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- A kind of music, a kind of life, a kind of love. [R. Irina]

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Russian Vampire ۞ there is a fine line between love and hate

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MessageSujet: - A kind of music, a kind of life, a kind of love. [R. Irina] Sam 27 Juin - 4:50





« Irina était la seule personne pour qui je n'avais pas de secret. Elle était ma douce, ma bien-aimée, ma protégée. C'était si bon de la regarder reprendre des forces, jour après jour ; quand je l'avais recueillie, elle n'était plus que l'ombre de cette délicieuse femme qu'elle est aujourd'hui. Un mélange de candeur, de douceur émanait en permanence d'elle ; là où les autres disaient 'reine des glaces' je disais 'poupée de porcelaine'.
Elle était mienne, à jamais...
»


Il était bientôt trois heures du matin, et pourtant, Alexey n'éprouvait pas le moindre pincement de fatigue aux muscles. Il écrivait depuis plus d'une demie-heure, la tête baissée, les sourcils froncés ; il prenait notes des avancées des enlèvements, des décisions du Ministère, et de tout ce qui pouvait l'aider à y voir plus clair. C'était devenu pour lui un rituel, une douce litanie qu'il faisait attention à ne jamais oublier, même lorsqu'après une dose du traitement Edyard, il se sentait particulièrement faible. Humain, en un mot comme en cent. Il ne trouvait rien de mauvais, à ce traitement, seulement, il ne s'était jamais senti malade étant Vampire, et prendre ses rations lui donnait le sentiment de l'être. Mais, là encore, il s'était plié aux exigences du monde autour de lui. Des Humains. Des Sorciers. Du Ministères. C'était pour que l'on soit sûr que la famille Andropov est sans réel danger, lui avait-on dit. Un soupir désabusé s'échappa de ses lèvres pâles. Quelle ironie. Aujourd'hui, ce n'étaient plus les pauvres mortels qui étaient chassés, mais bel et bien ces monstres, ces créatures sanguinaires à visage humain, qui l'étaient. C'en devenait absurde. La patriarche, dont les cinq cent trente-six années pesaient sur ses épaules, se leva avec souplesse pour détendre ses jambes dans le bureau. Le bureau, car ce n'était pas le sien à proprement parler. Il y passait certes énormément de temps, et on était pratiquement sûr de l'y trouver, mais ce n'était pas le sien. Même depuis l'arrivée des nouveaux élèves, il n'y avait que son odeur à lui qui y traînait. Tant mieux, enfin un endroit où il pouvait se reposer.

Il regarda l'étagère où quelques CD étaient rangés, puis après avoir réfléchit attentivement, se saisit de l'un d'eux pour l'ouvrir et le déposer dans le lecteur ouvert. Il se retourna alors que la musique commençait à peine. Quelques notes, délicates. Un sourire satisfait se forma sur son visage. Cette musique l'apaisait, et il avait – de toute façon – toujours aimé les compositions de Mozart. C'était un brillant compositeur. Quelques secondes plus tard, des bruits de pas dans le couloir lui firent tendre l'oreille. Ils étaient aussi légers qu'une plume, leur rythme, harmonieux... Cela ne pouvait être qu'une personne. Mais vu la vitesse à laquelle elle se dirigeait vers le bureau, elle n'avait pas l'air d'excellente humeur ; ou bien elle avait quelque chose d'important à lui dire. Alexey retint un sourire malicieux, puis se posta près de la fenêtre, battant de l'index la mesure. Il semblait en plein dans la mélodie, mais il attendait la venue de la Vampire. La relation qu'ils entretenaient était complexe, autant pour l'un que pour l'autre. Mais ils n'appréciaient pas qu'on les compare à un père et son enfant. Il était son maître, son phare et elle sa petite poupée fragile, son élève. La porte s'ouvrit alors, la laissant passer. Il la vit le chercher momentanément du regard, mais avant qu'elle n'ouvre la bouche, il lui demanda d'un signe de tête de refermer la porte derrière elle. Leurs conversations devaient rester secrètes, ou tout du moins ne pas être entendues par le premier venu.


« Irina... Tu es bien cruelle de m'avoir si longtemps privé de ta présence... »

Sa voix n'était qu'un doux murmure, mais il savait qu'elle l'entendait parfaitement. Il tourna légèrement la tête vers elle, plongeant son regard mordoré, parcouru de filaments carmins, dans le sien. Un sourire illumina son visage. La voir lui faisait toujours énormément de bien. Il pouvait être lui, lorsqu'elle était, et pas juste le patriarche de la famille.

« Comment te portes-tu ? J'aime te savoir en bonne santé... »

Ses iris la détaillèrent l'espace d'un instant. Ses cheveux noirs encadraient toujours aussi délicieusement son visage aux traits parfaits, ses lèvres d'un rouge pâle rehaussaient son teint, ses yeux le regardaient avec admiration, et – il aimait se le dire – avec une pointe d'affection. Alexey tendit le bras gauche vers la source de la musique.

« Tu aimes ? »

Il s'appuya un peu plus contre le mur, à moitié sur la vitre même.
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MessageSujet: Re: - A kind of music, a kind of life, a kind of love. [R. Irina] Sam 27 Juin - 6:09

Une histoire,
que l’on n’arrive à raconter,
ressemble à un amour
que l’on n’ose s’avouer.Citation by Erik Orsen


    Trois heures du matin et je pousse le pesant portail de fer clôturant notre demeure. Furieuse, je rejoins la porte de service entraînant vigoureusement à ma suite une impudente sorcière. Elle ne tient plus debout tant elle est ivre. N’est-elle pas ridicule et pitoyable ? Ma compassion m’écoeure. Agacée, je la pousse dans l’embrasure de la porte de service alors qu’elle piaille et rit avec force.

      I : Petite idiote ! Veux-tu te taire ? Un mot de plus et je te renvoie d’où tu viens.


    Je proférai mes menaces avec fermeté, l’œil mauvais. L’inconnue plaqua sa fine main sur ses lèvres, n’ajoutant mot durant l’escorte sauf ce merci reconnaissant devant le sas du quartier sorcier. je grogne, elle s’enfuit et je fais demi-tour.

    C’est la troisième cette semaine. La troisième enfant irresponsable que je retrouve soûl dans les rues de Moscou. Ai-je l’allure d’une sentinelle ? L’apparence d’une gardienne d’enfant ? Quelle assistance attendent-ils de nous ? Nous veillons perpétuellement sur eux alors qu’ils nous menacent par leurs inconscientes manières. Ces ingrats se jouent de nous. Ils n’ont pas besoin de notre asile, ils ne craignent rien. Ils représentent un grand danger pour nous, les Andropov. A ces pensées, cette peur régulière et sinueuse se révèle à mon assurance bancale. Je tremble d’effroi quand cette soutenue angoisse plombe mes membres engourdis de fatigue et cognent mes tempes douloureuses. Je crains les conséquences de la bonté du chef de famille et mon immonde cauchemar mande à ma mémoire les dépêches de mes nuits agitées. Et s’il était prémonition ? Si ce désagréable songe n’était que mise en garde ? Ces faibles humains attirent une malédiction sur mon chaleureux foyer, ce comble où j’apprivoisai les restes de mon humanité sous les conseils émérites de son séraphin doyen. Alexey. Le nord de ma boussole, le phare de mon bateau chancelant.

    Le talon sonore de mes escarpins tinte sur la pierre bleue de la rotonde et j’oublie la discrétion coutumière à mon espèce. Ne suis-je pas chez moi ? N’ai-je pas le droit de balader mes humeurs dans les couloirs de ma demeure ? Ma poitrine s’anime, haletante, je tente de rester calme en vain. Je voudrais rire, je voudrais pleurer à l’instar de ma faim, ma soif et ma fatigue. Inutile. Je suis trop nerveuse, trop empressée de le rejoindre, trop indigente sans sa quiétude, trop aride sans la douce lumière de son sourire bienveillant. Mon pas s’accélère et je martèle le sol à la cadence présumée de mon cœur éteint pour rejoindre ce bureau abandonné de tous et toutes où il se recueille presque chaque soir.

    Quand je pénétrai dans la musicale atmosphère de cette pièce, les lèvres d’Alexey s’étiraient déjà dans un sourire espiègle. Mon arrivée ne l’étonnait guère. Hébétée, je contemplai alors sa beauté figée de concentration, la précision de sa mesure et la souplesse de ses indications gestuelles, gênée par l’état de ma robe noire blanchie par les poussières des rues moscovites. J’avais souhaité parler mais j’obéis sans contester, déjà apaisée par le baryton de son chuchotis reprochant mon absence.


      I : Et toi ? N’es-tu pas cruel de me priver de liberté ?


    dénonçais-je d’une voix vide d’animosité mais déjà brisée de honte et de regret. Je me montre odieuse alors qu’il se plie aux lois des hommes pour assurer notre sécurité, pour nous éviter Azkaban. Penaude, j’allège ma démarche des escarpins abandonnés près du guéridon de l’entrée et mes pieds nus glissent silencieusement sur l’antique tapis arabe. Ma progression lente m’amène vers lui, croquant d’admiration les reliefs de ce visage souriant. Il s’inquiète pour ma santé et je ne sais que répondre. J’aimerais lui mentir mais j’en suis incapable… Donc, je soupire, baissant les yeux sans interrompre ma course lente vers ses yeux couleur grenat que je devine aisément sondé ma silhouette en quête d’un signe de fatigue ou de tristesse. Aveuglée par les rais de la lune, deviner ne m’étanche pas. Je veux les découvrir. Je veux les croiser ses pupilles inquisitrices, les saisir des miennes pour me nourrir de cette indéfinissable lueur, dont je suis la seule destinataire et ainsi leur céder égoïstement mes plus notoires malaises. Maladroite, je tente de babiller quelques mots mais, je me sens tellement égoïste.

      I : Alexey, me pardonneras-tu mon effronterie ? Je suis tellement capricieuse ces deniers jours mais, j’ai un étrange ressentiment. Non ! Un pressentiment qui me poursuit la nuit. Dans mon cauchemar, on m’enlève. Et aujourd’hui, c’est la troisième fois que je sauve de malotrus les petites dindes de Poudlard sans grande défense parce qu’elle confonde notre vodka avec du petit lait. Un jour, le danger qu’elles affronteront sera plus coriace qu’un simple ivrogne et je ne garantis pas de ma survie.


    Je m’interrompis pour soupirer. J’étais tellement honteuse de revenir encore et encore sur ce sujet inutile. Il ne voulait pas que j’abandonne le traitement pourtant, qui le saurait ? N’a-t-il pas fait de moins un vampire inoffensif pour les humaines ? N’étais-je pas une buveuse de sang animal ?

      I : Alexey. J’aimerais…


    Les mots se coincent dans ma gorge quand il désigne les enceintes léguant à mon ouïe les mélodies travaillées de Mozart. Changerait-il volontairement de sujet ?

      I : Oui. Bien sûr. Tu sais que Chopin, Listz, Beethoven, Schubert ou Mozart habillent ma passion de leurs couleurs. Crois-tu que je pourrais rejoindre une école de musique l’année prochaine ? J’ai fait de net progrès au piano tu sais.


    Mes lèvres crispées et ma tête au sol s’illumine d’engouement, préférant largement le léger sujet qu’est la musique classique. Je hoche la tête vivement pour rejoindre la fenêtre près de ce mur le soutenant quand, naturellement élégante, je m’assois à son côté sur l’appui de marbre blanc. Ramenant mes fines jambes à mon corps fluets, seuls mes pieds nus aux ongles maquillés rappelaient le pâle dessin de mon gavroche minois. Immobile, j’écoute le chant de la flûte jusqu’à son terme, appréciant le vent dans ma toison de charbon et de temps à autre, je porte mon regard inquiet sur les traits tirés de mon mentor. Il est éreinté. C’est une certitude.

      I ::Alexei,
    lançais-je timide d’interrompre cet instant complice et complaisant.

      I :Je suis tellement égoïste. Pardonne-moi. Lorsque je te rencontre, je gâche ses instants à défendre mes arguments contre ce traitement alors que tu t’y soumets, comme nous tous.


    J’accentuai mes paroles d’un geste doux de mon pouce, contournant les cernes sombres entourant son regard bienveillant.

      I ::Tu as l’air tellement fatigué…. Prends-tu seulement le temps de dormir ? Tu consignes je ne sais quel sentiment dans tes carnets mais….il est déjà trois heures du matin. Bon sang. Que j’ai honte. Honte de t’ennuyer avec mes babillages d’enfant gâtée quand tu es si préoccupé. Que se passe-t-il ?


    Préoccupé est un bien faible mot. Insistante, mes deux mains se referment autour de l’avant-bras de leur propriétaire. J’ajoute un « s’il te plait » suppliant bien que, j’ose l’espérer, inutile. L’un comme l’autre n’avons aucun secret ? Me tromperais-je ?
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MessageSujet: Re: - A kind of music, a kind of life, a kind of love. [R. Irina] Sam 27 Juin - 20:52

    Alexey écouta la jeune Vampire parler, ne pouvant retenir un léger mouvement de lèvres inquiet lorsqu'elle lui confia avoir un cauchemar, qui revenait incessamment. Il n'aimait pas qu'elle ne se sente pas dans un état exemplaire ; il s'inquiétait pour elle, c'était un fait. Il ne l'avait jamais caché à personne, même pas à elle. Depuis qu'il l'avait recueillie, petit chose couverte de terre et nouveau-né, il avait prit soin d'elle et aujourd'hui... Aujourd'hui, il ne pouvait nier qu'elle était devenue splendide. Mais tout était beaucoup plus complexe, personne ne pourrait définir clairement le lien spécial qui les unissait. Même pas eux, c'était pour dire.

    Le doux et tiède contact du pouce d'Irina sur ses cernes, puis de ses doigts enroulés autour de son bras le firent sourire tendrement. Il tendit la main vers son visage aux traits parfaits, pour le caresser délicatement. Sa peau était plus chaude que la sienne, peut-être parce qu'il n'avait pas prit son traitement depuis pratiquement plus d'un long mois... Ou peut-être parce qu'il était juste très fatigué... Non, il se voilait la face, il ne l'était pas réellement ; il avait repris l'habitude de dormir de moins en moins... Cela était d'autant plus facile qu'il avait largement diminué les doses d'Edyard.

    « Chère Irina... Tu es toujours si belle... Ne t'inquiète donc pas pour moi, je tiendrais mon rôle aussi longtemps qu'il le faudra. Pour notre bien à tous. Je préfère passer du temps à améliorer ton humeur et à effacer tes mauvais rêves plutôt que nous nous apitoyons sur mon sort. »

    Sa deuxième main vint caresser son visage, avant qu'il ne se lève définitivement, s'écartant d'elle. Elle produisait toujours un effet apaisant sur lui. C'était ainsi, quoi que l'on puisse dire. Les dernières notes du Concerto pour Flûte et Harpe de Mozart s'étaient achevées, quand les paroles de la Vampire lui revinrent à l'esprit. Il est vrai qu'elle avait fait énormément de progrès en musique, tellement qu'il était impossible de le nier. Il allait retirer le CD, ranger la boîte et éteindre la chaîne hifi, laissant un semblant de silence s'installer.

    « Irina... Tu veux réellement intégrer une école de musique ? Si cela te rend heureuse, cela ne pourrait que me faire plaisir. » il se retourna vers elle « Et tu ignores encore à quel point ton bien-être me préoccupe. »

    Il tendit ensuite une main pâle vers la belle brune, l'attirant ensuite contre lui. Leurs corps chauds se collèrent légèrement, et leurs odeurs se mêlèrent. Il le sentait encore plus fortement que pendant qu'il prenait ses doses de traitement. Elle, la douceur, la fraîcheur, et lui, le froid et la dureté. Alexey caressa la chevelure couleur de nuit de la jeune femme, plantant ses iris mordorés, aux filaments carmins, dans les siens. Ses sourcils se froncèrent légèrement.

    « Maintenant, Irina, ma douce, parle-moi de ton rêve. Celui qui revient.... Je veux que tu me dises tout ce dont tu te souviens... Dans les moindres détails. Puis... »

    Le patriarche se mit à sourire, après avoir embrassé le front d'Irina. Il la relâcha. Comme à chaque fois, plus il se tenait d'elle plus il avait envie de la serrer contre lui. Alors, il s'éloignait. Comme pour prendre une bouffée d'air. Elle était un poison enivrant, qui menaçait de totalement les endormir, lui et sa méfiance. Pourtant il savait parfaitement qu'il n'avait pas à se méfier d'elle. Elle était sienne, il était certain qu'elle ne le tromperait jamais. C'était la seule sur qui il pouvait compter, totalement.

    « Puis tu me diras aussi pourquoi toi non plus tu n'es pas couchée. Il est tard, ma douce... Et souviens-toi, tu n'as pas à t'inquiéter pour moi... Je sais prendre soin de moi, et je dois rester en vie pour te protéger de ce monde si glacé... Je suis sûr que toutes ces élèves que tu ramènes au bercail te sont reconnaissantes de l'attention que tu leur portes. Je suis fière de toi, Irina. Nulle autre que toi ne m'apporte plus de satisfaction, je t'assure. » termina-t-il avec le plus de tendresse possible dans la voix.

    Alexey reprit lentement sa respiration. La présence d'Irina le tranquillisait autant qu'elle déliait sa langue. Lui qui était réputé pour parler qu'en cas de réelle nécessité, ce qui faisait qu'on l'écoutait toujours, il agissait comme une vieille pie... Il la regarda de nouveau, étudiant les moindres détails de son visage. C'était comme de regarder inlassablement un coucher de soleil, au même endroit. On croyait tout connaître, mais chaque fois, une nouvelle chose vous surprenait. Là, une fossette plus creuse que l'autre. Ici, la façon dont elle avait de le regarder... Oui, elle était surprenante. C'était le mot.

    Le Vampire s'appuya contre le mur opposé à celui où il se trouvait tout à l'heure, son large dos épousant les moindres courbes du bois. Les arabesques de l'antique tapis arabe. Il avait toujours aimé les objets qui donnaient l'impression d'avoir vécu, d'être élégants ; même le plus petit d'entre eux le fascinait. Mais maintenant que la jeune Irina était entrée dans la pièce, il n'avait d'yeux que pour elle, comme toujours...


Dernière édition par Alexey P. Andropov le Jeu 16 Juil - 2:16, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: - A kind of music, a kind of life, a kind of love. [R. Irina] Jeu 2 Juil - 16:57

    Ai-je bien fait ? Était-ce une bonne idée de lui confier mes tourments nocturnes ? A ses traits doux, protecteurs et surtout inquiets par mes révélations, toutes ses questions m’empoignent. Durant des siècles de vie de vampire, Alexey n’a nullement été épargnés par ses chagrins et ses supplices. Qui suis-je pour espérer qu’il porte les miens ? Saskia fut mon oreille attentive tout au long d’une nuit de confidence, n’est-ce pas suffisant ? Comment ne puis-je m’en contenter ? Je me sens si indifférente aux autres, si égoïste que mes lèvres se pincent malgré moi. Elles rougissent sous mes dents blanches et je peste contre ma spontanéité. J’aurais dû conserver bien cachée mes heures somnambules. J’aurais dû taire mes peurs mais, puis-je réellement me blâmer d’avoir besoin de son soutien ? De son oreille émérite ? De la douceur de ses pupilles ? De cette image qu’elles me renvoient ? De la tendresse de ses accolades ? Oui. Suis-je réellement à condamnable ? Je soupire alors, repentante et confuse, tandis que mes doigts délicats caressent les empruntes de fatigue sous ses paupières. Au moins, puis-je distinguer sur ses lèvres généreuses l’ombre d’un sourire mais également apprécier la fraîcheur de sa caresse sur mes joues creuses. Son affection me rassure et tout naturellement, je presse mon visage contre sa paume, souriant à mon tour, yeux clos, bercée par la douce mélodie de son timbre prévenant. Je lui chuchote des remerciements sincères, enjouée par ses éloges effleurant les lèvres de cet être divin et le laisse frôler mon autre joue de sa main synchrone au chant de Mozart. Il quitte son appui et ma voix domine le court silence imposé :

      I : Je sais que tu veilles sur nous. Je le sais qu’en nous laissant revêtir ce nom qui est tient nous sommes devenus ta famille et tes amis. Je sais aussi que tu sacrifies ta santé pour nous mais, ne crois-tu pas que ces humains inconscients ne méritent pas tant d’acharnement à les aider. Ils ne font aucunement cas de cette protection continue que tu leur apportes. Il ne réalise pas leur chance, ne réalise pas le danger et il me fatigue… Pour améliorer mon humeur, c’est cette vie que nous supportons depuis leur présence que nous devons revoir pas toi qui doit te sacrifier pour me voir sourire.


    Mon discours égocentrique n’est que fruit de ma propre anxiété. Je déteste voir mon mentor si morose. Je déteste le voir s’oublier au profit d’ingrat. Je voudrais lire sa joie de vivre dans ses yeux et je n’y trouve qu’éreintement. Nerveuse, mes doigts fins s’entremêlent sur mes genoux et je lui chuchote encore, avec reconnaissance et de honte :

      I : Si tu pensais un peu à toi à présent ? Sache que si tu le souhaites, je resterai à tes côtés. J’étudierai la musique avec toi. Rejoindre une école n’est pas primordial. J’ai le temps devant moi. Tu m’as appris tant de choses. Je sais gérer mon immortalité et elle est tienne tant que tu voudras de moi. Tu le sais n’est ce pas ?


    Il me tournait le dos, rangeant ses compacts discs dans le boîtier correspondant et mon regard n’avait toujours pas quitté mes doigts fins quand il s’en empara. Aussi ferme que délicat, il me presse contre son corps ferme et inusable alors que les reliefs de ma silhouette l’épouse. J’inhale son odeur, j’inspire son parfum, ma respiration se calque sur la sienne et je me détends, m’abandonnant tout entière aux bienfaits de sa présence, de son empathie et de son humeur. En réponse à son affection, j’entoure sa nuque de mes mains froides, creusant de ma tête une place adaptée et je m’abandonne aux bienfaits de sa présence, à son empathie et à son humeur. Je suis son double et je murmure à travers mon souffle trop court :

      I : J’admire ta noblesse. Ta noblesse de cœur mais tu en as déjà fait tellement pour moi.


    Jusqu’ici cachée dans son torse athlétique, je le laisse, à contre cœur, libérer sa nuque de la douceur de mes mains glaciales et affectueuses. Il embrasse mon front, me sommant de lui relater mes peurs alors que mes traits figés s’animent de l’éclat d’un sourire. Je lui suis reconnaissante de tant de choses. Il a fait de moi le vampire que je suis. Je lui dois ma vie, ma sécurité…et ma beauté qui n’est que le fruit de sa bonté. Le sait-il ? Sait-il comme je peine à lui mentir ? Sait-il comme parfois j’aimerais être capable de cette trahison pour l’épargner ? Ne faudrait-il pas que j’apprenne, enfin, à porter mes propres fardeaux ? Je tempête contre ma faiblesse mais je cède à ses désirs. Je laisse sa tendresse guider ma raison et j’entame le récit de mon cauchemar alors que mon protecteur s’éloigne déjà de moi, s’adossant contre le mur opposé. Je supporte le poids de ses iris sur mes traits inquiets autant que faire se peut mais je baisse les yeux. J’observe le sol avant de prendre la parole sur ce ton las qui me caractérise :

      I : Mon rêve est tellement curieux. Tellement effrayant que je n’ose plus rejoindre mes draps sans la certitude d’être épuisée. Ainsi, mes nuits sont sans rêve tu comprends ? Je dors trop profondément. Pourtant, il me poursuit la nuit. Tout à l’heure encore, je crus reconnaître ce vieux sorcier à la robe bariolée et à la longue barbe noire au milieu de la place rouge, quand j’ai secouru cette pauvre idiote de Calypso.


    Mon débit de paroles est si véloce que je dois reprendre mon souffle. Alexey, lui, insiste afin que je continue, ne lésinant les compliments à mon égard. Je suis fière. Fière d’être source de satisfaction. Fière d’être pour lui un bonheur de chaque jour…. Fière oui, bien que je cherche encore les raisons qui le poussent à tant me glorifier, à tant m’aimer…d’ailleurs, comment m’aime-t-il ? Et moi ?

      I : Tu exagères. Je serais une réelle satisfaction si je les aidais de bon cœur. Or, je t’assure que si je pouvais, je les égorgerais de mes canines. Ce sont de vraies petites dindes.


    Mes lèvres se retroussèrent sur mes dents blanches, contrastant à merveille avec le vermeille de mes lèvres mais je repris aussitôt. Il souhaitait entendre mon cauchemar dans les moindres détails…et je l’exauce:

      I : T’est-il déjà arrivé de courir jusqu’à perdre haleine ? Tu te sens poursuivie par ta propre folie ? C’est le début de mon rêve. Je fuis jusqu’à me laisser glisser contre le mur d’un bâtiment que je ne connais pas. Je suis assise dans la neige mais le froid et l’humidité ne me glace pas les os. Je suis à nouveau vampire et pourtant, je saigne. Je tape le sol avec ma main et une plaie tâche la neige. Il pleut, il tonne et le vent amène à mes narines un mélange d’odeur qui me donne la nausée. Je deviens animal. Je suis à nouveau vampire. J’ai envie de sang et je ne maîtrise ni ma vitesse ni ma force alors, je me sens tellement libre que je cavale à travers les rues de Moscou de cette vitesse qui nous est propre et je me sens bien. Tellement bien que je toise cet homme aux cheveux noirs, à la longue barbe et aux yeux foncés presque ridicule dans sa robe mauve et jaune. Il m’ordonne de prendre mon traitement, Andropov ou non et des bras sans porteur s’empare de mon corps. Ils sont trop forts, trop forts pour moi. J’hurle mais je n’y arrive pas. Je suis muette, muette de peur de te stupéfaction. J’ai mal et je glisse dans le vide. J’entame une longue descente dans un aquarium. J’ai l’impression de me noyer, l’eau… ou ce qui ressemble à de l’eau me brûle l’estomac et souvent, je me réveille sauf….hier soir où une suite inattendue m’arracha un hurlement plus violent encore.


    A mesure de mon discours, je m’enfonçais dans le moelleux des cousins de mon assise. Ce récit m’émeut, m’effraie et je ressers mes bras autant de mes genoux soulevés à mon menton. Je crois même que je tremble légèrement. Lentement, je lève mes yeux humides pour les plonger dans ceux d’Alexey. Je cherche un sentiment, j’attends une réaction, j’espère des commentaires….

      I : Crois-tu que pouvoir m’expliquer ce qu’il signifie et surtout, pourquoi il est si récurrent ? Pourquoi ai-je l’impression que dans mon rêve, je suis kidnappée… car la suite de cette nuit d’horreur veut que ce sorcier réapparaisse, instrument de torture à la main.
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MessageSujet: Re: - A kind of music, a kind of life, a kind of love. [R. Irina] Jeu 16 Juil - 2:59

    S'il avait un jour pu s'exiler en compagnie d'Irina, le patriarche l'aurait fait sans hésiter. Si elle était là, il avait l'impression qu'il pourrait supporter toutes les charges qu'incombaient sa fonction ; c'était à se demander comment est-ce qu'il arrivait à vivre avant qu'elle ne vienne hanter son éternité. Elle faisait parti d'un tout, étant à la fois le plus infime détail et l'élément principal : même si auparavant Alexey ignorait jusqu'à sa simple existence, aujourd'hui il savait, il était pleinement conscient qu'il ne pourrait plus vivre normalement s'il lui arrivait quoi que ce soit. Voilà pourquoi il se sentait le besoin irrémédiable de la protéger, et surtout de la garder uniquement pour lui. Égoïste ? Oui. Il ne voulait pas qu'un autre que lui pose ses mains sur elle, tout comme il tuerait de ses propres mains le premier – mortel ou Immortel – qui ferait couler des perles cristallines de ses iris mordorés.

    C'est pourquoi, lorsqu'elle lui raconta son rêve, il sentit son sang se glacer. Tous ses traits se figèrent, il devint une extraordinaire statue de marbre alors que son cœur martelait sa poitrine et que sa tête bourdonnait. Alexey était, bien évidemment, au courant de ce qu'il se passait en dehors des murs protecteurs de la demeure Andropov, mais il n'avait jamais pu en parler de vive voix à la frêle Irina ; il ne voulait pas qu'elle s'inquiète alors que son visage semblait enfin s'habituer à être serein. Des magiciens kidnappaient des Vampires pour leur extraire du sang afin d'en savoir plus sur les possibles propriétés curatives de ce dernier, contre le Spirit. Maudit Spirit, pesta intérieurement le vieil Immortel, si seulement tout ceci pouvait être effacé d'un simple geste... Belle Irina, je suis si désolé.... Il raffermit sa volonté, un léger sourire se creusant dans ses traits plus durs que le diamant. D'un pas félin, assuré, il vint s'asseoir en face de sa protégée, tendant la main et accueillant son corps tiède contre le sien. Il referma ses bras puissants autour d'elle, la berçant légèrement.

    « Tu n'as rien à craindre, Irina, ma douce. Ce n'est qu'un mauvais rêve, je t'assure... Il n'est que le fruit de tes peurs les plus profondes. Mais il n'y a rien dont tu puisses avoir peur en ces murs, ni même en dehors. Tout va bien... Je ne vais pas t'inviter à dormir auprès de moi, car cela pourrait s'avérer indécent, mais sache que je serais toujours à ton chevet, il te suffira pour cela de m'appeler. Je prendrai le temps qu'il faut pour combler tes craintes afin que tu trouves le repos... »

    Il caressa les courts cheveux, aussi sombres que l'aile d'un corbeau, et se pencha pour humer leur odeur délicieuse.

    « Quant à cette école, je sais qu'elle te tient à cœur. Et je t'attendrai, j'attendrais que tu ais terminé tes études de musique pour profiter à nouveau de ta présence. » lui confia-t-il du bout des lèvres.

    Il aurait aimé trouver autre chose à dire concernant son rêve, quelque chose qui aurait tout expliqué, mais comment dévoiler l'horreur de la vie, à une princesse de contes de fées ? C'était comme de prendre la Belle au Bois Dormant par la main, et la mettre face aux pires criminels de l'histoire, de laisser la douce à leurs bons soins. Inhumain. Pourquoi tant de scrupules, à lui qui n'était qu'une copie d'un homme, qui était devenu une créature qui vampirisait les mortels ? Parce que, justement, il tentait de montrer aux autres qu'il n'était pas seulement cela, qu'il était plus ; aux autres, et à lui. Cette envie irrationnelle de paraître « plus-qu'humain » l'avait possédé quelques temps après qu'il ait rejoins Lokhyan. Devant tant de cruauté, d'envie de sang, et de violence, il avait prit conscience de ce qu'il devait ou ne devait plus faire. Sage, Alexey ? On apprend de ses erreurs, ou l'on ne peut jamais évoluer, rétorquerait-il avec un doux sourire.

    Tandis qu'il se perdait dans ses pensées, les doigts vifs et agiles du Vampire s'aventurèrent dans la chevelure noire de la douce Irina, allant parfois jusqu'à caresser la peau soyeuse de ses bras, ou bien les courbes délicates de son visage si pur. Il aurait pu rester toute la nuit à découvrir ainsi les plus banales parties de son corps, mais il voulait chasser l'air inquiet qui la rongeait. Elle, et sa beauté de reine. Il cligna des yeux, portant son regard sur elle, avant de sourire avec ce qui ressemblait à de la joie. En l'espace d'un instant, il s'était levé, la portant contre lui, pour la déposer en face de lui, en plein centre du tapis aux arabesques complexes. Il se saisit de sa main gauche, posant l'autre sur la hanche gracieuse de l'Immortelle, et se mit à danser lentement. Les pas étaient ceux d'une valse, mais beaucoup moins rapides. Les iris rivés dans les siens, il souriait, heureux, et perdait pied dans l'ambre de ses yeux. Quelques minutes plus tard, il s'immobilisa progressivement, le souffle légèrement coupé. Sa main droite glissa jusqu'au visage de sa protégée ; il caressa du pouce l'ourlet de ses lèvres vermeilles. Alexey était sous le charme de cette créature si parfaite. Il ne pouvait le nier et ne cherchait à le faire. Cependant, il retenait ses pulsions, car il savait qu'elle était loin d'en comprendre toutes les subtilités. Il se mordit l'intérieur de la joue, en se retenant de déposer un chaste baiser sur la bouche tentatrice, et relâcha la fille Andropov afin qu'elle soit libre de ses mouvements. L'ombre d'un sourire ironique parut sur son visage.

    « Alors, ai-je gardé tout mon art intact ? N'ai-je rien perdu, Ô Maîtresse de la Musique ? »


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