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Juste une soirée... [ Elisabeth ]

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MessageSujet: Juste une soirée... [ Elisabeth ] Dim 21 Aoû - 19:13

Les temps avaient changés.

Le ciel était toujours gris sur la capitale anglaise, mais l'atmosphère n'était plus la même. Bien que le Spirit ait réellement disparu - du moins beaucoup aimait le croire -, une nouvelle barrière de défense semblait s'être élevée dans l'esprit des habitants. Je faisais partie de ceux-là. Une vie sans problème... Cela ne me paraissait pas vraiment probable pour l'instant.

Cependant, de mon côté, quelque chose avait bien changé dans ma vie : je n'étais plus seul. Depuis plusieurs semaines à présent, je m'étais réveillé d'un sommeil dans lequel je m'étais plongé consciemment, délibérémment. Comme j'avais été stupide. Je souriais en effet bien plus qu'avant, et avais repris goût à la vie. Tout cela grâce à une chose. Ou du moins, une personne : Elisabeth.

J'avais accepté de l'aider, ou plutôt, lui avais imposé ma présence afin de veiller à sa sécurité. J'avais cédé à son charme, ou plutôt à la faiblesse que je ressentais envers la jeune femme, durant mon séjour chez elle. Ou plutôt pendant mon installation. Je demeurais à présent chez elle, veillant sur elle et sa jeune nièce. Avec qui j'espérais m'entendre de mieux en mieux...

A cette heure, je venais de finir de préparer le dîner. Je sentais Elie quelque peu distante, en ce moment... Peut-être me faisais-je des idées, mais je tentais de la détendre comme je pouvais. Je ne savais pas si c'était efficace, mais au moins essayais-je. Je sortais le plat du four, après avoir mis la table. La petite nièce avait décidé de dormir chez une amie ce soir. Autant profiter un peu de la soirée. La jeune femme n'était pas encore rentrée. Je jetai un oeil à ma montre : elle ne devrait pas tarder à rentrer...
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MessageSujet: Re: Juste une soirée... [ Elisabeth ] Dim 21 Aoû - 20:12

Les temps avaient bien changé, effectivement. Le Spirit avait disparu et Thalie, ma nièce, avait été désenvoutée... Mais ce n'était pas pour autant qu'elle allait mieux. J'avais maintenant affaire à une jeune adolescente en pleine crise. Alors que nous avions tous été si pieux, depuis toujours, elle avait décidé de renier sa foi et en voulait terriblement à Dieu du mal qu'il lui avait fait. J'avais beau lui expliquer que je ne croyais pas une seconde à ces histoires, que jamais le Seigneur ne nous aurait fait cela, ne lui aurait fait cela, elle refusait de me croire.
Je continuais de l'aimer du mieux que je pouvais. Ce n'était pas facile tous les jours. Je la soutenais énormément, aussi. Mais elle était renfermée, se confiait peu. Elle avait repris les cours tant bien que mal : elle était terriblement intelligente mais avait un retard scolaire important à combler, sans compter ses problèmes psychologiques qui l'empêchaient d'être réellement brillante. Je me faisais beaucoup de soucis pour elle mais ne lui en montrais rien. Je ne voulais pas qu'elle ait à souffrir de mon mal-être. Les choses avaient été déjà bien assez difficiles suite au départ de ma sœur jumelle, je ne voulais pas que cela recommence, c'était hors de question.

Et puis il y avait Jason dans ma vie, aussi. Il était venu séjourner chez moi suite aux soucis que j'avais eus avec les chasseurs - soucis dont je ne lui avais d'ailleurs jamais avoué les tenants et aboutissants, et dont il ne savait donc rien à moins que, en détective avisé, il ait mené une petite enquête dans mon dos.
Ce qui ne devait durer que quelques jours ou quelques semaines semblait s'éterniser. Jason était de moins en moins souvent à son appartement. Il s'y rendait principalement pour travailler au calme mais tous les soirs, il revenait ici. Il avait enfin cédé à mes avances. La barrière qu'il s'était construit suite à l'échec cuisant de son mariage s'était effondrée : à nouveau, il osait aimer. Il osait m'aimer.
Cela ne pouvait que me rendre heureuse. Après des mois à ne connaître que des amants d'une nuit ou des relations frivoles - peu de personnes supportaient longtemps mes tendances dépressives, je me trouvais enfin entre les bras d'un homme qui m'aimait malgré tous les défauts que je pouvais avoir. Mes sentiments pour Jason étaient réellement profonds, et ce depuis la première nuit que nous avions passée ensemble. J'espérais que notre relation allait durer.
Ma nièce semblait difficilement accepter sa venue. Elle restait souvent enfermée dans sa chambre ou l'ignorai lorsqu'il était là. J'avais maintes fois tenté de lui parler mais avais fini par abandonner, constatant que mes efforts étaient vains. J'espérais que petit à petit, elle apprendrait à apprécier l'homme que je trouvais si merveilleux.

Ces derniers jours, j'étais quelque peu distante. J'avais subitement arrêté de boire et de fumer - mes bonnes résolutions de nouvel an depuis une douzaine d'années que je décidais enfin d'appliquer. Je voulais plaire à Jason. Je ne voulais pas qu'il embrasse un cendrier vivant alors qu'il ne fumait que rarement. Ne souhaitant pas combler mon manque de nicotine par l'alcool, j'avais décidé d'arrêter de boire également. Dieu que c'était difficile.
Mon moral s'en faisait ressentir. Mon appétit aussi. J'étais un peu distante avec Jason et m'en rendais bien compte mais j'avais bien du mal à faire illusion. J'avais les nerfs à fleur de peau et il m'en fallait peu pour que je me mette à bouder, à défaut de crier, ce que j'évitais de faire en présence de Jason. Ah, tous les efforts que l'on n'est pas prêt à faire pour plaire à son chéri...

Il était près de vingt heures. Je venais de finir un cours de chant, mon dernier de la journée. J'en avais pour une bonne demi-heure de métro avant d'arriver chez moi. Avisant le voile nuageux qui habillait la voûte céleste au-dessus de la ville, j'espérais qu'il ne se mettrait pas à pleuvoir, ayant une fois de plus oublié mon parapluie. Malgré ce mois d'août, le ciel londonien conservait cette couverture grise qu'il ne quittait que rarement.
En chemin, je pensai à ces histoires de disparitions, d'êtres ailés qui disparaissaient subitement... Les humains ne semblaient pas touchés, mais les sorciers n'étaient pas épargnés... Or Thalie était une sorcière. Je n'étais jamais tranquille quand je la savais seule dehors. Je l'avais autorisée à dormir chez une amie ce soir mais n'avais pas encore de nouvelles. Allait-elle bien ? Était-elle arrivée à destination sans encombres ? Depuis ces histoires de Spirit, je n'avais guère l'esprit tranquille. D'autant plus que j'avais bien du mal à croire au départ définitif de cette entité qui nous avait causé tant de tourments ces dernières années.

Vingt heures trente. J'insérai la clé de mon appartement dans la serrure, inspirai un grand coup et ouvris la porte. Je la refermai derrière moi et posai mon trousseau dans le vide-poches. L'odeur qui émanait dans l'entrée m'indiquait que Jason avait préparé le dîner. Très gentille attention de sa part, mais rien que l'odeur de la nourriture me donnait la nausée depuis que j'avais arrêté de fumer. Une fois de plus, j'allais faire semblant et feindre que tout allait bien, que j'étais juste un peu fatiguée...
Rejoignant le salon, j'adressai à Jason un petit "bonsoir" accompagné d'un sourire. Je posai mon sac à main au pied du canapé et retirai ma veste que je posai sur le dossier de ma chaise de bureau, dans un coin de la pièce. Je ne m'étais pas arrangée niveau rangement, mais il ne fallait pas trop m'en demander non plus. Puis, en silence, j'allai me laver les mains dans la cuisine, en profitant pour regarder ce qu'il avait préparé.
Je soupirai légèrement. Il fallait que je me reprenne. Je m'approchai de mon homme et déposai un furtif baiser sur ses lèvres.

"Ça a l'air vraiment bon, merci d'avoir tout préparé."

Je choisis rapidement un CD sur l'étagère - une compil de chansons françaises du siècle dernier puisque je faisais découvrir à Jason la culture de mon pays d'origine, l'insérai dans le lecteur et allai m'asseoir à table. Depuis mon arrivée à Londres, pas un seul de mes repas à l'appartement ne s'était fait en l'absence de musique et ce soir ne ferait pas exception à la règle.
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MessageSujet: Re: Juste une soirée... [ Elisabeth ] Mar 23 Aoû - 22:15

Les temps avaient changés, surtout dans ma vie personnelle. Alors que j'avais accepté d'arrêter de ressentir des sentiments pour mon ex-femme, qui m'avait quitté alors qu'elle était partie en campagne anglaise rendre visite à ses parents, Elisabeth était là. Comme une petite flamme, la passion que j'avais reçue en rencontrant cette jeune femme s'était progressivement agrandie, enflammant entièrement mon coeur. Je m'étais d'abord senti faible, et ce sentiment m'avait été désagréable... Mais doucement, j'avais compris, su que j'étais là pour Elisabeth, et qu'elle serait aussi là pour moi. Aussi longtemps que notre relation durerait. Cependant, certains détails ne me facilitaient pas la vie. Ou plutôt un. Enfin une, pour être poli.

Thalie.

La jeune nièce de Elie ne m'aidait pas vraiment dans ma relation avec elle. En effet, l'adolescente était plutôt réticente à ma présence et me le faisait correctement savoir par de mauvaises remarques, ou par le biais de pics qu'elle savait particulièrement placer. Je faisais abstraction, ou tentais de faire de mon mieux afin de faire preuve de patience envers la jeune fille ; mais je me retrouvais ensuite certaines journées dans mon appartement, et je devais avouer que ces moments là... Je les savourais quelque peu. Mais je ne baisserai pas les bras devant la déception de Thalie, et comptais bien lui faire comprendre que je n'étais pas là pour leur nuire.

Ce soir, l'adolescente n'était pas là. Et je sentais la tension chez ma jeune protégée. Je comptais ainsi bien veiller sur elle ce soir, et être au mieux.
D'ailleurs, elle ne tarda pas à rentrer. L'odeur du dîner régnait dans l'appartement, malgré la petite fenêtre ouverte dans la cuisine. J'avais fait en sorte que l'on ne sente pas la friture. La table était mise, un peu décorée. A l'arrivée de Elisabeth, je lui rendais son sourire, et son bonsoir, qui fut bref. Je la laisse aller se laver les mains, et alors qu'elle part mettre de la musique, je la rejoins, l'entourant doucement de mes bras, déposant un baiser sur sa joue, chuchotant à son oreille.

" Maintenant, je veux que tu te reposes ma belle... J'ai tout préparé, il n'y a plus rien à faire."

Je lui prenais doucement la main, l'entraînant avec moi. Je l'installais à table, l'ayant déjà servi. Spaghettis bolognaise, demoiselle pour ce soir. Le même plat que le jour où je l'avais rejointe à l'appartement... J'en avais conscience. Le repas me sembla... Tendu. La jeune femme n'avait finalement pas très faim. Tant pis... Mon menu tombait à l'eau, mais qu'importe. Elisabeth avait arrêté la cigarette il y a peu... Peut-être cela jouait-il.
Après ce semi repas, je passais à la salle de bains, avant de rejoindre la chambre à coucher. J'avais mis un moment avant de rejoindre Elisabeth dans cette pièce, n'osant pas abuser de son hospitalité au début : à la suite, c'en était devenu une nécéssité. Une fois couchés, je l'entourai tendrement de mon bras.

" Elie... Est-ce que ça va ? "
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MessageSujet: Re: Juste une soirée... [ Elisabeth ] Mer 24 Aoû - 9:06

Je mangeai difficilement ce soir-là. Moi qui, d’habitude, raffolais des spaghettis bolognaise, j’étais aujourd’hui bien loin des penchants boulimiques qui m’avaient habitée suite à l’emprisonnement de mon frère. Je parlai peu. Habituellement, nous nous racontions nos journées. Il me faisait part de quelques éléments des enquêtes qu’il menait, je lui parlais de mes cours et de mes élèves. Pas ce soir. Je restais silencieuse, tournant longuement mes pâtes autour de ma fourchette, mâchant chaque bouchée avec lenteur, l’avalant avec difficulté. Je fuyais le regard inquiet de Jason. Je m’en voulais tellement d’agir ainsi mais mes efforts pour me montrer plus enjouée étaient vains.
Je ne finis pas mon assiette, ne parvenant pas à en avaler plus. Je m’excusai, me levai et allai m’allonger un peu sur mon lit, quelque peu nauséeuse. Je fermai les yeux, tentant de me reposer un peu. J’entendais Jason, de l’autre côté du mur, débarrasser la table et faire la vaisselle. Je l’entendis rejoindre la salle de bains.
La porte de la chambre s’ouvrit, je sentis Jason prendre place à mes côtés. Bientôt, son bras vint m’entourer. Je bougeai légèrement, afin de trouver une position plus confortable, mais toujours sans le regarder. Je lui répondis d’un faible murmure.

« Ca va… »

Sa présence me mettait mal à l’aise. Je me défis de l’emprise de son bras et me levai.

« Je reviens. »

Je rejoignis la salle de bains à mon tour et m’y enfermai, afin de ne pas être dérangée. Je pris mon temps pour me doucher, me démaquiller, me brosser les dents, enduire mon visage et mon corps de crème hydratante. Inconsciemment, je retardais le moment où j’irai retrouver Jason dans ce qui était devenu notre lit. A cette pensée, mes yeux s’emplirent de larmes. Mon regard croisa celui de mon reflet dans le miroir. J’avais mauvaise mine, mes yeux étaient cernés, mon teint pâle. De quoi faire fuir Jason et pourtant, malgré mon comportement, j’avais terriblement besoin de lui en ce moment.
Nue, je quittai ma planque pour rejoindre mon homme. J’enfilai ma nuisette couleur prune qui avait atterri sur le sol lors de nos ébats de la veille. Silencieusement, je m’allongeai sur le dos, remontai l’épaisse couette sur moi et fixai le plafond. Je sentis le regard de Jason posé sur moi et pourtant, je n’osai toujours pas l’affronter. Je soupirai légèrement et finis par tourner la tête de l’autre côté du lit, fermant les yeux. Je savais néanmoins que le sommeil ne viendrait pas. Il semblait me fuir depuis que j’avais brusquement cessé de fumer tant j’étais, intérieurement, une boule de nerfs.
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MessageSujet: Re: Juste une soirée... [ Elisabeth ] Jeu 25 Aoû - 17:00

Elisabeth était distante, et je le sentais vraiment. Si elle souhaitait dissimuler ses sentiments, ce n'était malheureusement pour elle pas une réussite. Si la jeune femme avait quelque chose à me cacher, j'espérais que ce ne soit pas pour encore très longtemps. La tension était palpable dans l'atmosphère, et je n'appréciais pas vraiment cette ambiance. Peut-être avait-elle eu des soucis au travail... La fatigue devait aussi jouer ? Je l'ignorais.

Après avoir effectué mes tâches d'homme de maison - ou du moins, ici, d'appartement - je m'étais dirigé vers la salle de bains, me lavant, pour enfin rejoindre ma bien aimée. Passant mon bras autour des épaules de Elisabeth, je la sentis se remuer. Mais elle ne se dégagea pas. Un bon point... J'avais aussi peur d'avoir fait quelque chose de mal. A son faible murmure, je me rapprochais, et déposais un baiser sur son épaule avant de murmurer à mon tour. Je ne voulais aucunement la brusquer.


" ... Tu en es sûre ? "

Peu après ma question, la jeune femme se dégagea, prétendant revenir dans peu de temps. Je la regardai s'éloigner, silencieux. Avais-je dis quelque chose de mal ... ?
Je m'allongeai sur le dos, croisant les bras derrière la tête. J'étais troublé. A part avant le début de notre relation, où je n'aurai rien dis de cet écart, je ne l'avais jamais connue ainsi. J'avais le sentiment d'avoir commis une erreur, mais sans en connaître l'origine, ni l'identité. Etais-je trop absent, à me rendre à mon appartement durant la journée pour travailler ?

Je préférais simplement travailler dans une ambiance qui m'était familière. J'y retrouvais tout le silence dans j'avais besoin, et avançais mieux dans mes enquêtes. Ma concentration y était présente, et je n'avais ainsi pas à déplacer tous mes dossiers. Il ne manquerait plus que Thalie y jette un oeil... Je l'imaginais aussi très bien prendre mes feuilles, et les éparpiller en courant dans l'appartement, pour me faire comprendre qu'elle ne voulait pas forcément de moi dans sa vie. Mauvaise idée.

Peu de temps après, Elisabeth revint à mes côtés. Elle enfila une nuisette, et tira la couverture sur elle, silencieuse, avant de se tourner. Je n'aimais pas ça. J'étais inquiet.
Je me rapprochais à nouveau d'elle, et caressais doucement son bras, posant quelques baiser sur sa nuque.


" Elisabeth... Je m'inquiète pour toi."
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MessageSujet: Re: Juste une soirée... [ Elisabeth ] Jeu 25 Aoû - 21:26

Non, Jason n’avait rien dit ni fait le mal. Et je n’avais pas non plus de soucis au travail. Le problème venait de moi, et de moi seule. Je devais me reprendre et faire des efforts. Ce devait être la millième fois depuis deux semaines que je me disais cela et je n’avais toujours pas changé. Si j’avais voulu faire fuir Jason, je ne m’y serais pas prise autrement. Et pourtant, Dieu sait à quel point j’aimais cet homme. Je ne supporterais pas qu’il me quitte parce que je ne lui offrais pas l’amour qu’il attendait et méritait.
Il n’était pas trop absent. Il devait travailler, c’était normal. Moi aussi, d’ailleurs, et je n’étais pas souvent chez moi la journée. Plus que lui, certes, mais aussi parce qu’une partie de mon travail consistait à préparer les cours de mes élèves, à faire quelques recherches sur Internet, à chercher des chansons. Et il aurait été plutôt déplacé de lui reprocher son absence alors que j’étais la seule et unique responsable de la distance qui s’installait entre nous depuis peu. Je m’endormais chaque nuit dans ses bras, me réveillais chaque matin à ses côtés. Il lui arrivait même de rentrer avant moi le soir et de préparer le dîner, ou bien de se lever avant moi et de préparer le petit déjeuner. Je ne pouvais rien lui reprocher. Il ne faisait rien de mal, ne disait rien de mal. Mais il culpabilisait et moi, je m’en rendais bien compte. Tout était pourtant de ma faute…

Sentant ses baisers dans ma nuque, je tournais la tête vers lui et lui adressai un pâle sourire. Je ne pouvais malgré tout pas rester insensible à de telles marques de tendresse de la part de l’homme que j’avais attendu pendant des mois. Je me mis sur le côté, face à Jason, et passai mon bras autour de lui.

« Désolée Jason mais ça va, ne t’inquiète pas… Je suis fatiguée, c’est tout. »

Peut-être que cela ne le rassurerait pas de savoir que je me sentais aussi fatiguée. Peut-être ne me croirait-il pas. En même temps, je dormais terriblement mal depuis quelques semaines et refusais de prendre quoi que ce soit pour arranger cela. J’avais déjà pris bien assez de somnifères, antidépresseurs, anxiolytiques et compagnie ces dernières années et j’étais plutôt sceptique quant à leur efficacité.

Désireuse de trouver contre lui un peu de tendresse et de réconfort, j’enfouis ma tête dans son cou après y avoir déposé un tendre baiser. Je fermai les yeux. Doucement, régulièrement, ma main allait et venait dans son dos. Mes ongles longs griffaient délicatement sa peau, sans y laisser la moindre marque. Le contact de son torse dénudé contre ma peau légèrement vêtue m’apaisait, même s’il ne faisait pas disparaître cette angoisse que je gardais enfouie en moi.
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MessageSujet: Re: Juste une soirée... [ Elisabeth ] Dim 28 Aoû - 20:20

Lorsque celle que vous aimez semble ne plus vous accorder la moindre attention, tous les scénarios peuvent alors vous passer par la tête. En ma matière d'enquêteur, je redoublais ainsi d'imagination. J'avais vu tellement de cas de couples, ou de situations tordues avec mes clients qu'à présent... Je ne savais plus du tout quoi penser de ce qu'il se passait pour ma chère Elisabeth. Je savais qu'elle avait eu des soucis avec ces chasseurs... Je n'en savais rien de plus. Mais je menais tranquillement mon enquête, qui progressait tranquillement. Cependant, je désirais ne rien lui dire de tout ça. Je la trouvais bien trop inquiète pour en toucher un traître mot.

Nous étions à présent couchés l'un contre l'autre, je ne pouvais demander quoique ce soit de meilleur pour cette soirée. Ou peut-être qu'elle ait eu plus d'appétit au cours de notre dîner. La présence de ma chère et tendre était ce que j'avais recherché inconsciemment depuis tant d'années... Pour rien au monde je ne voudrai quérir autre chose que le contact de sa peau.
Je continuais de lui caresser tendrement le bras, voulant la sentir se détendre, être plus calme... Je souriais très faiblement à ses mots, et lui répondais de chuchotements à l'oreille.


" Je comprends... Je t'aime, Elie. "

Je déposais un baiser sur sa tempe, sentant ses ongles dans mon dos. Je la croyais... Sans pour autant être sûr de ce que j'avançais, comme réaction. Probablement aurais-je dût lui poser plus de questions. En savoir plus sur ce qui la tracassait. Mais je sentais aussi que ce n'était guère le soir.
Elle se lovait contre moi, je caressai tendrement son dos. Cette discussion ne serait pas pour ce soir. Je ne voulais pas l'embêter d'avantage.

Je la serrai un peu plus contre moi, comprenant sa demande. Et l'acceptant volontiers d'ailleurs.
Je me penchais sur elle pour déposer quelques baisers dans son cou, continuant mes caresses. Puis je la regardai dans les yeux : je ne voulais pas y voir cette douleur, cette tristesse, que je lui connaissais parfois... Je m'avançais, et m'emparai tendrement de ses lèvres, sa peau contre la mienne, dans l'obscurité de la pièce.
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MessageSujet: Re: Juste une soirée... [ Elisabeth ] Dim 28 Aoû - 21:43

A ses paroles, un faible sourire éclaira mon visage. Il m’aimait… et je le savais sincère. Dévoiler ses sentiments lui était bien trop difficile pour qu’il prenne en plus la peine de mentir. Et s’il savait combien je l’aimais également, combien j’étais désolée de ne pas parvenir à me montrer sous un autre jour ces derniers temps. Je finirais bien par lui expliquer, mais je parvenais à m’y résoudre.
Il était certain que si j’apprenais qu’il menait une petite enquête à mon sujet, je n’en aurais pas été ravie. En même temps, j’étais par deux fois venue à lui avec des hématomes sur le visage. Comment pouvais-je être assez naïve pour ne pas me douter qu’un de ses dossiers portait mon nom ?

J’approchai mes lèvres de son oreille et lui murmurai quelques mots en français. Je les trouvais tellement plus doux que dans la langue de Shakespeare.

« Je t’aime… »

Ma main caressait tendrement sa joue rugueuse tandis que l’autre griffait maintenant son bras avec douceur. Je me cambrai légèrement en sentant sa main passer dans mon dos.
Les baisers qu’il déposait dans mon cou firent monter en moi une douce vague de chaleur. Un discret soupir d’aise s’échappa de ma bouche. Je basculai sur le côté pour me retrouver au-dessus de lui. Ouvrant les yeux, je plongeai mon regard dans le sien. Il pourrait, cette fois, y voir les étincelles de tout l’amour que j’étais prête à lui donner ce soir, et non plus cette tristesse qui venait habituellement les hanter ces derniers temps.

Je tendis mon bras pour éteindre la lampe de chevet restée allumée du côté de Jason. L’obscurité inonda la pièce, y ajoutant un côté mystérieux. Ne pas savoir ce que l’autre allait faire, se laisser surprendre, surprendre à son tour… Un vrai jeu allait commencer.

Je m’emparai aussi de ses lèvres, prenant avec une ardente passion son visage entre mes deux mains, et l’embrassai langoureusement. La Vierge Marie que je portais en pendentif autour de mon cou vint chatouiller le sien tandis que nos lèvres semblaient refuser de se détacher les unes des autres.

Je me décidai finalement à venir couvrir d’autres parcelles de son corps de mes baisers. Son cou, son torse, puis son ventre… Je descendis lentement et finis par me redresser, me retrouvant ainsi à califourchon sur ses jambes. La couette qui nous recouvrait glissa dans mon dos avant de s’échouer au sol, au pied du lit, entraînée par son propre poids. Je descendis légèrement les sous-vêtements de mon homme avant de m’allonger de nouveau sur lui. Mes lèvres s’emparèrent une nouvelle fois des siennes tandis que j’entourai de mes bras son cou et son dos. Les caresses reprirent longuement, faisant augmenter le désir qui s’emparait de nos deux corps.

Je laissai Jason reprendre les commandes. Il pouvait faire de moi ce qu’il voulait, j’étais prête à le suivre dans n’importe quel recoin du jardin des délices.
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MessageSujet: Re: Juste une soirée... [ Elisabeth ] Mar 30 Aoû - 20:56

[i]Lui expliquer que je menais une enquête sur ce qui avait put lui arriver. Sur ce qui l'avait plusieurs fois fait rentrer à l'appartement, blessée, et meurtrie. Je n'aimais pas ces instants là, et souhaitais plus que tout mettre fin à cette mascarade. Quoi qu'il y est derrière. Des chasseurs persévérants, des vampires, ou quoique ce soit d'autre... Je m'en mêlerai. Je ne pouvais laisser ma jeune humaine sans défense. Aussi un casier de mon appartement portait son nom, et la liste des derniers endroits dans lesquels elle s'était rendu, avant de rentrer blessée. Certains londoniens m'affirmaient l'avoir aperçu dans un coin, tandis que d'autre me promettaient le contraire. Souvent, la continuité de cette histoire était compliquée à suivre.

Alors que je caressais tendrement la peau de ma belle, je la sentis se rapprocher de moi, et frissonnai à son murmure. J'aimais sa langue, le français, bien que je ne puisse en parler que de traîtres mots. J'avais bien essayé de m'y pencher, en l'écoutant de temps à autres le parler : mais toutes ces syllabes étaient complexes, et la rapidité de la langue, décourageante.
Mais l'heure n'était pas à l'apprentissage, à présent. Elisabeth se faisait plus câline, et je le sentais bien : je redoublais de tendresse de mon côté, ne pouvant détacher mes lèvres de sa peau parfumée, jouant de baisers dans son cou. Son soupir ne m'interrompit pas, au contraire, m'encourageant à continuer.

Cependant, un mouvement me stoppa : la jeune femme souhaitait prendre les dessus. Je ne l'en empêchais pas, au contraire. Je percevais son regard, pétillant dans la faible lueur que nous offrait la lampe de chevet : je la préférai ainsi, son voile de tristesse précédent ayant complètement disparu. J'avais avec moi une jeune femme magnifique, pleine de vie. Et je souhaitais que sa peine ne revienne pas de sitôt. Mais ces étoiles ne tardèrent pas à être effacées par l'obscurité de la pièce : Elisabeth venait d'éteindre la lumière.

Je sentis alors ses lèvres rejoindre les miennes, avec une langueur qui en disait long. Je répondis à son baiser, ne m'en détachant guère : ma main passa derrière la nuque de la jeune femme, l'invitant à se rapprocher encore. L'autre se fit plus entreprenante, passant du haut du dos de mon amante jusqu'à sa jambe avec une lenteur et une tendresse certaine.
Nos lèvres se détachèrent, et je cherchais du regard celui de Elie : mais elle continuait déjà ses caresses. Je sentais sa bouche contre ma peau, provoquant à sont tour une certaine chaleur en moi, plus qu'agréable.
J'entendis le drap tomber au sol, et devinais à présent la silhouette de ma belle à travers les rayons de la cité passant au travers des volets.

Mais voilà que bientôt, je quittais mes vêtements. Mon ardeur n'en fit qu'augmentée, alors que je sentis les lèvres de la jeune femme contre les miennes. J'enhardissais ce baiser, me redressant, serrant Elisabeth contre moi, mon bras dans son dos. Bientôt, alors que ma bouche avait rejoint son cou, ce fut une bretelle de sa nuisette qui tomba, son épaule dénudée rapidement rejointe par mes baisers. La deuxième s'effaça à son tour, et alors que je maintenais toujours la jeune femme contre mon torse, mon autre main la défit de sa robe nocturne, qui rejoignit le drap, au sol. Ma tendresse s'accrut de nouveau, se témoignant au niveau de la poitrine à présent libre de mon amante. Mes lèvres la rejoignirent un instant.

Au fur et à mesure de nos caresses, la fièvre ne cessait de s'élever dans la pièce. Quiconque tenterait d'y rentrer en sortirait peut-être aussitôt : c'était un instant d'intense intimité, durant lequel nos deux corps s'assemblèrent, protégé par la nuit, loin de la ville et de ses soucis.

Le soleil s'annonçait, caressant le sol de la chambre. Ses rayons vinrent cogner les volets, et s'immiscer sur le lit, où je me trouvais, maintenant dans mes bras une créature de rêve, mais endormie. J'étais éveillé depuis quelques minutes à présent : le réveil annonçait fièrement 8h15. Je n'osais réveiller ma douce, et me levais doucement, enfilant un tee-shirt noir et un pantalon de toile, afin de sortir préparer le petit-déjeuner.
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MessageSujet: Re: Juste une soirée... [ Elisabeth ] Sam 3 Sep - 12:33

Les baisers se multipliaient, les caresses se faisaient plus ardentes. Nos deux corps dénudés se pressèrent l’un contre l’autre avec une violente passion – la même qui nous accompagnait jour après jour. Ses mains puis ses lèvres rejoignirent ma poitrine. Je fermai les yeux, recevant cette tendresse avec un plaisir infini.

Nos corps s’unirent. Puis nous nous endormîmes chacun dans les bras de l’autre, bercés par le bruit de la pluie fine qui martelait le toit de mon immeuble, juste au-dessus de nous.

Le soleil s’était levé. Je gémis légèrement alors que Jason quittait le lit, réveillée par ses mouvements. Je gardai néanmoins les yeux fermés et retrouvai bien vite une position confortable, sans pour autant me rendormir vraiment. J’entendais mon homme préparer le petit-déjeuner et scrutais chacun des bruits qui s’échappait de la cuisine, traversait le salon et le mur de ma chambre. Le café qui coulait, l’eau qui bouillait, les tartines qui s’échappaient du grille-pain. Je m’étirai doucement, bâillai longuement, me frottai les yeux avant de les ouvrir difficilement. La nuit, qui n’avait déjà pas été très longue, avait en plus été entrecoupée de nombreux réveils. J’espérai ne pas avoir trop dérangé Jason.

Me défaisant de l’emprise de la couette qui m’entourait avec tendresse, je finis par me lever, récupérai ma nuisette au sol et l’enfilai. Puis je rejoignis la cuisine, négligeai toutes ses odeurs de petit-déjeuner qui me soulevaient l’estomac, chassai de mon esprit mon envie de cigarette et entourai Jason de mes bras, déposant un tendre baiser dans son cou.

« Bonjour chéri. »

Je l’aidai à finir de tout préparer, mit un peu de musique en fond sonore et nous nous installâmes à table.

Je ne parvenais pas à manger. Chaque bouchée était un calvaire. Je m’arrêtais régulièrement, posais mon coude sur la table et ma tête sur ma main, immobile, à contempler mon assiette d’un air dégoûté. Je soupirai doucement en portant une main à mon estomac. Mon regard croisa celui, inquiet, de Jason.

« Ça va, t’en fais pas… »

Pas pour longtemps. Alors que j’avais fait l’effort de croquer une nouvelle fois dans ma tartine beurrée, je n’eus guère d’autre choix que de courir vers les toilettes les plus proches et de m’y enfermer.

J’en ressortis quelques minutes plus tard, patraque. Après un détour par la salle de bains histoire de me rafraîchir un peu, je rejoignis le salon où, plutôt que de retourner à table, je gagnai directement le canapé. Inutile de tenter de venir à bout de mon petit-déjeuner, je me sentais bien incapable d’en avaler une bouchée de plus. Je n’osai pas regarder Jason. M’allongeant sur le sofa, je portai une main à mon ventre, tandis que mon bras venait recouvrir mes yeux. Je me serais bien recouchée mais n’en avait pas le temps : une journée de travail m’attendait.
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MessageSujet: Re: Juste une soirée... [ Elisabeth ] Mer 14 Sep - 20:55

Je m'étais levée, tentant de faire de mon mieux afin de ne pas réveiller ma douce, après la nuit que nous avions passé tous les deux. Elle semblait fatiguée la veille, comme dans la journée qui était passée : elle souriait moins, et avait perdu l'appétit. Peut-être, ce matin, que cela irait mieux...
Je m'activais ainsi sur les tartines à couper pour les faire griller, ayant branché l'appareil destiné à cette fin. Deux tranches sautèrent automatiquement en l'air, alors que j'avais fait chauffer le café, et bouillir de l'eau. Savait-on jamais : peut-être que ce matin, un thé ferait du bien à Elisabeth. Ce n'étaient que supposition.

Je sortis de mes pensées en sentant les bras de la jeune femme m'entourer. J'esquissais un tendre sourire, accueillant avec plaisir le baiser qu'elle déposa dans mon cou. Son aide me fut utile, cependant, j'espérais qu'elle en fasse le moins possible : si vraiment elle se sentait aussi malade que la veille, mieux valait qu'elle se repose.

Je terminai de mettre la table, et laissais Elie aller brancher son habituelle musique. L'ambiance qui s'en élevait était apaisante, et nous menait tous les deux dans le rythme de la journée qui s'annonçait. Je savais que de mon côté, un bon nombre de dossiers m'attendait. Un homme venait afin de mettre fin à une stupide affaire d'accident de voiture : l'ayant retrouvé dans un état pitoyable, au milieu de la campagne, il n'avait réussi à mettre la main sur le coupable, et la police anglaise avait mis l'histoire de côté, débordée. Aussi avait-il fait appel à moi. Peut-être aurait-il dût se méfier un peu plus de son jeune jardinier.

Cependant, une autre affaire retenait à présent mon attention.
Elisabeth ne touchait pas à grand chose, et rechignait à manger un peu, ce matin là. Mon regard rejoignit le sien, et elle en devina clairement la raison. Je ne soulevais aucun commentaire à ses paroles, songeur, replongeant ma tartine mon café.
Brusquement, elle se leva. Cela ne pouvait pas continuer comme ça. Je me levai, et finissais d'une bouchée ma tartine, silencieux.

Bientôt, Elisabeth rejoignit le canapé, une main sur son ventre. Je m'approchais d'elle, me posant derrière elle, mes bras posés tendrement sur ses épaules. Je parlais calmement, mais d'un ton plus que sérieux.


" Elisabeth, écoute-moi. Je veux que tu ailles voir un médecin... Tu ne peux pas aller travailler dans cet état. Je ne te laisserai pas y aller comme ça."
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MessageSujet: Re: Juste une soirée... [ Elisabeth ] Jeu 15 Sep - 14:25

Tout ce que préparait Jason pour le petit déjeuner était absolument parfait. Le thé, les tartines, la confiture, le beurre… Tout ce que j’aimais et il le savait. Le problème était juste qu’une fois de plus, je n’étais pas vraiment en forme, en proie à des nausées dès lors que des effluves de nourriture se répandaient dans l’atmosphère. Je tentais de cacher cela du mieux que je pouvais, mais ne pouvais faire guère illusion lorsque je mangeais peu ou m’enfermais dans les toilettes au cours du repas. Une période d’anorexie suite à une période de boulimie ? Ce n’était pas inhabituel mais si loin de la réalité. Je faisais attention à mon poids mais sans non plus en faire un complexe et n’avais aucune raison de maltraiter ainsi mon corps pour perdre quelques kilos – kilos que d’ailleurs, j’avais tendance à perdre sans le vouloir vraiment à force de manger si peu.

Hors de question pour moi de tenter une nouvelle fois de manger. Mon estomac semblait réticent à l’idée de recevoir de la nourriture aujourd’hui. Allongée sur le canapé, bercée par la douce musique qui s’échappait de la chaine hi-fi, je n’entendis pas Jason s’approcher de moi. En revanche, je sentis ses bras se poser sur mes épaules presque nues, seulement recouvertes par les fines bretelles de ma nuisette. Je dévoilais mon visage, retirant mon bras qui cachait un peu mes yeux de la lumière, et saisit la main de Jason, mon autre main toujours sur mon ventre. Basculant un peu la tête en arrière, je le regardais. Je n’aimais pas lire cette inquiétude sur son visage, et m’en voulais de lui causer tant de tourments tandis que je restais silencieuse et mettais toute l’étrangeté de mon attitude sur le coup de la fatigue et de mon brutal arrêt de la cigarette.

Je soupirai légèrement.

« Ça ne sert à rien Jason… Je… »

Je pris une légère inspiration pour me donner le courage de continuer, de m’expliquer…

« J’y suis déjà allée et il ne peut pas faire grand-chose… »

La prochaine question de Jason allait sans doute porter sur ce qu’avait dit le médecin… Je ne lui avais pas dit que j’étais allée en voir un il y a de cela un mois, lorsque j’avais commencé à être dans cet état.
Trouvant sa position plutôt inconfortable, je me redressai sur le sofa pour m’y retrouver assise, mes bras entourant mes jambes que j’avais ramenées vers moi.

« Viens, assieds-toi s’il te plaît… Il… il faut qu’on parle… »

Si j’avais voulu qu’il meure d’inquiétude, je ne m’y serais pas prise autrement. Et pourtant, s’il savait à quel point la perspective de cette conversation m’effrayait depuis des semaines à présent…
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MessageSujet: Re: Juste une soirée... [ Elisabeth ] Lun 19 Sep - 19:34

Malgré les préparatifs que j'avais organisé, et toute l'organisation que j'avais déployé afin de mener à bien mon projet concernant la mise en place du petit déjeuner de ce matin là, je remarquais bien que ce ne fut pas suffisant. J'avais pourtant pris soin de sortir tout ce dont nous aurions put avoir besoin dans ce repas : les tartines de pain, la confiture, le beurre, le grille pain branché dans un coin de meuble de la cuisine, les couverts disposés sur la table. Tout. Mais à nouveau, je ne pouvais rien faire pour apaiser ma princesse. Encore une fois, elle s'était levée et avait été prise d'un malaise. Qui était de ceux de plus en plus habituels à présent, et que de mes propres moyens, je n'arrivais ni à calmer, ni à apaiser. Elisabeth était sûrement la seule personne capable de prendre les choses en main.

C'était la raison pour laquelle je me trouvai à présent, les bras autour des épaules de la femme que j'aimais. Je m'attendais simplement à un accord, une confirmation à la question de se mettre à faire un traitement afin de guérir la jeune à nouveau dans le canapé, l'un de ses bras sur son ventre, un autre sur son visage, comme pour se cacher du monde. Dissimuler toute la douleur et le malaise qu'elle semblait ressentir continuellement depuis plusieurs semaines, à présent.

Je ne voulais qu'une chose : qu'elle guérisse. Voir un médecin était la chose la plus logique à mon sens.

A sa réponse, je fronçais un peu les sourcils, alors que ma main était venue doucement caresser l'une de ses joues. Elle... Était déjà allée voir un médecin ?


" Pourquoi tu ne me l'as pas dit ? "

Si vraiment un médecin l'avait vu, peut-être lui avait-il donné un traitement, de quoi aller mieux, quelque chose ? Mais pourquoi ne m'avait-elle tout simplement pas parlé de sa visite ? De ce qu'avait dit le soignant ? Je ne comprenais pas la chose. Pour une fois, une affaire n'avait pas ma lumière pour être résolue. Aussi, je ne m'étais pas penchée dessus, je devais l'avouer.
La jeune femme se retira alors de mon étreinte se redressant.

A ses dernière paroles, mon sang ne fit qu'un tour. Quelque chose de grave ? Etait-elle vraiment malade ? Qu'arrivait-il ? Je me levai, et venais m'asseoir à ses côtés avec précipitation. J'étais nerveux. Inquiet d'apprendre une mauvaise nouvelle concernant la santé de la femme que j'aimais.


" Elie, tu m'inquiètes... Qu'est-ce qu'il se passe ? "
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MessageSujet: Re: Juste une soirée... [ Elisabeth ] Mer 21 Sep - 9:58

Je ne répondis pas à sa première question. Il aurait bien vite une réponse. Vraiment, il ne comprenait pas ? Pourquoi, s’il y réfléchissait un instant, certaines choses devraient quand même lui permettre de deviner…

Alors qu’il prenait place à mes côtés, je passai ma main dans mes cheveux avant de saisir le pendentif de la Vierge Marie que je n’ôtais que rarement et de le faire nerveusement tourner autour de sa chaîne.

« Je… Je ne suis pas malade, Jason. »

Je fermai les yeux et inspirai longuement pour me donner la force de continuer.

« Je suis enceinte. »

Ca y est, j’avais enfin réussi à le dire. Enfin je lui avouais ce qui me rongeait depuis cinq semaines à présent. J’étais enceinte de huit semaines et ce n’était que maintenant qu’il l’apprenait. Sans doute allait-il m’en vouloir pour cela, ou bien ne pas comprendre pourquoi je le lui avais caché pendant si longtemps.
La raison de mon silence était que j’avais peur de sa réaction. J’avais peur qu’il me quitte, qu’il ne veuille pas garder l’enfant. Depuis la grossesse de ma sœur jumelle, onze ans plus tôt, je rêvais de devenir mère à mon tour – même si à vrai dire, je me surprenais à considérer Thalie plus comme ma fille que comme ma nièce, surtout depuis le départ de sa génitrice. Lorsque mon test de grossesse s’était révélé positif, lorsque les résultats de ma prise de sang avaient confirmé mon état, une joie intense m’avait envahie. La joie de mettre au monde un enfant, de l’élever, de le voir grandir et s’épanouir. Le bonheur de l’entendre prononcer ses premiers mots, de le voir faire ses premiers pas, ses premiers jours à l’école, lui apprendre à lire, à écrire et à compter… Tout cela, je l’avais déjà en partie fait et étais prête à recommencer. Une fois, deux fois, trois fois… Je venais d’une famille nombreuse et depuis toujours, je voulais à mon tour m’occuper de petites têtes blondes – ou plus probablement rousses.

Mais Jason… Jamais nous n’avions parlé d’enfants, jamais nous n’avions envisagé d’en avoir, et il savait très bien que je prenais la pilule. Cela ne faisait que quatre mois que nous étions ensemble et déjà, je devais lui annoncer que j’attendais un enfant de lui. Qu’il allait devenir père… du moins s’il souhaitait le garder. Mon point de vue quant à cela était clair : je ne souhaitais pas avorter. Non seulement, parce que je voulais ce bébé, mais aussi parce que mon éducation catholique ne me permettait pas de commettre ce qui serait considéré comme un infanticide. Malgré tout, je ne pouvais pas négliger l’avis de l’homme que j’aimais. Je ne pouvais le forcer à élever un enfant qu’il ne voulait pas. Il pourrait me quitter… je ne le supporterai pas. Sans doute était-ce de l’égoïsme mais j’avais besoin de lui pour continuer à vivre. Cet homme qui m’aimait, qui me protégeait, qui me réconfortait… je l’avais longtemps attendu et maintenant qu’il était mien, l’idée de le perdre m’était si insupportable qu’il m’avait fallu cinq semaines pour tout lui avouer. Trois mots, une petite phrase que je n’aurais jamais pensé si difficile à prononcer. Et peut-être aurais-je pu garder le silence encore plus longtemps si Jason ne s’était pas tant inquiété quant à mon état.

Je tournai instantanément la tête vers lui, mais n’osai pas le regarder dans les yeux. Du coin de l’œil, je guettais sa réaction. Je finis par reprendre la parole dans un murmure.

« Je suis désolée… J’avais si peur de ta réaction que je n’ai pas osé t’en parler plus tôt. »

Un enfant dont Jason serait le père… Si ça avait été un de mes amants passés qui m’avait mise enceinte, j’aurais peut-être remis en question l’idée de le garder ou non. Aucune de mes relations n’avait duré plus d’un an, mais surtout, aucune n’avait autant de force que celle que j’entretenais avec Jason à présent.
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MessageSujet: Re: Juste une soirée... [ Elisabeth ] Jeu 29 Sep - 20:49

J'étais mort de peur, à cet instant là. Pour tout vous avouer, mon coeur battait la chamade, malgré tous mes efforts pour le dissimuler. Je craignais le pire concernant la santé de la jeune femme à mes côtés, que, après tellement de temps passé éloigné l'un de l'autre, j'avais enfin retrouvé. Réellement. Nous nous étions révélés l'un à l'autre, et j'avais bel et bien été le plus lent pour cela. Mais à présent que cette flamme brûlait dans mon coeur à chaque seconde, je ne voulais l'éteindre pour rien au monde.

Enceinte.

Voilà donc la raison de tout ce manège. Les nausées, le manque d'appétit, le retrait constant à l'heure des repas... J'avais été assez stupide et naïf pour passer à côté de cela. Un comble, pour un détective comme moi. Bien que des affaires bien plus complexes étaient résolues par mon esprit logique, les mystères de la femme étaient encore un secret particulier pour moi. Mon ex-femme ne m'avait pas assez enseigné les choses, peut-être. Je ne pourrai pas vous expliquer.

J'avais ma réponse. Mais pour autant, mon rythme cardiaque ne s'était pas calmé.
J'allais devenir papa. Ou du moins, était-ce une partie de ce que cette révélation engendrait. Au fond de moi, une vague immense de trouble venait de m'envahir. Je me retrouvai dans une situation bien inédite pour moi. Etant donné que je ne l'avais jamais été. D'accord, j'avais toujours été maladroit avec Elisabeth, mais aujourd'hui.... Elle ne me laissait pas vraiment le choix.
Dans 9 mois - d'ailleurs, peut-être était-ce moins, depuis combien de temps le savait-elle ? - un bébé viendrait au monde, le mien, et celui de Elisabeth, et une vague de responsabilités viendraient par la suite. Moi qui n'arrivait déjà pas à me faire accepter par Thalie, comment la jeune fille réagirait-elle à cette annonce ?

Et moi, que voulais-je vraiment ?


" Tu es... Enceinte ? "

Je la regardais un instant, avant de poser un regard béat sur le mur d'en face. Je me levais, faisant quelques pas dans le salon, devant le canapé. Ce n'était pas possible...

" Pourtant, tu prends la pilule... Enfin je sais, il peut y avoir des risques, mais... Elie... "

Wouaw... Non, jamais je n'avais été confronté à une telle situation, et cela se voyait comme le nez au beau milieu de la figure. Comment faisaient ces pères de famille, sautant de joie à en faire céder le parquet sous leurs pieds ? Je n'en savais rien. Je ne savais même pas ce que je voulais. Je passais ma main derrière ma nuque, reposant mon regard sur ma belle.

" .. Je dois t'avouer que c'est... Très soudain. Est-ce que tu... Veux le garder ? "
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MessageSujet: Re: Juste une soirée... [ Elisabeth ] Ven 30 Sep - 12:08

Si le cœur de Jason battait à tout rompre dans sa poitrine, il en était de même pour le mien. Moi qui étais de nature nerveuse et surtout anxieuse, je crois que mon angoisse atteignait son paroxysme en cet instant.

Les nausées, le manque d’appétit… mon arrêt de la cigarette et de l’alcool, une certaine irritabilité que j’essayais de dissimuler du mieux que je pouvais. Tant de choses auraient pu le mettre sur la voie de ce qui se passait. Je soupçonnais Thalie de se douter de quelque chose d’ailleurs, mais elle n’en disait rien et moi non plus. J’avais peur qu’elle en parle à Jason avant moi, dans un accès de colère, lui reprochant de ne pas se rendre compte que j’étais enceinte… Je l’aurais très bien vue agir ainsi et pourtant, elle n’en avait rien fait. J’appréhendais sa réaction autant que celle de Jason.

Non non, pas neuf mois, mais sept mois. Si du moins tout se passait bien et que je n’accouchais pas prématurément. Après de rapides calculs, Jason se rendrait bien vite compte que j’étais censée mettre au monde notre bébé bien plus tôt qu’il ne le pensait… mais sans doute avait-il l’esprit trop embrouillé pour tenter de se rappeler depuis combien de temps j’étais dans cet état.

Je ne répondis rien à son affirmation. Oui, j’étais enceinte, il avait bien entendu… et je ne me sentais pas capable de le répéter. Personne n’était au courant sinon les médecins qui me suivaient et c’était étrange de devoir prononcer cette phrase.

« J’ai changé de pilule il y a trois mois… C’est peut-être pour ça que… »

Qu’elle n’a pas été efficace et que je suis tombée enceinte. Mon organisme n’avait sans doute pas toléré le changement de pilule. C’était du moins ce que m’avait dit mon médecin. J’étais certaine de n’avoir oublié aucun comprimé.

Que Jason se rassure, moi non plus n’avais jamais été confrontée à ce genre de situation. Jamais je n’avais dû annoncer à un homme qu’il allait devenir père, que, s’il le souhaitait, un petit ange l’appellerait Papa et lui réclamerait des biberons, des câlins, des bisous, des histoires.
Comment faisaient ces pères de famille pour sauter de joie ? Sans doute avaient-ils désiré un enfant, sans doute en avaient-il parlé avec leur conjointe avant que celle-ci ne leur annonce sa grossesse. Or, ce n’était pas du tout notre cas. Nous n’avions jamais parlé d’un éventuel désir d’enfant et à vrai dire, même si je savais pertinemment que je souhaitais devenir mère, je n’en aurai pas parlé tout de suite à Jason. C’était bien trop prématuré… Nous ne sortions ensemble que depuis deux mois lorsque j’avais appris que j’attendais un enfant. Comment pouvais-je le lui annoncer joyeusement, comme si nous attendions avec impatience cet heureux évènement ? Même si j’avais été aux anges lorsque j’avais appris la nouvelle, la réalité m’avait bien vite rappelée à l’ordre : les choses n’allaient pas être aussi simples que cela.

A vrai dire, la réaction de Jason n’était pas si mauvaise que cela… Enfin. Je ne savais pas ce qu’il pensait vraiment, mais c’était moins pire que ce que je craignais. Il était surpris, oui… Mais qui ne le serait pas ? C’était si soudain… Je le regardai faire quelques pas devant moi, jouant toujours nerveusement avec mon pendentif. Dans un sens, j’étais quand même soulagée de lui avoir avoué ce qui me tourmentait depuis si longtemps, mais ce n’était qu’une première étape.

A sa question, il ne me fallut pas longtemps pour répondre. En deux mois, j’avais largement eu le temps de réfléchir, d’autant plus que c’était tout de même une décision qui s’imposait à moi comme une évidence. Bien sûr que je souhaitais le garder !

« Oui… »

Ma voix était cependant si faible que je n’étais pas sûre qu’il m’ait entendue… Aussi, j’acquiesçai d’un signe de tête pour lui faire comprendre ma réponse.

« Et toi… Que veux-tu ? »

Il n’était pas obligé de me répondre tout de suite. Il aurait sans doute besoin de réfléchir, de faire le point. Et, avant toute chose, de se remettre de ses émotions. Je ne pouvais le forcer à me répondre dès à présent même si j’angoissais d’avance. S’il ne souhaitait pas cet enfant et que je décidais malgré tout de le garder, je me retrouverai sans doute seule pour l’élever et m’occuper de ma nièce et je ne me sentais pas la force de supporter cette solitude alors que deux tâches aussi importantes m’incomberaient. J’aimais Jason et ne supporterai de le perdre parce que j’aurais décidé de garder l’enfant qu’il ne souhaitait pas assumer.
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MessageSujet: Re: Juste une soirée... [ Elisabeth ] Dim 9 Oct - 18:36

Depuis des années, l'homme apprend à tout contrôler. Il croit avoir saisi le sens du fonctionnement de l'univers, s'amuse à faire des expériences animales, afin de préserver et de protéger son espèce, en en mettant d'autres en péril. Il étudie son propre comportement, n'était sûrement pas certain de lui-même. Son voisin, comment réagirait-il, s'il lui annonçait une mauvaise nouvelle ? Et si sa femme ressentait une douleur, serait-elle en colère, ou pleurerait ?
Les progrès techniques ont fait un bond, on voit apparaître des caméras capables de repérer nos mouvements, des téléphones sans fils, des gens parlent seuls dans la rue avec comme seul outil une petite oreillette, et des voitures sont capable de rouler sans que personne ne soit au volant.

Pourtant, l'être humain a peur du noir. Du vide. De la pluie et de l'orage.

Il y a certaines choses sur lesquelles nous ne pourront jamais avoir de contrôle. La décision d'une personne, par exemple. Que le soleil se couche plus tôt, que le vent se lève alors que nous étions allongés sur un transat, à profiter de la chaleur que nous offrait l'après midi. Si un éclair finit son chemin sur le toit de votre maison, vous maudirez le sort : mais saurez aussi que jamais vous n'auriez put empêcher qu'une telle chose arrive.

L'homme ne peut pas contrôler la nature.
Et aujourd'hui, celle ci avait fait en sorte que Elisabeth était tombée enceinte. Je n'y pouvais rien. Ou presque en fait, car sans moi, sûrement que tout ceci ne serait jamais arrivé. Quoique, mais tout cela ferait remonter certains questionnement d'éthique et de déontologie dont je n'ai pas forcément envie de parler pour l'instant.

J'allais devenir papa, et rien ne pourrait changer le cours des choses. A moins d'interrompre la grossesse, mais cela dépendrait du choix de Elisabeth, jamais je ne pourrais me permettre de lui demander une telle chose sans son avis, je n'étais pas comme ça. Je n'avais personnellement jamais réfléchi à ça : être papa du jour au lendemain, sans que rien ne soit prévu. Nous n'avions jamais abordé le sujet, peut-être y avait-il une raison à ça ? Je n'en savais rien. Mais à présent, nous n'avions plus le choix.
Un changement de pilule : oui, tout cela aurait put jouer, mais à vrai dire, lors des instants que je partageais avec ma belle, je ne pensais pas vraiment à tout ça.


" Peut-être... Je ne sais pas."

Je n'étais pas très doué pour la biologie. Voilà pourquoi j'étais parti sur un bac plus technique plus que chimique et physique. Ma logique me permettait d'apprécier les maths, mais en ce qui concernait les sciences de la vie et de la terre... Ne me posez pas de question, je risquerai fortement de vous induire en erreur.
Mais l'heure n'était pas aux études. Plutôt à celle de la décision.
La réponse de Elie me fait bien comprendre qu'elle souhaite garder le bébé. Elle y avait donc réfléchi... Non ?


" Depuis combien de temps ... Est-ce que tu le sais ? "

Je l'observais, marchant à présent nerveusement dans l'appartement. Ma respiration avait accéléré suite aux battements de mon cœur rythmés. Je me calmais un peu, prenant une bonne inspiration pour l'expirer ensuite. Je ne devais pas paniquer, cela ne servirait à rien après tout. Comment est-ce que tout ça continuerait... Je n'en savais rien du tout. Tout dépendrait de moi, sûrement.
Bientôt, la question de Elisabeth me parvient. Je passais ma main derrière ma nuque, me stoppant, et de m'avancer vers la jeune femme. Je m'assois à ses côtés, d'abord silencieux. Avant de couper cette atmosphère quelque peu... Tendue.


" Elie...
( je prenais doucement sa main ) On en a jamais vraiment discuté, c'est vrai... Donc je t'avoue... Ne pas encore connaître ma décision. Ne m'en veux pas..."
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MessageSujet: Re: Juste une soirée... [ Elisabeth ] Sam 15 Oct - 12:28

Jason avait bien sûr sa part de responsabilité dans ma grossesse. Mais c’était quand même moi qui avais plus ou moins le contrôle de mon cycle et de ma fertilité. C’était moi qui prenais la pilule afin de ne pas tomber enceinte. Peut-être avais-je mal effectué le changement ? J’avais pourtant suivi les instructions de mon médecin. Je n’avais oublié aucun comprimé. SI cela avait été le cas, j’en aurais parlé à mon compagnon et nous aurions pris d’autres mesures pour nous protéger d’une éventuelle grossesse.
Je n’avais rien vu venir. Je n’avais rien contrôlé. J’avais appris mon état alors que je ne m’y attendais pas du tout. J’étais allée voir mon médecin suite aux nausées insupportables que j’attribuais à ma nouvelle pilule, et voilà qu’elle m’avait fait part de ses soupçons de grossesse. Une prise de sang et un jour pour tard, le résultat tombait. Le test était positif.
Je comprenais donc la surprise et les doutes de Jason alors qu’il venait d’apprendre qu’il allait devenir père. La différence était que j’étais sans doute plus préparée. J’avais en grande partie élevée ma nièce pendant son enfance et étais maintenant la seule à m’occuper de la jeune adolescente qu’elle était devenue. Mon instinct maternel, mon envie de devenir mère avaient été exacerbés par mon histoire. Pour cela, je me sentais prête à materner à mon tour. Pour cela, j’avais été heureuse en apprenant que le test était positif. Mais ma joie avait vite été freinée : cet enfant avait un père dont je ne pouvais négliger l’avis. Un avis qui me faisait peur…
D’où le fait d’avoir tant tardé à lui en parler. Bien des indices auraient pu le mettre sur la voie et avaient pourtant échappé à son œil de détective. Même les meilleurs enquêteurs ne pouvaient percer les mystères des femmes.
Si j’avais appréhendé sa réaction à l’annonce de ma grossesse, je me demandais à présent comment il allait réagir en apprenant que je lui avais caché cela pendant des semaines. Je lui répondis en murmurant, honteuse.

« Cinq semaines… »


Tout dépendrait de Jason, il avait compris. Je souhaitais garder et garderai notre enfant. Je souhaitais devenir mère. J’espérais que Jason le comprendrait et qu’il accepterait de rester à mes côtés pour élever notre fils ou notre fille. Même si je ferais tout pour le convaincre, pour le rassurer, pour lui montrer toute la confiance que j’avais en lui, je n’aurai d’autre choix que d’accepter la décision qu’il finirait par prendre. Je ne souhaitais pas qu’il retourne chez lui. Je l’aimais et préfèrerais qu’il reste à mes côtés… cependant, je ne souhaitais que son bonheur et s’il fallait qu’il me quitte pour cela, il me faudra alors l’accepter. Présentement, cela me paraissait insurmontable. Je ne m’imaginais pas vivre loin de lui, sans lui.

Je le laissai prendre ma main et le regardai, les larmes aux yeux. Je le comprenais. Contrairement à moi, il n’avait pas cinq semaines de réflexion derrière lui.

« Je comprends… Je… je ne t’en veux pas… »
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MessageSujet: Re: Juste une soirée... [ Elisabeth ]

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Juste une soirée... [ Elisabeth ]

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