre n'émerge des égouts, si elle ne voulait pas l'aider. Et si cela incluait de se salir les mains, il était prêt à le faire. Il avait déjà tué.

Ses yeux sombres luisaient d'une lueur mauvaise, inquiétante. Il n'en avait pas conscience, bien sûr, mais, l'aurait-il su, il n'aurait rien fait pour y remédier. Si la peur pouvait la convaincre de faire ce qu'il attendait d'elle, alors très bien, il l'effrayerait. Il était plus grand qu'elle. Plus puissant aussi, sans doute. Il avait l'habitude de se battre ; elle, probablement pas. Il espérait pourtant ne pas avoir à en arriver là : Mickael Williams était certes un collègue, mais il imaginait mal le chasseur accepter que Valentin terrifie sa belle.

Par ailleurs, il préférait que le bonhomme ignore tout de sa visite. Ça commençait pas éviter d'être vu par les voisins.

-Bon, vous me faites entrer ou vous préférer discuter des détails sanglants en public ?
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