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When sunlight casts shadow, it's time for forbidden lovers. Our time. (Sataniel)

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♦ Age du personnage: 31 ans, d'apparence la vingtaine.
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MessageSujet: When sunlight casts shadow, it's time for forbidden lovers. Our time. (Sataniel) Sam 28 Nov - 18:56


2 décembre 2093. Vers 20 heures.
Eethaniel s'était deux semaines plutôt fait passé pour un autre, une seconde fois, et avait su trouver Satine pour lui confier un petit bout de papier dont l'écriture ne répondrait qu'à une unique formule qu'eux seuls connaissaient. Il y avait inscrit la date, l'heure et le lieu de rendez-vous. Ils ne se voyaient pas souvent, et souvent le temps de quelques minutes à peine. Il fallait encore et toujours qu'on les croise ensemble à la vue du contexte actuel. La dernière fois remontait à la mi-octobre. Ils avaient réussi à passer la moitié d'une journée sans se soucier du reste, comme si le temps s'était arrêté uniquement pour leur plaisir. La Terre avait continué de tourner et des gens ont sans doute été tué pendant ce temps mais qu'importe. Il n'y avait qu'elle qui méritait son attention. Il n'y avait qu'elle qui avait su briser cette couche de glace, puis cette couche de pierre qui entourait son coeur meurtri par cette enfance difficile qu'il avait eu. Il ne pensait qu'à elle, qu'à leur couple. Le triste sort d'innocents de toutes les espèces possibles étaient à mille lieues de traverser son esprit. Deux longs mois à ne s'apercevoir que de loin, la plupart du temps il était le seul à vivre ce moment. Il changeait d'apparence grâce à la magie, il se cachait et repartait aussitôt qu'il l'avait vu. Il ne prenait pas le risque de lui adresser le moindre de mot, ou de la suivre trop longtemps. Il mourrait d'envie à chaque fois d'aller la serrer contre lui. Si seulement il pouvait déposer ne serait-ce qu'un simple baiser sur son front ou sur sa joue, si seulement.. Il avait glissé le mot dans la poche de son épais manteau, parmi la foule dans la rue. l'instant fut bref, il eut à peine le temps de lui adresser un semblant de sourire, frôlant l'une de ses mains aussi glacées que les siennes, disparaissant aussitôt, continuant sa route et ne se retournant pas, le coeur serré et l'esprit en émoi à ce simple contact. Il aurait l'occasion de la revoir bientôt et de s'attarder à ce moment. Il ne pourrait pas s'adonner à ces mêmes plaisirs oubliés qu'il y a quatre mois, mais il pourrait au moins lui témoigner un peu de son affection. L'endroit n'était pas des plus cachés, Eethaniel en avait conscience, mais leur choisie n'était pas anodine. La nuit tombait tôt, il faisait froid, et l'envoutement ou la mort planait sur chacun des habitants de la ville. Les gens préféraient rester chez eux, en famille ou entre amis, pour tenter de se rassurer et de se redonner du baume au coeur face à des conditions de plus en plus difficiles, bien qu'un espoir pour vaincre le Spirit soit parvenu à l'oreille de la plupart d'entre eux. Les conditions étaient réunies pour un peu de tranquillité sans avoir à s'exiler de tout, bien que la compagnie de sa soeur avait cet effet là.

Comme prévu, les rues étaient presque désertes. Quelques sans-abris étaient assis le long des trottoirs, ne cherchant même plus à obtenir quelques pièces d'âmes généreuses. Ils survivaient difficilement et il n'était pas étonnant de voir parfois des corps gisant sur le sol, lorsqu'une bagarre avait mal tourné, ou simplement parce que le Spirit eut l'envie de se débarrasser de cette personne à travers le corps d'un envouté. Un vampire aurait pu passer par là et tuer, lui aussi, mais ils se faisaient discrets et allaient se nourrir ailleurs et autrement. Lui n'avait encore jamais osé mordre un humain, ou plutôt, il se réservait pour le jour où il viendrait à transformer sa jumelle, car il viendrait tôt ou tard. S'il était amené à tuer, il le faisait d'une manière propre et qu'il maitrisait depuis bien longtemps, avec sa baguette magique et une simple formule qu'il ne prenait plus la peine de prononcer. L'éclair vert surgissait et envoyait son ennemi dans un sommeil éternel. Aussi éternel qu'il était devenu. Aussi éternelle qu'elle deviendrait. Il n'avait pas pris de polynectar ce soir. Il prenait un risque et en faisait courir un d'autant plus grave à Satine. Il ne partait pas dans l'hypothèse où elle ne viendrait pas, c'était évident qu'il la verra ce soir. A moins que quelque chose d'extérieur l'en empêche. Son estomac se noua à cette idée. Comment auraient-ils pu savoir pour ce rendez-vous ? Mais le Spirit est omniprésent et tout devenait possible, ce qui n'arrangeait pas ses affaires. Il fallait redoubler de vigilence et il y avait toujours une grande part de risque à prendre en compte. Il secoua la tête, ne préférant pas y penser. S'il lui arrivait quelque chose, il le sentirait, il le saurait. Il ne devait pas se mettre des songes aussi négatifs en tête. Il préféra d'ailleurs changer d'optique en tentant de s'imaginer la tenue qu'elle aurait choisi, ou même sa coiffure, alors que lui s'était caché sous une veste noire, une écharpe autour du cou et la capuche sur la tête, masquant ses traits pâles de vampire, son regard ensanglanté, tout comme sa cicatrice. Le haut du tissu plongeait une bonne partie de son visage dans l'obscurité, personne ne se retournait à son passage. C'était à peine si on lui adressait un regard. Les mains dans les poches et mimant quelques frissons provoqués par le froid pour se laver de tout soupçon, il marchait en regardant droit devant lui, la tour la plus célèbre d'Angleterre n'était plus très loin. Il avait fait tout le chemin à pied, observant Big Ben à moitié détruite, se rapprochant ainsi de son but. Il finit par atteindre ce dernier un peu avant 20 heures. Il aimait être en avance pour ne jamais avoir droit à de mauvaises surprises, et il était d'autant plus pressé de la revoir. Une fois en face du monument à moitié détruit, il l'observa longuement, réalisant à quel point cette guerre était dévastatrice. Il soupira machinalement, avant de faire quelques pas vers un banc fait de pierre dont il manquait aussi une partie. Cette zone n'était plus autant fréquenté qu'avant, et pour cause, elle avait perdu presque toute son identité. Le clocher ne sonnait plus, l'édifice n'était plus qu'une épave. Ils étaient déjà venu une ou deux fois ici, auparavant, mais jamais très longtemps. Cependant, il savait qu'elle trouverait l'endroit exact où il était en train de patienter. Il baissa les yeux vers le sol, observant ses chaussures. Il serrait ses bras contre son corps et agitait ses jambes, toujours dans l'idée de faire illusion. Il ne ressentait plus toutes ses sensations et se contentait de reproduire les gestes qu'il avait connu les 19 premières années de sa vie. On ne le soupçonnerait pas d'être un vampire.

Les minutes s'écoulèrent longuement. Il avait l'impression d'avoir été là pendant des heures. Il n'avait pas pris la peine de lever la tête à chaque personne qui passait près de lui, se fiant aux parfums qu'ils arrivaient à sentir. Il reconnaitrait celui de Satine entre des milliers s'il avait eu à le faire. Et ce, avec ou sans ses sens renforcés par sa condition d'immortel. Il tentait de garder patience, ne tenant que par l'idée de ne pas se faire remarquer par les rares passants. 20 heures auraient du sonner à l'intérieur de l'horloge géante. Elles restèrent silencieuses. Il entendit quelques bruits de pas, accompagnés d'une fragrance familière et délicieuse. Il releva doucement la tête alors qu'il voyait sa soeur se diriger vers lui. Elle marchait à faible allure et semblait fatiguée, ses traits étaient tirés. Peut-être était-ce une illusion du à la lumière tamisée du lampadaire un peu plus loin. Il entreprit de se lever et fit quelques pas lorsqu'ils se retrouvèrent enfin face à face. Il jeta un oeil inquisiteur autour d'eux, pour s'assurer une dernière fois qu'on ne les épiait pas plus qu'un autre couple. Il retira l'une de ses mains de sa poche pour abaisser un peu l'écharpe qui couvrait la moitié de son visage. Il attrapa son poignet avec douceur et l'invita à en faire de même, entrelaçant ses doigts avec les siens. Il se pencha pour lui glisser quelques mots à l'oreille.

Si tu savais comme ça me fait du bien de te voir, mon ange.. avait-il dit dans un murmure. Tout ça devient insupportable. Tu me manques.. tellement.

Il pressa ensuite ses lèvres contre sa tempe avant de reculer son visage pour l'observer. Finalement, ce n'était pas qu'un simple jeu de lumières. Elle avait l'air de ne pas avoir dormi depuis plusieurs nuits entières et il ne put s'empêcher de se demander ce qui avait pu se passer. Il se souvenait de nuits agitées lorsqu'ils avaient encore le bonheur de dormir dans la même maison, la même pièce, le même lit. Il lui arrivait assez souvent de faire des rêves peu agréables, sans doute à cause du fardeau de sa bipolarité. Il se contentait de la serrer un peu plus fort contre lui, lui indiquant qu'il était là, veillant sur elle, qu'il ne lui arriverait rien. Il ne pouvait plus prétendre à cette protection maintenant. Il détailla son visage un instant avant d'enfin se plonger dans son regard sombre. Il n'arrivait pas à s'épanouir entièrement du moment, cette sensation qu'il y avait un problème le taraudant.
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MessageSujet: Re: When sunlight casts shadow, it's time for forbidden lovers. Our time. (Sataniel) Jeu 3 Déc - 19:05

Pour la première fois de sa vie, Satine Blackhart n’était pas pressée d’aller voir son frère, malgré l’absence totale de deux mois. Deux mois pendant lesquels l’angoisse n’avait eu de cesse d’augmenter, prenant du volume, obstruant chaque recoin de l’esprit de Satine. Elle ne pouvait plus nier l’évidence. Elle avait pourtant cherché à fuir ce qui naissait en elle, cherchant à se convaincre qu’il ne s’agissait que d’un énième tour que sa folie lui jouait. Elle avait tant rêvé que cela leur arrive mais elle s’était persuadée, avec le temps et surtout, depuis la transformation d’Eethaniel, que jamais elle ne pourrait engendrer sa descendance. Elle savait combien il était réticent à l’idée de mettre au monde un enfant qui avait de fortes chances de naitre malade, que ce soit physiquement ou mentalement, comme elle. Après tout, leur génération n’était-elle pas déjà suffisamment entachée par la maladie ? Sa bipolarité était un véritable fardeau, sans parler de ce qui avait touché ses frères. Donner la vie à un nouveau Pur Sang Blackhart comportait des risques énormes. La consanguinité était telle que leur sang ne devait plus contenir une seule goutte de sang étranger. Et Satine ne pouvait que cerner l’opinion d’Eethaniel. En plus d’être tous deux des Blackhart, ils se trouvaient être issus des mêmes parents, pire encore, ils étaient jumeaux. Jamais elle n’aurait imaginé une seule seconde que leur gémellité deviendrait un poids, un obstacle. Cette relation, elle l’avait toujours sacrée, la couvant de cet amour fraternel qui s’était transformé en amour tout court, au fil du temps. Elle vouait une adoration sans limite à leur lien unique et pourtant, c’était ce même lien qui représentait un danger potentiel à présent. Le petit être qui se formait lentement au creux de son ventre risquait la folie, la malformation ou la mort. Et pourtant. Pourtant elle n’avait pu se résoudre à le faire partir. Elle aurait pu, si elle l’avait voulu mais comment survivre à un tel acte alors qu’il s’agissait du plus beau cadeau, du plus bel espoir que l’avenir aie pu lui donner ? Avec cet enfant à naitre, Satine sentait la vie se remettre à couler dans ses veines contaminées. Avec lui, elle avait un nouveau but, celui de le protéger contre ceux qui pourraient lui vouloir du mal, le faire grandir en sécurité et donner cette importance à ce lien familial, celui que les Blackhart avaient oublié avec le temps. Elle ne laisserait personne s’acharner sur lui comme on avait pu martyriser son père. Tant qu’elle vivrait, il ne lui arriverait rien.
Cette assurance avait grandi, au fil du temps. Lorsqu’elle avait enfin compris que son corps était bel et bien en train de concevoir un enfant, elle avait paniqué. Elle avait cru que son cœur lâcherait sous la pression tellement celle-ci s’acharnait sur ses nerfs déjà à vif. Et puis la question s’était inscrite devant ses yeux, terrible et fatale à la fois : qu’est-ce qu’Eethaniel penserait de la nouvelle. Serait-il ravi, comme elle ? Verrait-il l’espoir qui luisait dans cette opportunité de changer leur avenir ? Ou bien lui en voudrait-il de ne pas réaliser à quel point le moment était mal choisi pour mettre en route une nouvelle vie ? Lui assénerait-il des reproches qu’elle encaisserait pourtant, pour l’amour de cet enfant ? L’accablerait-il d’images terrifiantes pour la faire culpabiliser ? Le moment n’était pas idéal, certes, mais s’ils ne le faisaient pas maintenant, quand pourraient-ils rêver à quelque chose comme cela ? C’était sans pareil. C’était à eux. C’était pour eux un moyen idéal de renforcer cet amour divin qui leur avait été donné. Et s’il ne venait pas maintenant, Satine n’était pas certaine qu’il verrait le jour. La guerre faisait rage, sortir de sa cachette signifiait danger perpétuel et elle savait qu’à un moment ou un autre, ce serait la mort qui déciderait pour elle. Alors elle avait pris le risque. Elle avait pris le risque de voir la foudre d’Eethaniel s’abattre sur elle, elle avait pris le risque qu’il lui en veuille d’avoir laissé les choses aller si loin. Mais qu’aurait-elle pu faire ? Le faire disparaître n’était pas une solution. En tout cas, pas le genre de solution que Satine pourrait admettre à moins de… Non, même avec un couteau sous la gorge, elle aurait préféré mourir avec cet être encore inexistant plutôt que de le tuer avant même de lui donner une chance.
Pourtant elle ne pouvait plus mentir. Elle ne pouvait plus laisser Eethaniel dans l’ignorance. Elle n’en avait pas le droit et même si elle avait voulu persister à lui cacher cet heureux événement, il l’aurait découvert tôt ou tard. Ce genre de chose ne restait pas longtemps un secret. Déjà, elle se sentait alourdie par cette présence interne. Elle tentait vainement de manger pour deux mais son estomac refusait la plupart des aliments qu’elle ingurgitait. Elle avait peur pour leur enfant, peur qu’il ne soit pas assez fort pour s’accrocher. Elle était courbaturée de partout, les membres douloureux et prise de vertiges, régulièrement. Elle ne se forçait à bouger que pour se rendre utile ou pour garder le peu d’énergie qu’il lui restait. Sinon elle serait bien restée calée au fond de son lit, à ne plus bouger jusqu'à ce qu’il veuille sortir, ou bien qu’elle dépérisse, faute d’avoir eu la force de vivre pour deux. Bientôt, son corps entamerait une nouvelle étape. Elle approchait la moitié de sa grossesse et ensuite, son corps s’adapterait à la prochaine naissance. Sa poitrine se ferait plus lourde, elle aussi. A cet idée, Satine souriait parfois. Elle avait toujours été assez menue et savoir que bientôt, elle pourrait donner la vie lui donnait la clef à l’espoir, aux ressources cachées quelque part dans son corps. Elle affronterait les tempêtes pour cet être inconnu. Elle affronterait Eethaniel, pour lui. D’ailleurs, il était temps de se mettre en route. D’ici une heure, il serait au point de rendez-vous et si elle voulait y parvenir à temps, il valait mieux qu’elle parte maintenant. Big Ben n’était pas si loin que ca mais sa condition physique s’était quelque peu détériorée à cause de la faiblesse accrue et il lui faudrait donc le double du temps normal pour parvenir à le rejoindre.
La jeune femme revêtit une tenue chaude et emmitoufla son corps frêle dans une cape épaisse, d’un noir d’encre qui lui donnait encore plus mauvaise mine mais tant pis, au moins, elle lui tiendrait chaud. Elle eut le réflexe de passer ses paumes sur son ventre, s’assurant que son début de grossesse n’était pas trop voyant sous le tissu, avant de quitter ce qui lui servait de demeure. Le froid piquant lui picora la peau, le nez et les lèvres et elle hésita une seconde à retourner dans la chaleur rassurante de l’unique pièce. Un long soupir ébranla son corps, allégeant l’angoisse qui grimpait en flèche, enveloppant son cœur d’une couche brûlante. Elle ne pout plus reculer. Eethaniel devait savoir, le lui cacher plus longtemps deviendrait une véritable trahison. Réprimant l’envie folle de disparaître, Satine resserra l’étreinte de la cape autour d’elle et s’éloigna de la porte, emportant ce qu’il restait de son cœur avec elle.
Elle parvint à Big Ben quelques minutes avant que les vingt coups ne sonnent. Elle traversa le pont désert, rentrant un maximum la tête dans les épaules, cherchant par tous les moyens à se protéger du froid polaire qui régnait sur Londres depuis quelques semaines. La température ne cessait de baisser en chute libre et elle ne savait pas comment elle tiendrait tout l’hiver alors que sa maigreur ne la protégeait en rien du vent ni de l’impression de glacer sur place qu’elle traînait partout avec elle. Elle repéra la silhouette d’Eethaniel sans grande difficultés. Elle aurait pu la reconnaître entre milles, si familière, si belle, si envoûtante et à sa vue, son cœur s’enraya. Elle ne sut si c’était la joie de le retrouver après tant de semaines de silence ou si c’était la crainte qui venait de glacer son sang. Quelle que soit la raison, elle poursuivit son approche, accélérant même légèrement le pas, pressée d’en finir avec ce poids. Tant pis s’il était furieux après elle, elle s’en remettrait. Ils s’en remettraient. Ils s’en remettraient toujours… n’est-ce pas ? Elle se mordilla la lèvre. Et si c’était la goutte qui faisait déborder le vase ? Et si, au lieu d’éclairer le visage de marbre d’Eethaniel, cette nouvelle le refroidissait davantage ? Tiendrait-elle le coup ? Il le fallait. Pour lui, pour l’enfant, pour eux. Lorsqu’il entrelaça ses doigts après avoir vérifié qu’ils n’étaient pas épiés, Satine faillit lâcher prise. Elle retint avec difficulté le sanglot qui menaçait de briser le semblant de self-control qu’elle s’imposait. Inspirant profondément, elle chassa le sentiment de torsion qui lui prenait les tripes en soupirant longuement.

« Si tu savais comme ça me fait du bien de te voir, mon ange. Tout ça devient insupportable. Tu me manques tellement. »

Elle aurait voulu lui répondre que tout lui était insupportable aussi, mais elle n’était pas certaine de pouvoir mettre ça sur la même cause qu’Eethaniel. Bien sûr, il lui manquait, bien sûr, elle désirait plus que tout se retrouver entre ses bras, mais son esprit était à présent préoccupé par quelque chose de trop grand, de trop important pour elle. Il fallait qu’elle partage ce poids, il fallait qu’il l’aide à supporter la responsabilité qu’impliquait cette grossesse, cette future naissance. Et s’il refusait ? S’il ne voulait pas de ce futur ? Elle connaissait son opinion et pourtant, elle n’avait pu s’empêcher de vouloir braver sa colère ou sa déception. Il la dévisagea et elle évita son regard, fixant les boutons de son manteau, comme hypnotisée par leurs petits yeux. Il devait sentir que quelque chose clochait, il la connaissait par cœur et même quelqu’un qui ne la connaissait pas aurait pu deviner qu’une ombre assombrissait son esprit. Maintenant la question était de savoir : comment le lui annoncer ? Comme lui dire que le cours de leur vie, s’il n’était pas déjà suffisamment chamboulé, allait encore davantage changer ? Comment lui dire qu’il ne s’agissait plus d’eux deux mais d’eux trois ? Incapable de savoir comment formuler l’information, Satine baissa la tête et se laissa doucement aller en avant, pressant son front contre son torse en évitant soigneusement de trop l’approcher. Elle craignait encore ce contact où il sentirait les changements qui s’étaient opérés dans son corps fragile. Des changements qui ne disparaitraient que lorsqu’elle aurait délivré leur cadeau du ciel.
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MessageSujet: Re: When sunlight casts shadow, it's time for forbidden lovers. Our time. (Sataniel) Ven 4 Déc - 15:33


Bien que l'endroit fut presque désert, Eethaniel préféra s'assurer qu'on ne les dérangerait pas, et surtout qu'on ne les reconnaîtrait pas. Il glissa sa main libre dans la poche de sa veste pour récupérer sa baguette magique, fit un petit geste du poignet et murmura une incantation visant à les faire disparaître à la vue du reste du monde. Les effets ne dureraient que pour un temps limité, et si quelqu'un venait à entrer dans le champ qui les entouraient maintenant, le sortilège s'annulerait. Il rangea l'instrument à sa place et se contenta de regarder les traits tirés de sa soeur. Cette mine épuisée et son comportement lui mettait forcément la puce à l'oreille. A chacune de leurs rencontres, c'était elle qui lui sautait au cou, refusant de le lâcher même s'il le lui demandait. Elle agissait toujours en fonction de ses pulsions et ce, même lorsqu'elle était fatiguée. Il y avait donc un autre facteur, une raison invisible sur son visage et qu'il ne connaissait pas. Il avait beau cherché, il ne voyait pas ce qui pouvait la rendre aussi différente. Même sa bipolarité n'aurait pas su la calmer à un tel point. Il avait comme la sensation de l'effrayer, comme ce jour de Russie où ils s'étaient vus pour la première fois depuis que Lokhyan l'avait mordu. Elle considérait tous les vampires comme des monstres et il n'y avait pas échappé. Elle avait fini par abdiquer et se faire à sa condition, refusant toujours l'idée de devenir à son tour immortelle. Une idée qu'il avait mis de côté à son tour. Elle continuait de vieillir sous ses yeux alors que sa propre apparence était figée. Il ne planterait ses crocs dans sa peau douce que lorsqu'il n'aurait pas d'autres choix, et qu'il faudrait la sauver d'une morte certaine. Il refusait de vivre sans elle. Elle ne pouvait pas l'abandonner à une vie dénuée de sens puisqu'elle ne serait plus là. Son monde s'écroulerait avec son dernier souffle mais il ne lui laisserait pas l'occasion d'en avoir un. Qu'importe s'il fallait attendre des décennies, Satine resterait la même, il l'aimerait toujours autant, si ce n'est plus. L'attente était longue mais elle ne lui faisait pas peur. S'il devait prendre son mal en patience pour arriver à son but, pour un futur sans fin à ses côtés, il le ferait. Il le faisait déjà. Ils ne se voyaient que trop peu mais ils n'avaient pas d'autres choix. Leur union n'était plus interdite par leur statut familial, il l'était par leur condition raciale différente. Il avait troqué le rang de sorcier contre celui de vampire, passant du chasseur au chassé. Satine n'était restée qu'une simple sorcière. Et tous les problèmes qu'ils pouvaient connaître se concentraient autour de ce noyau. La situation stagnerait tant qu'elle ne fera pas le même pas que lui vers une autre espèce. Ce n'était qu'une question de patience. Eeth en était convaincu.

Que s'était-il passé pour qu'il ait une Satine presque méconnaissable face à lui ? Elle posa son front contre son torse. Ils étaient loin des étreintes habituelles. Il préféra ne rien dire, regardant devant lui. Il tentait de comprendre et d'analyser tout ce qu'il avait sous la main. Il glissa ses doigts dans sa chevelure, abandonnant sa main qu'il tenait encore pour venir enlacer ses épaules. Elle semblait tout faire pour rester éloignée de lui. Avait-elle quelque chose à se reprocher ? L'avait-on encore fait souffrir ? Il avait la désagréable impression que ce geste n'était qu'un leurre afin de donner l'impression qu'elle n'avait aucun problème avec lui. Pourtant, ça semblait évident qu'elle le fuyait. Elle était venue par obligation et pas par plaisir, contrairement à lui. Elle n'avait pas osé le regarder. Elle faisait en sorte de pas avoir à croiser son regard et de ne pas avoir à être trop près de lui. Tout ça en disait beaucoup sur son attitude mais rien sur la cause de ce malaise. Tandis qu'il cherchait ce qu'il avait pu faire pour l'irriter ou la décevoir, il déposa un bref baiser sur le haut de son crâne puis y posa son menton. Il ne savait pas si des gestes tendres auraient l'effet de la faire fuir ou de lui redonner un peu de confiance pour.. l'affronter ? l'éclairer ? Eeth devait avouer être perdu. Il avait beau repasser en revue tout un tas de choses, rien ne semblait lui porter préjudice. Il n'avait lu aucune tristesse, aucune colère, et même aucune déception dans ses yeux depuis plusieurs mois. Depuis qu'il lui avait donné ce qu'elle voulait. Depuis qu'il avait cédé alors qu'elle le suppliait comme elle ne l'avait jamais fait. Il soupira et ferma les yeux, tentant de profiter du moment. En vain. Il avait l'impression que les rôles étaient inversés. Elle était imperturbable, et lui ne demandait qu'un peu d'amour. C'était une sensation détestable, et il comprenait que Satine puisse mal le vivre quand il ne répondait pas à ses appels. Mais changerait-il pour autant ? C'était peu probable. Il avait toujours été ainsi. Même cette passion pour elle, dévorante et obsédante qui ne cessait de grandir depuis qu'il n'était qu'un enfant, n'arrivait pas à le transcender. L'équilibre de leur couple se basait sur leurs caractères distincts et contradictoires. Ils leur arrivaient souvent d'avoir des avis différents, ils en avaient eu de nombreux exemples ces dernières années, depuis que les ennuis ont commencé. Mais jamais il ne pourrait s'arrêter de l'aimer, surtout pour si peu. Il n'aurait jamais la force de la renier. Il ne pourrait jamais oublier leurs souvenirs communs. Il l'aimait aussi malade puisse t-elle être, parce qu'elle l'aimait en retour alors qu'elle aurait pu le voir comme un moins que rien, et d'autant plus comme un étranger, une bête sauvage qui la terrifiait, quand il était devenu un vampire.

Il retira ses bras pour s'écarter un peu d'elle. Il n'était pas idiot. Elle devait elle aussi se douter qu'il avait saisi le sens d'indices aussi flagrants. Il ne lui manquait qu'une pièce dans ce puzzle pour arriver au but. Mais si d'habitude il arrivait à deviner ou à anticiper, c'était l'incompréhension totale cette fois-ci. Il la força à relever avec douceur, relevant son menton du bout des doigts. Il aurait voulu l'embrasser mais il était bien trop obnubilé par tant de mystères. il posa sa paume intacte sur sa joue, contrairement à l'autre qui possédait une cicatrice magique provoquée par son père il y a quelques années de ça, et la caressa avec son pouce. Il se voulait rassurant mais au fond de lui, il était perplexe face à l'attitude de Satine et ne savait pas à quoi s'attendre. Il n'éprouvait de la peur que lorsqu'il s'agissait d'elle. Et il se sentait mal d'avoir à faire une autre facette de sa soeur, qu'il n'avait presque jamais vu et qu'il préférait éviter de voir. Il avait beau maudire ses effusions, il l'aimait ainsi, et sans, elle perdait cette vitalité qu'il ne possédait pas mais qu'elle lui transmettait par sa présence. Il inspira une longue bouffée d'air avant de briser ce silence pesant, rendant l'atmosphère encore plus glaciale qu'elle ne l'était au sens strict du terme.

Qu'est-ce qui ne va pas ? Il préféra insister. Raconte moi.
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MessageSujet: Re: When sunlight casts shadow, it's time for forbidden lovers. Our time. (Sataniel) Mer 9 Déc - 15:35

C’en était trop. Lui mentir, lui cacher cette nouvelle extraordinaire avait fait déborder le vase. La barrière qu’elle s’était imposée au cours du mois écoulé s’était avérée illusoire. Elle avait voulu se persuader que tout irait bien, que quoi qu’il arrive, l’heureux événement leur apporterait l’espoir. Elle avait imaginé le ravissement d’Eethaniel à l’annonce de la future naissance mais tout cela n’était qu’un leurre. Au fond, elle avait voulu se convaincre qu’il ne pouvait que partager sa joie, qu’il ne pouvait qu’être ébloui par ce qui les attendait. Mais son angoisse avait usé cette fausse carapace et maintenant qu’Eethaniel était là, bien présent, l’interrogeant sur son silence inquiétant, elle ne savait plus que faire. Elle avait été idiote de repousser aussi longtemps cet instant mais il l’avait tellement terrifiée qu’elle avait été incapable de l’affronter. Elle avait passé des semaines à se confronter à des missions plus ou moins dangereuses, dirigées par Charlotte, sa propre ennemie et pourtant, cette situation paraissait bien plus compliquée à gérer que n’importe quelle bataille. Comment lui dire qu’elle lui avait caché quelque chose d’essentiel, quelque chose qui le concernait autant qu’elle ? Elle s’en voulait car elle savait qu’elle redoublerait son inquiétude. Il devait déjà se faire un sang d’encre pour elle et son quotidien miséreux, alors si en plus elle portait son enfant ?
Ses doigts glacés glissèrent sous son menton et elle releva la tête, les yeux clos, incapable de le regarder en face. Lorsque sa paume fraiche se posa contre sa joue, elle sentit ses dernières forces l’abandonner et des larmes s’échappèrent de sous ses paupières closes, s’échappant pour dévaler ses joues creuses. Elle inspira difficilement et écarta son visage des caresses d’Eethaniel. Elle était incapable de se contenir lorsqu’il la touchait en temps normal et sa douceur la déstabilisait d’autant plus. Reculant d’un pas pour échapper à son contact, elle releva finalement les yeux et glissa les mains sur son ventre, secouant la tête d’un air désole tandis que ses lèvres exprimaient le reste :

« Je suis désolée, Eethaniel, je ne voulais pas, je te le jure… Je… »

Sa voix fut étranglée par le sanglot qui cherchait à sortir de sa poitrine. Elle le réprimait du mieux qu’elle pouvait mais voir l’incompréhension se dessiner sur les traits d’Eethaniel était quelque chose de particulièrement effrayant. Elle le connaissait par cœur, il avait déjà subi toutes sortes d’humeur et la plupart devaient lui être étrangères. Elle avait toujours été la plus démonstrative des deux et il lui était souvent arriver de douter que son jumeau saisisse la clef de ce comportement changeant. Il savait qu’elle était malade, il savait que son tempérament était sujet à des creux comme à des pics. Ce revirement aurait d’ailleurs pu passer pour l’une de ces dépressions chroniques, qui survenaient généralement après un moment de joie intense, comme un contrecoup pour la punir de ce bonheur. Il avait appris à gérer sa faiblesse, il savait comment la prendre dans ses bras, la bercer de mots tendres et l’apaiser grâce à des caresses d’une douceur extrême. Il la connaissait par cœur, c’était réciproque. Tout ce qu’elle savait anticiper chez lui, il savait faire de même avec elle, la manipulant même, pour prévenir certaines crises lorsqu’il le fallait. Il la connaissait si bien que cette réaction devait lui paraître d’autant plus étrange. Elle-même ne parvenait pas à calmer la panique qui tourmentait son esprit et son cœur alors comment pouvait-il réaliser ? Sa réaction était disproportionnée, elle en était consciente, et risquait d’alarmer Eethaniel plus que de raison mais à vrai dire, même si elle avait eu neuf mois pour se préparer à lui annoncer la nouvelle, Satine n’était pas certaine qu’elle aurait eu le temps de se préparer psychologiquement. Aussi, incapable de sortir les mots fatidiques de son corps, comme ses lèvres refusaient de délivrer la suite du message, Satine s’approcha à nouveau, attrapa les mains d’Eethaniel et, après un instant d’hésitation, elle leva le nez pour plonger son regard voilé par les larmes dans celui de son amant, plaçant les paumes de celui-ci sur son ventre. Elle en était à quatre mois de grossesse, ce qui était largement suffisant pour qu’il comprenne que la rondeur de son corps était exceptionnelle.
Elle eut l’impression que son corps entier était parcouru de frissons. Chaque parcelle de sa peau s’était hérissée sous l’effet de l’attente. Ses paumes couvrirent les mains de marbre d’Eethaniel et elle resserra les doigts autour des siens. Elle aurait voulu parler, exprimer quoi que ce soit mais les mots restaient bloqués, se bousculant dans sa tête sans qu’elle sache mettre un terme à leur danse effrénée. Tout allait trop vite, rien ne se passait comme prévu. Elle aurait pourtant eu le temps de préparer quelque chose, quelques phrases significatives à défaut de trouver un discours aux mots justes, un discours qui apaiserait immédiatement toute réaction négative de son jumeau. Au lieu de quoi, elle était suspendue à un fil, incapable de prédire la réaction d’Eethaniel et s’il l’accablait de reproches, elle ne pourrait pas lui en vouloir, elle était la seule fautive, au final. Elle aurait pu lui avouer ses doutes dès que ceux-ci étaient apparus. Ils dataient des premières semaines de sa grossesse, quelques jours après qu’elle soit allée voir Charlotte, un choix risqué qui avait payé. Etait-ce par vengeance que le sort s’acharnait subitement sur elle ? Etait-ce à cause de son comportement autrefois odieux qu’aujourd’hui, les malheurs s’abattaient sur ses frêles épaules. Une avalanche de problèmes qui s’amusaient follement de la voir se battre avec sa folie quotidienne et les secrets qu’elle cachait à son frère. Au moins sa grossesse n’en était-elle plus un.
Reniflant ses craintes, Satine lâcha les mains de son amant et s’approcha de lui, pressa son visage dans le creux de son cou et enroula ses bras fins autour de sa nuque, glissant sur la pointe des pieds pour parvenir à enlacer son frère. Il était grand et surtout, à cet instant, il semblait inaccessible. N’ayant plus peur de l’étreindre, elle se pressa contre lui, cherchant un réconfort dans ses bras mais le silence environnant était plus lourd que n’importe quelle tentative de se rassurer aussi attendit-elle une réaction quelle qu’elle soit. A cet instant précis, Satine se disait qu’elle accueillerait n’importe quelle réponse de sa part, que ce soit de la colère ou de la haine, qu’il s’emporte ou qu’il la traite comme la folle qu’elle était. De toute façon, le « mal » était fait. L’enfant était en route et elle ne l’abandonnerait pas. Elle l’attendait, au contraire. Elle rêvait de voir le visage divin qui serait le fruit de leur amour sans fin. Leur amour serait-il également sans failles ? Il le fallait, ils avaient traversé tellement d’épreuves que ce lien unique ne pouvait être altéré par quoi que ce soit, encore moins par le fruit de quelque chose de parfait, d’invincible, tel que ce que qui les unissait non seulement en tant que frères et sœurs, mais également en tant que jumeaux et, surtout, en tant qu’amants.

« Je ne savais pas comment te l’annoncer » gémit-elle, toujours accrochée à lui, la voix étouffée par le tissu dans lequel elle parlait. « Je n’étais même pas certaine qu’il s’agissait de cela jusqu'à il y a un mois et demi, après notre dernière journée ensemble… Oh, Eethaniel, ne m’en veux pas… »

Des nouvelles larmes s’échappèrent mais celles-ci imprégnèrent immédiatement le col du manteau d’Eethaniel, brisée dans leur élan vers la liberté.
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MessageSujet: Re: When sunlight casts shadow, it's time for forbidden lovers. Our time. (Sataniel) Mer 9 Déc - 22:19


Tout ça était pour le moins étrange. Chacun des gestes qu'elle faisait l'intriguait un peu plus. Elle fuyait son regard. Elle le fuyait lui, tout simplement. Et la sombre idée qu'elle se soit sentie forcée de venir lui explosa en plein coeur, les cendres le piquait désagréablement. Son rythme cardiaque aurait du s'accélérer s'il n'avait été encore qu'un simple sorcier. Pourquoi ? Parce que l'angoisse s'emparait de lui, s'insinuant dans chacune de ses veines, dans chaque parcelle de sa peau, et dans son esprit tout entier. Il détestait cette sensation, bien plus que des sueurs froides qu'il avait subi de nombreuses fois. Perdre le contrôle était une chose qui lui était insupportable et c'était tout simplement ce qui était en train de se passer. Quelque chose d'imprévu, qu'il n'avait jamais rentrer dans sa ligne de compte et dans ses nombreux calculs, était en train de mettre en péril tous ses plans. Tout allait s'écrouler, il le pressentait. Et cette idée le fit machinalement frissonné, alors qu'elle s'éloignait de lui. Il laissait retomber ses bras le long de son corps, serrant son poing de frustration. Il ne savait pas à quoi s'attendre. Il s'en sentait d'autant plus idiot. Il la connaissait si bien. Elle n'avait pas besoin de prononcer le moindre mot. Un simple plongeon dans ses yeux lui suffisait. Elle n'était qu'un livre ouvert. Mais la page qu'il avait en face de lui était blanche, totalement blanche. Pas même une tâche. Rien n'était lisible. A part cette peur qui faisait battre le coeur de sa soeur bien plus vite qu'à la normale. A part des gestes qui ne lui ressemblaient pas. Il aurait presque pu croire qu'on lui jouait un tour, qu'on avait prit l'apparence de Satine pour le tromper mais il n'était pas assez naïf pour tomber dans le panneau. Non, c'était bien elle qu'il venait de serrer doucement, c'était bien la douceur de sa peau qu'il venait de caresser. Le bonheur éprouvé par des ces gestes tendres étaient loin, cachés des murs entiers qu'elle tentait d'ériger et qui eut l'effet sans doute voulu. Plus rien ne passerait sur son visage. A quoi bon perdre son temps à se montrer doux quand on ne veut pas de cet amour ? Il n'aurait qu'à arborer ce masque de neutralité la plus complète. Il ne le gardait jamais avec elle. Il n'y arrivait pas. Mais il se sentait profondément déçu. Assez pour qu'il se renferme face à l'unique personne capable de passer toutes les barrières qu'il pouvait mettre pour se protéger. Elle pleurait. Elle ne voulait pas le laisser s'approcher. Et bien soit. Elle pouvait pleurer autant qu'elle voudrait, ça ne l'excuserait pas. Eethaniel réagissait peut-être d'une manière un peu trop extrême mais se sentir repoussé en plus d'être confronté à un élément perturbateur qu'il ne pourrait sans doute pas contrôler (sinon, Satine n'en ferait pas autant). Il serait soumis à quelque chose contre sa volonté et il ne pouvait se résigner à un sort aussi humiliant. L'avenir ne se résumait pas au hasard pour lui. Non, il le planifiait par lui-même et n'aurait eu le pouvoir de le détruire.. sauf ce qu'elle s'apprêtait à lui dire.

Je suis désolée, Eethaniel, je ne voulais pas, je te le jure… Je… Qu'est-ce qu'elle ne voulait pas ? Pourquoi était-ce si dur à dire ? Son estomac se noua car il imaginait le pire. Un autre homme ? Ça lui semblait tout bonnement impossible. Et pourtant le doute passa par la faille soudaine. D'un côté, il y avait le fait qu'elle le repousse. La difficulté d'avouer ce qui la tracassait. De l'autre, ils s'étaient toujours dit qu'ils s'aimeraient pour toujours, et pour l'éternité lorsqu'il le lui aurait octroyé, tôt ou tard. C'était inconcevable qu'elle se soit éprise de quelqu'un d'autre et pourtant.. Combien de fois s'était-il dit qu'il n'était pas assez bien pour elle ? Il était certain que personne n'arriverait à l'aimer autant qu'il le faisait mais il fallait peut-être se rendre à l'évidence, quelqu'un d'autre avait su lui donner plus que lui. Elle s'était peut-être lassée de lui. Elle était peut-être fatiguée de devoir se cacher, de tout ce que leur relation interdite les empêchait de faire. Sa condition de vampire avait fini par avoir raison d'eux ? Il n'en savait rien. Mais si elle était heureuse ainsi, alors.. il la laisserait partir. Il la regardait s'éloigner, lui tourner le dos, à lui comme à leurs souvenirs. Il ne serait plus question qu'elle devienne une éternelle à son tour. Elle finirait sa vie dans les bras d'un autre. Lui resterait détruit à tout jamais, voguant seul à travers les siècles.. Ou peut-être se sacrifierait-il pour la cause humaine, qui l'importait peu mais qui lui permettrait de ne pas souffrir trop longtemps. Il n'arrivait pas à se faire à cette idée. Il fallait qu'il soit sur, qu'elle le lui ai dit, pour qu'il puisse songer à évacuer toute cette douleur qui naissait au fond de lui. Il fronça les sourcils, attendant la suite, qui sonnerait comme un verdict final, une sentence irrévocable qu'il devrait subir sans rechigner. Il n'aurait que la possibilité de souffrir. Il prit une grande inspiration lorsqu'elle prit ses mains, tentant de ne pas craquer face à un regard aussi désespéré. Il ne devait pas se laisser submerger par ses sentiments. Il ne pouvait s'empêcher de se sentir affreusement mal lorsqu'elle pleurait, d'autant plus quand il en était la cause. Ce n'était pas le cas à ce moment précis mais la torture que de la voir s'infliger autant de mal lui tordait tous les organes possibles.

Et finalement.. Il n'avait fallu qu'un geste pour qu'il comprenne..Son ventre s'était arrondi. Il était clair que ça n'avait rien à voir avec une prise de poids. Elle semblait malade, comment aurait-elle pu grossir autrement que par... ce moyen là ? Il sentait un autre rythme cardiaque que celui de Satine. Moins puissant mais bien présent. Il souffla l'air qu'il avait emmagasiné dans ses poumons, soulagé. Mais cette sensation s'en alla bien vite quand il réalisa ce qui était en train de se tramer, et surtout, tout ce que ça impliquait. Il regardait leurs mains, les doigts fins et chauds de sa jumelle qui serrait les siens, glaciaux. Il resta immobile quelques secondes, redescendant sur Terre, ayant déjà oublié toute la peur qui avait éprouvé juste avant. Toutes ses idées lui semblaient maintenant futiles et désuètes. Il releva les yeux vers ceux de Satine, la regardant vaguement. Il ferma les yeux et elle abandonna ses mains avec lenteur. Son visage était lisse et dénué de toutes expressions. Il les ramena à ce dernier, glissant ses doigts sur sa peau froide, tentant de retrouvant une certaine contenance. Elles s'immobilisèrent au niveau de ses yeux, emprisonnant son nez et sa bouche. Les paupières toujours closes, il se pinça les lèvres sans qu'elle puisse le voir. Une fois qu'il se sentit capable de l'affronter à nouveau, il les laissa vers son menton, ses paumes étaient collés l'une contre l'autre. Il la regarda une nouvelle fois, sans rien dire. Il n'arrivait à prononcer aucun mot et son esprit était totalement vidé. Il n'avait pas quoi faire, ni quels mots prononcés. Elle l'enlaça véritablement, contrairement à la première éteinte qu'il avait essayé d'avoir, sentant son ventre parfaitement rond contre le sien. Il devinait que son aspect physique ne devait pas avoir beaucoup changé sous ses vêtements amples pour mieux cacher son état. Il resta immobile alors qu'elle s'accrochait toujours un peu plus à lui. Il redescendit ses bras sans pour autant venir la serrer contre lui à son tour. Il n'était pas capable de lui répondre. Il ne lui en voulait pas. Elle n'avait pas manigancé le fait qu'elle allait tomber enceinte lors de cette nuit partagée pendant l'été. 4 mois, déjà.. 4 mois qu'elle portait un enfant qu'ils avaient désirés, puis qu'il avait préféré abandonné alors qu'elle s'accrochait à cette idée. Maintenant, il était devant le fait accompli et il était hors de question de se débarrasser de ce petit être qui serait bientôt parmi eux. Il était partagé entre un tas de sentiments. Il aurait voulu lui dire d'arrêter de pleurer. Mais rien ne sortit. Il finit par entourer sa taille d'une de ses bras et la souleva pour qu'elle quitte totalement le sol. Il fit quelques pas vers le banc non loin de là et la fit s'asseoir en la reposant avec douceur. Il la força sans brusquerie à le lâcher et il s'assit près d'elle, leurs cuisses se touchant. Il entrelaça ses doigts avec les siens, leurs mains posés sur son genou. Il resta muet encore de longues secondes, regardant droit devant eux, puis il tourna la tête vers elle, entrouvrant ses lèvres pour enfin laisser s'échapper quelques mots

Tu n'as pas à culpabiliser pour ça.. C'est toi qui devrait m'en vouloir.
Il marqua une pause. Parce que si j'en veux à quelqu'un, c'est à moi. Il termina sa phrase dans un murmure, attristé et honteux.

Il se tut, n'en disant pas plus mais n'en pensant pas moins. Il détourna la tête, et baissa les yeux vers leurs pieds. C'était lui qu'il fallait blâmer. Il avait gâché leur seule chance de redonner un peu d'éclat à leur nom, de donner vie à un enfant normal qui aurait été heureux. Un bonheur oublié depuis des générations chez les Blackhart. Cet enfant qu'il aurait serait condamné à un sort bien plus triste que ceux des précédents membres de la famille. C'était sa faute, uniquement la sienne. Il aurait voulu construire une famille normale. Offrir cette joie à Satine comme à cet enfant. Ils l'avaient imaginé de nombreuses fois lorsqu'ils vivaient encore au manoir. Ce n'était qu'un doux rêve qu'ils auraient pu rendre réel mais tout ça virait au cauchemar. Il poussa un long soupir, ne cessant de se maudire.

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MessageSujet: Re: When sunlight casts shadow, it's time for forbidden lovers. Our time. (Sataniel) Sam 19 Déc - 16:27

Elle ne craignait pas Eethaniel. Elle savait au fond d’elle qu’il ne lui ferait jamais de mal, qu’il n’agirait jamais contre sa volonté, qu’il vivrait en retrait, s’il le fallait. Tout ce qu’il avait toujours fait, au final. Penser à elle, avant tout. Il ne l’avait jamais brutalisée, ni même forcée à quoi que ce soit. La preuve était là : il était devenu une créature éternelle, lui laissant le choix de le suivre ou non alors qu’il était évident qu’il ne désirait que cela. Elle savait qu’il voulait cette vie pour eux deux, infinie, immortelle et elle était la seule à y mettre un frein. Elle ne craignait pas la douleur, elle ne craignait pas que ce soit le plus mauvais choix de sa vie. Cela ne pouvait pas être le cas puisque c’était l’ultime solution pour lui permettre de vivre à ses côtés, quoi qu’il arrive à l’univers qui les entourait. La guerre n’aurait plus son droit sur la vie de la jeune Sorcière. Elle serait à même de se protéger d’une quelconque attaque et il n’aurait plus à s’inquiéter. Ils seraient sains et saufs, à l’abri de toute séparation et plus particulièrement celle de la mort. Alors qu’est-ce qui la retenait, au fond ? Tous les avantages semblaient évidents et les inconvénients étaient toujours évincés par un contre-argument positif. Elle ignorait ce qui l’avait tant convaincue qu’il ne fallait pas qu’elle soit transformée. Quelque chose au plus profond de son cœur lui avait dicté de rejeter ce mode de vie salvateur, du moins, pour un temps. Et elle l’avait fait, préférant voir cette immortalité sous un autre angle, sous la lumière d’un esprit étriqué et effrayé. Et maintenant, oui, maintenant elle savait pourquoi. La réponse était la vie, la continuité de leur existence à travers une nouveauté, une chose qu’ils ne pourraient jamais contrôler, comme leurs propres parents avaient échoués à essayer de les contenir, lorsqu’ils étaient enfants, lorsqu’ils essayaient par tous les moyens de l’éloigner d’Eethaniel. Ils avaient lamentablement échoué. La vie lui offrait la vie, la vie lui offrait l’espoir, raison pour laquelle il lui avait fallu braver leur sort, braver Eethaniel, braver les dangers. Elle ignorait encore jusque-là que c’était l’événement qu’elle avait tant attendu et lorsqu’il était devenu évident qu’elle était faite pour être mère, qu’elle était née dans le but de porter l’enfant d’Eethaniel, un baume avait enveloppé son cœur, lui donnant la force de combattre encore et encore, de faire reculer le désespoir et d’amoindrir ses doutes. Elle ne craignait plus rien sinon qu’on fasse du mal à leur enfant, qu’on cherche à écourter sa vie.
Encore une fois, elle dramatisait. Elle n’y pouvait rien, c’était écrit dans ses gènes et son comportement insensé devait probablement inquiéter Eethaniel plus que de raison. Mais elle avait perdu le contrôle, elle était tout simplement incapable de contenir plus longtemps le secret qui pesait sur son cœur, mais aussi sur son estomac. Il fallait que l’émotion qui lui oppressait l’esprit s’évapore, qu’elle quitte son cœur et qu’elle aille accabler Eethaniel s’il le fallait. Il était plus fort, il était complètement maître de lui, de ses émotions et de ses gestes. Ensemble, ils pourraient partager ce fardeau inespéré bien mieux que si elle poursuivait sur cette voie, isolée de tous et grignotée par le secret. Elle avait voulu le lui dire, elle avait voulu que le mot sorte, qu’il s’échappe de ses lèvres douces, comme un souffle de renouveau, elle aurait voulu être capable de supporter cette révélation mais la réalité était bien différente, elle n’avait pas le courage d’énoncer la vérité, cela l’aurait rendu encore plus vivante qu’elle ne l’était déjà. Elle savait qu’il comprendrait, peut-être qu’il nierait l’évidence, en premier lieu. Il avait lui aussi le droit de paniquer, mais au fond, il saurait que tout cela n’était qu’un bon présage, qu’une lueur, une toute petite flamme, venait de naître au cœur de la nuit et cette flamme se trouvait en elle, elle était un savant mélange d’eux deux et si elle se doutait qu’il penserait d’abord aux risques de malformations ou de maladie, elle était certaine que leur descendant ne souffrirait pas des mêmes maux que ses ancêtres et cette certitude n’était due qu’à un facteur, clair et net : aucun d’eux, auparavant, n’avait pour parent un Vampire. C’était une première dans la lignée Blackhart et ce détail devait certainement jouer un rôle dans la conception. Leur enfant serait divin par l’amour de ses deux parents, mais il serait aussi parfait grâce aux gènes modifiés de son père. Il ne serait pas comme les autres, il serait unique. Un Blackhart unique en son genre parce qu’issu de deux Pur Sang mais également de frères et sœurs, de jumeaux, d’une Sorcière et d’un Vampire. Satine ne doutait pas un seul instant de la bonne santé de leur enfant.
Le manque de réaction d’Eethaniel glaça le sang de la jeune femme. Il ne la serrait pas contre lui, il restait amorphe face à sa quête de chaleur, de réconfort. Elle s’efforça toutefois de ne pas penser automatiquement au pire. Elle venait de le confronter au fait accompli, que pouvait-elle attendre comme réaction ? C’était soit le blanc total soit la réaction à chaud, quelle qu’elle soit, Satine n’y était pas préparée et devrait l’accepter puisqu’elle était responsable de ce mensonge. Si elle en avait parlé dès le départ, ils n’en seraient certainement pas là. Il aurait su quoi faire, il aurait été dans la même position qu’elle, ils auraient pu aviser, se concerter, décider de ce qu’il y avait de mieux à faire alors que maintenant, c’était comme s’il arrivait à mi-course et il devait probablement se sentir trahi, d’une certaine façon. Elle ne pourrait pas le blâmer pour cela, elle savait que repousser l’échéance était une mauvaise idée mais elle avait été incapable d’affronter cette appréhension qui lui tenaillait l’estomac et qui avait à présent disparue. Eethaniel savait et elle aurait voulu pouvoir lire en lui, pouvoir comprendre ce qu’il se passait dans son esprit fermé. Elle aurait voulu que pour une fois dans sa vie, il ne soit pas un mur dont la porte était fermée à clef et ouverte qu’occasionnellement. Impuissante face à ce mutisme, elle attendit. Il y aurait de toute façon un moment ou un autre où il faudrait qu’il parle, qu’il réagisse. Parce que Satine avait fait sa part du travail et elle laissait à présent son destin entre les doigts glacés d’Eethaniel, quelle que soit sa réaction, sa décision d’être à ses côtés ou de lui reprocher ce nouveau revirement de situation.
Il finit par réagir, enroulant son bras autour de ses hanches encore fines pour la soulever et l’emporter ailleurs, quittant ce point d’ancrage où la révélation avait éclaté au grand jour. Satine resta à sa merci, attendant de voir ce qui lui tomberait sur la tête par la suite. Quelle que soit la punition, elle savait qu’elle la méritait pour lui avoir caché aussi longtemps cette nouvelle des plus importantes. Pour le reste, elle assumait cette grossesse et acceptait son sort. Elle porterait leur enfant jusqu’à terme, quoi qu’il advienne, c’était bien la seule chose qui la poussait encore à vivre réellement et à ne pas se laisser aller à un désespoir sans fin. Eethaniel l’installa sur un banc et s’assit à côté d’elle, sans un mot et elle guetta une quelconque réaction sur son visage de marbre, le regard encore noyé par des larmes de culpabilité et de soulagement. Le poids s’était envolé et elle n’avait su contenir l’impression de légèreté qui s’était ensuivi.
Il lui tenait les mains, leurs jambes se touchaient et pourtant, il braquait sciemment son regard au loin. Ses traits ne laissaient rien présager, comme d’habitude et elle aurait voulu poser la paume sur sa joue pour le forcer à tourner la tête vers elle, mais ce geste d’attention ne fut pas nécessaire puisqu’il tourna finalement les yeux vers elle, le visage impassible. Ses mots s’échappèrent de ses lèvres pincées mais ils n’atteignaient pas réellement Satine qui fixait sa bouche d’un air concentré, tentant par tous les moyens de déceler quelque chose dans sa voix, dans son ton, quoi que ce soit qui la mette sur la voie. En vain. Elle secoua lentement la tête, ne comprenant pas cette culpabilité qu’il ramenait sur lui, comme s’il était le fautif. Pourquoi s’en voulait-il ? Elle avait beau essayer d’envisager les réponses éventuelles, aucune ne lui semblait suffisante.

« Qu’est-ce que tu racontes ?! » souffla-t-elle, s’approchant plus près de lui, si c’était possible, plaçant ses mains de part et d’autre du visage de marbre, le forçant à tourner à nouveau ses traits divins vers elle. « Cet enfant, c’est l’espoir ! La vie dans ce monde où il ne règne que chaos et mort ! Nous poursuivons la vie, nous continuons à espérer ! » Elle était à bout de souffle, éprise par un sentiment d’injustice. Elle cherchait à croiser son regard mais il l’évitait soigneusement, comme s’il était honteux. Honteux de quoi ? De lui offrir le cadeau de ses rêves ? Honteux de lui redonner espoir au milieu de cette guerre sans fin ? « Nous triompherons ! Je le sais, maintenant. Je le sens ! Nous vaincrons ces forces qui ne nous veulent que du mal ! »

Et elle était convaincue de ce qu’elle avançait. Rien ne pouvait plus la détourner de ce chemin pavé d’or qui s’élançait devant elle, sinueux mais truffé d’espoir. Elle ne le laisserait pas voyager seul dans la culpabilité. Il n’avait rien à se reprocher, au contraire. Ils avaient été deux à concevoir cet enfant, n’est-ce pas ?
Incapable de trouver les mots justes, ceux qui refléteraient ce qui la chamboulait, elle combla l’espace de leurs lèvres et scella les siennes à celles d’Eethaniel, espérant insuffler à son amant l’optimisme qui l’habitait à cet instant précis.
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MessageSujet: Re: When sunlight casts shadow, it's time for forbidden lovers. Our time. (Sataniel) Ven 8 Jan - 15:24


Il oublia bien vite le fait qu'elle aurait pu le mettre eu courant plus tôt. S'il s'était focalisé dessus, il ne lui en aurait pas voulu. Comment pouvait-il lui en vouloir pour ça ? Elle devait appréhender sa réaction, il y avait de quoi, sans doute. Il devait l'effrayer.. Était-il si brutal que ça ? Il ne pouvait pas lui en vouloir d'avoir garder le secret aussi longtemps. Lui s'était bien garder de la prévenir quand il avait réussi à se faire changer en éternel. Il avait du attendre des semaines entières pour ne pas risquer de la blesser physiquement, et ce mensonge l'avait blesser d'une façon bien plus forte moralement. Il se souvenait de son regard si lourd de sens. Il lui avait brisé le coeur. Et le sien s'était brisé à sa suite, ne supportant pas l'idée d'avoir pu la décevoir à ce point, de l'avoir fait souffrir alors qu'il ne voulait que leur bien. Cette expression sur le visage l'avait marqué et il ne voulait plus jamais la revoir. Eethaniel était capable de tout pour qu'elle lui pardonne. Il s'était d'ailleurs laisser mener par le bout du nez, n'ayant jamais été aussi docile et à la merci de Satine. Elle pouvait faire ce lui ce qu'il voulait, il la laissait faire. Il ne se reconnaissait plus, ancré dans cette culpabilité, mais tout semblait se dérouler sans obstacle. Peut-être que cet amour le perdrait. Mais il n'imaginait pas un monde où elle se serait détournée de lui. Il n'avait jamais compris d'où venait ses sentiments, pourquoi elle, pas une autre. Il se laissait simplement emporter par cette essence sans laquelle il n'aurait su survivre jusqu'à maintenant.

Il ne sentait pas la température de ses mains. Il l'écouta, les yeux toujours voilés. Elle était tellement heureuse à l'idée d'avoir un enfant.. Il aurait voulu en faire autant. Mais son visage était resté de marbre. Et elle avait beau détenir des arguments positifs, lui ne voyait que le négatif. Était-ce là encore une démonstration de ces habituelles contradictions ? Ils tombaient rarement d'accord du premier coup, et l'un des deux finissaient pas céder. Sa vision était idyllique. Beaucoup trop pour qu'Eeth songe à la rejoindre dans cette euphorie. Il n'avait jamais été très démonstratif. Il aurait du l'être. Mais il n'y arrivait pas. Il pensait trop, laissant la place à des raisonnements plutôt qu'à des sentiments. Il se doutait qu'il finirait bien par se laisser emporter par la plénitude de sa soeur. Il ne pourrait pas gagner cette fois-ci. L'ennemi n'en était pas un. Il ne saurait résister longtemps à ces lueurs dans son regard et à l'intonation de sa voix. Elle posa ses lèvres contre les siennes, il resta immobile, ne répondant que tardivement à son baiser. Il comprenait bien la démarche, le pousser à quitter la terre ferme pour aller se perdre à ses côtés dans les nuages qu'elle avait déjà rejoint, maintenant qu'elle s'était libéré du poids de la libération. Il aurait voulu la suivre mais la chute était trop prévisible. Il recula son visage, la fixant tant bien que mal, sachant qu'il prenait des risques avec ce qu'il allait lui dire.

Ce n'est pas ça qui m'inquiète.. Je n'ai pas su te protéger une seule et unique fois. Je ne referais pas cette erreur.. Mais j'en ai commis une autre à la place.

Les termes étaient sans doute mal choisis. Il ne voyait pas cette nuit passée ensemble, ni son résultat comme des erreurs. Il tenta de clarifier le fond de sa pensée pour qu'elle ne se méprenne pas et qu'elle se laisse emporter par une quelconque émotion trop forte. Eeth la ménageait du mieux qu'il pouvait, sachant très bien que tous les malheurs du monde n'était rien face à une crise de sa soeur. Même l'enfer aurait été une terre d'asile accueillante.

On a du en parler une ou deux fois sérieusement.. Nous n'avions pas vraiment besoin d'en parler. Je savais pertinemment que tu en voulais au moins un. Il baissa les yeux quelques secondes avant de les reposer dans ceux de sa soeur. Je voulais volontiers te l'offrir si ça pouvait te rendre heureuse. Il glissa sa main le long de sa joue avant de laisser retomber son bras contre lui et de s'écarter d'elle. J'ai été égoïste de ne penser qu'à nous, juste nous deux.. Je ne supportais pas l'idée qu'on soit séparé, j'ai trouvé une solution qui implique aussi des sacrifices. Il murmurait, honteux de ce qu'il avait pu faire. Je t'ai déjà dit que j'avais peur qu'un être aussi innocent ne subisse le poids de notre sang. Et c'est pire que tout, maintenant. Ce sang ne vaut strictement plus rien ! Je ne m'en veux pas d'avoir céder. J'aimerais autant me réjouir que tu le fais. Mais je n'y arrive pas. Tout simplement parce que je m'en voudrais pendant toute ma vie d'avoir gâcher ce l'avenir a décidé de nous offrir. Je m'en voudrais toute ma vie si cet enfant est aussi fou que nos frères. Et même avec tout l'amour du monde, ça ne le guérira pas. Rien ne pourra le guérir. Il est condamné à être un fou de plus dans notre famille. C'est ça, Satine, qui te fait penser que je raconte n'importe quoi. Mais ce n'est pas des paroles insensées. Je me sens coupable, parce que j'aurais pu te donner mieux. Il marqua une pause. J'aurais pu, oui.. finit-il dans un souffle.

Il ferma les yeux l'espace d'un instant, avant de passer ses bras autour de ses épaules, posant sa joue contre le creux de son cou. Il se souvenait de ces fois, quand il était beaucoup plus jeune, et qu'il venait encore de se faire traiter comme un moins que rien, où il allait chercher un peu de réconfort dans les bras de sa soeur, se nourrissant de la tendresse qu'elle acceptait de lui donner, comblant ce manque qui s'agrandissait à chaque nouveau coup sur sa peau. Ils n'étaient encore que des enfants. Mais il l'attrapait avec la même douceur. Il la serrait contre lui pour ne plus la relâcher, enfouissant son visage dans sa chevelure brune, son parfum calmant la peine qui le gagnait. Cette fois-ci, il ne voulait pas être rassuré. Il n'en avait pas besoin. Il voulait simplement lui faire comprendre qu'il s'en voulait pour tout gâcher dans cette famille qui se fondait enfin, qu'il s'en voulait de ne pas s'empêcher de penser au pire, et de ne pas savourer l'instant avec légèreté. C'était trop dur pour lui d'agir comme s'il n'avait aucun doute sur ce qui allait leur arriver, à tous les trois. Son étreinte se fit un peu plus forte, alors qu'il pensait qu'elle méritait bien mieux que lu, la preuve étant qu'il n'arrivait pas à se réjouir de ce don de la vie, et d'un avenir qui s'annonçait radieux. Eethaniel n'oubliait pas qu'ils vivaient en pleine guerre et qu'elle n'était pas prête d'en finir. Personne ne savait ce qu'il adviendrait du monde le lendemain. Personne ne pouvait prévoir si la paix reviendrait, ou si l'une des races finirait par subir la supériorité d'une autre, et serait amenée à disparaître. Le problème était là, ils ne faisaient plus partie de la même. Et même si ce petit être aurait du les réunir, il nous pourrait pas effacer la différence qui existait. Ils n'étaient plus d'insouciants sorciers. Leurs soucis étaient bien plus importants que ceux qu'ils avaient connu par le passé, ayant l'air ridicule face à l'horreur actuelle. Lui ne pouvait pas se retirer à sa nouvelle condition, il n'y avait qu'elle qui pouvait faire le choix de continuer ainsi ou de vivre avec un peu plus de sérénité. Ce bébé était la preuve qu'elle avait bien fait de retarder le jour elle figerait son apparence. Mais c'était aussi un énième obstacle pour la faire changer d'avis rapidement. Il ne souhaitait pas qu'elle l'abandonne. Ça aurait été impossible, de toute façon. Elle était déjà trop attachée à lui pour reculer. L'optimisme dont elle faisait preuve était déroutant. Et pourtant il ne pouvait s'empêcher d'avoir le coeur adouci par un baume en voyant ses yeux qui pétillaient à l'idée de mettre au monde cet enfant tant convoité, résultat d'un amour interdit mais indestructible. L'aboutissement ultime de ses années à s'aimer l'un l'autre. Il avait cessé de tenir cet élément dans ses plans depuis trop longtemps et il le regrettait. Il était amère, pas envers elle mais bien envers lui-même. Il déposa un baiser sur sa peau avant de reculer son visage pour être à nouveau en face des traits fatigués de Satine et posa son front contre le sien.

Je sais que tu irais jusqu'au bout, et je ne te demande pas le contraire. Mais n'idéalises pas cet enfant, tu retomberas de trop haut. Je ne veux pas que tu m'en veuilles. Mais je veux encore moins te voir souffrir d'une déception trop grande. J'ai peur de ne pas savoir comment guérir cette blessure, malgré tout l'amour que je te porte et que je peux te donner. Je ne veux pas... te perdre.


Il aurait du utiliser un pluriel, mais il n'en avait pas eu la force. Il est oppressé dans un flot de sentiments se contredisant les uns les autres. Le seul qui n'avait jamais été remis en cause, et qui surplombait le reste, c'était celui qui l'avait toujours habité à l'égard de sa jumelle. Celui qui l'avait poussé à changer sa condition de sorcier pour qu'elle le fasse à son tour. Son refus avait une vraie torture pour lui, d'abord parce qu'il était devenu un autre à ses yeux, un être repoussant, puis elle s'y était faite, mais elle persistait, et lui redoutait chaque jour un peu plus qu'elle n'accepte jamais de le rejoindre dans l'éternité.
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MessageSujet: Re: When sunlight casts shadow, it's time for forbidden lovers. Our time. (Sataniel) Jeu 11 Fév - 17:26

Pourquoi avait-il toujours fallu qu’elle soit l’exubérante de la famille ? La petite dernière incapable de contrôler ses nerfs, son tempérament à double tranchant ? Elle avait eu honte, parfois, de ses réactions. Les Blackhart vivaient autrefois dans le respect des autres, un respect gagné par la manière forte, par l’ascendance sur leurs confrères Sorciers, sur l’impétuosité avec laquelle ils s’immisçaient dans la société. On ne les aimait pas, mais les Blackhart s’en contrefichaient. C’était un aspect de la vie qui ne les atteignait pas. À partir du moment où ils dominaient les autres familles, le reste leur importait peu. C’était donc dans la dignité exacerbée qu’ils avaient été élevés. Du moins, pour offrir cette image de cette famille solide et intouchable, se promenant parmi le petit peuple, faisant grâce de sa présence. Dans leur domaine ancestral, par contre, c’était une autre affaire. La rigueur était maitresse, mais la douleur l’était également, jouant des coudes avec la première. L’humiliation était constante, la hargne persistante, le silence souvent oppressant. Les ainés avaient été élevés ainsi, ils ne faisaient pas de remous, contrairement aux jumeaux, les petits derniers, ceux qui auraient dû être chéris. Mais l’amour n’avait pas sa place chez les Blackhart, du moins, en théorie. Leur père était autoritaire et injuste, leur mère, indifférente et égoïste. Elle n’avait d’yeux que pour son joyau, son diamant, sa perle rare : l’unique fille de la fratrie. Quant aux autres ? Ils ne représentaient rien sinon un embarras dont elle se serait bien passé. Elle aurait dû être comme eux. Taciturne, sombre, prétentieuse, dépourvue de tout sentiment humain, indifférente au reste du monde et à ses malheurs et, finalement, elle était tout le contraire. Bien sûr, elle pouvait blâmer ce mal qui la possédait, la rendant victime de ses propres sentiments, mais avec le temps, elle avait appris à assumer cette différence. De plus, elle savait que si elle n’avait pas été « malade », elle n’en serait probablement pas là, avec Eethaniel. Elle aurait été la sœur idéale pour les Blackhart, aussi froide et fermée que lui, elle aurait fait la fierté du clan des Sang Pur, au lieu de quoi, elle avait apporté la honte avec elle, avec ses crises incontrôlables, avec ses revirements aussi surprenants que nombreux et avec cet amour interdit qu’elle ressentait pour le jeune homme. Cet amour qui flamboyait à présent dans les yeux sombres de la demoiselle, ne cherchant même plus à dissimuler, à réfréner ce qui la poussait à aimer, à braver l’interdit, pour lui. Elle aimait tout en lui. De son charisme impressionnant à ses traits impassibles, de son regard parfois blessant à ses étreintes uniques, de ses lèvres douces à son aura protectrice. Il n’y avait qu’en présence d’Eethaniel que Satine se sentait complète, vivante, parée pour l’adversité. Parée pour cinq autres mois à craindre pour la vie d’un petit être qui lui semblait encore abstrait, trop menu, trop insignifiant pour être déjà appelé « bébé ». Elle donnerait la vie grâce à Eethaniel et pour lui, malgré la réticence qu’elle pouvait lire à présent dans chacun de ses gestes. Parce qu’il ne pouvait en être autrement, tout simplement. Et même si Eethaniel ne le concevait pas ainsi pour l’instant, il comprendrait par la suite, lorsqu’il tiendrait cet enfant dans ses bras, lorsqu’elle lui confierait une vie qui était leur. Il saurait qu’ils avaient fait le bon choix, qu’il n’y avait pas à craindre cet espoir renaissant, au contraire, il fallait l’attendre avec impatience et le couvrir de tout ce dont ils avaient manqué en étant eux-mêmes des enfants. Il comprendrait, lui, il avait subi tellement pour une si jeune existence qu’il saurait quoi faire pour ne pas répéter les erreurs de leurs aïeux. Ils seraient parfaits en parents, comme ils formaient le couple parfait, l’amour infini et indissoluble. Il verrait, oui, c’était cette lumière qui guidait Satine maintenant qu’elle faisait face à sa réaction tout sauf enthousiaste. Grâce à cette force, elle les mènerait tous les deux vers le bonheur infinis d’être père et mère.
Tout ça, elle essayait de le transmettre par le seul contact de leurs lèvres mais la réponse trop tardive lui indiqua qu’il ne serait vraiment pas aisé de baisser la garde d’Eethaniel. Elle l’aimait profondément pour cela, pour son côté terre-à-terre, totalement opposé à la capacité qu’avait la jeune femme pour se laisser emporter par les sensations de son environnement. Mais cette fois, elle était convaincue qu’il avait tort, qu’il regretterait peut-être même son manque de réactivité par rapport à la nouvelle. Toutefois, elle ne lui en voulut pas et lorsqu’il s’écarta d’elle, elle resta dans la même position, cherchant à inspirer l’air qu’il expirait, l’écoutant avec un calme presque olympien, presque antagoniste au tempérament habituel de Satine. Il évoquait une « erreur » et elle cilla légèrement. Pourtant, elle ne réagit pas, elle ne répliqua pas qu’il se trompait, elle ne se lança pas dans une nouvelle tirade pour lui prouver qu’il avait tort. Il verrait. Oui, il verrait combien il avait eu tort de qualifier leur enfant d’« erreur ». Ce n’en était pas une tout simplement parce qu’il émanait d’eux, d’un amour pur.
« On a dû en parler une ou deux fois sérieusement… (…) Je voulais volontiers te l’offrir si ça pouvait te rendre heureuse. » Satine esquissa un pâle sourire tandis qu’il glissait les doigts le long de sa joue avant de s’écarter. « J’ai été égoïste de ne penser qu’à nous (….) J’avais peur qu’un être innocent ne subisse le poids de notre sang. » Tout ce qu’il disait était sensé, elle le savait et pourtant, elle n’y croyait pas une seule seconde. Elle était persuadée que cet enfant échapperait aux malheurs des Blackhart, qu’au contraire, il représentait l’espoir pour relancer une lignée, pure, cette fois, mais pas en ce qui concernait le sang qui coulait dans les veines de cet être encore inconnu. Non, il représentait l’espoir parce qu’il permettait à Eethaniel et Satine de relancer une lignée digne de ce nom, cette fois, sans les tares familiales, sans la haine qui était inculquée aux plus petits dès leur plus jeune âge. Tout serait différent.
Alors qu’Eethaniel l’attirait avec douceur à lui, Satine ferma les yeux et respira le parfum étrange que le corps devenu éternel de son frère dégageait. L’espace de quelques secondes, un sourire vint se dessiner sur les lèvres de la jeune femme, comme elle sentait les lèvres de son amant se presser contre sa peau, mais elle fit rapidement disparaître cette marque d’insouciance lorsqu’il s’écarta à nouveau pour lui faire face. Elle ne voulait certainement pas lui donner l’impression d’être inconsciente du danger actuel, de la guerre environnante et de la menace qui pesait au-dessus de leurs têtes. Alors elle dissimula l’exaltation qu’elle ressentait et qu’elle ne parviendrait jamais à détruire, parce que tout cela était trop beau pour être vaincu par le désespoir.
« Je sais que tu iras jusqu’au bout, et je ne te demande pas le contraire. (…) Je ne veux pas te perdre. »
Instinctivement, les deux paumes de Satine vinrent se glisser avec tendresse de part et d’autre du visage d’Eethaniel et elle murmura, sur un ton à peine audible :

« Aie foi, Eethaniel. L’espoir renait. Cet enfant ne sera pas dégénéré comme moi, il sera parfait. Je suis persuadée que le fait que tu sois un Vampire va y contribuer, d’ailleurs ! C’est le destin ! Nous allons relancer quelque chose de neuf, de beau, il aura l’opportunité d’aimer qui il voudra. Toutes les erreurs commises par nos ancêtres ? Le passé ! Nous avons l’opportunité de changer les choses et nous allons le faire, alors ne doute plus de nous, ne doute pas de notre bébé. Aie foi en lui. »

Presque exaltée, elle l’embrassa à nouveau, imprimant la marque de son optimisme sur les lèvres d’Eethaniel. Elle caressa fébrilement ses joues rugueuses et planta son regard dans celui de son frère, plus déterminée que jamais. Quels que soient les arguments qu’il trouverait pour dénigrer cette joie, cela ne l’atteindrait pas. Elle serait triomphante, cette fois, elle vaincrait ce manque de foi qu’il avait en leur futur. Ils ne pouvaient pas se contenter d’être deux. Bien sûr, elle en aurait été entièrement satisfaite, finalement, si cet enfant n’était pas arrivé de manière imprévue, elle aurait toujours vécu avec l’espoir qu’Eethaniel et elle aient la possibilité de vivre ensemble. Mais la donne avait changé et, en fin de compte, c’était même mieux. Ils avaient la chance d’offrir un cadeau à leur descendance, un fol espoir de rémission après des années de déchéance familiale. Maintenant, la porte s’ouvrait à eux et ils seraient le tournant de l’histoire, même si cela signifiait la honte pour les quelques lointains Blackhart qui pourraient être encore de ce monde et dont ils ne connaissaient pas l’existence. Peu importe. Maintenant, il s’agissait d’eux. Comme pour lui faire sentir cette réalité, elle attrapa les poignets du jeune Blackhart et ramena ses paumes fraiches à nouveau contre son ventre arrondi.
Lui, elle, et cet être dans lequel elle insufflait déjà tout son amour pour Eethaniel, pour l’aider à grandir pendant la période obscure qu’ils traversaient tous.
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MessageSujet: Re: When sunlight casts shadow, it's time for forbidden lovers. Our time. (Sataniel) Lun 15 Fév - 23:44


Tu veux dire comme nous.

Eethaniel n'avait jamais montré une quelconque tare comme sa jumelle ou leurs frères ainés. Pourtant, il était convaincu qu'il n'avait pas échappé à ce triste sort. Il finirait bien par montrer quelques signes d'une maladie mentale à son tour, il avait été épargné jusqu'à maintenant, mais du jour au lendemain, tout pouvait changer. Si seulement il savait ce qui l'attendait.. Satine l'idéalisait toujours, sans doute parce que l'amour qui les liaient la rendait aveugle. Eethaniel n'avait rien d'un être parfait, il était plus effrayant qu'autre chose. Il n'avait jamais eu de véritables relations, même amicales, avec d'autres personnes que sa soeur et sa grand-mère, même si Lokhyan était plus récemment entré dans sa vie parce qu'Eeth l'avait plus ou moins forcé. Il n'était pas quelqu'un de bavard, il était trop impassible pour attirer l'attention très longtemps. Il était insignifiant, comme il l'avait toujours été depuis sa naissance. Sa famille s'était chargée de lui faire comprendre le message, Eethaniel y avait cru et avait fini par oublier parce que Satine le regardait comme les autres ne le faisaient pas. Il avait trouvé une raison d'avancer et de vivre. Il aurait tout donné et tout fait pour ne jamais la perdre. Il en était arrivé à perdre ce semblant d'âme qui l'habitait pour s'offrir un cadeau empoisonnée mais qui lui permettrait de rester à ses côtés pour toujours. Il n'avait eu d'yeux que pour elle et ça ne changerait jamais, et ce, même dans des siècles entiers. Il n'y aurait plus qu'un moyen de la perdre, un moyen qu'il ne pouvait contre carrer, car il lui laissait sa liberté d'agir et de choisir. Que deviendrait-il s'il était amené à passer des siècles à l'observer avec un autre ? Il préfèrait ne pas trop y penser car il croyait en eux comme elle croyait en lui. Cet enfant était une sorte d'assurance et un ciment indestructible entre eux.

Je ne pense pas que ça va aider que je sois devenu un vampire. Ça risque plus d'empirer les choses, d'ailleurs.. Alors, même avec toute la volonté dont je peux être capable de faire preuve, je ne peux pas croire à un destin aussi beau que tu l'espères. J'ai peur que tu sois déçue. J'ai peur que tu m'en veuilles parce que je n'aurais pas su combler tes attentes. J'aimerais tellement pouvoir y croire et te dire qu'en effet, tout ira bien. Cet enfant fera ce qu'il souhaitera. Il sera aimé, mais ça ne changera pas sa condition..

Il pouvait comprendre son enthousiasme. Elle avait toujours incarné l'optimisme dont il manquait cruellement. Mais dans de telles circonstances, il ne pouvait pas se laisser bercer par des illusions qui ne deviendraient que des chimères. Il voulait y croire mais n'y arrivait pas, trop terre à terre sans doute. Elle posa ses lèvres contre les siennes et il répondit, les scellant. Il savait parfaitement qu'elle cherchait à lui faire comprendre qu'il devait l'écouter et suivre ses pensées si positives. Leur relation était spéciale, unique. Cet enfant le serait aussi, c'était la seule certitude qu'Eethaniel voulait bien admettre. Il voyait bien dans son regard que même s'il avait eu la capacité de voir l'avenir, et qu'il lui racontait, elle aurait continué à croire à ce bonheur qui semblait leur être accordé. Il fut forcé de la fixer, ses yeux brillaient d'une lueur rare et mystérieuse. Mais Eeth n'avait pas grand mal à deviner pourquoi cette lumière embellissait son regard. Il suivit du regard ses mouvements, alors qu'elle posait ses mains froides sur son ventre arrondi. Il resta silencieux, fermant les yeux quelques secondes. Ils étaient proches, et le jeune homme glissa son nez dans la chevelure de Satine. Il emplit ses poumons de son parfum sucré avant de poser ses lèvres contre sa nuque, glissant l'une de ses mains dans son dos pour la serrer avec douceur contre lui. L'autre était toujours sur le ventre qui renfermait un trésor qu'ils avaient créé tous les deux, le fruit d'une passion lointaine sans qu'elle ne s'éteigne ou ne s'amenuise. Ses doigts suivaient lentement la courbe, avant de s'immobiliser de nouveau. Il posa son front contre sa tempe.

Le monde semblait 'être figé autour d'eux, aucune silhouette ne s'était montré depuis de longues minutes, et seul le bruit du vent brisait le silence pesant. Il hésitait à prendre la parole, il savait que ce qu'il dirait ne lui plaisait pas mais les temps étaient durs, elle ne vivait pas dans les meilleures conditions pour sa propre santé et celle de ce petit être qu'elle portait. Elle était en danger à cause de lui, et il ne pouvait pas toujours veiller sur elle. Quelqu'un devait s'en charger, et même si elle n'était plus en possession de tous ses moyens, il savait qu'il pouvait compter sur cette personne. Leur grand-mère. Rejetée du reste de la famille. Elle avait toujours accueillie Eethaniel quand il venait à l'improviste. Elle l'avait écouté et réconforté alors qu'il venait une énième fois de subir le traitement de ses parents à son égard. Elle ne l'avait jamais jugé et c'était comporté comme une grand-mère idéale, redonnant un certain équilibre au petit garçon qui ne comprenait pas pourquoi on le détestait autant, sans raison, qui n'avait pas de véritable famille. Ces attentions, cet amour maternel et cet attachement n'avait jamais plu à Satine, jalouse de cette relation privilégiée qu'il accordait à la vieille femme. Il avait tenté de lui faire comprendre qu'elle ne méritait pas tant d'animosité. Il avait tenté de lui expliquer qu'il n'aimerait jamais une autre personne qu'elle. Mais Satine ne voulait rien entendre, trop aveuglée par sa jalousie. Eethaniel avait continué de rendre visite à leur aïeule et c'était la seule personne qui ne lui voudrait pas de mal si elle allait se réfugier dans sa petite maison, éloignée du manoir familial et de leur mère complètement folle, qui ferait tout pour s'accaparer la jeune fille de nouveau, et sans doute empêcher la naissance de leur enfant, qui serait une véritable catastrophe à ses yeux. C'était la solution la plus raisonnable et Eethaniel espérait qu'avec le temps, elle aurait oublié une rivalité inutile pour se mettre à l'abri et préserver sa vie et celle du bébé. Il resserra un peu plus son étreinte, bien décidé à ne pas la laisser partir, même si elle n'était pas d'accord avec son idée.

Je veux que tu te mettes à l'abri. Tu ne dois pas rester où tu es en ce moment, ce n'est ni bon pour toi, ni bon pour lui. Il ponctua sa phrase par une caressa sur son ventre. Grand-mère t'accueillera sans rechigner, elle ne t'embêtera pas, et je serais plus rassuré de te savoir avec elle que toute seule face aux dangers que je t'impose. Je ne peux pas toujours être là pour toi même si je le souhaiterais. Il est hors de question que tu retournes au manoir.. Alors s'il te plait, réfléchis-y et acceptes. C'est la meilleure des solutions.
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MessageSujet: Re: When sunlight casts shadow, it's time for forbidden lovers. Our time. (Sataniel) Mar 23 Fév - 15:35

Il ne pouvait pas avoir émis cette proposition. Même sous forme d’hypothèse, Satine aurait eu des difficultés à garder un minimum de rationalité. Tout ce qu’il avait dit avant était automatiquement sorti de l’esprit de la jeune Sorcière dès qu’il avait entamé sa phrase, se glissant sur une pente qu’il savait dangereuse. Alors pourquoi parlait-il tout haut ? Pourquoi s’élançait-il vers le conflit puisqu’il savait qu’il était hors de question pour sa sœur d’aller ailleurs, encore moins chez cette aïeule qu’elle n’avait eu de cesse de haïr dès son enfance. Il se pouvait même que ce sentiment l’ait étreinte bien auparavant, bien avant qu’elle ne ressente des émotions interdites à l’égard de son frère. Bien avant qu’elle ne réalise qu’il s’agissait d’amour, Satine n’avait eu que mépris à l’égard de la vieille Sorcière. Elle était une Blackhart, pourtant, elle aurait dû mériter un minimum de respect. Mais Satine ne pouvait rien sentir sinon du dégoût pour elle. Elle représentait un danger bien plus grand que n’importe quelle jeune femme attirante. Elle pouvait affronter sa jalousie maladive pour n’importe quelle rivale, elle pouvait réfréner ses pulsions destructrices et les enfermer dans un coin de son esprit pour garder un minimum de sang-froid. Et cet acte miraculeux, elle ne pouvait l’accomplir que parce qu’elle savait qu’Eethaniel ne s’intéressait pas à ces autres. Il ne leur adressait pas un regard ni un mot. Tout juste s’il semblait remarquer leur présence, même lorsqu’à l’époque de leurs études, elles papillonnaient autour de lui, gloussant comme des idiotes, mièvres à souhait. Satine voyait rouge à l’époque, mais il était là pour la rassurer, il agissait avec la perfection qui le caractérisait et elle n’avait plus qu’à ravaler sa rancœur et son envie de tuer. C’était parfois plus compliqué, surtout lorsque l’une de ses prétendantes s’acharnait plus que les autres, vainement, évidemment, mais la persistance avait l’art de pousser l’envie de meurtre à son paroxysme, chez la jeune Blackhart. Des années d’entraînement avaient été nécessaires. Mais face à sa propre grand-mère, c’était le chaos total. Incapable de supporter la présence de la vieille femme à cause de sa jalousie intempestive, Satine s’était toujours montrée revêche avec cette dernière. Son attitude parlait pour elle, même lorsqu’elle avait vainement tenté de contenir cette rage indicible qui s’insinuait dans ses veines. Elle se glissait dans chaque cellule de la jeune Sorcière et la prenait sous son emprise. Les mots d’Eethaniel n’avaient alors plus aucun impact sur sa sœur. C’était comme s’ils ricochaient contre l’esprit fermé et imperméable de Satine. Elle était incapable d’envisager sa grand-mère sans que cette sensation désagréable ne l’envahisse. C’était tout simplement contre nature. Elle avait beau tout essayer pour faire plaisir à son frère, c’était impossible. Ça l’était déjà avant qu’ils ne comprennent leurs sentiments à l’égard de l’autre, mais ça avait empiré lorsqu’elle avait compris qu’il n’était pas seulement son frère, mais également son âme sœur, qu’elle le désirait d’une manière qui était inconcevable, dégoûtante aux yeux des autres mais tellement naturelle aux siens. La vieille Sorcière ne représentait pourtant pas un danger potentiel, elle ne chercherait pas à séduire Eethaniel. Mais elle pourrait chercher à se l’approprier, à lui embrouiller l’esprit jusqu’à ce qu’il se détourne de sa sœur. Satine, si elle n’avait aucune preuve qu’une telle idée ait pu traverser l’esprit de son ancêtre, était persuadée que les mots toucheraient son frère, car leur aïeule était la seule à l’aimer presque autant que Satine aimait Eethaniel. Presque. Parce qu’il était impossible que quiconque puisse aimer Eethaniel à un tel degré que celui de la jeune femme. Elle donnerait sa vie pour lui. Elle braverait l’interdit pour lui. Elle s’était retenue pendant des années de vivre cet amour au grand jour. Rien que ce fait-là montrait à quel point la volonté de Satine était forte. Elle avait vécu un vrai calvaire mais l’idée qu’un jour, ils n’aient plus à se cacher, l’aidait à surmonter la frustration constante de le voir éloigné, séparé d’elle, évoluant dans sa propre bulle pendant qu’elle vivotait dans la sienne, attendant que leur tour pour le bonheur ne vienne.
Et voilà qu’il lui demandait d’aller vivre chez son ennemie jurée. Qui croyait-il berner ? Elle n’y serait pas plus en sécurité qu’ailleurs ! La vieille femme ne savait pas plus la défendre qu’elle ne savait se défendre elle-même et même si cela pouvait rassurer Eethaniel, il était hors de question pour Satine d’aller se réfugier là-bas. Elle vivrait dans son trou le temps nécessaire. Vivre à l’écart d’Eethaniel, elle avait survécu à cette idée pendant des années, quelques mois de plus ne la tueraient pas. Le fait qu’elle soit enceinte ne changeait en rien cette donne. De plus, elle avait un devoir, une mission, elle ne pouvait pas décevoir Charlotte. Elle avait choisi cette vie, elle l’assumait. Retourner au Manoir était tout autant hors de question. Elle n’était plus une de ces Blackhart-là. Ils valaient mieux qu’eux, elle en restait convaincue et même s’il ne croyait pas au remède miraculeux qu’était son sang de Vampire, elle aurait foi pour deux. Un point c’est tout !
Refroidie par la suggestion d’Eethaniel, Satine s’écarta lentement de lui et évita soigneusement de le regarder. Son désarroi était peint sur ses traits fatigués et elle peinait à dissimuler la colère qui semblait vouloir se frayer un chemin jusqu’à son cerveau. Mais elle était plus forte que ça, malgré ce qu’il semblait penser. Elle avait appris à vivre avec son mal et le contrôlait presque parfaitement. Aussi ravala-t-elle les mots hargneux qui avaient menacé de franchir ses lèvres pendant une demi-minute, et elle se leva, les doigts serrés en un poing rageur. Elle n’irait pas chez cette vieille folle et il ne pourrait pas la forcer à se ranger dans un mode de vie pareil. C’était tout simplement hors de question. Gardant le silence un instant, le temps de maitriser sa voix, Satine resta debout à fixer l’autre rive, puis finit par se tourner vers son jumeau, une flamme brillant dangereusement dans ses yeux sombres.

« Je ne sais même pas pourquoi tu abordes cette option » déclara-t-elle d’un ton tranchant. « Je n’irai pas chez elle » ajouta-t-elle en appuyant sur ce dernier mot avec haine. « Et tu le sais parfaitement. Je ne veux pas avoir affaire à cette femme. » Ses paroles étaient sèches et elle fit quelques pas pour s’éloigner du banc où son humeur venait littéralement de changer de bord. D’abord la joie de la future naissance puis la déception de sa réaction et, enfin, cette proposition complètement folle. « Maintenant, je vais rentrer. Tu m’accompagnes ou j’y vais seule ? Quelle que soit ta réponse, je te déconseille de revenir sur ce sujet. Plus jamais, Eethaniel, tu m’entends ? »

Cette fois, c’était le sanglot qui perçait et elle se détourna vivement pour s’éloigner, prenant la route de sa maison. Certes, ce n’était pas le grand luxe mais c’était sa vie, à présent, quelles que soient les inquiétudes d’Eethaniel.
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