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|| L'erreur est humaine - {R.}

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Russian Vampire ۞ there is a fine line between love and hate

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♦ Lettres Envoyées : 425
♦ Crédit : LIPSLIKEAMORPHINE ; BOX&SHOCK.
♦ Citation : « Put me to sleep, Evil Angel. »

A NEW BEGINNING
♦ Age du personnage: 541 ans.
♦ Nouvelle vie:

MessageSujet: || L'erreur est humaine - {R.} Sam 8 Aoû - 22:02


© their creators

. Première Partie .

Alexey P. Andropov & Eden Z. Lancaster
Une maison abandonnée - Piccadilly

« On désire toujours ce qui nous est interdit. »


    J’avais succédé à Lokhyan, plus par envie de respecter ma promesse que de désir réel. Il en était ainsi, mon sens de l’honneur primait sur mes envies, primait sur ma vie, primait sur moi-même. Je me pliais à un code oublié de tous, un code où il ne fallait pas donner sa parole à la légère, un code où il fallait toujours respecter les femmes, un code digne des époques les plus chevaleresques. J’avais aimé une femme. De nombreuses fois. J’avais aussi aimé une poupée de porcelaine. Tellement différemment. Le corps de l’une me rendait fou, la sécurité de l’autre m’inquiétait tous les jours. Mais je pensais ne pas pouvoir donner plus d’amour. J’en avais été vidé, sans que l’on ne m’offre rien en retour. L’erreur est humaine, et vampirique. J’allais bientôt pouvoir décider si l’amour était une chose désuète ou encore d’actualité…

    Dans l’un des nombreux Hangars où nous nous terrions, je m’étais fait aménager un bureau. Il fallait que je puisse traiter les différentes informations au calme, sans tous les miens qui frémissaient autour de moi. Car c’était triste à dire, néanmoins les Immortels étaient bel et bien obligés de se terrer comme de vulgaires proies. Le Spirit était un prédateur plus fort que nous, pour le moment. Il envoûtait tellement de personnes que nous ne devenions qu’une poignée face à une horde. Et puis, le fait que tous restent regroupés nous aidait à assurer notre sécurité respective ; nous étions sûr que personne n’allait nous trahir, nous retrouvions peu à peu confiance en nous. Ce qui n’était pas peu dire. Seulement, il est parfois des personnes qui rien ni personne ne peut contrôler, des personnes qui dictent elles-mêmes leur vie, comme bon leur semble. Le plus souvent, c’est au jour le jour, ou bien au gré de leurs envies. J’ignorais de quel façon cette hors-la-loi vivait, mais elle mettait en danger la populace éternelle de par ses actes. Ses moindres faits et gestes me furent rapportés par un Vampire aux yeux sanglants, et à la chevelure presque blanche. Il disait l’avoir aperçue lors d’une attaque menée contre le Spirit, et m’avait proposé de s’en occuper.
    « Vous ne devez pas vous déranger pour si peu… » avait-il clamé, comme s’il pensait sincèrement ses mots. Je n’étais pas dupe. Le sadisme se lisait sur son visage. Il allait la torturer. Ou s’allier à elle afin de provoquer plus de carnages encore, au choix. Dans le deuxième cas, je n’aurais qu’à prendre une patrouille et leur régler leur compte une bonne fois pour toutes, mais les guerres intestines étaient à éviter fortement par ces temps de désolation.

    « Je vais m’en charger. »

    Ma voix sonnait sans appel. Mon regard aux tendances dorées rencontra le sien, durant dix longues secondes où il chercha à m’intimider ou à me raisonner, puis il baissa les armes et détourna la tête. Avant qu’il ne parte, je lui demandais une description détaillée de cette fugitive affamée. « Plutôt petite, blonde. Sans intérêt. » Il semblait gagné par la lassitude maintenant que je lui avais ôté son futur jouet. Mais il rechignait finalement à quitter les lieux, gagnant de l’assurance tandis que nos iris s’affrontaient de nouveau. Ce fut plus fort que moi. Un grondement rauque monta de ma gorge, faisant sortir un son inquiétant de mes lèvres retroussées. Mes dents étaient visibles, dangereux arguments qui le firent reculer, pour mieux revenir à la charge. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, je m’étais levé, avais contourné le bureau, et l’avais saisi à la gorge tel un de ces pauvres êtres humains sans force. Ses ongles crissèrent sur ma peau m’arrachant une légère grimace.

    « Tu trouves que c’est le moment de se rebeller, Joachim ? Tu penses sincèrement que ton insignifiante vie vaut que je m’épuise ?! »

    De toute ma puissance disponible, je balançais son corps contre un lot de palettes qu’il détruisit entièrement. J’en avais assez que l’on se rebelle, que l’on remettre mes décisions en question. Je n’étais pas Lokhyan ! Je ne pouvais pas les laisser faire un carnage, verser du sang sans rien dire ! Je ne l’acceptais pas. J’avais bien trop péché pour permettre aux autres de faire les mêmes erreurs. Joachim était un partisan de « l’époque de Lokhyan » comme ils l’appelaient. Il aimait semer la mort, et son met favori était les jeunes filles en fleur. Un assassin plutôt qu’un vampire. Voilà ce que je voyais en lui… Mais bien qu’il fusse plus expérimenté que moi, bien qu’il soit aussi un peu plus rapide, il ne faisait pas le poids, il le savait parfaitement. D’ailleurs, je sentais désormais la présence de deux autres Immortels dans mon dos. Ma « garde personnelle ». Leurs iris d’or étaient rivés à la silhouette affalée au sol, ils n’attendaient qu’un seul signal de ma part pour le mettre en pièce. Méthodiquement.

    « Mettez-le dehors. » crachais-je en retournant auprès de mon bureau. « Tu sais, Joachim… Je la ramènerai à l’ordre, cette hors-la-loi. J’y arriverais, quoi que tu puisses penser de moi. Je ne suis pas Lokhyan. »

    Pour moins attirer l’attention, je décidais de me rendre seul à la recherche de cette jeune femme. Mon initiative ne plaisait pas à mes gardes du corps, ni aux sentinelles qui me regardèrent partir avec crainte, mais j’avais raison. De toute façon, une hors-la-loi ne valait pas la peine que l’on sorte l’escorte des mauvais jours pour elle, qui qu’elle puisse être. J’évoluais sur les toits avec une grâce toute féline, mes muscles se mouvant sous ma peau diaphane cachée sous une chemise de soie marron foncée, et un long cache-poussière noir. Ma tenue était bien sinistre, c’était devenu quelque chose d’habituel qui, bien que cela me désole, ne me touchait plus vraiment ; autrefois, j’aimais porter des vêtements plutôt clairs : blanc, beige, crème, gris,… Cependant, les temps ont changés. J’ai changé. Mes sens sont nettement plus aiguisés, c’est pourquoi alors que je survole Piccadilly, je sens une fragrance purement Vampire, quelque chose de bien trop récent pour que cela soit le fruit du hasard. Je laisse mon odorat me guider jusqu’à une maison aux allures abandonnées. Ça sent la mort. Ça sent le sang frais. La colère monte de nouveau en moi. Je saute nonchalamment du toit pour atterrir dans une ruelle sombre adjacente à la demeure ; après avoir vérifié qu’il n’y avait aucun passant, je m’approche de l’entrée et ouvre assez violemment la porte. Personne. Pourtant, je sens un fumet mélangeant le liquide vermeil et la peau d’albâtre. Je referme soigneusement la cloison, mes pas me portant dans les premières pièces disponibles. Rien dans la cuisine, rien dans la salle à manger. Soudain, je me fige, les oreilles tendues vers un son que je ne reconnais que trop bien : le sang qui coule dans la gorge, cette cascade de liquide épais au goût ferreux. Malgré moi, mes iris s’obscurcissent l’espace d’une seconde avant que je ne reprenne le contrôle. Je n’avais rien bu depuis hier matin, ce qui expliquait ma légère perte de contrôle.
    Deux secondes plus tard, la porte du salon était poussée, mon corps immobile tel une statue de pierre restant dans l’encadrement pour empêcher toute possible fuite. Mon regard doré vint chercher une silhouette que je m’imaginais banale, mais je fus surpris de découvrir une ravissante créature. Aux lèvres maquillées de sang encore chaud. L’odeur emplissait toute la pièce, je n’avais même pas besoin du cadavre dans le coin pour me rendre compte qu’elle venait de se nourrir. Pourtant, ma haine était retombée en voyant ce visage diaphane aux traits finement ciselés.
    « Plutôt petite, blonde. Sans intérêt. » En plus d’être sadique, cet assassin n’avait pas saisi toute la beauté de cette… Cette… Comment pourrais-je l’appeler ? Hors-la-loi ne lui allait plus. Criminelle non plus. Ses yeux carmin s’accrochèrent aux miens, m’arrachant un étrange frisson. Puis le sens du devoir revint, refoulant la douce chaleur qui commençait à m’animer dangereusement. Je devais la réprimander pour ses actes, qu’importe l’effet qu’elle pouvait avoir sur moi. Elle l’avait mérité. Ma bouche s’ouvrit, prête à déverser un exquis poison :

    « Je me nomme Alexey… Alexey Andropov. Et je suis le Chef des Vampires… »

    Non ! Non, ce n’était pas ça que je voulais dire ! La surprise se peignit sur mon visage habituellement si sérieux. J’étais perdu, égaré dans la foule de sentiments que j’éprouvais. Je n’avais pas le droit. Elle ne respectait rien, ni personne, et moi, je devais me damner pour elle ? Pour cette adorable chevelure d’or qui auréolait ses traits parfaits ? Pour la courbe gracieuse de ses lèvres écarlates ? Pour le magnétisme irrésistible de son regard de Vampire Carnivore ? Nous n’avions rien en commun. Je ne voulais pas. Je ne pouvais pas. Je pris une longue bouffée d’air pour me calmer, mais ce fut une erreur. Les effluves de son parfum originel me parvinrent brutalement : elle sentait bon l’insouciance, le risque. L’interdit. Alors, ma respiration se coupa tandis que je fermais les yeux. Peut-être que sans sa fragrance, sans la vision de son visage, j’arriverais à retrouver une certaine contenance ? Ma main presque tremblante vint s’appuyer contre le chambranle de la porte grande ouverte.

    « Qui… es-tu ? »

    Ma voix bruissa dans l’air, aussi faiblement que le vent fait glisser les feuilles mortes sur le bitume. Je suis totalement désemparé ; je suis envoûté. Et ce depuis l’instant fatidique où nos regards ce sont croisés.








      « Celui qui se transforme en bête,
      Se délivre de la souffrance d'être un Homme
      »


      [Terry Gilliam]
      Extrait de Las Vegas Parano
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MessageSujet: Re: || L'erreur est humaine - {R.} Mar 11 Aoû - 20:59




    Je regardais mon gibier arpenter le taillis puis s'enfoncer derrière l'étendue d'émeraude de la foret. Sa course était irrégulière, déformée par la peur et je devinai les traits de son visage contractés d'épouvante. Dans sa poitrine son cœur devait déclencher un tel charivari que son souffle, troublé par la course explosive s'était mué en un murmure. Si le pauvre diable l'avait pu, il aurait couru de toutes ses forces à la recherche d'une échappatoire, d'un espoir de survie. Un quelconque subterfuge qui pourrait le sauvegarder dans ce monde. Mais il aurait été insolent de ne serait-ce qu'y penser. Le petit et appétissant sorcier que je venais de capturer au beau milieu des artères londoniennes aurait pu galoper oui. Jusqu'à ce que ses pulsations cardiaques s'évanouissent dans son sprint fulgurant et que ses poumons succombent sous l'effort et s'arrêtent de fonctionner. Quel gâchis aurait-ce été, me priver du délice de le tuer moi-même, ne me laissant que la consolation d'absorber le nectar qui courait dans ses veines. D'avoir pour seul réconfort d'assécher et de vider ses artères de toute l'hémoglobine que trainait son corps ralenti de vivant. Seulement tout cela n'arrivera pas, car il ne savait courir à présent, je venais astucieusement de disloquer les ligaments de sa jambe. Un rictus venimeux vint corrompre les traits parfaits de mon nouveau visage. Je me délectais déjà du plaisir qu'allait m'apporter cette chasse, de toute la manigance que je venais d'établir. Car chasser tout les jours le sang exquis des humains et sorciers que je volais ça et là, en plein cœur de Londres ne me suffisait plus. Car il fallait que je trouve de l'amusement à cette récréation sans fin qu'était la mort. Alors, ajoutant du piment à cette traque, j'avais prolongé la vie du petit sorcier aux cheveux d'ébène; lui brisant la jambe je lui avais donné un espoir de survie, l'invitant à s'échapper dans la foret. Et j'étais à présent toute excitée à l'idée de le retrouver, de torturer ma proie et savourer son sang. Je n'aurais aucun mal à le rejoindre, la vitesse que m'offrait mon état était indéniable; dès que son fumet sera parvenu à mes narines, il n'aura qu'à compter jusqu'à trois pour comprendre ce qu'était l'agonie. Néanmoins, observant la lenteur à laquelle il gagnait la foret, je regrettai la faiblesse que j'ai eu de broyer les os de sa jambe, impatiente et avide de meurtre. Mon appétit vorace commençait à se languir de la chaleur du liquide rouge, mais mon sens du jeu l'emporta et je parvins à attendre une trentaine de minutes, le temps que le gibier s'enfonce et se perde assez profondément dans la sylve.

    Enfin, j'avançai d'un pas, geste que je jugeai lamentablement trop humain, et laissai mes sens s'émoustiller à la quête de mon repas. Il ne s'écoula qu'une seconde; une seule seconde entre le moment où l'effluve de son corps vint titiller mon odorat et le moment où mes muscles s'élancèrent à travers les arbres, déchirant par la même occasion la robe trop courte de Charlotte. La masse de ma personne galopant à travers les pins résineux était probablement invisible à l'œil de ma proie, ce qui aiguisa ma soif et le plaisir que je tirai de ce petit jeu. Puis j'aperçus alors, avec une netteté ébranlante, le petit sorcier aux joues pleines, haleter d'épuisement et de terreur troublant ainsi le silence berceur de la foret. Un sourire se creusa au dessus de ma lèvre et dans mes yeux enflammés de rouge s'illumina une étincelle de malice. Si l'expression put s'appliquer à un être qui vivait après sa mort, j'aurais été aux anges. La faim retentissait partout en moi. Elle tambourinait sous ma chair, elle incendiait mes muscles, carbonisait ma peau crayeuse et immaculée. Sous mes joues creuses je la sentais s'embraser et me hurler de dévorer le sorcier naïf et perdu. Toutefois derrière le cramoisi de mes iris, s'éveillait une chose bien plus puissante, une chose qui faisait taire la soif aussi grande soit elle ; le goût du jeu. Ma jambe blanchâtre qui venait d'éventrer le tissu robe mauve, se plia et la seconde d'après je me trouvais tapie derrière l'arbre le plus proche de mon casse-croute. Dans l'ultime silence j'observais les gestes du garçonnet, délivrant l'arôme aux milles saveurs et réveillant en moi l'envie assommante de crime. Ma voix que je savais enchanteresse vint siffloter une mélodie anglaise célèbre, et à chaque sifflement s'échappant de part et d'autre en raison de ma course l'encerclant, le jeune homme se retourna, son visage écorché d'horreur cherchant son futur assassin. Puis je décidai alors de mettre fin à mon plaisir car la soif lacérait ma gorge. Faisant abstraction de ses cri suppliants et de ses larmes implorant ma grâce, j'approchai mes lèvres pastel de son cou, respirant profondément son parfum envoutant. Mes crocs s'enfoncèrent dans la chair à peu près à la même seconde où le venin ruissela sur ma langue cependant que sur les commissures de ma bouche perlait le liquide rouge. La chaleur vint couler sur ma langue, sur mes papilles et inonda enfin ma gorge. Bientôt, le corps ne s'agita plus, il se détendit et la récréation était finie. Nonobstant, je me plus à tarir ses veines et à absorber le cidre rouge. Lorsque ma victime ne fut plus qu'une dépouille dépourvue de vie au visage dénué d'émotions j'ôtai mes lèvres de sa gorge, léchant les résidus de sang qui avait débordé. Ses paupières demeuraient ouvertes et autour de ses pupilles gonflait des vaisseaux rougeâtres. Son teint avait déjà viré au blanc, un blanc terne et cireux qui labourait ses joues de bleu et de rouge pastel. Je fermai les yeux sur ce spectacle pitoyable et me remit en chemin vers mon ennui éternel.

    Le chemin de retour me parut durer des siècles, notion que je devais maitriser à présent car ma vie temporelle était terminée. Maintenant que la chasse journalière avait été accomplie, la mort poursuivait son cours. Remplaçant ma défunte vie, elle coulait désormais dans mes veines, se mêlait à un sang qui faisait aujourd'hui l'objet d'une traque. Et je me fichais bien d'ailleurs de devoir masquer ma présence à l'humanité en ce temps de guerre. Jamais je n'irai me cacher de ces sorciers, et mon hémoglobine salvatrice ne courra jamais ailleurs que dans mes artères, j'en fais le serment. Alors oui, nom d'un chien, oui je m'exhibais à Londres, tuant par simple loisir les innocents qui s'y baladaient, oui je faisais de la provocation à longueur de temps les tentant de m'approcher, de m'extraire le liquide qu'ils désirait tant. Et qu'ils osent ! Je n'en serais pas plus ravie, qu'ils se hasardent à m'attaquer et ils gouteront ainsi à la géhenne suprême. Mes crocs se languissaient de déchiqueter leur chair, car leur sang ne combleraient pas la haine boulimique et insatiable que je nourrissais. Et même si Charlotte me sermonnait à perte sur notre devoir de retraite, je savais que la même colère l'animait. En pensant à cette dernière, mon esprit revint à considérer la robe en lambeaux qui m'habillait. Son étoffe gardait de son flamboyant et de sa grâce, même déchiquetée et j'en vins à la conclusion que je n'étais ni plus ni moins qu'une sauvage. Sublime et gracieuse certes, mais animale. Plus animale que n'importe quel être sur cette terre. Et je ne m'en plaignais pas, cela me fournissait tant d'avantages. J'escaladai la gouttière de la première maison que je rencontrai, et sur le toit en un réflexe aberrant je pliais tout les membres de mon corps en une poignée de bestialité et de sauvagerie. Mon parcours fut bref, et même si je sentais ci et là des fumets enivrants qui attendaient que je les goute, je n'arrêtais pas la cadence de ma course et très vite je gagnai la maison abandonnée où je vivais mon perpétuel décès. Le vent soufflait fort sur la maison et dans quelques heures il aura arraché un des fébriles volets mouchetés de noirs. Je m'en fichais totalement même si là était mon seul abris désormais.

    M'approchant de la fenêtre, j'observai mon reflet dans la glace y voyant une femme aux traits parfaits cependant corrompus par la bestialité, la haine et l'orgueil. Sa bouche était baignée de sang encore frais, car son dernier meurtre ne remontait qu'à dix minutes à peine. Sa lèvre supérieure était fine et suspendue au dessous de son petit nez aquilin, laissant apparaitre ses deux premières dents d'une blancheur impeccable. L'inférieure par contre, était pleine, pulpeuse formant un étonnant contraste avec sa sœur. La blancheur de son visage était ahurissante, lui donnant des allures d'Aphrodite sur la neige. Creusant ses joues, ce lait s'étalait jusqu'à son cou et puis sur tout son corps long et mince. Le galbe de son sein s'affichait dédaigneusement derrière le décolleté de la robe mauve qu'elle portait. Et toute sa silhouette dégageait de la suffisance, provoquait quiconque posait les yeux sur elle, une sensualité imparable, un ticket pour un allée simple vers l'au delà. Car là était la fonction de la beauté de cette femme, charmer, plaire et attirer, afin de tuer. Lentement elle ébouriffa ses longs cheveux d'un blond d'or et ils retombèrent, présomptueux sur ses épaules nues. Une grimace de dégout vint troubler l'image splendide, et alors la vitre se brisa. J'aurais aimé que mon poing saigna, sous les morceaux de verre qui s'incrustait dans mes doigts, mais ma peau était tellement épaisse, tellement dure que celui ci était inatteignable. J'aurais voulu avoir un coeur pour détester la femme de ce miroir, sa beauté et sa cruauté. Mais celui ci ne battait plus, et il était insolent d'espérer la quelconque émotion. Je voulais ressentir, éprouver. Être dans l'obligation de respirer pour préserver mon souffle, ma vie. Mais celle ci n'était plus, pas plus que mes pulsations cardiaques, alors à quoi bon ? A quoi bon humer un air qui puait le sang et la terreur ? Nonobstant mes plaintes, mon revirement soudain, la mort continuait. Et il fallait la vivre ou plutôt la mourir, car je n'avais que d'autre choix. Ainsi m'arrêtant dans mon raisonnement fou, j'entrais dans ma prison noire par la fenêtre que je venais de briser de ma force surnaturelle.

    Si je venais de condamner mon odorat au congé, mes yeux eux ne manquèrent pas de remarquer l'intrus dans mon antre. Surprise et non habituée aux visites, j'aurais du me mettre en position d'attaque et le venin aurait du annexé toute ma bouche, me préparant à l'attaque. J'aurais du être méfiante et me montrer cruelle et dantesque comme la femme de la vitre savait si bien le faire. A ce moment là, j'aurais du être un vampire. Et je l'aurai pu, si mes yeux n'avaient pas d'abord effleuré ce corps avant que je ne comprenne que mon repaire avait été violé. Si mes pupilles, idiotes et candides ne s'étaient pas déposé sur lui. Mais elles s'y étaient exilées, faisant abstraction de tout le reste dans ce pénitencier. Mon regard carmin a troqué son avidité contre de l'ébahissement et je priais mon ravissement de se tapir derrière mes paupières. Il y avait sur le seuil de la porte, un homme. Plus qu'un homme il était un vampire, ses yeux dorés vinrent me le rappeler quand sa beauté m'avait tellement frappé qu'il devenait évident qu'il n'était pas humain. Si je l'eus pu, j'aurais rougi honteusement de tout le rubis de mes prunelles. Toutefois je me bornais à le regarder, à détailler méticuleusement les courbes parfaites de son visage exquis. Son nez droit et long partageait son portrait en deux joues creuses, sur lesquelles se dessinait une petite barbe, rien d'officiel et cela aurait du lui donner un air sauvage, mal entretenu, moi il m'avait d'un homme important, un grand homme et sans m'en rendre compte je lui ai accordé tout mon respect. Je me suis sentie alors, si petite, si insignifiante face à sa beauté et son charisme. Je n'étais qu'une petite souris dans son trou quand lui, aigle majestueux déployait ses ailes. Lorsque j'ai enfin eu la force de détacher mes iris de son visage de dieu j'ai remarqué ses vêtements et encore une fois j'ai eu honte. Ma robe violacée de satin n'était plus que tissu lacéré en lambeaux sur mon corps de lait, ma cuisse gauche était apparente et pour la première fois de ma vie et de ma mort confondue, je ressentis la pudeur et la gêne. Dans un geste non contrôlé, ma main se posa sur ma jambe dans le but anodin et puéril de la masquer, mais sotte elle attira son regard à lui dessus. Je sentis alors sous mes joues le sang battre mes veines et cela me brula la peau. Moi qui quémandait des sentiments il y a quelques secondes, je voulais que cela cesse. Dans ma poitrine mes poumons s'entrechoquèrent et je parvins à réprimer un frisson dans mon échine. Je n'avais certes pas de pouls, mais je sentais quelque chose battre et fouetter mon corps tout entier jusqu'à raisonner dans mes tympans. Et s'il ne m'avait pas sortit de sa beau de dieu de l'Olympe ou de je ne sais quel paradis, j'aurais continué ma deuxième mort.
      A : « Je me nomme Alexey… Alexey Andropov. Et je suis le Chef des Vampires ... »




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MessageSujet: Re: || L'erreur est humaine - {R.} Mar 11 Aoû - 21:02

    Ainsi il était de la si généreuse famille de vampires qui nous avait accueilli en Russie. Mon respect et ma fascination pour le grand homme se renforça aussitôt. J'avais l'impression d'être une petite fille, face à sa grandeur. Et c'est ce que j'étais, une pauvre et innocente petite fille qui avait besoin d'être bordée dans les bras de cet ange à l'incroyable charme. Peu importe ce qu'il me fallait être pour toucher à sa peau d'albâtre semblable à la mienne. Innocente, cruelle, morte. Jamais cette sensation n'avait couru dans mes artères et je m'en délectais aujourd'hui pour la première fois. Mais il fallait que je me ressaisisse, le plus grand et beau des hommes était venu jusqu'à moi dans le but de me châtier, et jamais je ne me laisserai convaincre, pas même par sa séduction évidente. Dans un mouvement étrange, comme s'il se parlait à lui même, le grand homme s'appuya contre la porte et sous sa force vampirique, il y eu un léger craquement. J'ignore si le fait qu'il ai cessé de me regarder aurait du me soulager ou m'importer, quoi qu'il en soit j'en fus vexée et cela augmenta le feu qui me brulait la chair. Et je voulais qu'il me regarde encore, encore et pour toujours. Je voulais me noyer dans la bonté et la majesté de ses yeux.
      A : « Qui… es-tu ? »


    Mon devoir me rappela à l'ordre. Qui j'étais, dans quel monde je poursuivais ma mort. Le mensonge et la corruption. La beauté pour la mort ou la vie pour l'isolement. Et je ne me laisserai pas faire, quel que soit le Dieu qui viendra me chercher, ça non. Et je sais bien que Lokhyan est le chef des vampires, pas cet Alexey. Et même s'il était sublime, même s'il était séduisant à souhait, même si si j'avais eu un coeur je lui aurais jeté dans les mains, je n'étais pas dupe. J'attendais que le venin se mette à parcourir ma bouche, mais il ne vint pas. Pas plus que la braise sous mes joues ne s'éteignit. Et il me fallut toute ma force mentale pour m'éloigner de son corps parfait et de susurrer avec méfiance.
      E : « Qui que je sois, je ne viendrais pas. »


    Mais faible, stupide, séduite tout simplement je cédais et épelait, le défiant du regard, mon nom portant celui d'un paradis qui n'existait pas, pas pour moi en tout cas.
      E : « Eden. »

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MessageSujet: Re: || L'erreur est humaine - {R.}

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