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Savoure moi, savoure le rouge. ▬ Psyché & Alexey

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♦ Lettres Envoyées : 887
♦ Crédit : Inkheart
♦ Citation : Tous à mes pieds, misérables sorciers (a)

A NEW BEGINNING
♦ Age du personnage: 21 ans
♦ Nouvelle vie:

MessageSujet: Savoure moi, savoure le rouge. ▬ Psyché & Alexey Mar 25 Mai - 14:49



    Quelques jours plus tôt.

    Il faut que j'ouvre cette porte, que je la voie. J'entends le bourdonnement des voix à l'extérieur, parfois entrecoupé d'un éclat, de pleurs. Des ombres passent sous les portes. Et moi, je reste plantée devant la porte de la chambre, tétanisée, serrant la petite fille qui sanglote entre mes bras. Je ne parviens pas à croire qu'à présent, elle et moi sommes les seules Wolstenholme encore en vie. Ou du moins, reconnues et élevées comme telles, car personne ne sait pour Evelyn, et Rahel porte le nom de son père. J'avais du mal à réaliser qu'à présent, ils n'avaient plus que moi. J'étais la seule personne qui puisse encore les protéger, la seule personne qu'ils voudraient bien aimer. Et j'étais plus seule que jamais, sans Gabriel. Sans Sayanel...
    Les larmes refusaient de couler, comme toujours. J'avais énormément de mal à pleurer les morts, mais je n'avais pas pensé être incapable de pleurer ma tante, mon seul véritable soutien durant ces longues années. Je caresse doucement les boucles soyeuses de la petite, qui tremble doucement, en lui murmurant sans conviction que tout ira bien. Elle me serre entre ses petits bras, perdue. Ma tante l'avait élevée comme sa propre fille malgré son âge avancé, et elle avait beau me savoir être sa mère, Ielena resterait sa première maman. Rahel gigote dans son sommeil, mais rien ne peut le tirer de ses rêves à une heure pareille. C'est lui qui me donne le courage de me libérer de l'étreinte de Scarlett, de me lever et de poser la main sur cette poignée froide.

      « Maman va rendre un dernier hommage à tante Ielena, ma chérie. Reste avec ton petit frère, il n'est pas nécessaire que tu entres. », finis-je par souffler, en faisant signe à la nourrice de les surveiller.


    Elle se relève à son tour, secouant sa cascade de boucles chocolat, essuyant les larmes de ses yeux d'un bleu profond, avant de me faire face d'un air décidé.

      « Je veux voir. Je veux voir ma...Tante Ielena. », déclare-t-elle d'un ton sans appel.


    Je la regarde quelques instants sans répondre. Elle a tellement grandi depuis la dernière fois que je l'ai vue... Elle ressemble tellement plus à son père, lorsque son front se plisse, que ses sourcils se froncent en témoignant de son mécontentement... Elle a ses yeux, ces prunelles accusatrices, qui cachent une douleur profonde derrière leur bleu limpide...

      « Bien. », répondis-je, reprenant Rahel dans mes bras. « Après, on rentrera à Londres. »


    Aujourd'hui.

    Mes doigts effleurent la pierre blanche et froide des murs, tandis que je glisse le long de ma vieille demeure. Trop longtemps négligée, abandonnée par ses maîtres. Je savais que j'aurais dû laisser l'elfe l'entretenir au moins un peu, mais je n'avais jamais pensé y retourner. C'était mon enfance entre ces murs, cette photo d'un passé immobile et terni par l'ennui et la solitude. Les enchevêtrements de roses et de ronces de la façade montent jusqu'aux fenêtres, la laideur de celles-ci ne ternissant pas le rouge carmin des fleurs écloses, tachant l'étendue verte du lierre parfumé, comme du sang. La pelouse autrefois coupée au centimètre près de notre jardin est aujourd'hui une étendue sauvage, bruissante et vivante, exhibant fièrement des espèces végétales que je n'avais jamais vu pousser durant tout le temps où j'avais occupé le manoir. Malgré tout cela, il tranchait sur les autres demeures luxueuses du quartier. Qu'importe la richesse des voisins, il n'était un secret pour personne que la fortune des Wolstenholme était aujourd'hui incomparable, et ma tante m'avait félicitée de mon intelligence pour avoir contracté un mariage aussi intéressant à son point de vue. Avec l'héritage entier des Wingates, je me retrouvais en possession de plus de pouvoir, d'influence et d'argent que je ne l'aurais jamais désiré. Tout ceci me dégoutait, mais j'étais pourtant de nouveau là, aujourd'hui. Je ne pouvais plus me cacher plus longtemps. Je ne pouvais plus les cacher plus longtemps.
    J'entre enfin dans le hall, suivant la petite qui s'y est précipitée sans que je ne puisse la retenir. A ma surprise, l'intérieur est étincelant. Pas de poussière, pas de saleté, tout est comme avant, exactement à la même place. Les portraits des membres disparus de ma famille me saluent tandis que je le traverse, visiblement étonnés de ma visite. Peut-être même de me savoir vivante, étant donné dans quel état j'avais quitté le manoir. J'étais une morte vivante, brisée au delà de l'imaginable, et je m'étais laissée noyer par la faiblesse, la douleur et la lassitude. Noyée, c'était le mot.

      « Maman ? »


    La petite voix cristalline de ma fille résonne dans la demeure vide, semblant apeurée. J'entends ses petits pieds marteler le sol de l'étage du dessus, tandis que je continue à avancer, le bébé endormi sur ma poitrine, ses mains minuscules accrochées à mon épaule.

      «  Je suis encore en bas, ma puce. »


    Je l'ai laissée âgée de trois mois à ma tante, et voilà que lorsque je suis revenue la chercher quelques jours plus tôt, la petite poupée de porcelaine était une véritable petite fille, dont la beauté surpasserait sans nul doute la mienne une fois adulte. Elle descend l'escalier de marbre en courant, ses jolies boucles sombres suivant ses mouvements avec grâce, et me serre entre ses bras, légèrement tremblante.

      « Il y a quelque chose en haut, une créature étrange, très mo...laide. Elle m'a appelée Mademoiselle Scarlett ! Comment connaît-elle mon prénom ? », demanda la petite, étonnée et inquiète.


    Je souris, caresse doucement ses cheveux puis refais le nœud du ruban rouge de son bandeau, en lui expliquant que c'est notre elfe de maison, qui est loyalement restée malgré ma promesse de ne plus jamais revenir ici. Elle me prend la main, les sourcils froncés comme lorsqu'elle s'efforce de ne pas avoir l'air effrayée, et j'entre dans le grand salon. Mindt, l'elfe en question, apparaît dans un craquement qui la fait sursauter, et qui réveille mon fils. Ses grands yeux globuleux se remplissent de larmes, et elle se jette à mes pieds en hurlant que jamais au grand jamais elle n'avait été plus heureuse de voir sa maîtresse, qu'elle m'est dévouée et qu'elle nous protègera du mieux qu'elle le pourra. Je ris doucement en la remerciant, tandis que Scarlett se blottit contre mes jambes, visiblement encore plus terrifiée par l'elfe.

      « Madame, allez prendre un bon bain relaxant tandis que je m'occupe des enfants ! », me supplie-t-elle en voyant la fatigue imprimer mes traits : je n'ai pas dormi depuis plusieurs jours, et je manque de m'effondrer tant j'ai utilisé sans arrêt ma magie malgré mon état de faiblesse. « Je vais coucher le petit et m'occuper de Mademoiselle Scarlett. »


    J'hésite, mais elle sautille d'impatience et je me souviens de la délicatesse avec laquelle elle s'occupait de moi, enfant, malgré les ordres de ma mère qui voulait qu'elle m'ignorât aussi bien qu'elle le faisait.

      « Bien, mais faites attention à Rahel. Il est encore très fragile, malgré ses cinq mois. », dis-je en lui donnant le bébé.


    Son sourire hideux mais sincère m'adoucit un peu, et je monte vers la salle de bains. La baignoire est déjà remplie d'eau chaude parfumée, dont la vapeur embue les fenêtres et les miroirs, diffusant cette senteur de roses et de jasmin partout dans la pièce. Je me déshabille, me plonge dans l'eau, et il ne faut pas longtemps avant que le sommeil ne gagne mon corps complètement détendu par la chaleur et l'air parfumé. Je glisse sous l'eau, et l'air s'échappe lentement de mes poumons, mais je suis toujours enfermée dans un sommeil profond. Je ne vois rien, juste un écran noir avec des volutes de fumée faiblement colorées. Des taches de rouge, de jaune, de bleu, quelques étincelles vertes... J'entends des cris de terreur. Des bruits sourds de meubles renversés, puis des pas dans l'escalier. Quelque chose claque brutalement près de moi, et je veux me réveiller, mais j'ai beau tenter d'ouvrir les yeux, il n'y a rien à faire. Mon corps n'obéit plus. Je panique, piégée par mon propre corps, mais soudain, je sens deux mains terriblement glaciales me saisir et m'extirper hors de l'eau et m'allonger sur le carrelage tout aussi froid. Quelques pressions sur ma poitrine, et l'eau s'échappe enfin de mes poumons. Je tousse, mais je respire. J'ouvre les yeux, et c'est le beau visage d'Alexey qui me contemple, visiblement effrayé. Je lui murmure que tout va bien, et saisis ma serviette pour cacher mon corps complètement dénudé devant ses yeux carmins, avant de m'allonger une nouvelle fois, prise de vertiges par le manque d'oxygène. Je serre doucement sa main au creux de la mienne, et tire un peu sur celle-ci pour lui faire signe de se pencher. Son visage, plus beau que n'importe quel idéal grec, s'approche du mien, et je lève un peu la tête pour l'embrasser. Longuement, car mes lèvres ne veulent plus le quitter, et je le sens s'allonger contre mon corps encore brûlant par le bain. J'entends Mindt marteler à la porte en criant, et lui ordonne de ne pas s'inquiéter pour moi, et de retourner s'occuper d'eux. Ses mains glacées saisissent mon visage, et il plaque ses lèvres contre les miennes avec plus de force, puis avant que je puisse faire un mouvement de plus, ma serviette vole à travers la pièce.

    « PSYCHÉ! »

    Le hurlement étouffé qui secoue la pièce est suivi par un grondement sauvage que j'aurais étrangement reconnu entre mille malgré ne l'avoir entendu qu'une fois, si je n'avais pas été encore plongée dans les ténèbres de l'inconscience. Mon corps inerte rempli d'eau, de sang, de folie, repose entre ses bras. Cette fois, le réveil est moins doux.

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